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La Résilience à Travers l’Écriture : Créez votre Histoire

La biographie-trésor

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Biographie: L’Importance de l’Écriture Humaine face à l’IA

L’écriture de votre biographie : une histoire de patience

Sommaire :

1 Biographie et date symbolique
2 Biographie et patience
3 Biographie et rapidité
4 Biographie et intelligence (artificielle ou humaine)
5 Biographie et histoire de temps humain
6 Biographie et prix
7 Biographie et temps/argent versés

1) Bien sûr, votre biographie peut être prête pour une date symbolique (anniversaire, baptême, mariage, communion, fêtes en tous genres) si vous engagez ce projet avec moi dans un délai suffisamment raisonnable.

Mais il faut savoir que la biographie n’est pas un tout-en-un, prête en deux minutes – ou deux mois – comme une soupe à préparer rapidement. En tous les cas, cette démarche ne correspond ni à mon éthique professionnelle, ni à mon fonctionnement personnel. Pourquoi ?

2) Car l’écriture d’une biographie est une histoire de patience.

Et, comme j’aime bien aller au cœur du sujet par une série de « Pourquoi ? », je vais vous dire ce qu’est l’essence d’une biographie, selon moi, et donc ce qu’elle n’est pas.

  • La biographie est souffle, respiration, c’est-à-dire alternance d’inspirations et d’expirations : on inspire les souvenirs, pour les déposer sur la page. On s’inspire de sa vie pour l’offrir au monde – même si celui-ci se limite au strict cercle familial.
  • La biographie, lorsqu’elle retrace l’histoire de tout votre arbre familial, est elle-même un arbre en devenir. Et tout arbre, pour posséder des racines solides, commence par une jeune pousse qui croît doucement. Si vous souhaitez que votre récit s’enracine dans l’histoire familiale, vous ne pouvez pas faire l’économie de la lente alchimie du temps qui inclut toutes formes de recherches – individuelles, administratives, généalogiques, transgénérationnelles.
  • La biographie dessine ses méandres au rythme de l’écoulement de votre mémoire. Or, vous ne pouvez demander à une rivière d’accélérer son courant qui, par définition, échappe à votre contrôle. Sachez que votre mémoire – sœur de l’inconscient – suit la dynamique de son propre flux, qui échappe aux velléités de l’ego.

3) Vous pourrez m’objecter : « Mais écrire une biographie en deux, quatre, huit semaines est tout à fait possible ! »

Je vous répondrais : « Oui si… »

  • Je n’ai que vous comme narrateur : ce qui, je vous l’avoue, est très rarement le cas. J’ai souvent plusieurs biographies en cours (que je n’écris pas toutes en même temps, mais l’une après l’autre pour prendre le temps de m’imprégner de la singularité de chacune – encore et toujours la question du temps !
  • Je ne fais que cela : mais comme chacun, j’ai aussi un quotidien et une entreprise à gérer. Et si je suis la plume pour votre voix, je suis également la plume de ma propre voix, c’est-à-dire que j’ai aussi à cœur d’écrire mes propres livres, d’apprendre, de me former, de créer d’autres manières d’aborder l’écriture au service de l’autre – encore et toujours. Et, je vous assure, vous profitez de cette expansion de moi-même. Ma vie est aussi « une matière » sur laquelle je travaille, comme dirait Montaigne.

4) Si vous n’êtes pas convaincu, vous pouvez toujours recourir à l’intelligence artificielle (je ferai, à ce propos, un billet sur cette thématique très bientôt)

Si tel est votre désir, aucun biographe ne peut vous en dissuader. Mais à une telle démarche, je peux objecter trois points essentiels.

  • L’IA n’est qu’une source apparente de facilité. En vérité, tout le travail intérieur que déclenche un projet biographique aura été escamoté.
  • L’IA n’est pas humaine. Elle ne peut donc traduire que superficiellement des sensations, des émotions et des sentiments humains. L’IA est dépourvue d’empathie. Elle ne pourra jamais se mettre à votre place. Un écrivain-biographe, en revanche, si, car l’expérience de la vie – dans ses épreuves comme dans ses joies – est le propre de la condition… humaine qui nous réunit.
  • L’IA ne produira qu’une œuvre qui vous ressemble peu ou prou, une œuvre qui ne sera pas vous, mais qui n’en sera qu’un reflet généralisant, par ailleurs flou, infidèle, imparfait – très approximatif, voire stéréotypé. Vous perdrez alors beaucoup de temps à vous demander : « Mais où est donc mon âme dans ce livre ? » et à vous décider de la chercher, sans jamais la trouver. Pourquoi ? Parce que votre âme n’y est pas ! Elle a été remplacée par une intelligence algorithmique. Or, refusant d’être « un homme-machine », vous partirez enfin en quête d’un écrivain-biographe humain. Mais, vous m’avouerez, que de temps perdu pour vous qui étiez si pressé de tenir l’œuvre de votre vie entre vos mains !

