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Le jardin volé

L’une de mes tantes souffrait du syndrome de Diogène, une maladie psychologique qui consiste à accumuler sans cesse des objets.

Cette tante déterrait des plantes dans les jardins publics pour les replanter chez elle.

Aujourd’hui, les branches sont sèches, cassées, piquantes.
Les arbustes se dressent, hirsutes.
Les herbes jaunes s’emmêlent.
Les pots sont fendus.
La terre craquelle.

On ne trouve pas une feuille vive.
Même les insectes ont fui.
Ma tante ne s’occupe plus de ce jardin volé.
Forcément, elle est morte.

Si elle avait laissé les plantes
dans la bonne terre fraîche
où elles appartenaient,
où elles étaient nées,
celles-ci continueraient à grandir,

à fleurir, 
à monter dans la lumière,
à attirer des lueurs et des ailes
pour les yeux de tous.

Aujourd’hui,
ce jardin est étiolé
derrière son grillage
et ma tante en allée
dans un envol
vers une saison

qui n’est pas de ce monde.
On ne garantit pas son éternité
en confondant
ce que l’on possède
et ce que l’on est,

le nombre
et l’unicité.

Géraldine Andrée

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L’encre du temps

On dit que le temps guérit les maux.

Pour moi, c’est l’encre qui soigne ma douleur, cette encre qui s’écoule et se répand comme un baume dans la lumière.

L’encre est mon temps, ma rivière.

Elle me porte d’une rive à l’autre sur la page. Les mots sont mes pierres de gué.

Bientôt, je cesse de boiter, je sautille au rythme des étincelles de ma plume dans le soleil.

Je parle moins de ma tristesse, j’ose écrire Bonheur avec une majuscule, les éventualités deviennent possibles et la peur de l’inconnu me fait rêver.

Dans le reflet de chaque goutte déposée, je me reconnais telle que je suis.

Aujourd’hui, je dis que le rythme tranquille de l’écriture qui glisse là, tout au bord de ma vie, me guérit de ma volonté de vouloir diriger le tracé du flot de ma destinée.

Je me laisse emporter vers le mot prochain

et c’est la Vie qui s’écrit en moi.

Géraldine Andrée

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Il est des livres

Il est des livres qu’on lit lentement, qui absorbent notre esprit chaque soir pendant toute une année car tel est leur intérêt, s’apparenter à un grand voyage.

Et lorsqu’on franchit la dernière page, qu’on atteint le mot ultime dans la nuit, on se sent éclairé d’une vaste expérience,

comme si on avait abordé ce qui n’était au départ qu’un petit point parmi tant d’autres sur la carte du monde,

mais à partir duquel à présent

la vraie vie commence.

 

Géraldine Andrée

L’Encre au fil des jours

Image : Fritz von Uhde (1848-1911); Devant la porte de la véranda

 

***

 

There are books that we read slowly, which absorb our spirit every night for a whole year, because that is their interest, it is like a great journey.

And when you cross the last page, you reach the ultimate word in the night, you feel enlightened with a vast experience,

As if we had dealt with what was initially only a small point on the map of the world,

But from which now

Real life begins.

 

Geraldine Andrée

Ink over the days

Picture : Fritz von Uhde (1848-1911) ; In the porch door

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Ma boutique

 

Accompagnement individuel d’un projet d’écriture

Type exercice de style, texte créatif, dissertation, mémoire, thèse. Aide à l’organisation du travail de rédaction.

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Corrections, relectures

de tous types de travaux (comptes-rendus administratifs, lettres, dossiers, mémoires, thèses).

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Rédaction d’un article de blog

Tous types de blogs (voyages, santé, culture, société...)

€30,00

 

Préparation à un entretien

Pour avoir confiance en soi et en ses ressources ! Possible par Skype ou Google Hanghouts !

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Discours politiques, entrepreneuriaux

Parce que les mots témoignent d’un moment décisif !

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Discours de baptême, d’anniversaire, de mariage, de départ à la retraite. Hommages funèbres. Car la Vie coule au fil des mots...

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Séance de coaching littéraire

Outils d’exploration de la création. Thérapie par les mots. Entretien possible par Skype ou Google Hanghouts.

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Lettres en tous genres

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Publié dans C'est la Vie !, Cahier du matin, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, Non classé

Les rêves

Les rêves sont ce que l’âme a vu avant de venir s’incarner ici. Ces possibilités destinées à se faire Chair, à prendre Vie, à devenir Vérité.

Aussi, ai-je souvent la réminiscence d’un rayon de soleil sur un mur de pierres ocre, du bleu tiède du soir au-dessus des toits, du chat qui s’étire en reconnaissant mon pas, de la brise qui porte les voix rassemblées autour de la table du dîner, des douces dalles de faïence pour le pied nu.

