Publié dans écritothérapie, Collections de l'esprit, Créavie, Journal d'instants, L'espace de l'écriture, Méditations pour un rêve

Exercice d’écritothérapie sur la résilience

« Là où vous êtes, se trouve la porte d’entrée. » Kabir

Il me reste, là où je suis,

les titres de mes anciens journaux intimes ; ma force et ma foi en l’aurore ;
des encres de couleur et une page pour chaque jour à venir ; l’envie d’écrire à l’infini ; le goût de l’instant ; mes ressources cachées ; les secrets qui me rendent vivante ;

la contemplation des nuages ; mes cheveux dans le vent ; la lune ronde comme une mère quand je m’endors ; mes joues prêtes à rougir ; une flaque de pluie sur le chemin pour y sauter à pieds joints ; des histoires à raconter ;

la flamme de mon briquet ; des livres autour de ma tasse de thé ; le point incandescent du bâton d’encens ;

les nuits bleues d’un été qui dure dans ma mémoire ; des vacances constellées de sels et de rires ;

une broderie d’enfance ; la recette de la brioche ; le pouvoir de dire Demain ou à plus tard, mais cela viendra, c’est sûr et certain ;

les majuscules de mon prénom dans la lettre de l’amant ; l’expression que j’aime tant, Bien à toi ; les mots que je me destine au petit matin ; le pain chaud du repas partagé avec les amis de mon âme ;

mes yeux pour découvrir de quel pays je viens ; une étoile pailletée à accrocher en haut de ma feuille, juste avant la première ligne et qui cligne pour me dire que j’ai déjà atteint la cime ;

le soleil sur ma main et l’ombre sur le papier ; un poème devenu verger ou un verger devenu poème, qu’importe, puisque j’ai enrubanné le présent avec mon foulard dansant

et l’intention qui précède le rêve,
seulement l’intention
dont l’unique pétale
envoyé par mon souffle
est amplement
suffisant…

Et toi ? Maintenant que tu t’es délivré de la pesanteur des choses, que te reste-t-il de capital, d’essentiel ?

Tu peux me confier ta liste en commentaires ! Un petit atelier d’artiste peut ainsi être créé en ligne sur ce site d’écritothérapie et nourrir des échanges fructueux pour cette nouvelle année 2024 !

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Exercice d’écritothérapie sur le détachement

