Voici mon profil d’écrivain privé-biographe :
https://narrovita.fr/ecrivain-biographe-geraldine-m/
Géraldine Andrée
Voici mon profil d’écrivain privé-biographe :
https://narrovita.fr/ecrivain-biographe-geraldine-m/
Géraldine Andrée
J’écris parce que l’écriture est un chemin spirituel qui va de soi vers le monde.
Géraldine Andrée
ET CELA ME PLAÎT !
Géraldine Andrée
Ecris-toi des lettres, le plus souvent possible !
Prends du beau papier, du vélin doux pour ta plume.
Inscris ton nom tout en haut de la page commençant par Cher(e)…
Demande de tes nouvelles. Décris comment tu te portes. Confie tes peines, tes joies, tes espoirs ; ce qui te met du baume au coeur ou te bouleverse.
Raconte tout ce qui a de la valeur à tes propres yeux, ce rayon de soleil sur ta chaise, le bâillement de ton chat qui te permet de voir sa langue rose, la floraison de la plante que tu aimes. Inscris tes projets comme s’ils étaient déjà actuels pour t’encourager à les réaliser pleinement.
Donne-toi des conseils venus de la source la plus sûre de toutes les connaissances : ton âme. Adresse-toi à toi avec bienveillance, générosité, non-jugement. Partage avec toi les moments de grâce ou de doute. N’oublie pas ! Tu es cet(e) ami(e) intime qui t’écrit !
Ensuite, plie la lettre ; glisse-la dans une enveloppe ; colle un beau timbre ; note avec soin tes coordonnées.
Quand tu recevras cette lettre quelques jours plus tard, ouvre-la lentement. Ecoute crépiter le papier qui se déchire, se déplie. Regarde la lumière du matin se refléter dans l’encre des phrases qui t’apaisent et t’orientent sur ton chemin d’aujourd’hui.
Toi, lisant et écrivant à la fois,
ne sens-tu pas comment
la partie vivante de toi-même,
s’adresse à cette autre partie
vibrante elle aussi,
en attente
d’être lue, reçue, comprise,
accueillie ?
Ecris-toi des lettres le plus souvent possible !
Géraldine Andrée
Comment savoir si je vais bien ?
C’est parfois si peu évident !
Alors, je le demande à la page au lever du soleil
et ce sont des conseils à l’encre claire qui apparaissent
comme
Bois beaucoup d’eau,
laisse une mèche de libre pour le souffle de la brise d’aujourd’hui,
suis le chemin de ton intuition,
écris-moi davantage
ou tout simplement
RESPIRE !
Tu as tout le temps.
Le ciel ne disparaîtra pas derrière ta fenêtre.
Quelle chance que tu as d’être !
Géraldine Andrée
Il est des mots qui demandent à sortir de la nuit.
Je m’apprêtais à prendre congé de ma mère. Le ciel s’obscurcissait. La pluie semblait imminente. Je voulais rentrer vite car, chaussée de souliers ouverts, j’avais peur d’avoir les pieds mouillés si je tardais trop.
Mais ma mère continuait de bavarder avec ses copines.
Il y avait là, en face de moi, une vieille femme en fauteuil roulant, les jambes bandées.
Soudain, elle a pris la parole :
« Je veux rentrer chez moi. Je veux me reposer. Il n’y a guère que ma maison qui me plaît. Je suis si fatiguée… J’ai fait de l’humanitaire, partout dans cette région – Toul, Nancy, Lunéville, Pont à Mousson…
Mais surtout, j’ai suivi mon mari en Algérie, pendant la guerre.
Mon mari était gardien d’une prison de trois mille détenus dont la plupart était des membres du FLN. La prison Barberousse.
Une fois par semaine, mon mari demandait à ce que les volets fermés le soir ne soient pas rouverts le lendemain matin. Il ne fallait pas que les enfants voient quoi que ce soit. Les pièces seraient plongées dans la pénombre toute la journée.
On était pourtant réveillés très tôt par des youyous et le vacarme des gamelles et des cuillères que les prisonniers faisaient tinter en rythme contre les barreaux. Puis résonnaient les chants des fellaghas en arabe, qui accompagnaient la marche des condamnés à mort. On ne bougeait plus, terrorisés.
On entendait ensuite le cahotement affreux du couperet métallique qui se baissait, se relevait, se baissait contre les tréteaux de bois et le bruit mou des têtes qui tombaient l’une après l’autre dans le panier.
Cela durait toute la journée. Une journée dédiée à la nuit, à la peur, au sang, à la mort. Et lorsqu’au soir le silence revenait, l’écho de ces bruits funèbres hantait nos oreilles comme un spectre.
Il y avait parmi les exécutés de simples ouvriers, d’humbles gens qui avaient avoué par contrainte des actes qu’ils n’avaient peut-être pas commis. Beaucoup sont passés également par les armes. «
Le chariot du repas a traversé la salle dans un tintement joyeux de couverts et de verres. Ma mère a sursauté et s’est exclamée en riant :
-J’ai cru que c’était la guerre qui revenait !
