Publié dans Non classé

L’encre du temps

On dit que le temps guérit les maux.

Pour moi, c’est l’encre qui soigne ma douleur, cette encre qui s’écoule et se répand comme un baume dans la lumière.

L’encre est mon temps, ma rivière.

Elle me porte d’une rive à l’autre sur la page. Les mots sont mes pierres de gué.

Bientôt, je cesse de boiter, je sautille au rythme des étincelles de ma plume dans le soleil.

Je parle moins de ma tristesse, j’ose écrire Bonheur avec une majuscule, les éventualités deviennent possibles et la peur de l’inconnu me fait rêver.

Dans le reflet de chaque goutte déposée, je me reconnais telle que je suis.

Aujourd’hui, je dis que le rythme tranquille de l’écriture qui glisse là, tout au bord de ma vie, me guérit de ma volonté de vouloir diriger le tracé du flot de ma destinée.

Je me laisse emporter vers le mot prochain

et c’est la Vie qui s’écrit en moi.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, Non classé

Il est des livres

Il est des livres qu’on lit lentement, qui absorbent notre esprit chaque soir pendant toute une année car tel est leur intérêt, s’apparenter à un grand voyage.

Et lorsqu’on franchit la dernière page, qu’on atteint le mot ultime dans la nuit, on se sent éclairé d’une vaste expérience,

comme si on avait abordé ce qui n’était au départ qu’un petit point parmi tant d’autres sur la carte du monde,

mais à partir duquel à présent

la vraie vie commence.

 

Géraldine Andrée

L’Encre au fil des jours

Image : Fritz von Uhde (1848-1911); Devant la porte de la véranda

 

***

 

There are books that we read slowly, which absorb our spirit every night for a whole year, because that is their interest, it is like a great journey.

And when you cross the last page, you reach the ultimate word in the night, you feel enlightened with a vast experience,

As if we had dealt with what was initially only a small point on the map of the world,

But from which now

Real life begins.

 

Geraldine Andrée

Ink over the days

Picture : Fritz von Uhde (1848-1911) ; In the porch door

Publié dans Non classé

Ma boutique

 

Accompagnement individuel d’un projet d’écriture

Type exercice de style, texte créatif, dissertation, mémoire, thèse. Aide à l’organisation du travail de rédaction.

€20,00

 

Corrections, relectures

de tous types de travaux (comptes-rendus administratifs, lettres, dossiers, mémoires, thèses).

€30,00

 

Rédaction d’un article de blog

Tous types de blogs (voyages, santé, culture, société...)

€30,00

 

Préparation à un entretien

Pour avoir confiance en soi et en ses ressources ! Possible par Skype ou Google Hanghouts !

€20,00

 

Biographie d’entreprise, fresque sociale

Faire une biographie d’entreprise, c’est placer l’individuel dans le cadre collectif. 50 euros l’entretien, 50 euros la séance d’écriture. Possible par Skype ou Google Hanghouts.

€100,00

 

Biographie personnelle, familiale, générationnelle, transgénérationnelle…

Parce que la Vie se trace du passé vers l’avenir ! 50 euros l’entretien, 50 euros la séance d’écriture. Entretien possible par Skype ou Google Hanghouts.

€100,00

 

Discours politiques, entrepreneuriaux

Parce que les mots témoignent d’un moment décisif !

€60,00

 

Hommages, discours

Discours de baptême, d’anniversaire, de mariage, de départ à la retraite. Hommages funèbres. Car la Vie coule au fil des mots...

€40,00

 

Séance de coaching littéraire

Outils d’exploration de la création. Thérapie par les mots. Entretien possible par Skype ou Google Hanghouts.

€20,00

 

Cours particuliers de français

De la classe de Sixième au niveau BTS !

€20,00

 

Lettres en tous genres

Lettres écrites pour faciliter les démarches administratives, aplanir une situation difficile, apaiser des relations, éclaircir des malentendus.

€20,00

 

Lettre de motivation

Lettre de motivation qui fait coïncider le profil du candidat avec le profil de l’entreprise !

€20,00

 

CV (pour trouver un emploi)

CV établi selon les normes professionnelles et mettant en valeur votre profil.

€20,00

 

Ecriture de poèmes

Poème de circonstances, d’anniversaire, poème sur une époque, un lieu, un état d’âme, un thème... Je suis la corde de votre lyre !

€40,00

 

Création d’une oeuvre d’imagination

Que ce soit un roman, un récit, un conte, une nouvelle, une saynète, une pièce de théâtre, je me propose d’être la voix de votre imagination ! 50 euros l’entretien, 50 euros la séance d’écriture.

€100,00

 

Publié dans C'est la Vie !, Cahier du matin, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, Non classé

Les rêves

Les rêves sont ce que l’âme a vu avant de venir s’incarner ici. Ces possibilités destinées à se faire Chair, à prendre Vie, à devenir Vérité.

Aussi, ai-je souvent la réminiscence d’un rayon de soleil sur un mur de pierres ocre, du bleu tiède du soir au-dessus des toits, du chat qui s’étire en reconnaissant mon pas, de la brise qui porte les voix rassemblées autour de la table du dîner, des douces dalles de faïence pour le pied nu.

Tout à l’heure, on s’assoira sur le seuil et on discutera en regardant la lumière décliner pendant que s’allume Vénus.

Comment peut-on avoir souvenance de ce qui n’a pas existé en cette vie ?

Parce que je pense que ces souvenirs rêvés représentent le futur absolu que l’âme a contemplé avant de venir s’incarner ici.

Géraldine Andrée
Mon Journal

Publié dans Berthe mon amie, Non classé

Un cas concret d’écriture autobiographique : la forme achevée des souvenirs

Je soumets à Berthe, lors de la séance suivante, ces deux témoignages qu’elle valide car elle sent que sa voix est restituée. Il est désormais temps pour nous de définir clairement le projet qui doit appartenir, selon son souhait, au genre du « récit de vie ».

Dans cette optique, je demande à Berthe pour qui elle veut écrire : Berthe m’indique qu’elle veut d’abord écrire pour elle, pour se libérer de ce sentiment d’urgence qui l’habite depuis sa jeunesse, né de la peur d’être – comme elle l’a dit – « arrachée aux moments qui comptent le plus. » Elle ajoute que ce récit de vie s’adresse également à ses proches, surtout ses petites-filles auprès desquelles elle désire témoigner de l’éducation stricte qu’elle a reçue à son époque, éducation qui a façonné tant de jeunes filles dans un modèle, voire un carcan de « savoir vivre » qui empêchait l’épanouissement de l’Être.
« Que mes petites-filles prennent conscience de la chance elles ont d’avoir une éducation libérée aujourd’hui, une éducation qui leur donne la chance d’être à l’écoute de leurs désirs et de se rapprocher au plus près de ce qu’elles veulent faire, de ce qu’elles veulent devenir ! »

Ce récit intime possédera donc une dimension universelle, puisqu’il restitue la voix d’une jeune fille appartenant à l’ancienne génération et s’adressant aux jeunes filles de la nouvelle génération. De même, il illustrera un cahier d’or, « le cahier des jeunes années », substitut du journal intime perdu, que Berthe a préparé « pour laisser une trace de son passage sur cette terre » ; il accompagnera en tant que « légende personnelle » les trois photographies que je rends à ma narratrice.