Tout à l’heure, on s’assoira sur le seuil et on discutera en regardant la lumière décliner pendant que s’allume Vénus.

Comment peut-on avoir souvenance de ce qui n’a pas existé en cette vie ?

Parce que je pense que ces souvenirs rêvés représentent le futur absolu que l’âme a contemplé avant de venir s’incarner ici.

Géraldine Andrée
Mon Journal

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Un cas concret d’écriture autobiographique : la forme achevée des souvenirs

Je soumets à Berthe, lors de la séance suivante, ces deux témoignages qu’elle valide car elle sent que sa voix est restituée. Il est désormais temps pour nous de définir clairement le projet qui doit appartenir, selon son souhait, au genre du « récit de vie ».

Dans cette optique, je demande à Berthe pour qui elle veut écrire : Berthe m’indique qu’elle veut d’abord écrire pour elle, pour se libérer de ce sentiment d’urgence qui l’habite depuis sa jeunesse, né de la peur d’être – comme elle l’a dit – « arrachée aux moments qui comptent le plus. » Elle ajoute que ce récit de vie s’adresse également à ses proches, surtout ses petites-filles auprès desquelles elle désire témoigner de l’éducation stricte qu’elle a reçue à son époque, éducation qui a façonné tant de jeunes filles dans un modèle, voire un carcan de « savoir vivre » qui empêchait l’épanouissement de l’Être.
« Que mes petites-filles prennent conscience de la chance elles ont d’avoir une éducation libérée aujourd’hui, une éducation qui leur donne la chance d’être à l’écoute de leurs désirs et de se rapprocher au plus près de ce qu’elles veulent faire, de ce qu’elles veulent devenir ! »

Ce récit intime possédera donc une dimension universelle, puisqu’il restitue la voix d’une jeune fille appartenant à l’ancienne génération et s’adressant aux jeunes filles de la nouvelle génération. De même, il illustrera un cahier d’or, « le cahier des jeunes années », substitut du journal intime perdu, que Berthe a préparé « pour laisser une trace de son passage sur cette terre » ; il accompagnera en tant que « légende personnelle » les trois photographies que je rends à ma narratrice.

Ensemble, nous définissons d’autres orientations à donner à l’écriture.

Les deux récits obéissent tout naturellement à une structure chronologique : le texte décrivant l’arrachement à la maison de Beaujour vient en premier ; lui succède le texte évoquant la délivrance du pensionnat du Luxembourg. Cette structure chronologique devient, de ce fait, circulaire, car les futures lectrices que sont les petites-filles de Berthe devineront qu’à cet épisode succédera un nouvel arrachement ; et ainsi de suite ; telle est, en effet, l’alternance qui a dominé la jeunesse de ma narratrice.

Cette structure chronologique conditionne aussi une structure thématique. Les deux textes seront construits sur des réseaux d’antithèses : la nuit qui s’annonce et le gris du pensionnat s’opposent à la lumière du jardin retrouvé ; les cheveux liés contrastent avec les cheveux déliés ; les vieilles galoches sont remplacées par de légères sandales d’été ; les motifs des fruits se gâtant et du brin de senteur se desséchant sont supplantés par le motif des senteurs qui s’exhalent dans l’air… Ces antithèses confrontent les deux univers qui ont marqué la psychologie de Berthe et l’ont intérieurement divisée. La douleur, exprimée sous forme d’images précises, pourra ainsi être mise à distance. L’écriture imagée donnera peut-être le pouvoir à Berthe de se sentir enfin en paix avec elle-même et réconciliée avec son adolescence.

Quel temps dois-je utiliser ? Nous décidons, d’un commun accord, que j’emploierai le présent pour les deux textes : un présent de narration qui aura pour effet d’actualiser le souvenir, de le rendre plus intense, de lui donner un effet d’immédiateté afin que, paradoxalement, il puisse perdre ensuite de son emprise.

Les deux textes seront-ils écrits en langue courante ou soutenue ? Berthe a reçu une éducation littéraire dans les institutions elle a fréquentées ; ses parents étaient lettrés ; son père lisait beaucoup et il était passionné d’œuvres d’art. Pour cette raison, le style sera soutenu, sans être pédant. Berthe demande à ce que les termes employés parlent à son coeur ; en effet, des « paysages – états d’âme » sont évoqués. L’emploi d’une langue poétique, qui ne sera pas ampoulée, conviendrait donc à l’expression d’une telle nostalgie. Mais cette langue exclut l’usage du vers dans lequel Berthe ne se reconnaîtrait pas. Une musicalité délicate – créée par les images, le rythme singulier de certaines phrases, les échos sonores – rapprocherait les textes du poème en prose, genre susceptible de donner à voir les deux univers. Lors de la séance suivante, j’apporte les travaux rédigés.

