Noter chaque jour le moment et l’endroit où j’écris. Plus tard, au fil de la relecture de mes pages, recueillir ces notes sous forme de liste et en faire un poème, une sorte de voyage à travers une succession de paysages d’écriture comme, par exemple,
J’écris en ce soir de décembre sous la lampe de mon enfance J’écris dans le train de 15 h 39 qui démarre J’écris près du lilas d’avril J’écris au bord de la lumière de l’aube J’écris non loin de l’océan qui commence sa marée J’écris parmi les miettes du croissant du petit déjeuner J’écris en cachette pendant cette réunion soporifique de 16 heures J’écris dans le jardin qu’un ami m’a prêté J’écris comme chaque vendredi quand l’air se fait plus léger
Aujourd’hui j’ai écrit Journal, Bonjour ! Il pleut et je t’écris sur ma petite table ronde derrière le store blanc. Les gouttes ont leur raison d’être comme mes mots.
A chaque mot sur la page ma main prend de l’âge mais ce que j’écris J’aime le reflet de la lune dans la rosée du chemin demeurera toujours jeune comme si c’était la page du tout premier matin qu’invite un signe de ma main
Ne pas noter les choses importantes mais celles que j’aime aussi minimes soient-elles comme les lueurs des gouttes matinales sur la rambarde de ma terrasse
Changer un mot ou deux Sauter plusieurs espaces Laisser un blanc que viendra plus tard combler la juste pensée
Et si l’histoire n’est pas belle pour soi effacer les phrases où s’essoufflent les rêves Gommer les lignes trop droites qu’il faut suivre contre son désir
Oublier si c’est nécessaire tout ce qui a été écrit les jours sans foi et puisque rien vraiment ne s’achève recommencer
à partir de la rature car c’est de la pierre grossière que rejaillit l’infini murmure de la lumière
« Il est peut-être plus pratique, plus confortable – voire plus poétique de mourir jeune et ainsi de ne pas supporter le poids de vieillir. Mais dans ce cas, qui finira ma vie ? Quel être pourra dire qui je suis ? »
Voici les quelques lignes qu’a écrites Marilyn dans ses Carnets.
Et je répondrais à Marilyn :
« Il faut vivre en écrivant, écrire en vivant. C’est en écrivant qu’on finit le beau récit de sa vie, et cette fin signe toujours un commencement. Être sa propre voix qui laissera longtemps sa trace dans le silence qui suivra :
telle est, à mon sens, la Vie achevée. »
Géraldine Andrée
Quelques lignes de Marilyn… Juste un signe pour qu’au-delà de ta Vie on te devine, encore…
Les mots, c’est de l’énergie, comme l’eau, le feu, le vent…
En complément à ma conférence sur Le Pouvoir spirituel de l’écriture du 05 janvier 2019, je vous joins la liste de livres sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour ouvrir cette porte sacrée dans la page :
Le journal de la résilience :
Journal d’Anne Frank, J’ai lu
Une vie bouleversée d’Etty Hillesum, Points
Les pages du matin :
Libérez votre créativité de Julia Cameron, Aventure secrète
Le bullet journal :
Journal de la collection Respire : Des projets pour 52 semaines
Carnet de gratitude, collection Hachette Bien-Être
Le Défi des 100 jours de Lilou Macé (Cahier d’exercices pour une vie extraordinaire), Guy Trédaniel éditeur
Site Pinterest pour confectionner son propre bullet journal
L’art des listes :
Notes de chevet de Sei Shônagon, Connaissances de l’Orient, édition Gallimard L’Art des listes de Dominique Loreau, collection Marabout
Le journal créatif :
Le nouveau journal créatif d’Anne-Marie Jobin, édition Le jour
Pour écrire sur du beau papier, doux comme un grain de peau :