Ensemble, nous définissons d’autres orientations à donner à l’écriture.

Les deux récits obéissent tout naturellement à une structure chronologique : le texte décrivant l’arrachement à la maison de Beaujour vient en premier ; lui succède le texte évoquant la délivrance du pensionnat du Luxembourg. Cette structure chronologique devient, de ce fait, circulaire, car les futures lectrices que sont les petites-filles de Berthe devineront qu’à cet épisode succédera un nouvel arrachement ; et ainsi de suite ; telle est, en effet, l’alternance qui a dominé la jeunesse de ma narratrice.

Cette structure chronologique conditionne aussi une structure thématique. Les deux textes seront construits sur des réseaux d’antithèses : la nuit qui s’annonce et le gris du pensionnat s’opposent à la lumière du jardin retrouvé ; les cheveux liés contrastent avec les cheveux déliés ; les vieilles galoches sont remplacées par de légères sandales d’été ; les motifs des fruits se gâtant et du brin de senteur se desséchant sont supplantés par le motif des senteurs qui s’exhalent dans l’air… Ces antithèses confrontent les deux univers qui ont marqué la psychologie de Berthe et l’ont intérieurement divisée. La douleur, exprimée sous forme d’images précises, pourra ainsi être mise à distance. L’écriture imagée donnera peut-être le pouvoir à Berthe de se sentir enfin en paix avec elle-même et réconciliée avec son adolescence.

Quel temps dois-je utiliser ? Nous décidons, d’un commun accord, que j’emploierai le présent pour les deux textes : un présent de narration qui aura pour effet d’actualiser le souvenir, de le rendre plus intense, de lui donner un effet d’immédiateté afin que, paradoxalement, il puisse perdre ensuite de son emprise.

Les deux textes seront-ils écrits en langue courante ou soutenue ? Berthe a reçu une éducation littéraire dans les institutions elle a fréquentées ; ses parents étaient lettrés ; son père lisait beaucoup et il était passionné d’œuvres d’art. Pour cette raison, le style sera soutenu, sans être pédant. Berthe demande à ce que les termes employés parlent à son coeur ; en effet, des « paysages – états d’âme » sont évoqués. L’emploi d’une langue poétique, qui ne sera pas ampoulée, conviendrait donc à l’expression d’une telle nostalgie. Mais cette langue exclut l’usage du vers dans lequel Berthe ne se reconnaîtrait pas. Une musicalité délicate – créée par les images, le rythme singulier de certaines phrases, les échos sonores – rapprocherait les textes du poème en prose, genre susceptible de donner à voir les deux univers. Lors de la séance suivante, j’apporte les travaux rédigés.

Je rentre toujours trop tôt au pensionnat. 
Bien sûr, j’ai joué longtemps sous les branches et les ombres mauves du jardin annoncent la nuit.
Mais je rentre toujours trop tôt au pensionnat.
Mes bottines blanches du dimanche claquent sur les dalles grises du couloir. Il me faut promptement les enlever et chausser les galoches de la semaine. Quand je roule mes cheveux en chignon, une feuille perdue tombe de l’une de mes mèches et se dépose sur la vieille table de bois. Je range dans la profonde armoire, à mon grand regret, les robes légères promises à l‘oubli. Ma chère colline bleue a quitté mes yeux. La fenêtre de ma chambre s’ouvre sur d’autres fenêtres semblables et sur une cour très commune. Je rapporte souvent de la maison les premières cerises de la saison que je dispose dans une coupe. Hélas ! Elles se gâtent vite ! Les journées d’étude sont si longues que je ne songe pas à les manger… Il est aussi ce brin de senteur que je trempe dans un verre d’eau fraîche pour que son parfum se prolonge de jour en jour. Il se dessèche malgré mes soins. Et un soir, après un devoir, je m’aperçois que sa senteur s’est tarie. Je cherche, suspendu peut-être quelque part, le frêle fil de son parfum : en vain.
Je ne peux rien y faire. Je m’éloigne doucement du souvenir de mon beau dimanche. Et la perspective des vacances suivantes est si lointaine que je me sens, en les espérant, exilée de moi-même.
Je rentre toujours trop tôt au pensionnat.

Mais lorsque j’ai barré tous les jours d’étude du calendrier et que la dernière note de la cloche tinte dans les longs couloirs, je sais que c’en est fini de ma solitude : je rentre à la maison de Beaujour ! Madame Paule m’attend à la grille. Dès que je suis sortie du pensionnat gris, j’ôte mes vieilles galoches ; je chausse mes sandales fines que j’ai à moitié cachées dans mes poches devant Sœur Cécile; je monte dans la voiture blanche.
Pendant le voyage, le soleil fait danser ses rayons sur mon front et je fredonne sans cesse : 
« La la la les vacances ! Tous les jours à Beaujour, ce sera dimanche ! » 
Quand je pénètre dans ma chambre aux volets clos derrière les feuilles, je respire la bonne odeur de confiture chaude de reines-claudes. 
Vite ! Je me débarrasse du poids de ma valise ; je vais à la penderie ; je décroche ma robe à bretelles et à volants fleuris ! 
Devant l’œil rond du miroir, je dénoue en un seul geste mon chignon et je cache l’épingle de fer noir dans le tiroir de la coiffeuse. Je retrouve comme de vieux amis mes cheveux longs, mes cheveux blonds. 
Puis, je dévale l’escalier tout brillant de cire pour embrasser Flore, Alain, Cathou dont les doigts constellés de grains de farine se posent sur mes joues. Le chat se frotte à mes jambes. Je l’accompagne dans le jardin ou c’est lui qui me guide à pas de silence… Les senteurs des plantes s’élèvent, enivrantes, dans l’air. L’herbe, un peu sèche, craque sous mes pieds.
Au fond du jardin, la petite barrière est ouverte. Malgré l’interdiction, je sors en cachette. Comme il bat fort, mon cœur ! 
Je veux précéder le bonheur…