L’heure est venue de jeter

les pantoufles qui attendent sur le seuil un retour impossible ; les chaussures inutiles puisque là où Ils sont, Ils flottent ; les comptes qui font mal ; les tasses de porcelaine ébréchées ; les assiettes de ces banquets qui ne se sont pas déroulés parce que les invitations n’ont pas été rédigées ; les trois profonds sucriers sans sucre ; les ustensiles où rien ne mijotera pour midi ; le miroir sans visage ; le vieux dictionnaire de médecine dépassé depuis plus d’un siècle ; ce mot doux griffonné, à l’encre presque effacée – « Bien à toi, Bijou » – ; les listes de courses faites depuis longtemps ; les bouteilles de vin oxydées ; la cafetière où a coulé le café de l’ultime matin ; les tickets de paiement pour des biens consommés et disparus ; les pyjamas souillés par l’urine qu’Il ne retenait pas ; les chemises au col élimé ; les vestes qui ont perdu plusieurs boutons ; les oreillers sur lesquels Elle a dormi pendant le tout dernier séjour et qui portent encore l’empreinte de son front ; les draps tachés par le sang des mois vains et la sueur des insomnies ; les couvertures mitées ; les pulls troués ou rétrécis ; les aiguilles à tricoter le temps ; les pelotes de laine emmêlées ; les chaussettes dépareillées ; les gants sans paires ; les tissus pour des robes imaginaires ; les mouchoirs mouillés par tant de sanglots ; les manteaux démodés ; les pendules arrêtées ; les montres dont les aiguilles se sont figées sur l’heure et la minute de l’éternité ; les ampoules aux filaments coupés ; les outils rouillés ; les fils électriques dénudés ; les boules de verre éclatées ; la télévision sans image ; le téléphone qui ne sonnera plus ; les pots de miel et de confiture vides ; les boîtes de conserve périmées ; les poudriers qui essaiment la poussière de leur poudre ; les fards ternis ; les crayons à paupières décapités ou dont la mine est aplatie ; les vases sans eau et sans bouquet ; les répertoires s’ouvrant sur des noms de défunts ; les ordonnances médicales pour des maladies qui ont eu le dernier mot ; les stylos asséchés ; les cahiers jaunis, cornés, froissés, aux pages déchirées, aux feuilles mortes sur leurs secrets inavoués ; les disques de vinyle rayés ; les herbiers si rigides que les plantes se cassent et se détachent en fétus lorsqu’on les feuillette ; les magazines qui ont cessé d’être d’actualité ; le tapis persan effiloché ; tous les contes de l’enfance ; tous ces merveilleux mensonges – « Le Père Noël viendra avec sa grande hotte« – ; ce fatras de désillusions et de regrets ; les poupées dans leur cercueil cartonné ; les jeux de cartes qui n’annoncent nul avenir ; les albums photos où l’on ne se reconnaît décidément pas, bien que l’on persiste à vous dire mais-si-c’est-toi-allons ; les dessins ratés ; les agendas aux rendez-vous manqués et aux projets avortés ; les non-dits ; les sentiments refoulés ; les amours trahies ; les déclarations oubliées ; les promesses non tenues ; la colère ravalée ; la solitude ignorée ; les poèmes écrits dans un coin et délaissés ; un peu des autres et un peu de soi ; l’enfant feu parce qu’il faut bien grandir et surtout, comment on se voyait dans les yeux de ceux qui ne nous voyaient pas, si pauvre, si dénué de son âme alors que l’âme a toujours été présente dans la chambre du silence

Il faut jeter le désir que tout soit comme avant
parce que l’on n’éclaire pas sa vie avec des cendres.

Et toi, que souhaites-tu jeter en ce début d’année pour te renouveler, te retrouver ?

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Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Histoire d'écriture, Poésie, Poésie-thérapie

La petite fille

C’est un beau matin de vacances.
Sur le sentier de mon carnet,
qui vois-je soudain apparaître ?
Une petite fille qui me ressemble

trait pour trait :
l’écriture.
Elle me prend par la main
et m’emmène,

aussi légère qu’une plume :
Viens ! Allons jouer !
Ensemble,
nous sautons dans des flaques

d’encre et qu’importe
l’éclaboussure
du mot qui nous regarde
passer…

Nous enjambons une ligne interdite
pour nous ébattre
dans l’espace blanc d’une plage unique :
la page.

Nous courons vers une aile
aussi frêle qu’une majuscule
et qui virevolte
pour ne pas se laisser attraper.

L’écriture me dit en riant :
J’ai une nouvelle idée !
Vois-tu cette phrase là-bas ?
Si nous allions danser !

Et nous voici les cavalières
de cette vague
qui nous emporte
si vite

sur sa crête
que nous perdons haleine…
Temps, prête-nous
la virgule de l’un de tes instants

pour que nous puissions reprendre
notre souffle !
C’est ainsi
que nous nous approchons

de l’infini,
en dépassant les lisières
d’un rivage
bien trop connu

– notre esprit -,
et que nous pouvons enfin
nous étendre,
nous reposer,

étoiles
sur le courant,
juste avant de voguer
un peu plus loin,

moi confondue
avec Elle,
l’écriture,
ma fillette…

Nos deux rêves
mêlés
ne forment plus
qu’un point

minuscule
au large…
L’océan
nous happe,

nous fait
ondoyer,
basculer,
tournoyer,

disparaître…
En nous effaçant,
enlacées
dans notre liberté,

nous avons renversé
l’encrier
et la page
est devenue

Ciel.

