Je sais qu’un poème
Est réussi
Lorsque je me sens proche
Des lèvres
Du poète,
Si proche
Qu’il me semble
Avoir recueilli
Son souffle.
Géraldine Andrée
Je sais qu’un poème
Est réussi
Lorsque je me sens proche
Des lèvres
Du poète,
Si proche
Qu’il me semble
Avoir recueilli
Son souffle.
Géraldine Andrée
Je crois
Que la poésie
Existe
Parce que l’indicible
Veut nous dire
Qu’il existe
Ce n’est pas
Parce que l’indicible
Ne s’énonce pas
Qu’il n’est pas
Il veut
Se faire connaître
Par la force
Du souffle
Qui s’en approche
Je crois
Que la poésie
Existe
Parce qu’il y a un alphabet
Dans ces vagues
Dont la violence
Nous coupe la voix
Quand elle nous enveloppe
Géraldine Andrée
Lorsque j’écris
La vague
De l’infini
Arrive
Jusqu’à
Ma main
Géraldine Andrée
Mon vœu ?
Que chaque mot
De mon journal intime
Ressuscite
Les fleurs
Du jardin
Que le temps
A effacé
Que mon cahier
Devienne
Lui-même
Jardin
Géraldine Andrée
Mon projet ?
Écrire sur l’ici
et maintenant.
Géraldine Andrée
Je crois que ce sont les pages qui m’écrivent,
Qui me font devenir,
Cahier après cahier,
Celle que je suis.
Géraldine Andrée
Je commence
Une nouvelle
Cartouche
D’encre
Et je me demande
A quels mots
Ses gouttes
Se destinent
Je veux
Que ce soit
Au seul
Mot
Joie
Et à toute
Sa constellation
De synonymes
Géraldine Andrée
Écrire,
c’est étoiler son cahier de silences
pour que chaque lecteur
y trouve l’écho de sa voix.
***
Écrire
C’est entrer
En soi
Et s’y sentir
Comme
Dans une étoile
C’est-à-dire
Au coeur
Du ciel
***
Écrire
C’est entrer
Dans le blanc
Hivernage
De la page
Et y faire
Silence
En laissant
Tout l’espace
Au miroitement
Des lueurs
De l’encre
Comme si l’on était
L’astre
Le plus proche
De la glace
Géraldine Andrée
J’ai un carnet de chevet, enveloppé d’une couverture de cuir doux. Il habite sur ma table de nuit. Il est le très proche voisin de mon oreiller. Je n’ai qu’à tendre la main pour le rencontrer.
Nous avons rendez-vous soir ou matin.
Dans ce carnet, je n’épanche nul chagrin, nul regret. Je note seulement ce qui me passionne, me transporte, me fait vibrer, ce qui donne de la saveur à ma vie, de la mélodie à mes jours.
Lorsque je l’ouvrirai vingt ans plus tard, je me serai reconnaissante d’avoir été attentive à la naissance du premier bourgeon. Et ce qui semble aujourd’hui anodin, presque rien, me sera tout demain.
Dans ce carnet du Bien, je n’écris pas de longues phrases. De courtes listes, des groupes nominaux, voire quelques haïkus suffisent pour retracer la joie essentielle.
Ce carnet ne se retrouve sur aucun fichier, aucune clé USB. Il est le seul exemplaire de mon bonheur car ce qui est précieux ne se duplique jamais. Aussi reste-t-il dans ma chambre comme un bijou qu’il ne faut pas perdre.
C’est mon carnet unique, celui qui rassemble tous mes instants de vie, tous ces fragments de temps qui font que je suis Moi.
A mon ultime moment, il fera toute la différence entre une existence traversée sans conscience et une existence dont j’aurai été l’auteur et le témoin.
Géraldine Andrée
Ecrire un récit
vivant de sa vie
pour rendre
la Vie vivante
Géraldine Andrée