J’ai présenté ces poèmes en diptyque pour bien marquer l’opposition entre les deux univers. Je me suis surtout attachée à enrichir certaines images poétiques : en effet, Berthe a évoqué « l’emprisonnement » et « la liberté » à notre première rencontre et j’ai noté moi-même, en consultant les photographies qu’elle m’avait confiées, des mots comme « rigueur », « obéissance » opposés à des termes comme « insouciance », « rêverie ». Aucun de ces mots n’est fidèlement repris dans les deux récits de vie ; en revanche, tout un réseau lexical renvoie à chacun des deux thèmes que sont « l’emprisonnement » et « la liberté ». Et pour accentuer la structure à la fois thématique et chronologique, j’ai désiré matérialiser les sentiments, concrétiser les impressions : il en est ainsi du « frêle fil » du parfum dispersé dans la chambre au bout de quelques jours de captivité – motif ajouté par rapport au témoignage retranscrit, de même que « la cour très commune » vue en photo qui s’oppose aux « feuilles » voilant « les volets clos ».
J’ai voulu, en outre, préciser chaque sensation éprouvée par la narratrice : l’odeur de « confiture chaude de reines-claudes » est  « bonne » ; le miroir a un « œil rond » – personnifier le miroir renvoie ainsi la jeune fille à la reconquête de son identité et de sa féminité perdues lors de sa scolarité au pensionnat du Luxembourg. Les échos sonores comme les allitérations de fricatives (« le frêle fil de son parfum ») ou de palatales appuyant sur la voyelle du « o » fermé (« volets clos », « reines-claudes ») renforcent cette dimension sensorielle à laquelle Berthe était si sensible jadis et que le souvenir aiguise.
Quant aux phrases qui reviennent dans les textes ou qui constituent une chute, elles sont mises en valeur à chaque fois par un alinéa : il en est ainsi de la tournure répétitive « Je rentre toujours trop tôt au pensionnat » et de la phrase finale « Je veux précéder le bonheur ». Un parallèle peut donc être fait entre les deux temporalités précoces, le fait que Berthe rentre trop tôt du pensionnat – et donc qu’elle veuille encore s’attarder à la maison de Beaujour – contrastant avec son empressement à vivre à la fin du second texte.

Dix heures m’ont été nécessaires pour effectuer un tel travail : cinq heures ont été consacrées à ma rencontre avec Berthe. Ces heures comprennent l’entretien initial, la transcription des deux témoignages, la soumission des témoignages rédigés, le dessin de l’écrit et enfin la restitution de l’écrit définitif. Les cinq autres heures ont été consacrées à mon travail personnel – l’une fut utilisée pour l’analyse des photographies et de la situation personnelle de Berthe ; les deux autres heures ont été employées à la rédaction des témoignages ; les deux heures finales m’ont permis de rédiger les poèmes. Une telle exploration aura duré trois semaines.
Le 30 mai, Berthe a validé les deux récits de vie. Elle a ensuite acheté son cahier d’or dans lequel elle a mis en page les photographies et les poèmes. Il n’est pas exclu que j’écrive pour elle d’autres récits de vie. Elle m’a dit qu’elle avait retrouvé la même façon de rire que lorsqu’elle était jeune fille ; les mots avaient remplacé la nostalgie par la joie.
Mais à notre grand regret, l’aventure s’arrêtait là, sur cette difficile et néanmoins fabuleuse expérience qu’est le partage de l’indicible entre l’écrivain public et son client.

Telle est la démarche biographique de mon entreprise.

Donner des mots à la Vie !

Donner Vie aux mots !

Tel est mon rêve, depuis l’enfance.

Donc, à bientôt,

à la fenêtre des mots !

 

Géraldine Andrée Muller

Publié dans Non classé

Qu’est-ce qu’un écrivain public ?

Le métier d’écrivain public est très ancien. Il date de l’Égypte antique où un scribe assurait cette fonction en rédigeant les actes administratifs, religieux, juridiques et en participant à l’élaboration écrite des pyramides.

Ce métier a ensuite évolué au cours des siècles, l’écrivain public se mettant à disposition du peuple pour faire valoir droits et requêtes. Il jouait un rôle important dans la société puisqu’il était un intermédiaire entre le pouvoir central et les gouvernés.

L’écrivain public a toujours travaillé au milieu des gens, installant souvent sa table d’écriture en plein air, dans la rue. Les odeurs, les bruits, les voix, les couleurs, les aléas météorologiques constituaient le matériau de ses mots.

L’écrivain public est donc ancré dans les préoccupations quotidiennes et le vécu familier des gens.

Il est désigné par le cadi à Mayotte où il règle les problèmes de la vie courante et rédige les actes juridiques.

En France, il existe une distinction claire entre juge, notaire, avocat et écrivain public sur laquelle je reviendrai dans un prochain article consacré à la déontologie de ma profession.

Concrètement, que puis-je faire pour vous en tant qu’écrivain public-biographe ?

Je vous aide à retracer et à formuler votre parcours professionnel en l’adaptant au poste que vous désirez si vous souhaitez la rédaction d’un CV ou d’une lettre de motivation.

Je rédige des lettres administratives en prenant soin de cerner avec vous le problème, son enjeu, ses solutions sans empiéter sur les instances juridiques.

Je corrige tous types d’écrits ; je vous conseille dans le domaine de l’écriture et la transcription de divers documents. Mon métier d’enseignante m’a fourni les qualifications nécessaires pour accompagner un étudiant dans la rédaction de sa thèse ou de son mémoire, sans usurper les fonctions de son maître de thèse.

Je vous invite à mettre vos émotions à distance pour pouvoir précisément les nommer dans le cadre d’un discours, d’un éloge, d’un hommage, d’une lettre amoureuse. L’écrivain public, n’est, certes, ni psychologue ni psychanalyste, mais il exerce dans son métier une certaine fonction thérapeutique par les qualités d’écoute et d’empathie dont il fait preuve.

Je rédige des articles de journalisme et de publicité pour les entreprises, magazines. Je corrige les rapports d’administration.

Par les mots, je vous remets en contact avec la couleur, la voix, la senteur, le visage d’un souvenir. Je fais réapparaître un ancêtre. Je redonne vie à un proche décédé en écrivant sa biographie. Je vous guide verbalement dans la réappropriation de votre passé, de votre mémoire, de vos racines. Je prête à votre voix un langage essentiel, fidèle à qui vous êtes. J’attribue aux voix individuelles une dimension universelle. Je ressuscite votre entreprise familiale dans une fresque historique et sociale. Je retrouve pour vous la trace des disparus et je l’inscris dans le futur. Je dévoile le tableau de votre vie, fidèlement peint ou photographié selon vos paroles. Je compose pour les personnes âgées le puzzle fascinant de leur existence qu’elles pourront contempler, fières de leur destinée.

J’écris depuis mon enfance ; j’ai toujours aidé mon entourage avec les mots et j’ai décidé aujourd’hui de mettre ma passion à votre service.

Je suis polyvalente mais mon domaine de prédilection est le récit de vie, genre dont je suis la spécialiste.

