Publié dans Art-thérapie, Cahier du matin, Grapho-thérapie

Sans titre

Prendre un jour le train en partance

Vers le Sud

Avec une réserve d’encre bleue

Pour écrire le mouvement des vagues

Jusqu’au regard

Et un cahier aux pages éclatantes

Comme un beau matin de silence

Sur l’océan

 

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie, Journal créatif

Un signet pour la page la plus belle

Je veux placer un signet pour la page la plus belle de mon journal intime,
celle qui recueille toutes les joies, même les plus minimes,
comme le murmure du vent, le clignement de l’étoile infime
que je reçois comme un signe,
au moment où je cherche à être
comprise,
pour que je retrouve malgré les instants qui se brisent
telle les notes d’une cloche ultime,
les mots de ma mémoire
qui me font croire
à la joie d’un autre chapitre
annonçant déjà son titre
en haut d’une page blanche.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Je rêve que ma mère redevient sensée

Je rêve que ma mère redevient sensée
Elle me parle de la belle robe qu’elle a aperçue en vitrine
taille cintrée et col Claudine
Puis elle rajeunit
en tressant fort
ses nattes devant le miroir de sa chambre
Elle a dix-neuf ans
et elle danse danse
vêtue de la robe exposée dans la vitrine de sa mémoire
bras ouverts dans la lumière du soir
comme si elle était sa propre cavalière
Elle danse ma mère avec son ombre
qui ne la hante pas encore
et qui affine son corps
en l’entourant d’or

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Sans titre

Je dédie ma vie
au Poème
et je dédie mon poème
à la Vie.

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, Créavie

Depuis que j’écris mes intentions

Depuis que j’écris mes intentions dans ce cahier rouge, j’ai découvert que ma mission de vie n’était pas de « faire » mais d’ « être ».


Je me suis tant perdue à aider les autres, à me sacrifier pour eux que je veux aujourd’hui me retrouver, me centrer sur moi, profiter de la vie, avoir plus de plaisir, créer ma liberté et ma joie.


Qu’est-ce qui me fait vibrer chaque jour ?


Ecrire dans mes blogs, sur mes cahiers, voir couler l’encre d’un poème de ma main à ma page, lire de la poésie aussi sous la lampe basse d’une fin d’après-midi, découvrir ce roman récemment acheté, me lancer le défi de lire tous les livres que j’ai acquis au cours de ces années et que je n’ai pas encore lus, écouter de la musique, danser, écouter des vidéos de développement personnel, sortir au théâtre, aller à des concerts, manger de bons gâteaux, de la crème au chocolat, me promener, suivre les sentiers étoilés de chants d’oiseaux.


Vivre pour moi car je suis née seule et je repartirai seule.


Être au centre de mon existence en étant consciente de ma respiration et de mes sensations.


Toucher, voir, sentir.


Être sensible à la couleur du jour qui change, au mouvement d’un nuage devant la lune qui tremble comme un voile, au reflet du vin dans le verre, au parfum de l’herbe après la pluie, à la texture d’une peau, d’un tissu, au bercement de l’instant sur une sonate de Chopin.


Cesser d’accomplir à tout prix mais laisser le temps et la vie s’accomplir en moi.


Géraldine Andrée

Publié dans Cahier du matin, Journal de la lumière, Poésie

Elle reviendra

Elle reviendra, la lumière, dans l’ancienne demeure.

Elle sèmera ses pétales d’or sur le fauteuil, la crédence, le tapis

et on croira que la jeune Annie

depuis longtemps partie

sera rentrée de promenade,

chargée de mille fleurs.

On retrouvera le chant de source du silence

à partir duquel la vraie joie commence

et lorsqu’on passera devant le miroir,

on reverra le visage de notre enfance,

celui d’avant la conscience de l’adieu

et du sourire que l’on garde à jamais en mémoire,

au-delà des yeux.

Elle reviendra, la lumière,

aussi inattendue qu’un étincelle qui s’allume

au coeur de ce que nous fûmes.

Il faut juste croire

en la grâce

que cache

la patience.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

J’écris pour dire

J’écris pour dire la musique qui disparaît
l’écho de la dernière note dans la nuit
et la vie après elle qui se poursuit

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Apparition

Je n’entends plus ton pas
dans l’escalier
Tu ne sonnes plus
pour m’apporter
un panier de présents

Tu entres désormais
avec la lumière
du matin
de manière
si furtive

que j’ignore
si c’est le soleil
qui te fait apparaître
ou si c’est toi
qui fais apparaître
le soleil

Tout ce que je sais
c’est qu’il faut
que je me lève
et que je vive
parce que

ces quelques
gouttes
de rosée
que tu m’as laissées
peut-être

en guise
de présent
sur la fenêtre
me montrent
de façon éclatante
qu’il est temps

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif, Poésie

Dans mon petit cahier

Dans mon petit cahier
il y a les vacances à la mer
les ondulations de la lumière
les rires de la promenade
le temps qui s’invente un air léger
à la crête des vagues
et la brise qui dépose
au seuil de la nuit
sa corbeille de senteurs
pour les étoiles qui se sentent seules
Dans mon petit cahier
il y a l’infini

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de ma résilience, Le journal de mes autres vies, Un cahier blanc pour mon deuil

Les saisons passent

Les saisons passent sur le seuil de ta maison.

A la place des violettes dont tu me fis la cueillette, pousse une herbe jaune et sèche.

Mais dans le grand salon, de partie de scrabble en partie de scrabble, le temps reste le même.

Tu n’as pas trouvé de mots nouveaux.
Alors, tu feuillettes un catalogue de mode :

– Regarde comme c’est beau ! Le bouffant de cette manchette ! La dentelle du col ouvert ! C’est original ! Cette taille cintrée t’irait bien !
Qu’est-ce que t’en penses ?

Tu parles patron, coupe, tissu.
La maladie semble avoir disparu, emportée par les pages du catalogue que tu tournes.

– Il faudrait que je me remette à coudre !
Je n’ai pas le temps !

Le temps, tu l’as. Elle est finie, l’époque des enfants et du mari, des repas, du ménage et de la lessive.

Mais tu ne trouves plus le chas de l’aiguille. Ta main tremble en tenant le fil. Tu t’éloignes de la ligne, tu assembles en un gros point deux tissus qui n’auraient jamais dû être ensemble.

Tu as, certes, beaucoup cousu dans ta vie. Avec dextérité. Tu as même enseigné cet art. Mais sans doute pas encore assez pour les projets que tu avais.

Dans ta prochaine vie, tu te réincarneras peut-être en styliste. Ou tu dirigeras une entreprise de vêtements que tu créeras toi-même. Tu monteras ta propre enseigne.
Tu inventeras une marque. Tu habilleras des générations entières. Coco Chanel d’un autre siècle dont on méconnaît toute la mode.

J’aime y croire.
J’aime croire que les passions nous survivent,
qu’elles nous redonnent rendez-vous
depuis l’autre rive,
qu’elles nous reconnaissent
dans un autre corps de chair,
un autre vêtement de scène,
et qu’elles nous redisent
avec notre sourire :

A nous !

Géraldine Andrée