Et toutes ses copines, dont celle qui a fait ce témoignage, se sont exclamées :
– Non ! C’est l’heure du dîner !
Et l’une s’appuyant sur sa canne, l’autre faisant tourner les roues de son fauteuil pour avancer, l’autre encore s’accrochant à son déambulateur… toutes se sont dirigées vers la salle à manger.
Ma mère m’a fait un signe derrière la porte vitrée.
Dehors, il pleuvait un peu. Mais je ne me suis pas pressée. J’ai pris le temps de flâner parmi les rumeurs de la ville. Le ciel avait une teinte gris bleu. On était passé à l’heure d’été. Il ne ferait pas nuit de sitôt.
Je suis rentrée sans avoir les pieds mouillés mais tous ces mots que j’avais entendus perlaient au bord de mon coeur.
Géraldine Andrée
La guérison est ma priorité.
Le calme. Le repos. Le silence où coule une musique secrète.
Une table ronde sur laquelle m’attend mon cahier ouvert.
A côté, une tasse de thé chaud.
Chaque chose importante est là, en abondance. La sérénité entoure mes mots. L’encre reflète la lumière de ma lampe.
Prendre le temps de respirer, de réfléchir, de méditer, d’être consciente du souffle qui franchit mes lèvres.
Ecouter le frottement de ma plume sur la feuille pendant que bat mon sang.
Quand j’écris, mon coeur devient le choeur de toutes les harmonies.
Quand j’écris, je vis chaque instant à mon rythme.
« Il est peut-être plus pratique, plus confortable – voire plus poétique de mourir jeune et ainsi de ne pas supporter le poids de vieillir.
Mais dans ce cas, qui finira ma vie ? Quel être pourra dire qui je suis ? »
Voici les quelques lignes qu’a écrites Marilyn dans ses Carnets.
Et je répondrais à Marilyn :
« Il faut vivre en écrivant, écrire en vivant. C’est en écrivant qu’on finit le beau récit de sa vie, et cette fin signe toujours un commencement.
Être sa propre voix qui laissera longtemps sa trace dans le silence qui suivra :
telle est,
à mon sens,
la Vie
achevée. »
Géraldine Andrée


En complément à ma conférence sur Le Pouvoir spirituel de l’écriture du 05 janvier 2019, je vous joins la liste de livres sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour ouvrir cette porte sacrée dans la page :
Le journal de la résilience :
Journal d’Anne Frank, J’ai lu
Une vie bouleversée d’Etty Hillesum, Points
Les pages du matin :
Libérez votre créativité de Julia Cameron, Aventure secrète
Le bullet journal :
Journal de la collection Respire : Des projets pour 52 semaines
Carnet de gratitude, collection Hachette Bien-Être
Le Défi des 100 jours de Lilou Macé (Cahier d’exercices pour une vie extraordinaire), Guy Trédaniel éditeur
Site Pinterest pour confectionner son propre bullet journal
L’art des listes :
Notes de chevet de Sei Shônagon, Connaissances de l’Orient, édition Gallimard
L’Art des listes de Dominique Loreau, collection Marabout
Le journal créatif :
Le nouveau journal créatif d’Anne-Marie Jobin, édition Le jour
Pour écrire sur du beau papier, doux comme un grain de peau :
Les carnets Hemingway
Belle écriture à vous !
Géraldine Andrée
On a tendance, lorsqu’on se raconte ou qu’on raconte sa vie, à vouloir être le plus précis possible.
Aussi ajoute-t-on des adverbes, des adjectifs, des propositions à profusion :
« Le laurier-rose tout parfumé et qui fleurissait fidèlement à chaque saison me plaisait beaucoup. »
On se charge de la compréhension, de la sensation et de l’émotion du lecteur. On l’envahit de son intention, certes louable, de provoquer son empathie mais, en vérité, on le prive de sa place.
Et pourtant, raconter sa vie, c’est effacer les évocations redondantes, les descriptions inutiles, c’est barrer des mots pour réinstaurer les silences.
Un récit de vie peut commencer ainsi :
« Le jardin est là. »
« Pendant toute mon enfance, le pommier a fleuri. »
« Elles furent belles, les saisons de mon arbre. »
« Ah ! Les parfums du laurier-rose de jadis ! »
En une phrase brève, laisser le lecteur libre de suivre son souffle et son chemin jusqu’à notre univers.
Lui accorder de l’espace, du temps.
Lui offrir son propre rythme.
L’inviter dans nos silences.
Lui faire confiance.
Une écriture dépouillée est un acte de foi envers celui qui la reçoit.
Ou encore, débuter son histoire par une phrase simple qui contient toutes les saveurs, toutes les senteurs, toutes les couleurs d’un pays, telle Karen Blixen qui inaugure ainsi son récit de vie :
« J’avais une ferme en Afrique. »
Un sujet ; un verbe à l’imparfait ; deux compléments essentiels ;
pudique évocation du regret à partir de laquelle le livre d’une vie déploie ses pages dans le présent.
C’est alors par le coeur
que le lecteur comprend.
Géraldine Andrée