Géraldine Andrée

Et vous, comment vivez-vous vos expériences d’écriture, de peinture, de composition – de création en général ? Votre créativité est-elle mouvement ou immobilité ? Contrôle ou lâcher prise ? Humilité ou grandeur ?

Vous pouvez me confier vos expériences en commentaires ! Un petit atelier d’artiste peut ainsi être créé en ligne sur ce site d’écritothérapie et nourrir des échanges fructueux pour cette nouvelle année 2024 !

Publié dans Créavie

Reçois le César de ta vie !

As-tu remarqué comme on court pour accomplir les tâches qui sont imposées ou que l’on s’impose ?

Et je m’adresse, là, surtout aux femmes les plus touchées par cette maladie du perfectionnisme. Toujours vouloir bien faire ou trop en faire pour être reconnues, appréciées, aimées, approuvées… Obtenir le César de la meilleure mère, amante, employée ou patronne…
Des générations entières sont touchées.
Puis arrive le deuxième mitan de la vie et l’on se demande où sont passés les jours, les mois, les années. Qu’en a-t-on fait ?

Ma mère adorait coudre. Elle aurait pu être une styliste de renom ou monter sa grande maison de couture. Elle achetait des chutes de tissus de toutes les couleurs et de toutes les matières « pour coudre plus tard ». Plus tard, toujours plus tard… En effet, il fallait faire briller la maison comme une coupe de premier prix si jamais quelqu’un d’étranger à la famille y entrait… Qu’aurait donc pensé le visiteur de deux miettes par terre ou d’une particule de poussière sous la table du salon ? Jusqu’au jour où, ma mère ayant perdu la mémoire, il fut à jamais trop tard pour elle de réaliser son rêve.

Dans l’ouvrage Les 5 Regrets des personnes en fin de vie de Bronnie Ware, l’autrice a recueilli cinq principaux regrets de mourants pour constater que le regret le plus fréquent était le fait d’avoir toujours voulu plaire aux autres et de n’avoir, par conséquent, pas vécu sa vraie vie.

« J’aurais aimé avoir eu le courage de vivre la vie que je voulais vraiment, pas celle que les autres attendaient de moi. »
« J’aurais dû travailler moins. »
« J’aurais aimé avoir le courage d’exprimer mes sentiments. »
« J’aurais aimé garder le contact avec mes amis. »
« J’aurais aimé m’accorder un peu plus de bonheur.
« 

J’ai toujours été fascinée par ce trait qui unit la date de naissance à la date de mort sur les pierres tombales. Un simple trait qui résume toute une vie. Un bref sommaire. Un silence énigmatique. En effet, que dit ce trait d’union de manière implicite ? Certes, il peut désigner tous les événements, toutes les circonstances et tous les épisodes indépendants de notre volonté qu’il a fallu subir, affronter puis transcender. Mais il cache aussi ce que l’on a fait de tout ce qui est arrivé. A-t-on poursuivi par impuissance acquise les obligations ? A-t-on obéi par soumission à un schéma qui ne nous convenait pas ? A-t-on perpétué par inconscience les patterns ? Ou s’est-on, au contraire, libéré en s’accordant des instants de qualité ?

Géraldine est une enfant très joueuse et créative. Quand elle rentre de l’école, elle dessine, elle écrit des histoires, elle se confectionne un petit théâtre pour ses marionnettes et elle s’invente des saynètes destinées à son public de poupées. Mais un jour, son père, déçu par ses résultats scolaires, a fait irruption dans sa chambre pour lui demander « de commencer à étudier, sinon elle gâcherait sa vie. » Géraldine a donc été une excellente élève. Elle a planifié, organisé, fragmenté son temps dans des agendas dont les couleurs pour chaque jour que Dieu fait n’atténuaient cependant pas sa tristesse secrète. Elle a été sérieuse dans l’unique but de contenter ses parents, c’est-à-dire de survivre. Pendant longtemps, elle a cru que c’était la bonne attitude jusqu’au jour de son cinquantième anniversaire où elle a compris : la seule personne qui était dans la vérité parce qu’elle vivait vraiment était la petite fille qui montait son spectacle de marionnettes en changeant de voix. L’enfant sérieuse s’était fourvoyée dans des illusions qui lui avaient fait confondre la survie avec la vie. Quel gâchis !

