Peindre Ecrire Composer
Donner libre cours à l’encre
car la Vie passe
Géraldine Andrée
Peindre Ecrire Composer
Donner libre cours à l’encre
car la Vie passe
Géraldine Andrée
Si l’on me demandait
quelle est la couleur
de l’instant
je dirais bleue
comme le soir
qui annonce
la rencontre
entre soi
et l’encre
Géraldine Andrée
Quand j’écris un poème,
il me semble
que tout naît de moi,
les flocons
qui précèdent
la première floraison,
l’aube dont la robe
est encore
piquetée d’étoiles,
le chemin
qui annonce
le pas de l’ami,
la lampe
de la chambre
de mon enfance
qui envoie
sa lueur
à travers
les ans
au coeur
de mes mains
ouvertes
cherchant
sa chaleur,
et le murmure
de l’eau
qui court
dans les veines
de la roche
jusqu’à la terre.
Je crois
que je suis la source
de la source
quand j’écris un poème.
Géraldine Andrée
Ce cahier
À portée de main
M’offre ses feuilles
A fleur de demain
Géraldine Andrée
L’espace
D’une seule
Page
Me suffit
Pour me promener
Et franchir
Sans interdit
Ni complexe
Toutes
Les bordures
Géraldine Andrée
J’écris
pour garder mémoire
de la toute première lueur
dans une goutte d’encre.
Géraldine Andrée
Lorsque je ne peux tout contrôler,
que le destin a ses échéances,
lorsque je ne peux rien changer au comportement d’autrui,
que la maladie et la mort ont le dernier mot,
je reviens à la page.
J’y crée des chemins, des jardins,
des poèmes qui annoncent l’aurore
dans le mot Demain.
Je redécouvre mon pouvoir,
ma faculté de détachement
pour suivre, telle la feuille,
l’élan du souffle qui la mène un peu plus loin.
Je cesse de dépendre
des circonstances
pour être heureuse
et, dans le blanc de neige
du papier,
je trouve une rose
en sa floraison
qu’aucune bourrasque n’abrège.
Je sais que le temps de l’encre
m’apporte tous les possibles
et que cet espace
me permet de vivre.
Je puise
dans ce face à face
avec moi-même
de la force,
de l’audace
et je me vois mieux
que dans un miroir,
car j’ai enfin la certitude
que mon âme
accompagne
ma solitude
et elles peuvent bien creuser leur trace,
les rides sur mon visage !
Lorsque je reviens à la page,
que je puise
dans son silence
qui m’accueille
un murmure d’eau vive,
je me sens devenir grande
comme la majuscule
d’une phrase qui commence.
Géraldine Andrée
Chaque mot peut être à lui seul
Lumière Murmure
Senteur Satin
Géraldine Andrée
Souvent, je me dis :
Il faut que j’écrive
ce que je veux vivre,
donner avec ma plume
de l’élan à ma vérité.
C’est alors
qu’une petite voix
d’enfant
m’interrompt
et me murmure
comme si c’était
un secret
dont je devais
absolument
me rappeler :
Tout est déjà
écrit dans ton coeur !
Géraldine Andrée
Je veux placer un signet pour la page la plus belle de mon journal intime,
celle qui recueille toutes les joies, même les plus minimes,
comme le murmure du vent, le clignement de l’étoile infime
que je reçois comme un signe,
au moment où je cherche à être
comprise,
pour que je retrouve malgré les instants qui se brisent
telle les notes d’une cloche ultime,
les mots de ma mémoire
qui me font croire
à la joie d’un autre chapitre
annonçant déjà son titre
en haut d’une page blanche.
Géraldine Andrée