Publié dans C'est ma vie !, Créavie

La vérité de mon rêve

Pendant toute l’année 2015, j’ai rêvé d’avoir une chambre au bord de la mer.

Je fermais les yeux, les jours de pluie, et je voyais cette chambre à fleur de bleu, avec un voilier au loin et le ciel que le reflet du soleil dans les vagues berçait.

Je ressentais dans mon rêve le vent, la lumière, la vérité. En juillet, j’ai réservé mes vacances sur le site de Marmara.

J’ai ajouté Terrasse en option, comme d’habitude. Puis, je n’y ai plus pensé.

En août, lorsque je suis arrivée à Majorque et que j’ai ouvert la porte, je n’en croyais pas mes yeux et pourtant, c’était vrai !

La chambre était exactement comme je l’avais rêvée : fenêtre ouverte sur la Méditerranée, terrasse au sixième étage, donc au plus près du ciel, et j’entendais les éclaboussures des rires des enfants qui jouaient avec les vagues.

Au loin, un voilier blanc qui allait au rythme de son propre temps.

Cette expérience de mon rêve de vacances me donne la foi d’élargir encore mon rêve.

Alors, je ferme les yeux et je vois une maison que j’ai achetée à fleur de bleu, une terrasse et un grand cahier ouvert comme une fenêtre par laquelle les visages des mots apparaissent.

C’est déjà à moi.

C’est là.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Créavie, Grapho-thérapie

Je suis attirée par la page

Je suis attirée par la page comme par l’infini.
Lorsque j’ai joué, ri et dansé sous les étoiles d’été, je reviens à l’encre.
Je profite de la moindre lueur pour noter tout ce que j’aime.

Et lorsque j’ai de la peine,
lorsque je cherche un astre dans la nuit noire,
je trace le chemin d’une phrase sans savoir où il me mène,

quitte à oublier qui je suis,
petit point gris dans la blanche lumière de l’espace
à partir duquel commence l’infini.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Le cahier de mon âme

Un extrait de mon journal

Le 29 juin 2019

Dix jours que je ne suis pas revenue à ce journal…
Dix jours que je ne suis pas rentrée chez moi, que je ne me suis pas posée sur le papier…
Dix jours que je n’ai pas ouvert ce cahier comme une porte secrète qui donne sur la mer…

Mais me voici.

J’écris entre ombre et soleil sur ma terrasse, assise à ma petite table ronde.
Je viens d’étendre ma lessive.
Le temps fleure bon le savon, le café, le vent dans les fleurs…
Je suis bien ici.

Tout s’organise autour de mon cahier :
le silence du matin étoilé de bourdonnements, le craquement des herbes qu’un pas dérange, le cliquetis de mon store qui s’agite légèrement sous un souffle de passage, une porte qui bat quelque part…

Je l’ai déjà écrit dans un autre cahier mais je le réécris

https://lencreaufildesjours.com/2019/04/05/noter-chaque-jour-le-moment-et-lendroit/


Je me fais le serment de toujours noter l’heure et l’endroit où j’écris.

Que la couleur de l’instant présent se reflète dans l’encre qui sèche doucement.

Noter la lueur qui est là encore, au bord du mot…

Connaître, en suivant le chemin d’une phrase nouvellement tracé, la géographie de mon âme…

Lorsque je suis de retour et que je vois à mon réveil le soleil filtrer dans la fente des volets, je sais que je vais renaître pour un jour sur la page qui commence.

Et c’est Tout ce qui m’importe.