Géraldine, cela peut être Toi. Cela peut être Moi.

Stendhal déclara :

« Je ne veux désormais collectionner que les moments de bonheur.« 

Il est vrai que le bonheur s’obtient non dans des récompenses ou des marques de reconnaissance – toujours aléatoires – de la part d’autrui, mais dans des moments que l’on s’accorde avec cette fidélité dont on fait preuve envers soi. Telle est la pleine signification du mot « présent« , à savoir un instant de qualité que l’on s’offre, une étincelle de temps dont on se fait cadeau.

Une promenade dans la nature avec son chien, une discussion avec un ancien ami, l’écoute d’une belle musique, des vacances dans une maison de campagne isolée, un bon verre de vin, contempler un coucher de soleil en haut d’une montagne, peindre, écrire, composer… Jouer tout simplement… Se consacrer à ses passions intrinsèques, celles qui obéissent à la folle raison pour laquelle on est venu sur cette terre et dont l’enfant se souvient généralement avant l’âge de ses sept ans.

En effet, quand on s’amuse et que l’on se fait plaisir, on n’est plus absorbé par le « faire » mais par « l’être« .

Et alors, on découvre qu’il n’y a aucun César à conquérir. Il n’y a jamais eu de victoire à mériter.

Et sais-tu pourquoi ? Parce que le César de ta vie, tu l’as déjà reçu : en naissant. Tu es victorieux de par ton simple droit d’exister, de par le fait que tu respires. Uniquement.

Qu’il y aura-t-il de sous-entendu dans le bref trait d’union qui résumera ton séjour terrestre – là, entre la date de ta venue et celle de ton départ ?

Pour moi, ce sera d’avoir exploré toutes les feuilles de tous les printemps possibles !

À toi…

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie

Podcast : Votre biographie, de la peau à l’écriture ; de l’écriture à la cicatrice

Et si, à l’occasion de nos séances d’écriture biographique, nous approchions votre récit d’une autre dimension, celle de votre peau ?
Comment l’écriture autobiographique cicatrise-t-elle votre vie ?
Il est coutumier, lors de l’écriture d’une biographie, d’évoquer les émotions et les sentiments qu’ont provoqués en vous certains événements de votre vie. Et si, à l’occasion de nos séances d’écriture biographique, nous approchions votre récit d’une autre dimension, celle de votre peau ?
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L’écriture et le rêve

Quand je rêve de ma mère,
elle est plus vivante que lorsqu’elle était en vie.
Elle marche, joyeuse et légère, sans sa canne.
Elle danse avec le soleil,
redevenue une jeune fille
dans son débardeur arc-en-ciel.


Et quand je me réveille,
je veux écrire ce rêve
aussi fidèlement que je l’ai vécu
dans la nuit :
chercher le mot juste,
la métaphore qui sied à ma mère
comme les robes qu’elle cousait.


Aussi, je barre, je rature, je réécris
chaque phrase qui parle d’elle.
Lorsque j’enlève un paragraphe
ou une strophe,
ma mère disparaît
avant de réapparaître de plus belle…


Et je cours avec ma plume
pour attraper le mot,
capter l’étincelle
afin que tous les deux,
ils se rencontrent
et se confondent
aux yeux du monde
futur.