Je vous donne rendez-vous sur mon blog afin que vous puissiez vous familiariser avec un cas concret d’écriture qu’est la rencontre avec Berthe.

A bientôt,

à la fenêtre des mots.

Géraldine Andrée Muller

Publié dans Non classé

Charte

Article 1 :

L’écrivain public a une obligation d’impartialité, d’objectivité et de neutralité.

Article 2 :

L’écrivain public est tenu au secret professionnel.

Article 3 :

L’écrivain public n’interfère pas avec les instances juridiques en place.

Article 4 :

L’écrivain public n’empiète pas sur les fonctions juridiques et judiciaires (notaires, huissiers, avocats, juges).

Article 5 :

L’écrivain public conseille le client dans les démarches administratives mais en aucun cas, il ne les accomplit à sa place.

Article 6 :

L’écrivain public ne rédige pas les thèses, mémoires ou dissertations à la place des étudiants. Il relit les pages, les corrige, aide à leur réécriture, à la planification du travail mais il n’assume pas la rédaction de leur contenu théorique.

Article 7 :

L’écrivain public fait preuve d’empathie et d’écoute. A ce titre, il a un rôle de conseil dans le domaine du rédactionnel.

Article 8 :

L’écrivain public s’engage à fournir la prestation écrite demandée, dans le délai imparti, fixé en accord avec le client, et qui dépend de la longueur du travail.

Article 9 :

L’écrivain public fournit au client un bon de commande et un reçu avec le code SIRET de l’entreprise. Pour les travaux conséquents, il s’engage à réaliser un devis pour le client.

Article 10 :

Pour toute prestation écrite, un acompte de 50°/° de la somme est demandé.

100°/° de la somme est exigé une fois la prestation réalisée. Les tarifs sont scrupuleusement ceux affichés dans https://lencreaufildesjours.com/a-votre-service-mes-prestations-2/

Géraldine Andrée MULLER,

votre écrivain public.

Publié dans C'est ma vie !, Cahier du matin, Non classé, Poésie

Le jardin de jadis

Toute
la nuit
le jardin
de jadis

fleurit
dans ma mémoire
et m’offre
à l’aurore

les plus beaux
poèmes
Avec les déliés
de la lumière

je dis merci
au jardin
d’avoir
pour adresse

ma mémoire

Géraldine Andrée

Publié dans Non classé, Poésie

Poèmes pour la lampe d’automne

Étoiles

Apollinaire (dont le nom vient d’Apollon, dieu de la Lumière et de la Beauté) écrivait:
« Il faut rallumer les étoiles. »

Et il est vrai que les étoiles, on ne les voit plus désormais, tant elles sont voilées par les fumées des industries en pleine expansion et par la pollution.

Les yeux d’or du ciel ne nous regardent plus car nous les avons rendus aveugles.

Par conséquent, nous nous aveuglons aussi car nous avons pris l’habitude, en levant la tête, de n’apercevoir qu’une voûte obscure et nous croyons qu’il en a toujours été ainsi.

En ce soir de feux d’artifice, -rouges, orange, verts, bleus-,
je rêve de n’avoir pour couverture qu’un vaste ciel piqueté de taches rousses;
je rêve que des myriades de prunelles lointaines veillent mon sommeil depuis leurs millénaires révolus;
et que je les entende me dire en silence:

Qu’importe que Demain soit un nouveau jour!
Nous, nous durons toujours.

Oui, je rêve du luxe de ces étoiles alors que je suis allongée sur la terre humide d’un soir de juillet.
Si nous oublions les étoiles, nous nous coupons de nos racines célestes.

Alors, il est grand temps de « rallumer les étoiles » et de réapprendre chaque nuit
Tout ce que nous avons oublié.

 

 

 

 

Anges

Il est des anges qui se brisent les ailes contre le pouvoir, le paraître, l’ambition, la possession.
On les rencontre beaucoup, à notre époque, échoués dans ces regards qui ne voient plus le ciel.
Mais il est des anges veilleurs d’encres et de silences,
protecteurs des oiseaux qui traversent le monde et des frêles plantes qui poussent,
messagers des astres éteints et du chant lointain des sources,
gardiens des pensées secrètes et des chambres douces.
Ces anges volent jusqu’à nous par les poèmes que nous lisons -même sans grande conviction.
Lorsque nous sommes profondément seuls,
il nous suffit, pour les rencontrer, d’allumer une lampe au-dessus d’un recueil de poésies -le fait que le poète soit mineur n’a aucune importance pour le coeur-;
et si nous nous sentons soudain légers, libres, purifiés, presque guéris,
c’est le signe
qu’un de leur souffle
nous touche
dans la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« En ce moment »

« En ce moment »:
trois modestes
mots
pour dire:

le présent vital:
celui qui nous sauve
des morsures du passé,
des tourments de l’avenir;

le présent initial:
à l’origine de la fleur dans la main,
de la réciprocité entre l’oeil et le nuage,
du coeur qui bat lorsque paraît la flamme;

primordial présent
qui nous guide,
même si nous résistons
à son élan,

d’instant
en instant,
et nous guérit
du Temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

Apaisement

Enfin, tu es rentré.
Il n’y aura pas, ce soir,
le grand orage
que je redoutais:

dans notre petite chambre,
je contemplerai
longtemps
la nuit d’août,

la nuit d’or
de ta peau toute
tachetée
d’étoiles rousses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emporter,
en plus de l’indispensable
-peigne, brosse à dents, dentifrice, savon de Marseille-,
l’Essentiel:

mon flacon d’eau de rose,
mon collier de perles aux reflets si roses
qu’il me semble que l’aube
perle sur ma peau,

et les Rubayat
d’Omar Khayam
qui voit se refléter dans le vin
l’âme des roses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voyager,
c’est se mesurer au vent, à sa volonté implacable, étrangère à notre rêve parfois,
et accepter qu’elle soit
plus puissante que Soi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir vécu toutes sortes de deuils,
je sais reconnaître les signes des commencements:
l’inspiration profonde précédant le chant,
un sourire qui promet l’enfance,
les silencieux remous d’avant le poème,
les fruits rosissant au début de la saison,
l’éclosion d’un regard sur l’épaule dénudée…
Il m’arrive parfois de rêver que je remonte à l’origine de toute origine, à l’affluent des souffles, à l’étincelle initiale.
Et tant pis;
tant pis si un pas s’éloigne dans le noir, si une main se glace, si un mot trahit encore l’innocence…
Tant pis si je dois toujours m’en aller sans me retourner:
je sais que ce nouveau deuil m’annonce, si je n’abdique pas,
le miracle
de m’éveiller demain,
en me disant comme chaque jour:
« Il est une fois ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci;

merci pour la rosée sur le trèfle en bouquet;
merci pour le chardon constellé de givre;
merci pour le chant qui traverse la chambre;
merci pour l’étoile du Nord au bout du doigt;
merci pour le lait versé dans le noir;
merci pour le pain blond et le gâteau levé;
merci pour le papillon qui nargue la flamme de la bougie;
merci pour la chaudière qui ronronne au coeur de l’hiver;
merci pour les éclats d’amandes après le chagrin;
merci pour la première page;
merci pour le livre qui se referme;
merci pour la main fidèle au-delà du sommeil;
merci pour la conversation au soleil;
merci pour les bruits d’ailes du silence;
merci pour l’amitié d’Alan;
merci pour le prochain qui ne s’est pas encore annoncé;
merci pour ces questions sans réponse qui enfantent des poèmes;
merci pour tous ces petits riens
qui coûtent trois fois rien
et qui font Tout
quand on croit que la Vie
ne compte plus du tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vrai futur