J’oublie mon voyage comme si c’était une autre vie.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Journal de ma résilience, Le cahier de mon âme

Revenir à ce journal,

Revenir à ce journal,
c’est comme revenir à la source après une longue période de soif,
c’est me remettre à l’écoute de mon écriture au murmure de sang,
c’est me laisser porter par le courant de l’encre,
c’est ranimer la lumière du présent dans mes mots qui sèchent,
c’est me rendre à l’évidence :

l’éclat de mes larmes et de mes rires
a pour soeurs ces étoiles
qu’une nuit d’été
dévoile.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Cahier du matin, Créavie

Au jour ultime

Je veux,
au jour ultime,
compter
dans mes cahiers

intimes
tous les jours
où j’ai écrit
à l’aurore,

signe
que ma vie
fut bien
remplie…

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est ma vie !, Cahier du matin, Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif

La page de chaque jour

Chaque
jour
m’offre
une page
rien
que pour moi

Océan
blanc
où luit
chaque
goutte
d’encre

Vaste
espace
où je me retrouve
seule étoile 
complètement 
présente

Éternel
instant
vers lequel
malgré tous
mes deuils
et mes manques

j’avance
à jamais
vivante

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Bullet journal, C'est ma vie !, Collections de l'esprit, Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif, Journal de ma résilience, Le cahier de mon âme

L’Anthologie de mon Âme

Je suis riche de tous mes cahiers, qu’ils se présentent sous les titres de Cahiers du matin, Cahiers de l’âme, Carnets de gratitude, Journaux à bulles.

Il y en a de tous les formats – de celui que je glisse discrètement en promenade dans ma poche ou dans mon échancrure à fleur de coeur à celui qui, déployé comme une corolle, recouvre la moitié de ma table.

Cahiers de moleskine à la couverture noire entourée d’une lanière extensible, cahiers souples Clairefontaine, cahiers fleuris de midinettes qui se ferment avec une petite clé dorée… Pages surlignées, quadrillées, piquetées, ou blanches telle une belle matinée de printemps…

Papier de texture épaisse, voire cartonnée, pour mes plus intimes secrets ou si fine que l’encre de mes mots y transparaît au verso comme si je me regardais dans un lointain miroir…

Quand je feuillette tous ces cahiers remplis, je prends à rebours les chemins de ma vie et je m’aperçois qu’ils sont bien souvent détournés.

Je voyage d’une humeur à l’autre. Mon écriture se fait douce, lente et régulière comme la rivière de mon enfance, puis soudain elle s’accélère, tourne sur elle-même, se perd dans ses méandres et je reconnais à ses saccades et à mes taches d’encre mon halètement, mes trébuchements. Une virgule, un point ont été perdus en cours de route, la syntaxe de la phrase est en suspens, ouverte encore, bien que le paragraphe soit achevé, sur tous les possibles.

Je découvre parfois dans la reliure des miettes égarées de pain ou de gâteau sec ou encore le cercle d’une goutte de thé versée à côté…

A la fin de ma vie sonnera l’heure où je me dirai peut-être que j’ai tout écrit.

Alors, je prendrai un fil quasi infini et je relierai ensemble tous ces cahiers que je ne peux relire dans leur totalité. Ce sera, pour ceux qui voudront découvrir l’inconnue que je fus, l’Anthologie de mon Âme.

Géraldine Andrée

Publié dans Bullet journal, C'est ma vie !, Créavie, Dialogue avec ma page, Journal créatif

L’ultime page de mon bullet-journal

J’arrive à l’ultime page de ce cahier qui m’a accompagnée pendant toute une année. 

J’écris ces dernières lignes avec regret, comme si je quittais un pays que j’ai beaucoup aimé. 

Je me souviendrai longtemps des feuillets lisses, décorés et quadrillés, des traits fins pour m’inciter à dépasser chaque jour mes peurs et mes limites.

Bien sûr, mon aventure se poursuivra avec un autre cahier. Mais j’éprouve toujours un pincement de coeur quand je referme un journal intime qui est le dépositaire de toute une période de ma vie.

Tristesse, joie, espoir… De cahier en cahier, de feuille en feuille, les saisons passent…

Je songe à mon état d’esprit lorsque j’ai débouché mon stylo pour inscrire la date en haut de la première page, dont la blancheur brillait dans le matin.

Je ne savais pas que vingt pages plus tard, je vivrais un déménagement, une mutation ; que trente pages plus loin, le deuil me frapperait ; qu’après quarante pages de chagrin, ma guérison débuterait,  aidée en cela par les connaissances de mon âme libre de naissance. 