Je rentre toujours trop tôt au pensionnat. 
Bien sûr, j’ai joué longtemps sous les branches et les ombres mauves du jardin annoncent la nuit.
Mais je rentre toujours trop tôt au pensionnat.
Mes bottines blanches du dimanche claquent sur les dalles grises du couloir. Il me faut promptement les enlever et chausser les galoches de la semaine. Quand je roule mes cheveux en chignon, une feuille perdue tombe de l’une de mes mèches et se dépose sur la vieille table de bois. Je range dans la profonde armoire, à mon grand regret, les robes légères promises à l‘oubli. Ma chère colline bleue a quitté mes yeux. La fenêtre de ma chambre s’ouvre sur d’autres fenêtres semblables et sur une cour très commune. Je rapporte souvent de la maison les premières cerises de la saison que je dispose dans une coupe. Hélas ! Elles se gâtent vite ! Les journées d’étude sont si longues que je ne songe pas à les manger… Il est aussi ce brin de senteur que je trempe dans un verre d’eau fraîche pour que son parfum se prolonge de jour en jour. Il se dessèche malgré mes soins. Et un soir, après un devoir, je m’aperçois que sa senteur s’est tarie. Je cherche, suspendu peut-être quelque part, le frêle fil de son parfum : en vain.
Je ne peux rien y faire. Je m’éloigne doucement du souvenir de mon beau dimanche. Et la perspective des vacances suivantes est si lointaine que je me sens, en les espérant, exilée de moi-même.
Je rentre toujours trop tôt au pensionnat.

Mais lorsque j’ai barré tous les jours d’étude du calendrier et que la dernière note de la cloche tinte dans les longs couloirs, je sais que c’en est fini de ma solitude : je rentre à la maison de Beaujour ! Madame Paule m’attend à la grille. Dès que je suis sortie du pensionnat gris, j’ôte mes vieilles galoches ; je chausse mes sandales fines que j’ai à moitié cachées dans mes poches devant Sœur Cécile; je monte dans la voiture blanche.
Pendant le voyage, le soleil fait danser ses rayons sur mon front et je fredonne sans cesse : 
« La la la les vacances ! Tous les jours à Beaujour, ce sera dimanche ! » 
Quand je pénètre dans ma chambre aux volets clos derrière les feuilles, je respire la bonne odeur de confiture chaude de reines-claudes. 
Vite ! Je me débarrasse du poids de ma valise ; je vais à la penderie ; je décroche ma robe à bretelles et à volants fleuris ! 
Devant l’œil rond du miroir, je dénoue en un seul geste mon chignon et je cache l’épingle de fer noir dans le tiroir de la coiffeuse. Je retrouve comme de vieux amis mes cheveux longs, mes cheveux blonds. 
Puis, je dévale l’escalier tout brillant de cire pour embrasser Flore, Alain, Cathou dont les doigts constellés de grains de farine se posent sur mes joues. Le chat se frotte à mes jambes. Je l’accompagne dans le jardin ou c’est lui qui me guide à pas de silence… Les senteurs des plantes s’élèvent, enivrantes, dans l’air. L’herbe, un peu sèche, craque sous mes pieds.
Au fond du jardin, la petite barrière est ouverte. Malgré l’interdiction, je sors en cachette. Comme il bat fort, mon cœur ! 
Je veux précéder le bonheur…

J’ai présenté ces poèmes en diptyque pour bien marquer l’opposition entre les deux univers. Je me suis surtout attachée à enrichir certaines images poétiques : en effet, Berthe a évoqué « l’emprisonnement » et « la liberté » à notre première rencontre et j’ai noté moi-même, en consultant les photographies qu’elle m’avait confiées, des mots comme « rigueur », « obéissance » opposés à des termes comme « insouciance », « rêverie ». Aucun de ces mots n’est fidèlement repris dans les deux récits de vie ; en revanche, tout un réseau lexical renvoie à chacun des deux thèmes que sont « l’emprisonnement » et « la liberté ». Et pour accentuer la structure à la fois thématique et chronologique, j’ai désiré matérialiser les sentiments, concrétiser les impressions : il en est ainsi du « frêle fil » du parfum dispersé dans la chambre au bout de quelques jours de captivité – motif ajouté par rapport au témoignage retranscrit, de même que « la cour très commune » vue en photo qui s’oppose aux « feuilles » voilant « les volets clos ».
J’ai voulu, en outre, préciser chaque sensation éprouvée par la narratrice : l’odeur de « confiture chaude de reines-claudes » est  « bonne » ; le miroir a un « œil rond » – personnifier le miroir renvoie ainsi la jeune fille à la reconquête de son identité et de sa féminité perdues lors de sa scolarité au pensionnat du Luxembourg. Les échos sonores comme les allitérations de fricatives (« le frêle fil de son parfum ») ou de palatales appuyant sur la voyelle du « o » fermé (« volets clos », « reines-claudes ») renforcent cette dimension sensorielle à laquelle Berthe était si sensible jadis et que le souvenir aiguise.
Quant aux phrases qui reviennent dans les textes ou qui constituent une chute, elles sont mises en valeur à chaque fois par un alinéa : il en est ainsi de la tournure répétitive « Je rentre toujours trop tôt au pensionnat » et de la phrase finale « Je veux précéder le bonheur ». Un parallèle peut donc être fait entre les deux temporalités précoces, le fait que Berthe rentre trop tôt du pensionnat – et donc qu’elle veuille encore s’attarder à la maison de Beaujour – contrastant avec son empressement à vivre à la fin du second texte.