Le vrai futur
n’est
ni « plus tard »,
ni « demain »:

il n’arrive
ni par hasard,
ni par destin:
le vrai futur

advient
dans le seul
instant
présent:

il est
un fruit mûr,
une plume tombée,
une patte offerte,

ou même
la paume
de l’enfant
dans la main

qui nous mène,
au soleil
du jour,
bien plus loin

que notre état
d’âme
mêlé
de doute

et d’espoir
avec lequel
nous nous réveillons
le matin.

Deuxième moitié du mois d’août

Deuxième moitié du mois d’août.

Bien sûr, les soirées sont encore longues. Quelques papillons accompagnent un éclat d’or.
On apporte le café assez tard. Les voix et les rires se répondent. De l’herbe, montent des murmures et des odeurs de menthe qui rassurent. On annonce du beau temps pour demain.

Mais il semble soudain que la nuit est tombée sans prévenir. Ou peut-être n’a-t-on pas fait attention. Le croissant de la lune luit comme une lame. Les lucioles dansent dans l’ombre. Un petit vent frais s’est levé. Quelqu’un serre son gilet sur son coeur. Des pas s’éloignent de la table.

Il faut emporter les dernières tasses, les dernières cuillères et, dans le salon, allumer le lampadaire.

Deuxième moitié du mois d’août.

Il faut bien se résoudre à rentrer,
si l’on désire que les mots prolongent encore un peu le temps passé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les odeurs des vacances:

Le vent dans le foin
Le café quand on se lève tard
La brioche sortie du four
Le thym dans le gratin d’aubergines
La gousse de vanille sur les pêches
Les pages neuves du roman acheté
L’huile de bronzage pendant la promenade
L’herbe mouillée des journées où il fait moins beau
La confiture qui cuit doucement
Le drap déplié dans la chambre après avoir séché au jardin
Le sachet de lavande fraîche pour l’hiver
La pâte de colle qui accroche de menus souvenirs (pétales, feuilles, grains de terre, brins où passa le souffle des lèvres, tickets du funiculaire) dans le journal intime
Les rosiers après l’orage
Le bouquet délié des invités
La frêle fumée dansant encore au-dessus de la bougie éteinte
et qui donne l’impression que l’on prolonge le jour dans la nuit,
la joie dans la vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la fin de la belle saison. Mais ce n’est pas triste. On se rapprochera d’une autre beauté:
l’âme des lampes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fin de dîner

On n’est pas tout à fait arrivé à la fin de l’histoire. Il reste quelques pêches dans la corbeille, un peu d’eau pour ce rayon de lune. Au fond de certains verres, l’ambre de la liqueur luit encore.
Et pourtant… Un pas s’éloigne déjà. On entend là-bas, près des dépendances, le bruit d’une chaise que l’on range. Un volet claque en se fermant au deuxième étage.
Marthe agite les serviettes et les miettes de pain tombent sur la terrasse pour les oiseaux de demain.
Sur le trajet qui mène au grand buffet noir, les fourchettes mêlent leurs dents et les assiettes se heurtent.
On n’a pas vu passer le temps. La table est presque nue, comme si on n’y avait pas dîné.
Mais on n’emporte pas trop vite les lampes, car il ne faut pas arracher à l’ombre ses lueurs -derniers pétales d’or qui tremblent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La veillée

Le soleil laisse, en partant, quelques signes d’or à l’horizon. On a prévu, certes, le gilet mais les chemins ont gardé leur tiédeur. L’herbe, d’ailleurs, est douce à fouler comme au mois de juillet.
Si l’on ouvre les fenêtres des chambres avant le sommeil, on sent monter l’odeur du chèvrefeuille et on entend pépier de petits silences.
Finalement, on se couche assez tard malgré la perspective du Retour.
On discute de tout et de rien pendant que des ombres bleues agrandissent nos yeux.
Le raisin sera bon sans nous, je pense,
pulpeux et pourpre comme les joues de l’enfance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le matin,
quand tu changes
l’eau
des fleurs,

pense aussi
à changer
la couleur
de l’encre;

puis prends
une page blanche
et écris
tous tes soucis.

Tu te sentiras
libre ainsi,
guéri pour le jour
d’aujourd’hui.

C’est ce que j’appelle,
mon ami,
la toilette
du coeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dire le silence

Le silence
est aux mots
ce que la nuit
est aux étoiles:

Essentielle
présence

Parce que le silence
avive les mots,
les mots
avivent le silence

-grand bouquet
de roses
que les lèvres
de tous les hommes

ont fait
éclore
sur l’âme
de chaque chose-,

et comme
ce lien
de cause
à conséquence

se passe
de plus
de mots,
je demande

que fleurisse
le silence
de mes lèvres
aux vôtres.

Ecrire le silence

La journée est plus fraîche,
partagée entre l’ombre et l’or…
Ecrire alors,
la fenêtre ouverte
sur le feuillage du silence.

*

La nuit doucement
m’entoure pendant
que j’écris
Bonsoir Je suis
au large de la Vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De soi

Cela va de soi
que j’emporte
le petit carnet
de moleskine

et la plume
à la pointe
fine;
cela va de Soi.

-Oublierait-on
de rire
dans la joie?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière chambre

La dernière chambre avant le voyage.

Les draps frais, lisses et blancs où l’on ne dormira qu’une seule fois.

La savonnette dont on aime bien le parfum -mais qui fond très vite dans la main.

La salle d’eau si étroite qu’on peut toucher les deux murs opposés sans tendre les bras.

La petite cabine de douche vite imprégnée de buée.

Le sèche-cheveux qu’on laisse souffler -bon gré, mal gré- et qui nous laisse, lui, tout ébouriffés.

L’heure de la lumière que l’on programme -il faut oublier la naissance patiente de la lumière du jardin.

