Se pencher devant la page
pour lui confier des peines, des doutes,
des projets, des souhaits,
toutes les interrogations possibles,
puis attendre
une réponse
dans sa blanche lumière.
L’écriture est prière.
Géraldine Andrée
Se pencher devant la page
pour lui confier des peines, des doutes,
des projets, des souhaits,
toutes les interrogations possibles,
puis attendre
une réponse
dans sa blanche lumière.
L’écriture est prière.
Géraldine Andrée
Je détaille
tous les points
de la moustache
du chat
Puis je suis
du doigt
sur son visage
chaque phrase
qui y mène
A la fin
le poème
est bien là
contre ma paume
Géraldine Andrée
J’écris
pour trouver
le mot
qui contient
toute
la Vie
Géraldine Andrée
Personne ne peut prolonger
la lueur d’une luciole d’un ver luisant
d’une flamme de bougie
d’un météore dans le soir
Personne n’a ce pouvoir
Mais il demeure
la mémoire
pour témoigner
qu’une telle lueur
a existé
dans une nuit
comme celle-ci
Géraldine Andrée
Mon cahier neuf,
tu es le silence qui m’accueille
dans son berceau de feuilles.
Géraldine Andrée
Trouvez-vous des mots
où vous réfugier,
des mots-maisons,
des mots-jardins,
des mots au coeur profond,
des mots qui auront la douceur des coussins,
des mots chaleureux
comme une chambre, le soir.
Moi, c’est
Murmure de la lumière
que je fais voguer
sur mes lèvres
plusieurs fois
par jour
et qui tracent
dans mon âme
le sillage
de son retour.
Géraldine Andrée
Quel silence, aujourd’hui !
Certains disent
que c’est un silence
où rien ne luit ;
un silence
d’eau profonde
où l’on s’enfonce
si l’on cède
à ses peurs ;
un silence
de tombe,
de fin du monde…
Moi, je pense
que c’est un silence
où tout
commence :
le silence
de la première
seconde
qui précède
l’aube,
juste avant
l’éclosion
des notes d’oiseaux ;
un silence
fait de feuilles
et de souffles
qui, lui seul,
connaît
sa source ;
un silence
qui réunit
tous les jardins
dans sa main
et qui s’adresse
au coeur
des choses ;
un silence
qui accueille
la lueur
d’un bourdonnement
et qui attend
que scintille
le tintement
de la cloche
d’un dimanche
de célébration
pour verser
sur nous
la moisson
de ses chants ;
un silence
qui bat
la mesure
de son propre
temps ;
un silence
qui espère
sereinement
notre métamorphose
pour nous faire présent
du chuchotement
des roses ;
un silence
de patience
qui demeure
encore
ce point
d’or
que la grâce
suspend
entre
deux instants.
Géraldine Andrée
J’aime cette petite voix
qui me dit
au coeur
de l’après-midi
Viens
On écrit
quand
le soleil
des feuilles
tremble
et que le sens
de ce souffle
n’importe plus
puisque seule
compte
sa présence
Géraldine Andrée
Je rêve
que j’écris un poème.
J’entends sonner ses rimes
comme des notes de cloche
par un beau dimanche.
Je vis son rythme
qui m’emporte
telle une vague
sur la crête
d’une phrase.
Quand je me réveille,
j’entends
mon souffle
qui s’empresse
encore
dans ma course
achevée
et il me reste
des bribes
de ma voix secrète
comme
« Route », « soleil ».
Je note
alors
sur mon carnet :
de chevet :
« La route
poursuit son élan
vers le soleil
à travers moi
qui garde foi
en mes rêves ».
Puis, je commence
à vivre
ce jour supplémentaire
qui paraphe
chaque instant
avec
les lettres
toujours
changeantes
et singulières
de la lumière.
Géraldine Andrée
J’écoute Beethoven
Et je me sens seule
Quand un poème
S’approche
Et dans un souffle
De feuilles
Me chuchote
Qu’il souhaite
Être écrit
Comme un destin
Au cœur
De la main
Géraldine Andrée