J’ai acheté aujourd’hui
dans une petite
papeterie
un carnet en vélin
pour y noter
toutes
les gouttes
que l’arrosoir
sème
sur la route
d’herbe
à la tombée du soir
Géraldine Andrée
J’ai acheté aujourd’hui
dans une petite
papeterie
un carnet en vélin
pour y noter
toutes
les gouttes
que l’arrosoir
sème
sur la route
d’herbe
à la tombée du soir
Géraldine Andrée
Ne pas noter les choses importantes
mais celles que j’aime
aussi minimes soient-elles
comme les lueurs des gouttes matinales
sur la rambarde de ma terrasse
Géraldine Andrée
Journal
La guérison est ma priorité.
Le calme. Le repos. Le silence où coule une musique secrète.
Une table ronde sur laquelle m’attend mon cahier ouvert.
A côté, une tasse de thé chaud.
Chaque chose importante est là, en abondance. La sérénité entoure mes mots. L’encre reflète la lumière de ma lampe.
Prendre le temps de respirer, de réfléchir, de méditer, d’être consciente du souffle qui franchit mes lèvres.
Ecouter le frottement de ma plume sur la feuille pendant que bat mon sang.
Quand j’écris, mon coeur devient le choeur de toutes les harmonies.
Quand j’écris, je vis chaque instant à mon rythme.
Ton nom
Guy
Est un pont
Entre le silence
D’ici
Et les chants
De là-bas
Une seule
Syllabe
Et j’approche
Le mystère
De ta présence
Autre part
Toute une constellation
Luit
Désormais
Guy
Dans ton nom
Géraldine
Poème écrit pour mon père
Décédé dans la nuit
Du 11 au 12 novembre 2018
Ouvrir la fenêtre : que la lumière du jour se pose sur les feuilles de sa saison de vie.
Fermer la porte : que les enfants se disputent pour une broutille ; que le conjoint s’ennuie ; qu’importe. Laisser chacun aujourd’hui découvrir son chemin, même s’il est désagréable.
Ne pas répondre au téléphone : la sonnerie a beau s’entêter ; dans un proche instant, elle se confondra avec la note du silence.
Suivre la volute de fumée qui danse au-dessus du thé.
Passer la main sur la douce encolure du chat…
Mais, quelle est cette lueur rose, soudain ?
C’est un pétale échappé du jardin d’enfance qui ouvre sa porte…
Tenter alors de l’attraper dans le ciel de printemps de la page
en écrivant,
en écrivant…
Géraldine Andrée
il me semble
que je ne suis faite
que pour écrire
mon journal,
relater
la simple vie.
Mais aujourd’hui,
je veux me passer des mots ;
me dépouiller
jusqu’au mutisme
que seule traverse
la musique,
celle
d’un nocturne
au piano ;
abolir la parole
pour accueillir
les notes ;
n’être plus
que silence
qui écoute.
Géraldine Andrée
Ecris ta vie
parce que personne ne peut la vivre à ta place.
Ecris tes rêves, tes désirs, tes projets.
Un seul mot…
Et c’est le point de départ
à l’élan d’une phrase.
Invente tous les futurs possibles,
et choisis parmi eux
celui qui convient à qui tu es,
celui par lequel ton âme doit advenir.
Prends note de tes peines, de tes joies
car ces sentiments sont une boussole
qui te permet d’emprunter
ton chemin de vérité.
Approche-toi du miroir de la page ;
tu ressentiras ta présence.
Passe devant la fenêtre de la page ;
ton souffle s’y dessinera.
Tu dis : Mais je ne sais pas écrire !
Je fais plein de fautes d’orthographe !
Tout le monde va rire !
Aussi, je te le dis :
Ecrire te regarde.
Les mots t’attendent.
Une fois qu’ils t’auront rencontré
dans le reflet de l’encre,
tu verras combien ils te contemplent
et te connaissent.
Alors, tu te pencheras sur tes épreuves
et tu t’exclameras :
Mais c’est ma vérité !
Qu’importe si les autres la contestent,
elle vibre en moi
comme la joie du vent
qui laisse pour trace
toutes les feuilles qu’il a semées.
Puisque tu ne peux effacer le désordre de certaines choses,
écris chaque jour
afin de suivre leur cours,
afin de décider en toute connaissance de cause
du déroulement de ton aventure personnelle.
Ecris ta vie
parce que rien ni personne
n’a le droit de te la dicter.
Géraldine Andrée
J’écris
pour accompagner
du murmure
de mon coeur
le cours
des choses
Géraldine Andrée
Ecrire, se dit-elle.
Le miroitement de l’encre où elle se reconnaît.
Les mots qu’elle trouve dans le blanc de la page et qui la surprennent par leur éclat de jais.
Ce crépitement de la pointe de la plume contre le grain du papier à l’heure où tout s’absente encore.
Bruit frêle
de la vérité qui approche
et traverse la porte.
Je suis vivante, écrit-elle.
Seule phrase qui importe.
Géraldine Andrée