L’anthologie que l’on pose sur la table de bois blanc, pour se rappeler que, ce matin encore, on la lisait chez soi. Mais les poèmes, étrangement, n’ont plus la même résonance; comme si, eux aussi, conspiraient à notre exil.

Et la nuit derrière le store, traversée par les éclairs bleus des tours de l’aéroport.

Et le sommeil sans rêve jusqu’au lendemain.

 

Ne pas être parti et être déjà loin.

 

 

 

 

 

Au poète qui s’en va,

En faisant ta valise,
surtout n’oublie pas

cette petite bille
éclose comme l’iris

qui, lorsque tu la tournes
entre tes doigts,

dans tous les sens
qui te chantent,

t’annonce les étoiles
des mots

à écrire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le poème refusé

J’ai perdu mon poème dans le sommeil.

Il ne devait pas être très loin, mais suffisamment -à cette frontière ténue entre la conscience et l’abandon- pour qu’il ne vienne pas quand je l’appelle au réveil.

Je l’ai cherché dans le bleu qui glissait entre les volets, puis au soleil du petit déjeuner.
Par quel mot commençait-il? Quel sentiment? Peine ou joie? Je le savais pourtant, avant de m’endormir….

Hélas! Le poème m’était refusé.

Sans doute apeuré par l’éclat du jour, se cachait-il dans le recoin obscur de la demeure d’un songe que j’avais quitté pour faire route jusqu’à la réalité.
Je sentais approcher le chagrin -deuil d’une promesse non honorée.

Pourtant, lorsque l’eau de la douche a coulé doucement sur ma peau, m’invitant à l’oubli de la perte, le poème m’est revenu -comme un enfant prêt à jouer avec les bulles de savon.
Il parlait de l’hésitation des tout premiers commencements, de la conséquence du tremblement de l’aube qu’est la rosée.

Il ne me paraissait pas frivole, mais léger -parce que j’avais renoncé moi-même à mon caprice qui consistait à me faire obéir par les mots.

La poésie, pour aller jusqu’à ma mémoire, passe par l’insouciance de mon corps.

 

 

 

 

 

 

Sois
aussi
légère
que la soie:

Laisse
le vent
passer
à travers toi;

et lorsqu’il
s’en va,
garde le pli
que dessina

sa joie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’aime traverser la place par jour de grand vent.
L’air, alors, se mêle à la lumière pour me laver du poids du temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon cher cahier,

je te donne rendez-vous demain, entre la corbeille blonde et la tasse ronde, lorsque l’aiguille affichera dix heures au soleil, que la fenêtre s’entrouvrira toute seule.

Je ne sais pas encore ce que je t’écrirai; ce ne sera sûrement pas long mais ce sera essentiel:

des pétales de mots déposés par le souffle de l’instant
sur le blanc du temps à vivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autour du bouquet de roses

Autour du bouquet
de roses,
le sujet
de conversation

concerne
l’évolution
de la situation
boursière:

chacun
déploie
sa force
de persuasion;

certains
se mettent
même
en colère

pour,
disent-ils,
changer le cours
des choses…

Et moi?
Moi,
je caresse
la peau

fraîche
des pêches
à l’ombre
des roses.

 

 

 

Nulle part ailleurs

Tu es ici
et nulle part
ailleurs

pour que le pétale de rose,
la note de l’oiseau,
le pétale de l’instant,

te trouvent
avant
de te chercher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’art du sommeil

Certains, avant de dériver vers le sommeil,
tiennent les oreilles d’un ours fripé;
mettent leur pouce dans la bouche;
agrippent un morceau de drap dont ils ont fait un doudou;
enlacent leur oreiller;

certains encore
posent leur paume sur l’épaule aimée
ou sur le ventre du chat;
d’autres enserrent leur main gauche
de leur main droite ou l’inverse;

et puis, il y a ceux qui s’endorment
en n’étreignant rien ni personne,
en se murmurant seulement quelques vers,
appris il y a longtemps,
à l’école ou au jardin,

au temps où le réel était rêve;
où le rêve était réel;
ceux-là même qui pensent
qu’ils ont perdu à jamais
le contact avec l’enfance

touchent, en vérité,
leur pays de toujours
avec la confiance
et la force
de leur souffle.

Géraldine Andrée

Tous droits réservés@2013

Publié dans Non classé, Poésie

La saison des mots

 

 

Le vieux café

 

Le rayon roux
de la pancarte
Les Amis
se balance au vent

 

Il suffit
de fermer
les yeux
sur les souvenirs

 

Et le soleil
d’une saison ancienne
ravive la lueur
des liqueurs

 

Les volutes
d’une cigarette
dessinent un cercle
de confidences

 

On boit
dans les regards
l’espoir infusé
d’un aveu

 

Un baiser
éclaircit
le marc gris
des soucis

 

Près du cendrier
les mains s’écoutent
rient
puis dansent

 

 

 

Derrière le comptoir
une chanson
égrène
sa romance

 

Le tablier léger
de Florence
tournoie
au rythme des commandes

 

Mais il suffit aussi
d’ouvrir
les yeux
sur les souvenirs

 

Le Café Les Amis
est muet
On a baissé
le rideau de fer

 

Les histoires
de la terrasse
n’égaieront plus
la petite place

 

Dans la poussière
frémit
le lambeau jauni
d’un parasol déchiré

 

Trouverait-on
encore
si on entrait
dans le vieux café

 

 

 

 

 

la trace d’une larme
le sillage d’une bouche
déposés au bord
d’un verre?

 

Le papier ultime
d’une commande
attend-il à l’angle
de la table?

 

Nul ne sait pourquoi
le Café Les Amis
ne connaîtra
de saison nouvelle

 

Le temps
ne revient jamais
Seul le vent converse
avec les persiennes

 

Et réveille
la longue
plainte
oubliée

 

de la pancarte
rouillée

 

 

 

 

 

 

 

 

Visiteur

 

 

J’entends
ronchonner
le vieux carillon
de l’entrée

 

Le rayon jaune
d’un falot
s’allume
et se promène

 

Gaspard
aboie
en quête
d’un regard

 

Puis c’est
l’obscur
froissement
d’une tenture

 

Ce murmure
presque inquiet
qui suit un pas
dans le salon

 

Avez-vous fait bon voyage?
Vous devez avoir froid
Vous arrivez à temps
On sent poindre l’orage

 

Et moi je cache
mon visage
dans le noir
de mes mains

 

Qui vient
me voir
ce soir?
N’est-il pas

 

trop tard
pour les regrets
et trop tôt
pour les mots?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Libre

 

Arthur a les doigts tachés d’encre et de colle.
Il ne veut plus aller à l’école.
Au fond de son cartable,
gisent des feuilles ridées,
des fruits éclatés,
des crayons usés,
un dessin blême,
les lignes inachevées
d’un poème…

La spirale dorée
du beau cahier
que je lui ai offert
en début d’année
a été arrachée…
Sur l’étiquette,
le nom s’efface…
Quand Arthur
entrouvre son col,
je caresse
de mon index
une petite griffure
où le sang sèche…
Arthur ne veut plus aller à l’école!

