Changer un mot ou deux Sauter plusieurs espaces Laisser un blanc que viendra plus tard combler la juste pensée
Et si l’histoire n’est pas belle pour soi effacer les phrases où s’essoufflent les rêves Gommer les lignes trop droites qu’il faut suivre contre son désir
Oublier si c’est nécessaire tout ce qui a été écrit les jours sans foi et puisque rien vraiment ne s’achève recommencer
à partir de la rature car c’est de la pierre grossière que rejaillit l’infini murmure de la lumière
Ce message de mon père ce soir obtenu par écriture automatique
Ne sois pas triste il y aura toujours des moments éclos comme des fleurs des champs Je marche parmi elles J’ai toujours aimé la nature et ses murmures J’ai retrouvé mes jambes d’enfant légères sans la douleur de leurs grosses artères bleues le chien noir le jardin d’antan et je t’envoie ces paroles dans le temps
Écris ici que je pense à toi Je veux que mon absence se fasse Joie
Un jour, je partirai. Je préparerai mes bagages avec ces menus gestes que seul le silence m’a appris. Je passerai devant chaque seuil sans réveiller personne. C’est à peine si mon ombre dérangera la lumière de l’aurore sur le carrelage. Je confierai à l’armoire mes journaux intimes – mon coeur s’étonnera d’être délivré de toutes ces vieilles histoires -, verserai de l’eau jusqu’au bord de la bouteille, entourerai de bleu ciel dans mon rêve le point de ma destinée puis, lorsque le carillon aura sonné son heure ultime, je disparaîtrai en ne vous laissant comme signe que le dessin de mon pas sur la terre fine de l’allée.
Parfois ton nom apparaît et je crois que c’est toi. Ton nom porte ton visage comme si je te rencontrais au détour d’une rue.
Il m’a semblé te croiser un jour, dans une rue de Londres. C’était en l’espace d’une seconde. J’avais alors quatorze ans. J’ai cru reconnaître ta frêle silhouette, ton manteau rouge, ta tête à moitié chauve déjà, la fine monture de tes lunettes. Une joyeuse certitude a éclairé mon coeur : n’importe où dans le monde, tu étais là. Je n’avais pas à me sentir seule. J’ai oublié que cette apparition ne pouvait être toi qui soudais sûrement deux fils électriques à ce moment précis sous la lampe de ton bureau. Le temps que j’admette cette logique, la silhouette avait disparu au milieu de la foule grise.
Il en est de même aujourd’hui. S’il m’arrive de croiser ton nom au détour d’une ligne, d’une page ou d’une feuille de journal, je crois te reconnaître immédiatement. Ton nom, Guy, porte nécessairement ton regard, ton visage, ton manteau rouge, tes lunettes. Il me fait face et je suis toute heureuse de cette rencontre. J’oublie que ce nom désigne tant d’hommes aux visages, aux yeux et aux vêtements différents. J’oublie que ce nom n’est pas le signe de ton apparition.
Bien sûr, il suffit d’une seule seconde pour que je me ravise. Et ta présence s’efface, telle une ombre svelte, parmi les phrases grises. Mais dans le bref instant qui sépare l’illusion de la prise de conscience, mon coeur s’éclaire comme jadis, dans cette rue d’Angleterre. Trois lettres me font oublier, le temps de ma surprise, que je suis seule au monde et qu’il me faut trouver ma route avec le souvenir de ton nom qui appartient aussi à d’autres.
Je franchis le pont qui sépare 2018 de 2019 en me laissant porter par le souffle de ce qui vient à moi, dans l’éclat d’un seul instant… Il est une respiration qui descend des étoiles. Elle seule m’importe.
Pour cette nouvelle année,
je fais moins de projets,
sinon celui, vaste, de me laisser porter par le temps qui passe.
Mon défi : ne pas m’emprisonner dans trop d’objectifs, qui, non tenus, font naître la culpabilité.
