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Rappel de la mission d’un écrivain privé-biographe familial

Géraldine Andrée
Publié dans écritothérapie, Le livre de vie, Poésie-thérapie

Noyau de pêche 43

Elles sont finies
les années
de sang

Alors
elle s’achète
un carnet

avec un cordon
pour le nourrir
avec celle

qu’elle est devenue

Géraldine Andrée

Publié dans Au fil de ma vie, écritothérapie, Ecrire pour autrui, Histoire d'écriture, L'espace de l'écriture, Le livre de vie, Récit de Vie

Votre biographie ; de l’écriture à la cicatrice

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie

Noyau de pêche 42

Au nom
de tous ceux
qui ne l’ont pas aimée
elle caresse

chaque
grain
de la page
avec sa plume

Géraldine Andrée

Publié dans Au fil de ma vie, Cahier du matin, Journal d'instants, Journal de la Lorraine, Journal de la lumière, Journal de mon jardin, Journal de nuages, L'alphabet de l'herbe, Le cahier de la vie, Le livre de vie, Méditations pour un rêve, Poésie, Poésie-thérapie, Récit de Vie, Toute petite je

Jouer avec la pluie

Je me souviens comment enfants

nous sortions nous amuser dans le jardin après la pluie

Nous soulevions la mousse du muret

pour pêcher des limaces des escargots

que nous posions sur la ligne de départ

marquée par une branche de coudrier

pour une course à travers la pelouse

Nous faisions la toilette de nos peluches

dans les flaques du sentier

puis nous cueillions des brins d’herbe

des pissenlits encore trempés au soleil

qui étoilaient de leurs étincelles

le cœur en osier de nos paniers

Nous nous disions alors

Voilà la salade de notre déjeuner

à la sauce aigre

-douce

Nous ne nous disions jamais avec regret

en regardant la fenêtre

Zut

Il pleut

car nous savions qu’il nous serait promis

de jouer avec quelques

gouttelettes

et nous étions heureux

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie

Noyau de pêche 41

Personne
ne l’empêchera
de devenir
mot

après mot
celle
qu’elle doit
devenir

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie

Noyau de pêche 40

Jamais elle n’aurait pensé
que ce poème
lui rendrait
son souffle

C’est comme
s’il lui ôtait
un bâillon
de sa bouche

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, Récit de Vie

Écrire ou vivre ?

Il est des jours où je me dis :

– Aujourd’hui, j’arrête d’écrire ! Je m’autorise à vivre !

Et je m’aperçois que, quoi que je fasse,

  • Tendre les bras à la vague pour l’accueillir
  • Attendre l’amant dans la chambre qui donne sur le vieux port
  • Suivre la route des pins
  • Mordre le cœur d’un fruit
  • M’étendre après la baignade au soleil

j’esthétise l’instant ; je veux en faire un poème qui se déhanche comme un danseur.

  • La lisière entre la vague et le sable devient en rêve la reliure d’un immense cahier
  • Je me demande ce que je pourrais inscrire comme indicible serment sur la peau de l’autre
  • Je pars en quête d’une encre bleue comme la houle des pins qui se penchent dans le vent
  • J’essaie de trouver la métaphore qui percera l’apparence de ce que je vois pour en atteindre le cœur vibrant, palpitant
  • Je patiente jusqu’à ce que je puisse coucher cette pensée en toute lucidité

Vite, attraper le mot juste qui désignera le pétale de cet hortensia, la lueur de ce lampion dans le crépuscule, la note de cette mouette qui flirte avec les flots.

Je renonce à mon intention de ne pas écrire car je me dis que chaque jour, l’écriture fait de moi un passage qui mène à la vie ; la vie fait de moi un passage qui mène à l’écriture.

Je ne sors pas de l’écriture pour entrer dans la vie puisque je suis la porte ouverte entre les deux ; pour que brille sur son seuil la trace de tout ce qui doit advenir – de la phrase au désir.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Récit de Vie

Noyau de pêche 39

Sa mère
sous-entend
Deviens
ce que je veux

que tu sois
Elle commence
à écrire
son autoportrait

qu’elle ne cesse
de barrer
d’effacer
car elle ne se reconnaît pas

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, Récit de Vie

L’instant de cristal

Après avoir écrit dans mon journal intime et lu quelques pages de l’œuvre The Artist’s way de Julia Cameron, je reste là, assise au soleil, fixant sa frêle phrase de lumière bientôt effacée sur la page de la table.

Et je sens que tout est bien ainsi, que rien ne doit rompre l’équilibre précaire de cet instant posé au bord du temps, pas même mon souffle si ténu.

Un songe me traverse :

Tu te souviens ? Une fin d’après-midi dans la maison de G ! Une douce lumière de vacances… Tu contemplais sans penser à rien les guirlandes de fleurs de la toile cirée…

Et soudain, une certitude a surgi : l’intense sentiment d’être uniquement Toi, profondément Toi. Tu t’es interdit de répondre à la question que te posait ta mère pour ne pas dissiper cette plénitude éphémère, ne pas heurter puis briser cet instant de cristal.

Tu revis une expérience jumelle aujourd’hui : te contenter d’être là, au bord de la Vie elle-même, en ayant conscience que lorsque tu prendras ta plume la plus légère pour tenter de raconter ce qui est indicible, ce vase secret qui contient tout ton être se fêlera

de haut en bas.

Géraldine Andrée