Dix heures m’ont été nécessaires pour effectuer un tel travail : cinq heures ont été consacrées à ma rencontre avec Berthe. Ces heures comprennent l’entretien initial, la transcription des deux témoignages, la soumission des témoignages rédigés, le dessin de l’écrit et enfin la restitution de l’écrit définitif. Les cinq autres heures ont été consacrées à mon travail personnel – l’une fut utilisée pour l’analyse des photographies et de la situation personnelle de Berthe ; les deux autres heures ont été employées à la rédaction des témoignages ; les deux heures finales m’ont permis de rédiger les poèmes. Une telle exploration aura duré trois semaines.
Le 30 mai, Berthe a validé les deux récits de vie. Elle a ensuite acheté son cahier d’or dans lequel elle a mis en page les photographies et les poèmes. Il n’est pas exclu que j’écrive pour elle d’autres récits de vie. Elle m’a dit qu’elle avait retrouvé la même façon de rire que lorsqu’elle était jeune fille ; les mots avaient remplacé la nostalgie par la joie.
Mais à notre grand regret, l’aventure s’arrêtait là, sur cette difficile et néanmoins fabuleuse expérience qu’est le partage de l’indicible entre l’écrivain public et son client.

Telle est la démarche biographique de mon entreprise.

Donner des mots à la Vie !

Donner Vie aux mots !

Tel est mon rêve, depuis l’enfance.

Donc, à bientôt,

à la fenêtre des mots !

 

Géraldine Andrée Muller

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Qu’est-ce qu’un écrivain public ?

Le métier d’écrivain public est très ancien. Il date de l’Égypte antique où un scribe assurait cette fonction en rédigeant les actes administratifs, religieux, juridiques et en participant à l’élaboration écrite des pyramides.

Ce métier a ensuite évolué au cours des siècles, l’écrivain public se mettant à disposition du peuple pour faire valoir droits et requêtes. Il jouait un rôle important dans la société puisqu’il était un intermédiaire entre le pouvoir central et les gouvernés.

L’écrivain public a toujours travaillé au milieu des gens, installant souvent sa table d’écriture en plein air, dans la rue. Les odeurs, les bruits, les voix, les couleurs, les aléas météorologiques constituaient le matériau de ses mots.

L’écrivain public est donc ancré dans les préoccupations quotidiennes et le vécu familier des gens.

Il est désigné par le cadi à Mayotte où il règle les problèmes de la vie courante et rédige les actes juridiques.

En France, il existe une distinction claire entre juge, notaire, avocat et écrivain public sur laquelle je reviendrai dans un prochain article consacré à la déontologie de ma profession.

Concrètement, que puis-je faire pour vous en tant qu’écrivain public-biographe ?

Je vous aide à retracer et à formuler votre parcours professionnel en l’adaptant au poste que vous désirez si vous souhaitez la rédaction d’un CV ou d’une lettre de motivation.

Je rédige des lettres administratives en prenant soin de cerner avec vous le problème, son enjeu, ses solutions sans empiéter sur les instances juridiques.

Je corrige tous types d’écrits ; je vous conseille dans le domaine de l’écriture et la transcription de divers documents. Mon métier d’enseignante m’a fourni les qualifications nécessaires pour accompagner un étudiant dans la rédaction de sa thèse ou de son mémoire, sans usurper les fonctions de son maître de thèse.

Je vous invite à mettre vos émotions à distance pour pouvoir précisément les nommer dans le cadre d’un discours, d’un éloge, d’un hommage, d’une lettre amoureuse. L’écrivain public, n’est, certes, ni psychologue ni psychanalyste, mais il exerce dans son métier une certaine fonction thérapeutique par les qualités d’écoute et d’empathie dont il fait preuve.

