Je n’ai pas de souvenir
du premier beau ciel
de mon enfance
Il a toujours été
avec ses étoiles
ses oiseaux
ses ombres
et ses lumières
Je le connaissais
bien avant mon apparition
en ce monde
car il n’y a pas de passé
dans la présence
Géraldine Andrée
Je n’ai pas de souvenir
du premier beau ciel
de mon enfance
Il a toujours été
avec ses étoiles
ses oiseaux
ses ombres
et ses lumières
Je le connaissais
bien avant mon apparition
en ce monde
car il n’y a pas de passé
dans la présence
Géraldine Andrée
Je contemple
Le silence
Et que vois-je en lui ?
Le ciel d’une bille !
Géraldine Andrée
Ton pays ne figure sur aucune carte d’état-major
Aucune pancarte ne l’indique quelle que soit la route
On ne trouve pas de photo de lui sur Google Earth
Et pourtant je sais
son murmure de feuilles vives
le rire de ses cascades qui courent avec la brise
la couleur de sa terre dans la paume
la lumière que des oiseaux aux étranges plumages
annoncent très tôt
C’est comme si j’avais goûté ses fruits
croisé ses animaux sauvages
caressé son rayon de lune sur mon épaule
Pour ton pays nul besoin
d’un ticket de train
ou d’un numéro de porte d’aéroport au petit matin
Ton pays n’a ni tracé ni nom
mais sa langue déborde du silence
de ma chambre
pour me parler de la joie
de m’y rendre
Ton pays est en moi
Géraldine Andrée
J’entends sonner un très ancien carillon
dont les quelques notes grêles
si je tends bien l’oreille
font rouler leur écho
comme des perles
le long d’un rayon de soleil
un carillon qui sonne ce temps passé
où vivait encore Claire aux cheveux blonds
aux larges colliers
et au sourire secret
Géraldine Andrée
Le jour où je retrouverai la couleur de l’encre des anciens amants,
le jour où je saurai si sa couleur est bleue comme la mer disparue au large de l’azur, rouge comme les lèvres closes après les murmures, verte comme les feuilles entre les fleurs ou noire comme la mort qui détache du coeur la frêle corolle d’un souffle,
alors, j’écrirai cette lettre
à l’encre où tous les ciels se mêlent,
pour remercier les anciens amants
de m’avoir fait croire à leur rêve qui prolonge l’espoir.
Géraldine Andrée
Mon rêve
de vacances :
écrire
pendant
que la mer
avance ;
qu’au mot
ultime,
elle caresse
ma page
et y laisse
un peu de sel,
preuve
qu’elle signe
à ma place…
Géraldine
Être face à son rêve,
les yeux ouverts ;
contempler l’éclat
de cette rencontre
puis suivre
partout dans le monde
sa trace flamboyante
pour garder
en mémoire
sa fulgurance.
Faire de son rêve
un chemin à vivre.
Géraldine Andrée
La mer
tourne
doucement
ses pages
et annonce
au monde
à chaque
seconde
une phrase
nouvelle
qui brille
dans le soleil
Géraldine Andrée
Et Vous ?
Géraldine Andrée
J’écris pour retrouver le murmure de l’eau de mon enfance.
J’en ai bien souvenance :
il était vif et brillant au soleil,
riche de pétales, de brindilles, de branchettes,
de feux qu’allumait en lui le reflet du ciel.
Parfois, il s’enroulait autour d’une souche
puis reprenait sa course
entre les lèvres de la rive,
toujours plus rapide,
toujours plus ivre.
Et s’il disparaissait un instant
sous un peu de limon
ou quelques racines,
c’était pour mieux rejaillir
et faire signe
par des méandres
qui se dessinaient sous mon doigt
et il me semblait
que c’était moi l’artiste.
Souvent, la lumière
de l’encre qui sèche
doucement au soleil
me le rappelle
mais le silence
me prouve
qu’il n’est pas encore là.
Alors, je recommence.
Je recommence.
J’écris pour retrouver le murmure de l’eau de mon enfance.
Géraldine Andrée