Ne pas m’efforcer de rentrer dans des cases toutes faites. Ne pas oublier aussi qu’on peut se maltraiter dans le développement personnel.
Je veux me laisser guider par mes envies, mes désirs, mes besoins – ma vérité, vraie pour moi et incomparable à nulle autre.
Choisir ce que je veux éprouver, expérimenter. Donner la priorité à mon âme.
Ecouter davantage mon corps, mon intuition.
Ecrire des textes selon mon coeur.
Continuer mon journal bien sûr.
Lire régulièrement des livres de littérature moderne. Relire les livres et revoir les films que j’adore depuis ma jeunesse.
Placer mon énergie dans ce qui me fait vibrer, dans ce qui me donne du plaisir.
Couper tout lien avec les gens toxiques, négatifs, méchants – en un mot, obscurs.
Ne pas me laisser tirer vers le bas.
M’enraciner pour mieux grandir vers le ciel.
Hiberner si cela m’est nécessaire.
Et au printemps, sortir, me promener, me recueillir dans la nature.
Remonter la pente du Crève-Coeur comme quand j’étais enfant, à pied, sans ma bicyclette rouge – car les temps ont changé – et admirer depuis le lavoir ma ville natale.
Ramasser des feuilles, des fleurs et les glisser entre les pages de mon carnet de notes.
Ecrire les textes que j’aime. Partir en vacances – Canaries, Réunion… -. Les étoiles, en effet, me demandent de faire ce grand voyage.
Me rassasier d’eau, de lumière, de vent.
Mon père est parti pour cette vie. Ce qui n’a pas été dit ne le sera plus jamais. Ce qui a été gagné l’est à jamais – j’ai su, par exemple, dans ces derniers jours, à l’occasion d’une promenade dans le jardin, qu’il savait dater l’âge d’un arbre.
Mon père a franchi la frontière mais je peux le faire revenir par l’écriture.
Le fil de l’encre inverse le cours du temps et me ramène mon père.
Ses pas sont devenus des mots.
Il faudra que j’écrive sur le voile de silence qui recouvrit mon visage quand j’appris sa disparition.
Aujourd’hui, le voile s’est levé. Je vais continuer à écrire sur lui, sur moi parallèlement au fait que je poursuive ma vie.
La preuve de cette vie : publier un recueil de poèmes qui lui seront dédiés – cette année ou plus tard. C’est mon seul projet qui prendra bien tout son temps car rien ne presse face à l’éternité.
Je souhaite une belle année à toutes celles et tous ceux qui passeront par hasard ici
et je vous dédie pour bien la commencer cette chanson intimiste de Sting
Peut-être que le grand passage ne se dit pas, mais se vit…
On a beau décrire le grand passage avec tous les mots possibles et imaginables rien ne dit le mystère de l’embouchure qui se franchit
Le grand passage est vécu dans un silence inéluctable pour ceux qui demeurent puisque nul ne revient d’un voyage qui se passe de toute histoire et de toute parole
Se contenter d’écrire avec le mouvement de son doigt dans le jour transparent un seul mot
Envol
peut-être même si ce mot diffère en son sens du frétillement d’un oiseau ou d’un papillon à la fenêtre car personne ne connaît les ailes qui emportent dans l’espace celui qui passe ou alors écrire tout simplement
Point
avec le frêle souffle d’une virgule qui le soutient juste en dessous afin que quelqu’un d’entre nous puisse rêver à des bras de mer ouverts de l’autre côté
Mais quelle est donc cette force magique de l’écriture ? Découvrons-le ensemble dans le cadre d’un atelier que je vous proposerai à la Bibliothèque de la Société d’Etudes Psychiques, 1 ter Place de la Neuvième Division de l’Infanterie Coloniale 54000 Nancy, le 05 janvier 2019, de 14 heures à 17 heures.
Le samedi 05 janvier 2019, lors de la première causerie à la Bibliothèque, je vous parlerai du pouvoir spirituel de l’écriture.