La journée passe si vite
à écrire
que j’en oublie l’absence,
la lumière qui se penche
sur mon front
et l’embrasse
en me disant
dans le plus intime
silence :


Mon enfant,
il est temps
d’aller dormir.
Tu continueras
demain.


Telle est peut-être
la magie de l’écriture :
trouver
dans le ciel du papier
la formule secrète
qui permet
d’effacer la mort.

Géraldine

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Mon plus cher présent de Noël

Mon plus cher présent de Noël,

Retrouver le journal bleu
que j’avais cru
pendant si longtemps
perdu,

découvrir
l’incandescence
de mes pages
secrètes

et me demander
avec une éclatante
lucidité :
Comment

ai-je pu oublier
en vivant
jusqu’Ici
tout ce que j’ai écrit ?

Géraldine

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Rien qu’un cahier

Récemment, une amie m’a dit :

– Je confie tous mes problèmes à mon cahier ! Oh ! Ce n’est pas grand-chose ! Ce n’est rien qu’un cahier…

Rien qu’un cahier…

Comme je te comprends !

Un cahier qui prouve, finalement, que tu n’as pas d’interlocuteur fiable, d’ami fidèle et compréhensif, de confident loyal. Tu n’as personne à qui parler. Alors, tu écris dans ton cahier.

Mais ce cahier est Tout, en vérité.

Je ne disserterai pas ici sur le fait que les vrais amis sont très rares… Quant à la famille, elle est susceptible, elle aussi, de te trahir ou, tout simplement, de ne pas être à la hauteur de l’idéal que tu te fais d’elle.

Alors, crois-moi, tu peux compter sur la présence de ton cahier :

  • Il représente ton espace intérieur, protecteur et sacré. Ses marges symbolisent tes limites – ce seuil interdit aux intrusions du monde.
  • Il te guide vers toi-même. Et ses lignes sur lesquelles s’inscrivent tes mots comme autant de pas sont de multiples chemins possibles vers ta terre promise.
  • Il est cette île de silence, loin de la cacophonie extérieure, où tu peux enfin te mettre à l’écoute de ta propre voix : Aujourd’hui, j’ai vraiment besoin de repos…
  • Il te relie à ton authenticité. Comment ? Par le frêle fil de l’encre qui se dévide entre ta feuille et toi.
  • Il te place face à cette évidence : comment peux-tu espérer de la sincérité envers les autres si tu n’es pas d’abord sincère envers toi ? Le cahier, comme tout miroir, ne ment pas.
  • Il te permet de définir ce que tu ressens dans l’unique instant présent, de cerner précisément ce sentiment passager qui, certes, ne te définit pas éternellement mais qui t’invite à mieux te comprendre et à t’accepter dans ton éphémère vulnérabilité : Aujourd’hui, je me sens fatigué, stressé, anxieux… Nul besoin de remédier à la situation ! Le seul fait de le noter te délivre déjà des ruminations mentales.
  • Il te montre ta place, TOUTE TA PLACE, c’est-à-dire comment t’affirmer par ta seule présence, en écrivant que tu comptes aux yeux de la personne la plus importante : TOI.
  • Il est le recours le plus rapide lorsque la toxicité te submerge, une méditation qui s’accommode du mouvement, voire de la trépidation. Une peur resserre son étau autour de ton cœur alors que tu voyages en seconde classe, de Paris à Strasbourg ? Parle à ton ami en papier de cette peur. Puis, lorsque cet ami te la présentera telle qu’elle est, dialogue avec elle : Ma peur, je sais que tu es bienveillante pour moi car tu veux me protéger de la situation X, de la personne Z…
  • L’espace de ton cahier est du temps qui t’appartient au milieu des obligations. Au moins, dans ma journée, j’ai eu vingt minutes à moi, rien qu’à moi, avec Lui à la page si douce… Que cette parenthèse d’écriture ressemble à de brèves retrouvailles avec un amant clandestin ne me choque pas, je t’assure…
  • Dans cet espace, tu prends le temps de t’arrêter, de respirer, de faire littéralement une mise au point. D’ailleurs, les virgules et les points sont faits pour ça : REPRENDRE TON SOUFFLE. Alors, l’émotion indicible s’apaise. Déposée sur la page satinée, entre deux fleurs bien dessinées, parmi d’autres feuillets eux aussi en fleur, elle perd de son emprise et s’adoucit au contact de la tendresse du papier. Maintenant qu’elle est là, elle n’est plus le diablotin qui risque à tout moment de te sauter à la gorge. C’est une enfant que ton écriture berce pour qu’elle s’apaise encore.