Mon enfant,
ne crains rien!
Demain,
après-demain,
et tous les matins
qui se suivent,
nous courrons, ivres,
dans les parfums
de l’herbe folle!
Nous écouterons chanter
le souffle clair
de l’eau légère!

Et tu apprendras
à lire en chemin
une autre parabole
dans les lignes enfin réunies
de nos mains…

 

Je lis dans la neige la page du jour

 

Sur le rebord de la fenêtre
huit virgules fines
et vingt petits points
C’est la mésange
qui a picoré
quelques miettes
de pain

 

Au seuil de la porte
une ligne épaisse
s’arrête soudain
Le facteur
m’a apporté
le courrier du matin
en vélomoteur

 

Dans le jardin
je déchiffre
d’étranges lettres
Minette
me raconte
sa promenade
avec ses pattes

 

Et si je prolonge
mon enquête
jusqu’à la barrière
je m’amuse
des ronds éclatés
laissés par les bottes
des écoliers

 

Hélas je ne vois
dans la neige
nulle trace
de tes pas
Notre histoire
serait-elle
une page vierge?

 

 

Un invité singulier

 

Je vous ai donné, hier soir, à la fin de la fête, un précieux numéro de téléphone,
qui vous permettra de me joindre dans ma maison de campagne.
Je l’ai noté sur un feuillet quadrillé que j’ai plié en secret.
Et voilà:

Ce matin, j’ai ouvert courageusement les volets des sept fenêtres.

Pour la première fois, j’ai parlé au cerisier que je trouvais sec et avare.

J’ai arrosé les plantes de la véranda, en leur souriant comme si elles reconnaissaient mon visage.

J’ai dit bonjour au nuage qui traversait le soleil; mon regard a compris que le ciel était large.

J’ai envoyé à la chatte désobéissante -sans doute cachée dans un tronc fendu- ce timide baiser que la brise a bien voulu lui porter.

J’ai épluché avec patience les longues courgettes du déjeuner.

Je n’ai pas été contrariée quand le bordeaux millésime 1980 a versé quelques larmes rouges sur les coussins.

J’ai sorti enfin du buffet la vieille théière de Marthe, avec son bec d’argent recourbé.

Exceptionnellement, j’ai orné la petite table du salon d’un napperon de dentelle.

Puis, à toutes et tous,

à l’ombre bruissante des arbres

aux ailes curieuses des oiseaux

à l’horloge trop bavarde

au bois inquiet des meubles

j’ai demandé de se réjouir en silence.

Je suis prête désormais
pour votre appel.

 

 

 

Six heures moins le quart

 

 

Dans un quart d’heure le gardien
fermera les grilles du jardin

 

On se résigne quand le chocolat
coule lentement sur les doigts
On ramasse le ballon
dont la poussière a effacé les couleurs

 

Entre les branches un rayon se brise
Et s’accélère le pas de la brise
L’ombre est une immense
tache d’encre sur la pelouse

 

Il a fallu plusieurs fois déplacer
la serviette le transat
ou la petite chaise d’osier
pour bien se reposer

 

Terminons la page de ce roman
Feuilletons les songes de ce magazine
avant de glisser dans la mémoire
un obscur signet

 

Les sanglots d’un enfant
jaillissent au bord du chemin
Vite à la maison pour la toilette
Calme-toi ou tu seras puni

 

Il flotte une obsédante
odeur de fruit blet
et la vieille ritournelle
des voix égarées

 

 

 

Heureusement que j’ai pris mon pull de laine
On sent la fraîcheur du soir
Sais-tu si Catherine vient demain?
Je n’ai pas de nouvelles

 

C’est l’heure où le gardien
ferme les grilles du jardin

 

On avait donné rendez-vous à un regard
Maintenant il se fait tard
Alors chacun abandonne son banc
pour s’attendre
autre part

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Guetteur

 

 

Tous les matins
J’espère une lettre
Mais pas le moindre signe
Le sentier est blanc

 

Un merle nerveux
Tape du bec
Contre le carreau
Et disparaît je ne sais où

 

On annonce demain
Un radoucissement
Peut-être le thermomètre
Remontera-t-il au-dessus de zéro

 

Et j’entendrai s’égrener la source
Des étoiles secrètes
Couleront dans mon seau
Que j’irai porter à Zozie la jument

 

Mais qu’en sera-t-il
Des mots
Que nous déposions jadis
Sur nos sentiments?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une claire rivière de printemps
traverse la pièce
C’est moi Je ne fais que passer
dis-tu en riant
avant de t’effacer
dans ton propre courant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partout on allume
Les feux les fêtes
Les rêves les aveux
Les promesses

Demain bien sûr
Le monde aura changé
Car ce soir
C’est la nouvelle année

Moi je verrai la lampe
Au beau reflet d’or
Trembler encore
Sur mon livre

En cassant des noisettes
J’entendrai craquer
Tous les souvenirs
Dans ma tête

Très tôt le matin
Je serai témoin
Des noces répétées
De la pluie avec la terre

Les oreilles de la chienne
Frémiront toujours
Aussi douces
Sous mes mains

Non demain
J’en suis certaine
Rien n’aura changé
Les joies comme les peines

Et quand je te regarderai
Tes yeux seront
De la même couleur
Que ton cœur

 

 

 

 

 

J’ai perdu la clé de l’armoire ancienne la profonde armoire de chêne qui trône dans la chambre d’amis

Que faire? Comment mettre la main désormais

Sur les chemises fleuries du printemps dernier

La poupée brune aux yeux verts de Stéphanie

Le roman acheté sur une place ensoleillée et dont j’ai toujours retardé la lecture à mon grand regret

La trousse de couture et son dé étincelant comme un ongle d’argent

Les cartes postales que tu m’envoyas durant l’été 89 et qui fixent cette apothéose décisive de l’instant quand la lumière épouse l’eau

Les sachets de lavande confectionnés par Grand-Mère

Le cahier d’enfance où je recopiai d’une main hésitante mes premiers poèmes

Comment toutes ces années que j’ai enfermées dans la nuit peuvent-elles me pardonner?

