Pour voyager cet été,
le ciel du papier
que traverse une plume
peut suffire…
Géraldine Andrée
Pour voyager cet été,
le ciel du papier
que traverse une plume
peut suffire…
Géraldine Andrée
Ne t’acharne pas
à trouver un sens
aux pointillés d’or
que le jour laisse
entre les branches…
Voyage
simplement
avec eux
comme sur une phrase
dans une autre langue…
Géraldine Andrée
Quand je veux
faire le deuil
de ce que je n’ai pas vécu,
je m’endors
avec un recueil
de poèmes
sur mon cœur
et dont les mots
sont des yeux
d’or
qui me veillent
jusqu’à ce que je devienne
moi-même
Aurore.
Géraldine Andrée
Que dans l’encre bleutée
de ton nom
qui achève
ta longue lettre
soit gardé
tout le ciel d’été
qui apparaissait
à ta fenêtre
Géraldine Andrée
Je me demande
pourquoi chaque note de pluie quand elle se brise laisse sur la rambarde de la terrasse une étincelle unique
pourquoi je me souviens si bien du jardin de jadis les nuits de pleine lune
où va le chemin tôt le matin
si le bleu de la mer se prépare à me rencontrer lorsque je trempe ma plume dans l’encrier
quand viendra l’Ami
s’il voit déjà de sa fenêtre la flamme de ma bougie
en quoi me réincarnerai-je dans ma prochaine vie : un chat un lys ou peut-être même l’éclat du lapis-lazuli
pourquoi je vis en rêve dans un village que je n’ai jamais visité en vérité
pourquoi j’entends si précisément le hennissement des chevaux sur sa place et le tintement des seaux à sa source
d’où viennent les poèmes qui affleurent le silence
et surtout je me demande
pour qui j’écris tout cela pour aviver quelle joie et apaiser quelle peine que je ne connais pas
Géraldine Andrée

La corbeille est aujourd’hui
pleine de fruits
comme l’écho est riche
de cette attente
où s’annonce
un pas supplémentaire
Aime
Rêve
Espère
Géraldine Andrée

Débranche
le téléphone
éloigne-toi
de toutes
les agitations
de cette époque
de tout
ce qui te demande
d’avoir un avis
de prendre parti
dans d’inutiles
dialogues
Puis ouvre
la porte
de ta chambre
où luit
le point
d’or
de la lampe
et entre
dans l’espace
-temps
d’une page
blanche
Pour écrire
c’est-à-dire
converser
avec ton coeur
demeure
au coeur
du silence
Géraldine Andrée

Relire dans Les Malheurs de Sophie
les phrases que j’ai déjà lues petite fille
c’est comme emprunter à rebours
un sentier de vacances
qui me mène à la lumière
de mes boucles
c’est revenir à chaque mot
sur les pas de l’enfance
et retrouver les feuilles de trèfle
les frêles cailloux les fraises douces
les bouquets d’angélique vive
les prunes dorées les abricots roux
que récolte en toute
clandestinité
Sophie mon héroïne
dans ces histoires
où elle joue à faire des bêtises
depuis toujours
et qui sont ensuite
déposés
au seuil de ma mémoire
en guise
de Présents
dérobés au temps
Géraldine Andrée
Je détaille
tous les points
de la moustache
du chat
Puis je suis
du doigt
sur son visage
chaque phrase
qui y mène
A la fin
le poème
est bien là
contre ma paume
Géraldine Andrée
Je rêve
que j’écris un poème.
J’entends sonner ses rimes
comme des notes de cloche
par un beau dimanche.
Je vis son rythme
qui m’emporte
telle une vague
sur la crête
d’une phrase.
Quand je me réveille,
j’entends
mon souffle
qui s’empresse
encore
dans ma course
achevée
et il me reste
des bribes
de ma voix secrète
comme
« Route », « soleil ».
Je note
alors
sur mon carnet :
de chevet :
« La route
poursuit son élan
vers le soleil
à travers moi
qui garde foi
en mes rêves ».
Puis, je commence
à vivre
ce jour supplémentaire
qui paraphe
chaque instant
avec
les lettres
toujours
changeantes
et singulières
de la lumière.
Géraldine Andrée