Au moment d’écrire cet article, je me suis interrogée : vais-je employer « Elle » ou « Je » ?
Et je me suis dit que j’allais me présenter moi-même puisque j’écris les articles de ce site.
De cette façon, j’instaurerai un contact plus proche avec vous, lecteurs et futurs auteurs.
Qui suis-je ?
J’écris depuis l’enfance.
Je tenais à l’âge de sept ans un cahier orange dans lequel j’écrivais des poèmes illustrés de dessins.
J’aimais associer lettres et mots aux couleurs. Très tôt, j’ai relié l’écriture à la créativité.
Quand je me promenais ou que je faisais de la bicyclette, je m’inventais des histoires.
Je sais depuis longtemps que la créativité est mouvement. L’écriture, par l’élan de la main sur la page, initie ce mouvement.
Adolescente, j’ai commencé à tenir un journal. J’aimais entendre le tintement de sa petite clé dorée lorsque je l’ouvrais. Il me semblait que j’entrais dans ma maison. Et j’insisterai bien lors de ma causerie sur la dimension intime de l’écriture.
J’en ai écrit depuis, des cahiers. Des cahiers Clairefontaine aux cahiers de moleskine noire, dits « carnets d’Hemingway » en passant par les cahiers à spirale, les blocs de dessin – car l’écriture est aussi dessin, je vous le montrerai.
Un matin, j’ai relu l’une de ces anciennes pages et j’ai découvert avec surprise que l’un de mes voeux – que je décrivais au présent, comme s’il s’était déjà réalisé avec sa lumière, ses couleurs, ses bruits, ses textures, ses odeurs – avait été exaucé.
Par quelle force magique ? Par quelle prière ? C’est ce dont je vous parlerai pendant ma causerie.
L’écriture est devenue de plus en plus présente dans ma vie, au point de devenir impérieuse nécessité.
Très vite, en plus du métier de voix et de transmission que j’exerce – puisque je suis professeur de Lettres -, j’ai senti que je pouvais aider les autres par l’écriture. J’ai donc suivi une formation d’écrivain public-biographe. J’ai souhaité prêter mes mots à d’autres et, encore une fois, ce rêve m’a appelée puisque j’ai écrit des récits de vie pour des proches, des amis.
L’écriture ne m’a jamais quittée. C’est une vie dans ma vie, une seconde peau. Certes, elle m’a permis de me montrer – j’ai en effet obtenu des prix littéraires pour mes poèmes et mes textes – mais surtout, elle m’a permis « d’être« , indépendamment de mon environnement. Souvent, elle fut refuge. Souvent, elle m’a sauvée.
Ma causerie du 05 janvier 2019 vous montrera comment elle exerce ce pouvoir salvateur car je suis certaine que tout le monde peut vivre la merveilleuse expérience d’être Soi en écrivant. Tout le monde peut écrire. J’ai d’ailleurs décidé d’en faire une pratique de méditation active, correspondant aux Occidentaux que nous sommes.
Mais quelle est donc cette force magique de l’écriture ?
On réduit dans notre société l’écriture à un pouvoir purement normatif, conventionnel, administratif. Pas étonnant dès lors que beaucoup aient peur d’ouvrir un cahier et d’y inscrire un premier mot – le leur !
Mais l’écriture est bien plus que cette dimension sociale. Elle est souffle, énergie, vibration. Par l’encre qui donne forme aux mots, par le mouvement de la main qui insuffle à la phrase l’élan d’une vague, l’écriture incarne votre rêve de vie ; elle incarne votre rêve dans la Vie !
La première chose à laquelle on pense lorsque l’on se penche sur le pouvoir spirituelde l’écriture est l’écriture automatique. C’est l’un des aspects du pouvoir spiritueldel’écriture mais ce n’est pas le seul. D’ailleurs, l’expression « écriture automatique » est ambiguë et j’éclaircirai cette ambiguïté.