5) Voilà donc pourquoi l’écriture de votre vie est une histoire de temps humain.

  • L’écriture d’une biographie ne se présente qu’une fois dans la vie. Alors, comme pour un voyage lointain à caractère exceptionnel, il serait dommage de se focaliser sur le point d’arrivée sans profiter du chemin qui y mène.
  • L’écriture d’une biographie est une traversée des paysages de votre âme. Bâcler une étape, c’est faire en sorte qu’elle se représente ensuite, car la vie nous ressert toujours ce que l’on n’a pas su comprendre, intégrer – voire, tout simplement, savourer.
  • L’écriture d’une biographie conjugue de multiples temporalités : le temps de l’écriture, associé à celui du souvenir. Il est fascinant de voir comment les différentes saisons de la mémoire s’entremêlent à celles de l’écriture. Vous vous rappelez, par exemple, de parties de pêche en plein été alors que la neige étoile les vitres lors de la narration et de la retranscription. À l’inverse, vous pouvez vous remémorer l’épisode d’une avalanche tandis que le jardin est en fleurs et que vous m’invitez à m’asseoir sur votre terrasse pour « tout me raconter ».
  • L’écriture d’une biographie n’obéit pas à une temporalité uniforme. Elle progresse selon une alternance de rythmes, d’instants suspendus, puis d’accélérations. On ne raconte pas une scène d’amour sensuelle et envoûtante comme une anecdote où l’on court au bord du quai pour attraper son train. Et la durée des non-dits, des silences ? Ces derniers ont aussi leur place dans votre histoire de vie, comme dans une partition de musique ! L’écriture des blancs requiert une attention et une intention particulières. C’est presque une séance de méditation où l’on s’accorde tout le temps et tout l’espace nécessaires pour que l’indicible affleure la page.
  • Et il existe aussi le temps entre les séances durant lequel vous récoltez les fragments sensoriels et mémoriels liés à telle thématique susceptible d’être développée dans le cadre d’une séance ultérieure.
  • Certains, lorsqu’ils ont bien intégré notre processus d’écriture en binôme, commencent un journal d’écriture biographique sur lequel ils notent les points à aborder puis évoqués, leurs états d’âme, leurs bilans de conscience en dessous de la date de l’entretien, comme pour un journal de thérapie. Ils initient une biographie de l’écriture biographique, une sorte d’atelier d’expérimentation littéraire sur lequel je reviendrai et qui développe la faculté fascinante de pouvoir mettre en abyme l’écriture sur soi par l’écriture de soi.
  • Vient ensuite le temps de la relecture approfondie, des modifications, de l’insertion de photos puis de la mise en page – et, tout ce que je vous souhaite – de la publication (privée ou publique). Tout cela fait partie d’un autre processus à soigner également. En effet, se dépêcher pour « avoir le livre », c’est peut-être omettre des choses importantes – à ajouter, modifier, supprimer – et, une fois que le livre est relié, il est bel et bien fini. Commence alors la saison des regrets si vous avez escamoté une étape ou pressé le biographe – ce qui est fort dommageable, le but final étant que le livre vous corresponde en tous points.

6) Vous pourriez me dire : « Mais, plus la biographie dure longtemps, plus je vais payer ! »

À cela, je vous répondrais clairement :

Non !

Pourquoi ?