Voilà. Même si tu ne peux converser avec le monde, TU EXISTES.
Tel un oiseau, tu donnes ta puissance à ta plume et tu prends toute ton expansion rien que dans un cahier, que tu peux nommer Recueil de ma vie car il est l’ami qui se recueille sur tout ce que tu lui confies.

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Créavie, Dialogue avec ma page, Histoire d'écriture, L'espace de l'écriture, Le temps de l'écriture, Poésie

Sans titre

Comment
te sentir
aimée
inconditionnellement

quand
tu es délaissée
par le monde
entier

famille
amis
amant
Écris

dans la case
Demain
de ton agenda
à l’heure

où le jour
point
Rendez-vous
avec mon journal

Géraldine Andrée

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Visualisation d’écriture

Visualise en fermant les yeux ce que tu veux écrire
– le jardin de ton enfance, une ancienne chambre, une mèche des cheveux de ta nièce…

Choisis une sensation, celle qui s’impose le plus à ta mémoire – un parfum d’herbe coupée, la couleur orange de tes rideaux, la texture de la fine et délicate mèche entre tes doigts…

Transporte cette sensation jusqu’à ton cahier et dépose-la avec ta plume.

Écris sur ce souvenir sans t’arrêter. Ne te soucie ni de la syntaxe, ni de l’orthographe. Ne te préoccupe pas de la ponctuation. Si elle disparaît, c’est qu’il doit en être ainsi, que ton écriture est destinée à devenir souffle ininterrompu.

Laisse-toi bercer par le rythme qui actualise cette sensation ancienne, la ravive et la prolonge dans le présent. Lâche prise sur toute forme d’attente esthétique ou littéraire. On ne détourne pas le flot d’une rivière. Peu importe où ce flux te mène. Éprouve le temps qui glisse sous ta plume, mot après mot. Chaque lettre est une seconde. Écris selon la durée que tu désires… Dix minutes, vingt minutes, une demi-heure, une heure… Seul compte le mouvement de ta main, barque sur la page…

Quand le temps s’est écoulé, ferme le cahier puis consacre-toi à autre chose. Vis.
Laisse passer trois jours.

Ouvre alors le cahier sur la page de ton souvenir.
Relis-la en soulignant les phrases qui te marquent, t’interpellent, te touchent, t’interrogent ou te répondent :

« Tiens ! C’est intéressant ! Je ne me pensais pas capable d’avoir écrit ça ! Ainsi, je cachais tout cela en moi !« 

Médite sur ces phrases et écris un ou plusieurs poèmes sur ce que tu as ressenti en les relisant.

« La mèche de cheveux
de ma nièce en allée
me rappelle

dans le soleil
d’une strophe
que je dois bien tenir
le fil de ma vie.
« 

Recopie ensuite sur un cahier de bonne tenue les phrases que tu as sélectionnées avec, à côté, les poèmes, fragments, autres textes qu’elles t’ont inspirés et que tu as rédigés à leur relecture.

Écris à partir de ce que tu as écrit. À l’infini. Car c’est ainsi que va la vie d’un écrivain. Fais de chaque page achevée une nouvelle embouchure pour continuer la traversée plus loin, toujours plus loin, au large de Toi.

Géraldine Andrée

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