Je rédige des articles de journalisme et de publicité pour les entreprises, magazines. Je corrige les rapports d’administration.

Par les mots, je vous remets en contact avec la couleur, la voix, la senteur, le visage d’un souvenir. Je fais réapparaître un ancêtre. Je redonne vie à un proche décédé en écrivant sa biographie. Je vous guide verbalement dans la réappropriation de votre passé, de votre mémoire, de vos racines. Je prête à votre voix un langage essentiel, fidèle à qui vous êtes. J’attribue aux voix individuelles une dimension universelle. Je ressuscite votre entreprise familiale dans une fresque historique et sociale. Je retrouve pour vous la trace des disparus et je l’inscris dans le futur. Je dévoile le tableau de votre vie, fidèlement peint ou photographié selon vos paroles. Je compose pour les personnes âgées le puzzle fascinant de leur existence qu’elles pourront contempler, fières de leur destinée.

J’écris depuis mon enfance ; j’ai toujours aidé mon entourage avec les mots et j’ai décidé aujourd’hui de mettre ma passion à votre service.

Je suis polyvalente mais mon domaine de prédilection est le récit de vie, genre dont je suis la spécialiste.

Je vous donne rendez-vous sur mon blog afin que vous puissiez vous familiariser avec un cas concret d’écriture qu’est la rencontre avec Berthe.

A bientôt,

à la fenêtre des mots.

Géraldine Andrée Muller

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Charte

Article 1 :

L’écrivain public a une obligation d’impartialité, d’objectivité et de neutralité.

Article 2 :

L’écrivain public est tenu au secret professionnel.

Article 3 :

L’écrivain public n’interfère pas avec les instances juridiques en place.

Article 4 :

L’écrivain public n’empiète pas sur les fonctions juridiques et judiciaires (notaires, huissiers, avocats, juges).

Article 5 :

L’écrivain public conseille le client dans les démarches administratives mais en aucun cas, il ne les accomplit à sa place.

Article 6 :

L’écrivain public ne rédige pas les thèses, mémoires ou dissertations à la place des étudiants. Il relit les pages, les corrige, aide à leur réécriture, à la planification du travail mais il n’assume pas la rédaction de leur contenu théorique.

Article 7 :

L’écrivain public fait preuve d’empathie et d’écoute. A ce titre, il a un rôle de conseil dans le domaine du rédactionnel.

Article 8 :

L’écrivain public s’engage à fournir la prestation écrite demandée, dans le délai imparti, fixé en accord avec le client, et qui dépend de la longueur du travail.

Article 9 :

L’écrivain public fournit au client un bon de commande et un reçu avec le code SIRET de l’entreprise. Pour les travaux conséquents, il s’engage à réaliser un devis pour le client.

Article 10 :

Pour toute prestation écrite, un acompte de 50°/° de la somme est demandé.

100°/° de la somme est exigé une fois la prestation réalisée. Les tarifs sont scrupuleusement ceux affichés dans https://lencreaufildesjours.com/a-votre-service-mes-prestations-2/

Géraldine Andrée MULLER,

votre écrivain public.

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Le jardin de jadis

Toute
la nuit
le jardin
de jadis

fleurit
dans ma mémoire
et m’offre
à l’aurore

les plus beaux
poèmes
Avec les déliés
de la lumière

je dis merci
au jardin
d’avoir
pour adresse

ma mémoire

Géraldine Andrée

Publié dans Non classé, Poésie

Poèmes pour la lampe d’automne

Étoiles

Apollinaire (dont le nom vient d’Apollon, dieu de la Lumière et de la Beauté) écrivait:
« Il faut rallumer les étoiles. »

Et il est vrai que les étoiles, on ne les voit plus désormais, tant elles sont voilées par les fumées des industries en pleine expansion et par la pollution.

Les yeux d’or du ciel ne nous regardent plus car nous les avons rendus aveugles.

Par conséquent, nous nous aveuglons aussi car nous avons pris l’habitude, en levant la tête, de n’apercevoir qu’une voûte obscure et nous croyons qu’il en a toujours été ainsi.

En ce soir de feux d’artifice, -rouges, orange, verts, bleus-,
je rêve de n’avoir pour couverture qu’un vaste ciel piqueté de taches rousses;
je rêve que des myriades de prunelles lointaines veillent mon sommeil depuis leurs millénaires révolus;
et que je les entende me dire en silence:

Qu’importe que Demain soit un nouveau jour!
Nous, nous durons toujours.

Oui, je rêve du luxe de ces étoiles alors que je suis allongée sur la terre humide d’un soir de juillet.
Si nous oublions les étoiles, nous nous coupons de nos racines célestes.

Alors, il est grand temps de « rallumer les étoiles » et de réapprendre chaque nuit
Tout ce que nous avons oublié.