  • Car nous décidons ensemble de la fréquence des séances. Encore une fois, tout est question de rythme.
  • Car tout dépend de la vision de votre projet initial : le prix d’une biographie individuelle est, bien entendu, plus modique que celui d’un roman familial ou d’une biographie entrepreneuriale qui traverse de nombreuses générations et qui engage des recherches généalogiques – de votre part ou de la mienne -, autre exigence de lenteur.
  • Car je sens moi aussi quand nous arrivons à la fin de l’écriture et que l’étape de la mise en livre commence. Prolonger une écriture qui a « tout dit » est aussi stérile pour vous que pour moi. En tant que biographe, j’apprécie grandement le moment où l’on voit tant de pages tapuscrites se métamorphoser en ouvrage relié. Par ailleurs, j’aime me définir comme une artisane des mots. Un artisan-menuisier ou sculpteur sait quand il a terminé son armoire ou son bustier d’amant. Bien sûr, comme le peintre, il peut toujours peaufiner la création mais ce geste se limite à quelques touches ou traits supplémentaires. Voilà tout. Il ne rajoute pas un pied d’armoire ou un bras au buste parce qu’il faut prolonger l’œuvre indéfiniment. Biographe et narrateur sont destinés à se quitter et c’est le livre abouti qui signe cette séparation.

7) Mais, puisque nous vivons dans une société où il nous faut toujours tout quantifier – même les mouvements de l’âme -, car le chiffre est la norme de notre sécurité matérielle et psychique, sachez que

  • La biographie moyenne dure d’un an à un an et demi ( il y a, bien sûr, des biographies plus courtes, et d’autres, plus longues).
  • Elle contient en moyenne de cent à cinq-cents pages ( mais peut contenir une cinquantaine de pages seulement).
  • Elle coûte de 1000 à 3000 euros (2000 euros étant la moyenne et 500 euros, le prix le plus bas). Ces sommes, je vous le rappelle, se paient à la séance. Ce fonctionnement respecte, de ce fait, la prévision et le rythme de votre budget – autre temporalité non négligeable qu’il vous convient de respecter !
  • Si vous me le demandez, un devis avec paiement échelonné est toujours possible.

À bientôt donc, à la croisée des mots !

Géraldine, votre écrivaine privée, biographe familiale et écritothérapeute

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Écrire Pour Se Souvenir : L’Héritage Féminin

Parution du livre Le Regard de ma mère

Genèse d’écriture du livre

Note de l’éditeur

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Écrire sa Biographie : Le Pouvoir de la Mémoire Sensorielle

La magie de l’écriture biographique : Pensez sensoriellement

Vous initiez le projet d’écrire votre biographie avec moi ? Pourtant, vous êtes craintif à l’idée de commencer l’écriture. Vous vous sentez submergé, en effet, par tout ce dont vous devez vous souvenir : dates et lieux de naissance, années des principales étapes de votre vie, noms des emplois et fonctions que vous avez occupés, listes de tous les membres de votre famille (il ne faut en oublier aucun, sinon, ils le prendraient mal…).

La biographie s’ancre ici dans votre mental, avec ce désir de contrôle et de perfectionnisme.

Et si nous appréhendions ensemble une autre manière d’écrire votre vie ?

Et si je vous disais qu’il y a en vous une mémoire bien plus fidèle que celle que vous tentez de solliciter ( car il existe toujours des trous, des oublis, des erreurs et c’est bien ainsi), une mémoire que vous ne pouvez diriger puisqu’elle suit son propre flow, une mémoire qui est la sœur de l’intuition et l’amie de l’inconscient, une mémoire que vous n’allez pas chercher, extirper mais qui vient à vous spontanément, telle une enfant joueuse ?

Cette mémoire, c’est la mémoire sensorielle, relative aux cinq sens. Laissez-vous guider par Elle ! Laissez-vous guider par ses ailes. C’est ainsi que je pourrai être la plume pour votre voix.

Bien sûr que nous pourrons utiliser dans notre démarche d’écriture commune toutes les données que vous avez récoltées (fiches d’état civil, extraits d’actes de naissance et de décès, arbre généalogique, photos, coupures de journal, extraits de journaux intimes, diplômes…). Mais nous intègrerons ces données extérieures dans l’élaboration de votre livre de vie dans un second temps.

Dans un premier temps, nous allons accueillir la récolte d’instants que vous offre la mémoire des sens. Je vous aiderai à être dans cet état total d’accueil, de réceptivité.

Fermer les yeux, respirer, écouter une musique relaxante avant de démarrer la séance d’écriture. Je mets souvent en pratique ces outils de programmation neurolinguistique parfaitement adaptés à toute démarche créative et thérapeutique.

Qu’est-ce que la programmation neurolinguistique ?

