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La langue de mon pays

La langue de mon pays
se fait comprendre avec
la haute voix du vent, l’accent des sources sur la rive, la courbure des blés, les ondulations de l’herbe, les pleins du chemin qui s’élance vers l’azur, ce soupir entre les notes de la pluie, les couleurs accrochées à la gorge des mésanges, les points qui étoilent la page du ciel, le silence de tout ce qui perle, de tout ce qui goutte au bout de l’attente.
La langue de mon pays ne suit aucune grammaire.
J’ai seulement appris
que beaucoup de feuilles se froissent pour la répandre dans le monde,
que beaucoup de flambeaux allument ses majuscules dans la nuit.
Je suis l’interprète de son souffle qui roule jusqu’à mes lèvres
quand j’accélère ma course vers Demain.
Je la respecte
en la transcrivant chaque matin
sous un long délié de lumière
qui tremble puis disparaît
pour renaître
à partir de la virgule
de l’instant suivant.

Géraldine Andrée

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Créavie : Ecrire sa guérison 2

Explorer toutes les possibilités du cahier

En faire des fragments d’infini

Ecrire en haut  en bas  à gauche  à droite  tout droit  c’est le plus sûr au début

puis lâcher prise  se laisser aller sans jugement

Ecrire en serpentant  en ondulant  en ondoyant

en boucle  en cercle  en carré  en losange  en triangle

de travers  sur le chemin de la lumière

Ecrire sur les lignes  entre les lignes et  en dehors

sur ce blanc d’océan

de l’intérieur de la reliure vers l’extérieur

de l’extérieur vers l’intérieur de la reliure  c’est le moins classique

Ne pas chercher à faire original  mais être celui ou celle qui écrit

Se laisser guider par l’encre

Chevaucher l’alezan de la phrase

Franchir les marges car elles sont faites pour ça

Voguer sans danger

Dépasser les limites sans se perdre

Déborder du tracé que d’autres ont décidé pour toi

parce que le temps est venu d’écrire qui tu es

c’est-à-dire

de vivre  d’être libre

Gribouiller  faire un pâté d’enfant  faire baver une couleur  c’est beau ce bleu qui coule dis donc   et qui efface les lettres d’avant

Griffonner  rayer  raturer  reprendre  remplir  car le cahier c’est ça  mon enfant  l’espace de l’abondance

Ne pas faire une page parfaite  surtout pas

Vivent la tache  le trait de travers  le mot écrasé  les syllabes inversées et qui changent tout le sens  qui donnent au phrasé de ton âme tout son sens  le trou parce que t’as trop appuyé avec la pointe  l’élan raté  qui permet de recommencer  de prolonger le rêve du voyage

Vivent la colle  la feuille chiffonnée  la corne

Vive le papier un peu malmené qui te laisse cette trace de l’instant parmi toutes les traces possibles

Ne signe pas

Ce n’est pas un contrat  un arrêté oh non

Mais dessine ton nom

Et puis

tourne la page

 

Géraldine Andrée

Thérapie par l’écriture