 

 

 

 

Anges

Il est des anges qui se brisent les ailes contre le pouvoir, le paraître, l’ambition, la possession.
On les rencontre beaucoup, à notre époque, échoués dans ces regards qui ne voient plus le ciel.
Mais il est des anges veilleurs d’encres et de silences,
protecteurs des oiseaux qui traversent le monde et des frêles plantes qui poussent,
messagers des astres éteints et du chant lointain des sources,
gardiens des pensées secrètes et des chambres douces.
Ces anges volent jusqu’à nous par les poèmes que nous lisons -même sans grande conviction.
Lorsque nous sommes profondément seuls,
il nous suffit, pour les rencontrer, d’allumer une lampe au-dessus d’un recueil de poésies -le fait que le poète soit mineur n’a aucune importance pour le coeur-;
et si nous nous sentons soudain légers, libres, purifiés, presque guéris,
c’est le signe
qu’un de leur souffle
nous touche
dans la nuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« En ce moment »

« En ce moment »:
trois modestes
mots
pour dire:

le présent vital:
celui qui nous sauve
des morsures du passé,
des tourments de l’avenir;

le présent initial:
à l’origine de la fleur dans la main,
de la réciprocité entre l’oeil et le nuage,
du coeur qui bat lorsque paraît la flamme;

primordial présent
qui nous guide,
même si nous résistons
à son élan,

d’instant
en instant,
et nous guérit
du Temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

Apaisement

Enfin, tu es rentré.
Il n’y aura pas, ce soir,
le grand orage
que je redoutais:

dans notre petite chambre,
je contemplerai
longtemps
la nuit d’août,

la nuit d’or
de ta peau toute
tachetée
d’étoiles rousses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emporter,
en plus de l’indispensable
-peigne, brosse à dents, dentifrice, savon de Marseille-,
l’Essentiel:

mon flacon d’eau de rose,
mon collier de perles aux reflets si roses
qu’il me semble que l’aube
perle sur ma peau,

et les Rubayat
d’Omar Khayam
qui voit se refléter dans le vin
l’âme des roses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voyager,
c’est se mesurer au vent, à sa volonté implacable, étrangère à notre rêve parfois,
et accepter qu’elle soit
plus puissante que Soi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir vécu toutes sortes de deuils,
je sais reconnaître les signes des commencements:
l’inspiration profonde précédant le chant,
un sourire qui promet l’enfance,
les silencieux remous d’avant le poème,
les fruits rosissant au début de la saison,
l’éclosion d’un regard sur l’épaule dénudée…
Il m’arrive parfois de rêver que je remonte à l’origine de toute origine, à l’affluent des souffles, à l’étincelle initiale.
Et tant pis;
tant pis si un pas s’éloigne dans le noir, si une main se glace, si un mot trahit encore l’innocence…
Tant pis si je dois toujours m’en aller sans me retourner:
je sais que ce nouveau deuil m’annonce, si je n’abdique pas,
le miracle
de m’éveiller demain,
en me disant comme chaque jour:
« Il est une fois ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci;

merci pour la rosée sur le trèfle en bouquet;
merci pour le chardon constellé de givre;
merci pour le chant qui traverse la chambre;
merci pour l’étoile du Nord au bout du doigt;
merci pour le lait versé dans le noir;
merci pour le pain blond et le gâteau levé;
merci pour le papillon qui nargue la flamme de la bougie;
merci pour la chaudière qui ronronne au coeur de l’hiver;
merci pour les éclats d’amandes après le chagrin;
merci pour la première page;
merci pour le livre qui se referme;
merci pour la main fidèle au-delà du sommeil;
merci pour la conversation au soleil;
merci pour les bruits d’ailes du silence;
merci pour l’amitié d’Alan;
merci pour le prochain qui ne s’est pas encore annoncé;
merci pour ces questions sans réponse qui enfantent des poèmes;
merci pour tous ces petits riens
qui coûtent trois fois rien
et qui font Tout
quand on croit que la Vie
ne compte plus du tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vrai futur

Le vrai futur
n’est
ni « plus tard »,
ni « demain »:

il n’arrive
ni par hasard,
ni par destin:
le vrai futur

advient
dans le seul
instant
présent:

il est
un fruit mûr,
une plume tombée,
une patte offerte,

ou même
la paume
de l’enfant
dans la main

qui nous mène,
au soleil
du jour,
bien plus loin

que notre état
d’âme
mêlé
de doute

et d’espoir
avec lequel
nous nous réveillons
le matin.

Deuxième moitié du mois d’août

Deuxième moitié du mois d’août.