C’est une boîte à outils de communication qui vous met en contact avec le langage de votre inconscient, langage sensoriel, onirique où l’association d’images et de sensations vous permet de puiser en vous les ressources résilientes et créatives nécessaires à votre guérison psychique. Ainsi, les émotions de base – tristesse, peur, colère, joie – se traduiront par différentes touches sensorielles que vous nommerez avec des termes précis, ceci afin de construire votre vérité personnelle, reliée aux multiples vérités d’autrui – car il y a autant de vérités que de subjectivités.

Un langage intellectuel, né du mental, est non seulement abstrait, mais aussi ennuyeux, car il vous sépare de votre ressenti premier. Ainsi, vous êtes déconnecté de la réalité de ce que vous éprouvez.

Utiliser le langage sensoriel dans l’écriture biographique vous aidera non seulement à percevoir votre réalité, mais aussi à la définir. Par conséquent, la biographie sera le reflet de qui vous êtes. Le livre sera non seulement le miroir de votre vie, mais aussi de votre âme.

Concrètement, comment procédons-nous en entretien ?

Nous partons d’une scène de votre vie, qui se présente à vous, dont vous vous souvenez sans faire d’effort particulier et nous allons y entrer ensemble comme dans un tableau vivant, un tableau qui s’apprête à s’animer sous vos yeux et dans tous vos canaux sensoriels :

Que ressentez-vous ?

  • Où êtes-vous ? Quel est le décor ? Citadin ? Rural ? Dans un jardin, une maison, une chambre, un grenier ? Sur un quai de gare ? Dans une cour d’école ?
  • Quand la scène se déroule-t-elle ? C’est le moment d’évoquer la saison avec sa végétation, sa météorologie ; l’heure de la journée (aube, midi, crépuscule) avec ses ombres et ses lumières…
  • Qui êtes-vous ? Un enfant ? Un adolescent ? Un adulte ? Comment êtes-vous habillé ? Si vous deviez vous prendre en photo, là, à cet instant, quelle humeur liriez-vous sur votre visage ? Celui-ci est-il triste ? Souriant ?
  • Que faites-vous ? Avec quels gestes ? Quels objets ?
  • Êtes-vous entouré ou seul ? Si vous n’êtes pas seul, qui vous accompagne ?

Une fois que nous avons campé la scène, je vais vous aider à rejoindre la personne que vous étiez, non seulement à aller à sa rencontre, mais aussi à redevenir cette personne.

Nous partirons du sens qui prédomine, c’est-à-dire à partir duquel vous appréhendez le réel et, dans le cadre de notre projet, la réalité du souvenir.

Souvent, c’est le sens de la vue, mais la démarche est la même pour les quatre autres sens et le sens kinesthésique (associé au mouvement).

Doucement, vous vous remettez dans le corps et dans le canal sensoriel le plus développé de votre ancien Vous agissant dans cette scène du passé.

  • Que voyez-vous ? Quelles couleurs ? Quelle lumière ? Est-elle vive, pâle ? Continue, discontinue ? Stable, fugace ? S’agit-il d’un clair-obscur ? Y a-t-il des particules qui obscurcissent cette vision (poussières, sciures, graminées, flocons…)
  • Qu’entendez-vous dans cette vision ? Les sons sont-ils agréables, désagréables ? Graves, stridents ? Sifflants ? Sont-ce des chuchotements, des bruissements, des murmures, des écoulements ? Sont-ils durables, intermittents ?
  • Quelles odeurs sont associées aux couleurs et aux sons ? Le sens de l’odorat est relié à l’inconscient : sont-ce des senteurs, des fragrances, ou, au contraire, des puanteurs ? Parfum fleuri, épicé, subtil, suave, envoûtant, enveloppant… Les adjectifs nous aideront à caractériser ces perceptions olfactives.
  • À l’odorat s’associe souvent le toucher : haleines, souffles, brises… Caresse ou contact brutal… Approche d’un tissu qui se froisse et qui révèle la senteur de la lavande… À ce stade, les sens se mêlent dans votre souvenir.
  • Le goût est le sens associé à celui de l’enfance : sucré ou salé ; doux ou aigre ; doux-amer ; fade ou pimenté… Friandises, mie de gâteau, de pain… Croûtes de sablé qui crépitent… Pâtes fondantes ou croquantes… La sécurité passe par la bouche ; c’est le premier sens satisfait dès la naissance, lorsque l’enfant tète le sein de sa mère.