Ecriture intuitive, écriture inspirée… Toutes ces « méthodes » sont en lien avec le pouvoirspirituel de l’écriture. Mais peu importent les noms ! A trop vouloir se focaliser sur le type d’écriture, on passe à côté du miracle qui accompagne le ressenti intérieur provoqué par le voyage du stylo sur la feuille.
Aussi vous donnerai-je plutôt des façons d’ouvrir dans la page blanche cette fenêtre sur vous-même. En convoquant la tenue d’un journal – traditionnel ou ludique, je vous ferai découvrir la méthode du journal créatif initié par Anne-Marie Jobin, art-thérapeute. De même, je vous montrerai comment le calligramme est l’un des chemins qui peut mener à votre Âme, ainsi que le bullet-journal ou la page de visualisation.
Par les pages du Matin – que pratique quotidiennement sa créatrice, Julia Cameron – , vous pourrez prendre conscience que l’écriture est toilette de l’esprit.
Et il vous sera possible d’intégrer ce rituel à la danse, à la musique, à cet espace sacré de non-jugement qu’habite votre Guide, cet Autre Vous-Même !
En effet, pour que l’écriture ait un pouvoir spirituel, il me paraît nécessaire qu’elle soit en lien direct avec ce que nous vivons et ressentons à l’instant où nous écrivons, au moment où le quotidien ne nous a pas encore happés, c’est-à-dire le matin. Et la thérapie des Pages du matin fait partie de ce pouvoir spirituel.
L’écriture est une force maîtrisée qui répond au principe de la loi d’attraction. En dialoguant ainsi sur la page avec toutes vos voix, vous mesurerez combien vous êtes l’auteur… de ce journal, de ce carnet, de l’Oeuvre de Votre Vie !
La causerie se terminera par des exercices d’écriture qui vous étonneront sur vous-même et vous permettront d’être plus tard à votre table votre ami(e) le plus proche, le plus cher, le plus intime.
Je vous invite à venir avec votre plus beau carnet car, ne l’oubliez pas, plus ce carnet est accueillant, plus vous aurez le sentiment, en y écrivant, d’entrer au coeur de chez vous.
Et si cette causerie vous a intéressé(e)s, pourquoi ne pas organiser au cours d’une rencontre ultérieure à la Bibliothèque un atelier d’écriture ? A vous de me dire !
Pour mieux me connaître, je vous invite à vous rendre sur ma page
Un long été qui, même mort, vit encore, dans une mémoire, quelque part… En ce temps, tu n’avais que dix ans.
L’été semblait ne jamais devoir s’achever cette année-là. Les abeilles volaient dans la lumière rousse. Les parfums des chemins se levaient à chaque pas. Le soleil glissait ses rayons dans l’échancrure des maillots de bain et l’eau des fontaines répandait sur les mains sa joie douce. Le jardin nous parlait jusque tard dans la nuit. Chacune de ses paroles était un souffle, une stridulation, un cri de cigale ou de grillon ajoutant sa note à la chaîne des étoiles. Les rires des enfants bourdonnaient aussi naturellement que ces ailes qui annoncent les fleurs de loin. On remplissait les pots de confiture et de miel pour la morte-saison qui paraissait aussi improbable qu’un rêve.
J’ignore encore aujourd’hui le signe qui nous prit en traîtres. Ce ne fut, je crois, ni un regard de regret, ni un sourire d’adieu, encore moins un sanglot, peut-être tout juste une ombre un peu plus longue que d’habitude, un instant de solitude secrète, ou la première goutte de pluie fraîche sur la mèche d’une fillette.
Et encore, rien n’est moins sûr. Alors, comment expliquer cette vilaine froidure qui s’invita avec son linceul sur notre seuil ? Je ne sais. Mais qu’importe !
Quand je me souviens de cet été infini, il me semble que j’ai laissé ouverte la porte de la maison qui n’est plus sur le temps d’aujourd’hui.