Bien sûr, les soirées sont encore longues. Quelques papillons accompagnent un éclat d’or.
On apporte le café assez tard. Les voix et les rires se répondent. De l’herbe, montent des murmures et des odeurs de menthe qui rassurent. On annonce du beau temps pour demain.

Mais il semble soudain que la nuit est tombée sans prévenir. Ou peut-être n’a-t-on pas fait attention. Le croissant de la lune luit comme une lame. Les lucioles dansent dans l’ombre. Un petit vent frais s’est levé. Quelqu’un serre son gilet sur son coeur. Des pas s’éloignent de la table.

Il faut emporter les dernières tasses, les dernières cuillères et, dans le salon, allumer le lampadaire.

Deuxième moitié du mois d’août.

Il faut bien se résoudre à rentrer,
si l’on désire que les mots prolongent encore un peu le temps passé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les odeurs des vacances:

Le vent dans le foin
Le café quand on se lève tard
La brioche sortie du four
Le thym dans le gratin d’aubergines
La gousse de vanille sur les pêches
Les pages neuves du roman acheté
L’huile de bronzage pendant la promenade
L’herbe mouillée des journées où il fait moins beau
La confiture qui cuit doucement
Le drap déplié dans la chambre après avoir séché au jardin
Le sachet de lavande fraîche pour l’hiver
La pâte de colle qui accroche de menus souvenirs (pétales, feuilles, grains de terre, brins où passa le souffle des lèvres, tickets du funiculaire) dans le journal intime
Les rosiers après l’orage
Le bouquet délié des invités
La frêle fumée dansant encore au-dessus de la bougie éteinte
et qui donne l’impression que l’on prolonge le jour dans la nuit,
la joie dans la vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est la fin de la belle saison. Mais ce n’est pas triste. On se rapprochera d’une autre beauté:
l’âme des lampes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fin de dîner

On n’est pas tout à fait arrivé à la fin de l’histoire. Il reste quelques pêches dans la corbeille, un peu d’eau pour ce rayon de lune. Au fond de certains verres, l’ambre de la liqueur luit encore.
Et pourtant… Un pas s’éloigne déjà. On entend là-bas, près des dépendances, le bruit d’une chaise que l’on range. Un volet claque en se fermant au deuxième étage.
Marthe agite les serviettes et les miettes de pain tombent sur la terrasse pour les oiseaux de demain.
Sur le trajet qui mène au grand buffet noir, les fourchettes mêlent leurs dents et les assiettes se heurtent.
On n’a pas vu passer le temps. La table est presque nue, comme si on n’y avait pas dîné.
Mais on n’emporte pas trop vite les lampes, car il ne faut pas arracher à l’ombre ses lueurs -derniers pétales d’or qui tremblent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La veillée

Le soleil laisse, en partant, quelques signes d’or à l’horizon. On a prévu, certes, le gilet mais les chemins ont gardé leur tiédeur. L’herbe, d’ailleurs, est douce à fouler comme au mois de juillet.
Si l’on ouvre les fenêtres des chambres avant le sommeil, on sent monter l’odeur du chèvrefeuille et on entend pépier de petits silences.
Finalement, on se couche assez tard malgré la perspective du Retour.
On discute de tout et de rien pendant que des ombres bleues agrandissent nos yeux.
Le raisin sera bon sans nous, je pense,
pulpeux et pourpre comme les joues de l’enfance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le matin,
quand tu changes
l’eau
des fleurs,

pense aussi
à changer
la couleur
de l’encre;

puis prends
une page blanche
et écris
tous tes soucis.

Tu te sentiras
libre ainsi,
guéri pour le jour
d’aujourd’hui.

C’est ce que j’appelle,
mon ami,
la toilette
du coeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dire le silence

Le silence
est aux mots
ce que la nuit
est aux étoiles:

Essentielle
présence

Parce que le silence
avive les mots,
les mots
avivent le silence

-grand bouquet
de roses
que les lèvres
de tous les hommes

ont fait
éclore
sur l’âme
de chaque chose-,

et comme
ce lien
de cause
à conséquence

se passe
de plus
de mots,
je demande

que fleurisse
le silence
de mes lèvres
aux vôtres.

Ecrire le silence

La journée est plus fraîche,
partagée entre l’ombre et l’or…
Ecrire alors,
la fenêtre ouverte
sur le feuillage du silence.

*

La nuit doucement
m’entoure pendant
que j’écris
Bonsoir Je suis
au large de la Vie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De soi

Cela va de soi
que j’emporte
le petit carnet
de moleskine

et la plume
à la pointe
fine;
cela va de Soi.

-Oublierait-on
de rire
dans la joie?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière chambre

La dernière chambre avant le voyage.

Les draps frais, lisses et blancs où l’on ne dormira qu’une seule fois.