Une synesthésie (correspondance entre les sensations) montre que le processus de la mémoire est en route.

C’est à partir de cette synesthésie que nous pourrons dégager l’émotion dominante de la scène :

Comment se traduisent sensoriellement :

  • la joie et ses variantes : le bonheur, la gaieté, l’allégresse, l’exaltation, l’enthousiasme, l’extase…
  • la peur et ses synonymes plus ou moins forts : appréhension, angoisse, anxiété, effroi, terreur…
  • la tristesse avec toute sa lexicalité : peine, chagrin, regret, remords, désespoir, désarroi, détresse, dépression…
  • la colère avec toutes ses hyperboles : rage, rancœur, fulmination, fureur, courroux, emportement, irritation…

Les manifestations physiques peuvent également être traduites :

  • la légèreté, le rire pour la joie.
  • la chair de poule, le frisson pour la peur.
  • le cœur qui pèse dans la poitrine, le manque de force, la lassitude pour la tristesse.
  • les poils qui se hérissent, le sang qui cogne dans les tempes pour la colère.

Quelle que soit la date à laquelle se situe la scène à écrire, elle met votre Moi actuel en lien avec votre Moi ancien dans le cadre de cet épisode marquant sur le plan mémoriel. Or, tout ce qui est marquant doit être marqué sur le papier. Tel est l’enjeu de l’écriture biographique.

Voici un exemple concret d’extrait biographique en lien avec la réminiscence sensorielle :

« Mon premier parfum, c’est Paris d’Yves-Saint-Laurent que je me pulvérisais en abondance dans mon écharpe de laine lorsque j’étais étudiante ; un parfum de femme mûre quand j’y songe.

Mais le vrai parfum, celui qui m’a fait entrer dans ma vie de jeune femme, c’est Maroussia, Moscou-Paris de Zlava Zaïtsev. Je me suis tout de suite éprise de son nom slave et de ses notes de rose, de citron, de santal.

Dès la première pulvérisation, il exhale une envoûtante senteur d’encens qui imprègne mes cheveux, mon col, mon manteau.

Je me souviens de son petit flacon pourpre posé sur ma table de nuit d’appoint dans mon premier studio, flacon coiffé d’un bouchon qui a la forme d’un dôme oriental.

Pendant longtemps, je l’ai oublié pour d’autres parfums – Jean-Paul Gauthier, Givenchy, Lancôme…

Mais aujourd’hui, je l’ai retrouvé avec la même joie qu’autrefois, comme si je n’avais pas vieilli. Il m’offre la même fragrance ensorcelante et je crois que ma peau a toujours vingt-cinq ans.

Je peux affirmer que c’est le parfum de ma vie. Il m’a accompagnée lors de ma première rentrée dans une salle de classe en tant que professeure. Et je dois avouer que c’était d’abord lui qui me transportait lorsque cet amant marié détachait ma bretelle de bustier.

Quand je traversais la ville en bus , le lendemain de ce cinq-à-sept – j’ai toujours devant les yeux ce panorama d’usines grises et désaffectées, ce cortège d’immeubles de banlieue, ce défilé des eaux brunâtres du canal -, le parfum de Moscou me consolait. Je m’en baignais le visage en plongeant mon nez et ma bouche dans l’échancrure de mon pull de laine.

Je savais alors qu’il existait un ailleurs bien plus beau, bien plus chaud et bien plus vaste que cette petite ville nordique dans laquelle je travaillais et croyais aimer un homme.

L’espace d’un instant, m’apparaissait la vision fulgurante d’une vasque orientale au milieu de carreaux de faïence bleue. Au bord de cette fontaine, je pouvais me reposer de la journée que j’allais passer – exilée dans une vie qui n’était pas la mienne mais qui était celle d’un aïeul depuis longtemps disparu et que je m’imposais pourtant par devoir inconscient de loyauté. »

Dans cet extrait, le sens dominant est le sens olfactif. Comme dans Le Parfum de Charles Baudelaire ou À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, c’est l’odorat qui ouvre les autres canaux sensoriels, comme la vue, le toucher. La senteur qu’exhale le flacon de parfum est directement reliée à des sentiments tels que la nostalgie, le désir d’évasion dans cette ville où la narratrice a été mutée malgré elle. De même, cette senteur la réconforte toujours, même si elle la renvoie à une période d’amours clandestines, vécues douloureusement, parce qu’elles ne pouvaient combler sa solitude. C’est par le parfum que la mémoire apporte l’exact souvenir de l’exil de cette jeune femme qui se sent si étrangère, si étrange dans cet espace-temps où elle s’est égarée.