J’ai perdu la clé de la vieille armoire

Je ne parviens plus à percer le mystère de la serrure d’Amour

Les objets sont comme des visages sans retour

Seul le rêve silencieux d’un soir
me permet quelquefois pour un temps très court
d’en voir les reflets…

 

 

 

 

 

 

 

 

J’avoue que souvent
Je me sens seule
Alors j’invente
Le temps des êtres et des choses
Je pose

Un peu de blanc
Pour les signes du vent
Un peu de jaune
Pour l’insecte dans son soleil
Un peu de rose
Pour le ciel dans le fruit
Un peu de rouge
Pour le silence qui bouge
Un peu d’orange
Pour la sieste des branches
Un peu de vert
Pour l’étoile des pierres
Un peu de bleu
Pour le chemin qui court

Je pose aussi
Un peu de songe
Pour la main
Un peu d’attente
Pour l’eau des yeux
Un peu de tendre
Pour chaque pensée
Pour chaque couleur
Un baiser

Dans mon cœur
J’éprouve déjà
Un début d’innocence
Une vague intuition
De joie
Oui le temps
est très beau

Seule ombre au tableau
Tu n’es pas là

 

 

L’horloge est muette
Le souffle se suspend
La bougie grelotte
L’échiquier rêve

On écoute l’instant
Et bruissent les notes
Frémissent les accords
Comme une brise d’or

Là une ride s’efface
Ici une main se tend
Puis passe l’aile douce
D’un sourire

La mouche du souci
Ne bourdonne plus
Le thé froid
Dans la tasse languit

On a laissé les manteaux
Tout au fond du couloir
Et une voix ancienne
Se confie à l’âme

On se réjouit
D’être l’hôte secret
De ce temps généreux
Et singulier

Les mains du pianiste
Dénouent les ombres
Chaque touche
Allume un regard

On ne songe pas
Que tombe le soir
Et qu’on doit hélas
Se quitter bientôt

L’invisible rideau
S’entrouvre enfin
Sur des visages
Familiers et nouveaux

Comme il fut beau
Et tendre l’Oubli
En la compagnie
De Chopin

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui
tu n‘écris pas
le monde

 

C’est le monde
qui s’écrit
en toi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dis-moi mon cœur
Pourquoi j’écris
Toutes les nuits
Avec une joyeuse
Douleur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans tes mains
S’allume
Un soleil calme

 

 

Prends la plume
Puis écris
La longue phrase

 

De ta Vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu’en penses-tu?

 

Peut-être aurions-nous dû
Dessiner des silences
Autour des mots
Pour nous entendre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Annexe

 

 

On a fermé
l’Annexe des Jeunes Filles
Dortoirs un deux et trois
les lits sans drap sommeillent

 

La cloche est muette
L’aiguille du cadran
n’obéit plus au Temps
Les pupitres bâillent

 

Dans la rigole du tableau
repose
l’éponge sèche
qui effaça

 

la dernière phrase
d’une leçon
l’allégresse
d’une réponse

 

Dans le poêle
la flamme des veilles
trembla jusqu’aux cendres
de l’aube

 

Les noms semblent
avoir quitté les choses
Mais sous le préau
de l’automne nouveau

 

le pas suit
la fantaisie
d’une marelle
et si l’oreille est attentive

 

 

 

elle entend danser
la robe de l’air
lorsque glisse
la traîne d’un murmure

 

L’œil de l’âme
devine dans l’ombre
le signe d’un gant
l’épingle d’un chignon

 

Une trace de fard
fleurit sur un miroir
L’astre d’une bague
enfin s’allume

 

L’adieu est une page pliée
que lira plus tard
cette Chère Amie
assise au bord des nuits

 

On a fermé
l’Annexe des Jeunes Filles
Mais comment interdire
les jeux de la mémoire?

 

Rose Christine Anne Sylvie
Claudia Sarah Louise Florence
Catherine Laure Margot Virginie…
Elles courent

 

à l’infini
le long du souvenir
et leur rire
nous rappelle

 

que le Passé
jamais ne s’absente
Le Passé est une éternelle
adolescence…

 

Je me demande

 

 

Que sont devenues mes amantes?

 

 

Celles qui remuent l’eau du silence
en dénouant la chevelure de leurs rires?
Celles qui allument la nuit
entre les cils de mon sommeil?

 

 

Je vous attends
mes belles ardentes
au-delà du regard
et des étoiles noires

 

 

Mais je rêve
que je m’endors
contre le corps
nu de mon désir

 

 

Et vos ombres lentes
m’entourent
pour m’ensevelir
à l’orée du jour

 

 

 

 

 

La petite chambre du Sud

 

 

Disperser la poussière des choses

Non vraiment Rien n’a changé

Sur la chaise le chapeau de l’ultime saison et la fleur ouverte d’un col de robe

Au bord de la table une carafe à combler comme un désir

À droite la coiffeuse où un peigne montre ses dents d’ivoire
et le miroir ovale où l’attente se regarde

Le volet tremble un peu lorsque l’air dénoue ses colliers

Mais le temps n’a nulle envie de s’envoler

Un souffle se faufile entre les draps de lavande

L’ombre des rideaux s’allonge et quelques lueurs y accrochent parfois leurs ailes de papillon

Des patins de feutre glissent dans le soir Marthe dépose un plateau sur la table basse et le thé infuse comme un secret

Au cours de cette promenade immobile

cueillir le bleu de menthe du silence

puis converser avec la solitude

loin très loin

dans la petite chambre du Sud

 

 

 

 

 

 

 

 

Dépendances

 

 

La clé tourmente la serrure. Puis l’épaule pousse la porte…

Tout est là.

L’arrosoir, qui a désaltéré le jardin durant les longs mois d’été, bâille sèchement.

Le sécateur brille d’un éclat cruel. Si on s’approchait sans crainte de sa pointe, on délivrerait ce pétale fané.

La brouette a tellement sauté sur les sentiers du petit matin que sa roue est usée; mais des grains de terre constellent ses flancs…

Dorment dignement debout la pelle et le râteau, qui éclaircissaient l’allée quand la morte saison semait ses feuilles…

La haute échelle verte monte désormais vers le plafond de salpêtre. Entre les marches, une toile d’araignée garde captif un papillon recroquevillé… Les ailes s’accrochent toujours aux fils perfides du souvenir!

Sur le portemanteau, les manches d’une tunique grise sont imprégnées d’odeurs – fruits flétris et fleurs rouies… Une paire de gants tachés d’herbe est suspendue à un clou noir.

Tout est là, abandonné par des mains qui ne peuvent travailler…

Et la lumière ne dissipera plus le songe des choses
car les dépendances dépendent
d’un autre Temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chère Else,

 

Aucune heure
ne s’allumera
après la lueur
de ma bougie…

 

Mais toi, mon amie,
touche ma main
dans la nuit
et continue d’écrire.

Géraldine Andrée

Tous droits réservés@2010

 

Ainsi soit l’heure
du petit matin:
qu’un nom respire
pour chaque bougie…

 

Ce poème a été écrit en mémoire de Selma Meerbaum-Eisinger, décédée le 16.12.1942 à Michaïlkovka dans un camp de travail en Transnistrie (Ukraine), à l’âge de 18 ans.