Dans la neige du papier, un chemin s’écrit toujours. Et si le chemin était déjà tracé par la destinée ? Et s’il suffisait de le deviner puis de l’esquisser avec la pointe de la plume?

Dans ce cahier déjà achevé, il y a tant d’idées, de projets, de rêves, de désirs encore non accomplis !

Au coeur de l’été qui s’annonce, je soulignerai avec des feutres de couleur tous ces voeux et je composerai un recueil de mes possibles lendemains. Faire un bullet-journal de ce qui demeure en attente dans ce bullet-journal. Preuve que j’ai toute une vie à vivre puisqu’il me reste tant de cahiers à écrire, le suivant n’étant que la continuité du précédent…

Quand je serai bien vieille – et donc quand le fil de ma vie sera sur le point de se briser -, je les coudrai ensemble avec un seul fil incassable.

Voici, cher lecteur, l’anthologie de mes chers moments vivants…

Dans ce journal, je découvre que j’ai été fidèle aux valeurs d’authenticité et de bien-être et que les grandes lignes de mon dessein ont été suivies.

Malgré les ruptures, les bouleversements, j’ai réalisé ce qui m’importait – l’écriture autobiographique, le développement personnel et spirituel, mes études en art-thérapie. 

J’ai pu exorciser mes anciennes douleurs dans le récit de mon enfance ; j’ai obtenu mon premier module de Psychologie ; j’ai tenu un cahier poétique de la traversée de mon deuil ; j’ai noté les gratitudes que m’offrait mon installation dans un nouveau département… Et surtout, j’ai toujours gardé en tête le Projet… d’avoir des projets !

Cette ultime page où je fais le bilan du tracé de ma voie est la plus importante.

Alors, en signe de remerciement, j’y appose cette phrase du célèbre écrivain Henry Miller qui pourrait servir d’exergue à mon futur cahier ainsi qu’à tous ceux qui débutent un journal 

« N’oubliez pas de ne pas oublier »

pour donner à la vie une mémoire

et pour donner à la mémoire une vie.

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est ma vie !, Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Que puis-je dire de ma vie ?

Que puis- je dire de ma vie ?
J’écris.
J’avance.
Je confie comme tout promeneur ma trace
au sable, à la terre, à la neige,
et au vent qui contient tout les souffles possibles
pour la répandre
grain après grain
dans l’espace.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Mon aïeul, mon ami., Psychogénéalogie

Stéphane

Je remercie Monsieur V. d’avoir été le messager de mon grand-oncle Stéphane de Zalewski, noble d’origine polonaise, mort juste après la Deuxième Guerre Mondiale pour avoir eu le coeur brisé de chagrin.

Persécuté par les nazis, contraint à l’exil à Metz, il s’est vu ensuite spolier de tous ses biens à Varsovie par le communisme stalinien. Je comprends mieux maintenant la signification du foulard rouge que je dois retrouver dans la maison familiale.

J’ai toujours su que ce grand-oncle vivait près de moi, qu’il ne me quittait pas. Très souvent, je prononce son nom. Une nuit, il m’a montré en rêve sa ville natale, Varsovie, que je visiterai en cette vie, c’est promis. J’entrais à l’intérieur de sa demeure qui appartient désormais à d’autres. Je me chauffais à son feu qu’il avait allumé pour moi. Je dois faire beaucoup de voyages et la Pologne, avec des villes comme Cracovie et Varsovie, figure en tête de ma liste.

Stéphane était passionné par les livres, la littérature, l’étude, tout comme moi. Souvent, je retrouve des pages de livres anciens soulignées et annotées de sa main, une écriture fine et élégante, comme sa prestance, et aussi cette signature alerte – Stéphane.

Je suis reconnaissante de savoir que c’est lui l’auteur de ces murmures près de mon coeur et de ces connaissances qu’il insuffle à mon oreille intérieure.

Maintenant, je peux mettre un visage à mon intuition.

Si je recueille suffisamment d’éléments biographiques, ici, en Lorraine ou là-bas, en Pologne, j’écrirai le livre de sa vie.

Cet après-midi, j’ai renoué avec mes racines.

Merci !

Géraldine Andrée