C’est donc par la touche olfactive que s’ouvre cette autobiographie qui relatera un parcours initiatique, tant sur le plan physique qu’émotionnel, professionnel que sentimental, le but de l’écriture étant de déjouer le déterminisme transgénérationnel qui a conduit la narratrice à vivre une vie qui n’est pas la sienne.

Bien sûr, il est plus difficile de voyager à travers des sensations douloureuses. Pour cela, l’ancrage d’un paysage-ressource s’avèrera d’une aide précieuse.

Nous pourrons imaginer un paysage dans lequel vous vous sentez bien, un paysage rêvé ou réel. Ce peut être

  • au bord de la vasque précédemment décrite : entendez le chant de l’eau, comptez les notes des oiseaux, respirez les parfums de la rose, touchez la fraîcheur du carrelage, goûtez le fondant d’une figue…
  • dans un jardin dans lequel vous pouvez placer autant de feuilles, de fleurs, de fruits, de sentiers que vous le souhaitez.
  • dans un désert : quel bruit fait le vent lorsqu’il balaie le sable ? Avez-vous des grains sur votre visage, dans vos cheveux, vos yeux ? Voyez comme les traces de vos pas s’inscrivent de manière éphémère dans les dunes.
  • dans une maison de vacances : il n’y a pas de lieu plus intime pour ressentir la chaleur d’être en sécurité, la fragrance des plats, la couleur des pièces, le silence ou les voix entremêlées, la laine des couvertures.
  • dans une chambre au cœur d’une grande métropole, manière d’explorer les bruits lointains, les lueurs de la ville, le goût du thé, le contact de la main sur le cahier.

Une fois que ce paysage-ressource est défini (le paysage-ressource est un paysage dans lequel vous puisez toute la sérénité nécessaire), vous l’ancrez dans un endroit de votre corps (le plus souvent, au niveau du plexus solaire), puis, une fois que vous serez bien en sécurité dans ce paysage, nous encrerons les sensations de vos épreuves sur le papier.

L’écriture participe ainsi à un mouvement profondément libérateur de l’intérieur vers l’extérieur, et qui vous donnera accès à votre immense richesse psychique, dont le livre de votre vie sera le fidèle reflet.

Géraldine Andrée

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Comment écrire ses mémoires quand on perd la mémoire ?

La Vie se souvient de Vous !

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Votre vie en poésie

Écrire une biographie poétique

Quand j’étais jeune, il m’arrivait souvent d’insérer un poème dans mes récits – contes ou nouvelles. Pourquoi ? Je ne saurais dire. Comme un chat qui entre dans une chambre secrète, la poésie s’invitait doucement dans la prose. La syntaxe d’une phrase se déhanchait et si j’accueillais sa danse avec confiance, je m’apercevais qu’elle devenait Vers. Deux sons entre mots voisins s’accordaient, un rythme cheminait et une rime sonnait dans les paroles que prononçaient mes personnages. À ma grande surprise, le paragraphe initial se divisait en strophes, puis, parfois, en sonnet.

Aujourd’hui, quand j’écris pour autrui, j’accueille dans le même lâcher-prise une voix poétique qui demande à se faire entendre car je sais que c’est toujours pour une bonne raison. En effet, le poème exprime, mieux que n’importe quel genre littéraire, le mystère de l’indicible.

Aussi m’arrive-t-il de vous suggérer de mettre certains éléments de votre vie en poésie. Je vous expose ici les situations qui m’incitent à faire de telles suggestions.

