Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Une bouchée

Une bouchée pour les étoiles ces aiguilles renversées sur le tapis du ciel
Une bouchée pour le tissu de la nuit
Une bouchée pour l’ultime fleur de la saison accrochée à tes mèches
Une bouchée pour le souvenir des algues que tu cueillais à fleur de vague
Une bouchée pour le miroir de ta jeunesse
Une bouchée pour la lumière du jardin par la fenêtre de ma mémoire ouverte sur ton regard
Une bouchée pour ce fil invisible que tu tiens encore entre tes doigts au repos
Une bouchée pour ton dé en argent qui luit quelque part dans l’ombre d’une armoire
Une bouchée pour la mie de tous les gâteaux d’enfance qui ont doré dans ton four
Une bouchée pour l’encre qui t’est consacrée ce jour

Que chacun de mes mots
soit la bouchée
qui te donne l’envie
de revenir
juste
pour l’instant
où je les écris
à la vie

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, L'espace de l'écriture

L’écriture ou la traversée de la glace

On se sent très seul quand on écrit.
On n’est jamais certain qu’il y aura, un jour, quelqu’un au bout de la page…
On est le seul pèlerin dans ce voyage.

Écrire, c’est comme traverser une mer de glace.
Aucune main ne saisira la nôtre pour nous aider à atteindre l’autre côté, d’ailleurs invisible,
noyé dans le blanc infini.
On ne peut poser ses pas dans l’empreinte des pas qui nous précèdent.
On est l’auteur exclusif de la trace qu’on laisse pour soi.

Et pourtant, on a un fil à suivre, celui de l’encre sur lequel les mots perlent.
On évolue ainsi doucement dans l’inconnu, en faisant uniquement confiance à la marque de notre passage qui s’annonce.
Et si l’on cède à la tentation de crier tout ce que l’on a retenu jusqu’à présent, toute cette impuissance qui ne demande qu’à éclater comme un météore dans sa fuite, on se mettra à l’écoute de sa voix dont le vent se fera l’écho jusqu’à l’autre rive.
On touchera la certitude de cette vérité qui s’inscrit en nous et qui ne demande qu’à s’énoncer encore.

Au fur et à mesure de notre progression au milieu du ciel que reflète le silence, les mots battront, telles des lueurs ardentes, tandis que la plume saisira fermement notre main pour que l’on glisse toujours plus loin vers ce point scintillant, là-bas…

C’est ainsi quand l’on traverse la page de glace :
elle est tout l’espace
où notre lumière avance.

Géraldine Andrée

Publié dans Au fil de ma vie, écritothérapie, Créavie, Histoire d'écriture, L'espace de l'écriture, Le temps de l'écriture

L’instant de l’écriture

Publié dans écritothérapie, Poésie-thérapie

La volonté d’écrire…

Maintenant
cela suffit
d’être abusée

Elle écrit
ces mots
avec la pointe

affûtée
de la mine
quitte

à transpercer
le papier

Géraldine Andrée

Publié dans Au fil de ma vie, écritothérapie, Ce chemin de Toi à Moi, Dialogue avec ma page, Ecrire pour autrui, Histoire d'écriture, Je pour Tous, L'espace de l'écriture, Le temps de l'écriture

L’écriture ou la foi en sa solitude

Publié dans écritothérapie, Créavie, Ecrire pour autrui, Histoire d'écriture, Je pour Tous, L'espace de l'écriture, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

Votre biographie ; l’écriture de vos expériences de vie

Nouvel article d’écritothérapie

Bonne lecture !

Géraldine Andrée

Publié dans Au fil de ma vie, écritothérapie, Cahier du matin, Ce chemin de Toi à Moi, Dialogue avec ma page, Ecrire pour autrui, Histoire d'écriture, Je pour Tous, Journal de la lumière, Journal de ma résilience, L'espace de l'écriture, Le cahier de la vie, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Poésie-thérapie, Récit de Vie

Pour libérer ta vie, libère ton histoire

Écris sur ce qui t’obsède, te chagrine,
sur ce qui éveille tes regrets et tes remords.
Puis, après avoir constellé
d’étoiles noires

tout l’espace de la page promise,
laisse dans ta vie
de l’espace au blanc
du jour à vivre.

Tu seras ainsi plus présent pour la cime
de chaque arbre
sur lequel le soleil
se penche.

Écris, par exemple, sur la musique
que te fait encore entendre
le jardin effacé,
la cour des jeux à cloche-pied,

les matins passés
avec ta grand-mère
à enlever les fils
des haricots verts.

Souviens-toi
comme les vacances
ainsi touchaient
à leur terme

au fil des haricots
que détachaient
les mains de ta grand-mère
déformées par les rhumatismes.

Il y aura toujours de la place
pour la nostalgie de l’enfance
dans ton cahier.
Je dirais même

que ton cahier se destine
à devenir la chambre de ton enfance
où tu inviteras ton lecteur
comme ton meilleur ami de jadis.

La liberté ?
C’est d’écrire chaque jour
dix minutes, vingt minutes
au sujet de cette famille,

de ce qu’elle est devenue,
faire de ton expérience
un chemin qui mènera
ton ami inconnu

vers une compréhension
plus intime,
plus aiguë
de Lui.

Géraldine Andrée

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À l’Amie

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L’écriture d’été

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J’ai écrit

J’ai écrit quand je n’avais pas la force de le faire
J’ai écrit quand tout ce que je désirais c’était dormir et rêver que je vivais une autre vie
J’ai écrit des poèmes quand il fallait que je mette un point final à cette histoire d’amour qui ne rimait à rien
J’ai écrit des romans quand la réalité me rattrapait
J’ai écrit des nouvelles quand personne ne me demandait comment j’en allais
J’ai écrit quand il n’y avait que le silence pour me répondre
J’ai écrit quand on me disait de me taire
J’ai écrit avec une encre éclatante quand on me conseillait de m’effacer
J’ai écrit des phrases dansantes des vers déhanchés quand on m’intimait de me tenir droite
J’ai écrit en accrochant une boucle ascendante au dernier mot quand il fallait que je me courbe
J’ai écrit en attribuant des majuscules à chaque idée quand on me suggérait fortement de voir petit
J’ai écrit en trouant le papier quand je ne devais pas blesser celui qui m’avait heurtée
J’ai écrit quand la poésie est montée en moi comme du lait
J’ai écrit quand j’ai pris conscience de la nécessité de me nourrir
J’ai écrit quand je me suis avoué que le passé était écrit que je ne pouvais plus rien y changer et qu’il ne me restait plus qu’à me bercer
J’ai écrit quand j’ai saisi ma destinée telle la plume d’un oiseau en plein ciel
J’ai écrit quand il m’a paru révoltant que d’autres écrivent mon avenir à ma place
J’ai écrit quand les mots me sont devenus une armure douce – un peu comme l’aura des grands maîtres
J’ai écrit quand je me suis envoyé un sourire dans le vieux miroir
J’ai écrit quand il m’a semblé évident que mes rêves étaient déjà accomplis avant la moindre promesse

J’ai écrit quand j’ai franchi la ligne de l’arrière-pays
J’ai écrit j’ai écrit j’ai écrit
Et c’est parce que j’ai aussi longtemps écrit que je suis toujours en vie
Et c’est parce que je suis toujours en vie que j’écris encore

Je prévois d’écrire à la prochaine aurore

Géraldine Andrée