La savonnette dont on aime bien le parfum -mais qui fond très vite dans la main.

La salle d’eau si étroite qu’on peut toucher les deux murs opposés sans tendre les bras.

La petite cabine de douche vite imprégnée de buée.

Le sèche-cheveux qu’on laisse souffler -bon gré, mal gré- et qui nous laisse, lui, tout ébouriffés.

L’heure de la lumière que l’on programme -il faut oublier la naissance patiente de la lumière du jardin.

L’anthologie que l’on pose sur la table de bois blanc, pour se rappeler que, ce matin encore, on la lisait chez soi. Mais les poèmes, étrangement, n’ont plus la même résonance; comme si, eux aussi, conspiraient à notre exil.

Et la nuit derrière le store, traversée par les éclairs bleus des tours de l’aéroport.

Et le sommeil sans rêve jusqu’au lendemain.

 

Ne pas être parti et être déjà loin.

 

 

 

 

 

Au poète qui s’en va,

En faisant ta valise,
surtout n’oublie pas

cette petite bille
éclose comme l’iris

qui, lorsque tu la tournes
entre tes doigts,

dans tous les sens
qui te chantent,

t’annonce les étoiles
des mots

à écrire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le poème refusé

J’ai perdu mon poème dans le sommeil.

Il ne devait pas être très loin, mais suffisamment -à cette frontière ténue entre la conscience et l’abandon- pour qu’il ne vienne pas quand je l’appelle au réveil.

Je l’ai cherché dans le bleu qui glissait entre les volets, puis au soleil du petit déjeuner.
Par quel mot commençait-il? Quel sentiment? Peine ou joie? Je le savais pourtant, avant de m’endormir….

Hélas! Le poème m’était refusé.

Sans doute apeuré par l’éclat du jour, se cachait-il dans le recoin obscur de la demeure d’un songe que j’avais quitté pour faire route jusqu’à la réalité.
Je sentais approcher le chagrin -deuil d’une promesse non honorée.

Pourtant, lorsque l’eau de la douche a coulé doucement sur ma peau, m’invitant à l’oubli de la perte, le poème m’est revenu -comme un enfant prêt à jouer avec les bulles de savon.
Il parlait de l’hésitation des tout premiers commencements, de la conséquence du tremblement de l’aube qu’est la rosée.

Il ne me paraissait pas frivole, mais léger -parce que j’avais renoncé moi-même à mon caprice qui consistait à me faire obéir par les mots.

La poésie, pour aller jusqu’à ma mémoire, passe par l’insouciance de mon corps.

 

 

 

 

 

 

Sois
aussi
légère
que la soie:

Laisse
le vent
passer
à travers toi;

et lorsqu’il
s’en va,
garde le pli
que dessina

sa joie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’aime traverser la place par jour de grand vent.
L’air, alors, se mêle à la lumière pour me laver du poids du temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon cher cahier,

je te donne rendez-vous demain, entre la corbeille blonde et la tasse ronde, lorsque l’aiguille affichera dix heures au soleil, que la fenêtre s’entrouvrira toute seule.

Je ne sais pas encore ce que je t’écrirai; ce ne sera sûrement pas long mais ce sera essentiel:

des pétales de mots déposés par le souffle de l’instant
sur le blanc du temps à vivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autour du bouquet de roses

Autour du bouquet
de roses,
le sujet
de conversation

concerne
l’évolution
de la situation
boursière:

chacun
déploie
sa force
de persuasion;

certains
se mettent
même
en colère

pour,
disent-ils,
changer le cours
des choses…

Et moi?
Moi,
je caresse
la peau

fraîche
des pêches
à l’ombre
des roses.

 

 

 

Nulle part ailleurs

Tu es ici
et nulle part
ailleurs

pour que le pétale de rose,
la note de l’oiseau,
le pétale de l’instant,

te trouvent
avant
de te chercher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’art du sommeil

Certains, avant de dériver vers le sommeil,
tiennent les oreilles d’un ours fripé;
mettent leur pouce dans la bouche;
agrippent un morceau de drap dont ils ont fait un doudou;
enlacent leur oreiller;

certains encore
posent leur paume sur l’épaule aimée
ou sur le ventre du chat;
d’autres enserrent leur main gauche
de leur main droite ou l’inverse;

et puis, il y a ceux qui s’endorment
en n’étreignant rien ni personne,
en se murmurant seulement quelques vers,
appris il y a longtemps,
à l’école ou au jardin,

au temps où le réel était rêve;
où le rêve était réel;
ceux-là même qui pensent
qu’ils ont perdu à jamais
le contact avec l’enfance

touchent, en vérité,
leur pays de toujours
avec la confiance
et la force
de leur souffle.

Géraldine Andrée

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