  • Les poètes expriment des sentiments liés à des expériences universelles, propres à la condition humaine. Si vous me confiez une épreuve que d’autres poètes ont évoquée, je ressentirai qu’il est peut-être opportun de faire référence à certains poèmes qui vous parlent de cette épreuve : la douleur existentielle avec Charles Baudelaire dans son poème Recueillement, la traversée du deuil avec Victor Hugo dans son poème Demain, dès l’aube, la joie de la récolte avec Paul Verlaine dans son poème Green, la trahison amoureuse avec Marceline Desbordes-Valmore dans son poème Les Séparés, l’élan solaire du voyage avec Arthur Rimbaud dans son poème L’Éternité… Dans ce cas, j’insère quelques strophes dans votre biographie afin de condenser l’émotion de votre vécu.
  • Quoi de mieux qu’un haïku pour faire revenir l’éclat d’un instant, le saisir à nouveau, capter l’émerveillement d’une contemplation dont vous conservez le précieux souvenir ? Comme je l’ai déjà expliqué dans mes billets, une biographie se compose, certes, d’événements importants ; mais elle relate aussi de brefs moments suspendus. Ce sont d’ailleurs ces fragments de temps – si riches qu’ils ressemblent à de petites éternités – qui rendent les mémoires d’une vie si intéressantes. L’attention portée à la floraison du lilas au-dessus de la grille, la première confiture de prunes, le parfum de la pelouse fraîchement tondue pendant que vous rouliez à bicyclette… Le haïku vous permettra de fixer la splendeur éphémère d’une saison de votre âme. Je pourrai vous aider à composer vos propres haïkus. De même, nous pourrons convoquer ensemble Bashô Matsuo, Masaoka Shiki, Kobayashi Issa dont les haïkus sont autant de ponts qui enjambent le temps jusqu’à nous…
  • Un traumatisme fige votre parole ? Dans ce cas, il faut la rendre cri. Il nous faut écrire le blanc, c’est-à-dire faire jaillir ce cri avec le silence tout autour, comme si ce silence était un ciel transpercé par une étoile – la vôtre. J’initie alors un genre que j’ai développé dans mon recueil poétique Jusqu’au Noyau et que l’on retrouve également dans les Peach Stones de Rupi Kaur – ce que j’appelle précisément le genre du Noyau :

Incorporer dans votre biographie un Noyau de votre expérience, c’est atteindre l’essence de ce que vous souhaitez exprimer en effaçant tous les détails qui encombrent la perception claire de votre ressenti lié au traumatisme ; c’est poser sur la page votre vérité ; c’est en restituer l’émotion intacte.

Puis, nous poursuivons votre récit. L’écriture reprendra, certes, son cours traditionnel, mais quelque chose aura changé. Transcrite de manière concise sur le papier, l’expérience sera hors de vous. Tout lien, toute chaîne qui vous entravaient auront été ouverts. Votre parole étant enfin délivrée, elle permettra une écriture déliée et la biographie se poursuivra de manière plus fluide.

Comme vous le constatez, le Recours au Poème ajoute une dimension thérapeutique à l’écriture de votre vie. 2

Tout comme nous insérons des photos dans une biographie traditionnelle, nous pouvons également inclure un ou plusieurs poèmes qui seront autant de clichés verbaux, d’illustrations métaphoriques, d’images de votre vie intérieure demandant à être montrée,

parce que, ne l’oublions pas, votre vie est un voyage humain commun à nous tous, les mortels que nous sommes, dont votre biographie retracera l’émouvante épopée.

1 Géraldine ANDRÉE, Jusqu’au Noyau, Recueil de poèmes autobiographiques et autothérapeutiques – Guérir par l’écriture incisive ; Le Soupir du temps ; 2023

https://www.fnac.com/livre-numerique/a20511711/Geraldine-Andree-Jusqu-au-Noyau#FORMAT=ebook%20(ePub)

2 Recours au poème ; Poésie et Mondes poétiques

Géraldine Andrée

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Le prix d’une biographie

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Promenons-nous dans le jardin de l’Ariadne grâce aux ondes de RCF Corsica

L’interview à RCF Corsica concernant la publication de la biographie En Suivant l’Ariadne de Marie-Hélène Ferracci et Géraldine Andrée (Muller)/ L’Encre au fil des jours ; écrivain privé-biographe, coach littéraire

« Par ce récit, jardin de l’Ariadne, je te redonne ta dignité. Tu es bien plus qu’un nom. Tu es un trait d’union.« 

« Merci Géraldine pour ce merveilleux accompagnement durant ces beaux mois!

Nous célébrons une si belle naissance grâce aux ondes de RCF CORSICA !

Bravo et Merci Géraldine ! Merci à Laetitia de RCF Corsica !« 

Marie-Hélène Ferracci

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Mon émission à Radio Fadjet sur le cheminement de la biographie

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Votre biographie entre les entretiens