Les poèmes
je les sème
dans la nuit
puis un beau matin
je les récolte
je les ouvre
jusqu’au cœur
je les croque
avec avidité
je les confie
à ce cahier de chair
qu’est devenue
ma bouche
Géraldine Andrée
Les poèmes
je les sème
dans la nuit
puis un beau matin
je les récolte
je les ouvre
jusqu’au cœur
je les croque
avec avidité
je les confie
à ce cahier de chair
qu’est devenue
ma bouche
Géraldine Andrée
Elle a fini d’écrire
pour aujourd’hui
Elle pose donc
ses mains
sur ses genoux
et regarde
la lumière
rousse
qui trace
une phrase
fugitive
sur les murs
de sa chambre
qui deviennent
pour quelques
instants
les pages
blondes
d’un livre
dont l’incipit
s’efface
déjà
C’est ainsi
Aucune maille
de mots
aucun fil
d’encre
ne peut retenir
le temps
ce poisson
qui glisse
vers un point
si profond
si lointain
qu’elle sait
qu’un matin
elle renoncera
à le suivre
même
si elle se dit
avec confiance
que pour l’attraper
il lui faut continuer
à écrire
à tisser
le filet
de ses textes
chaque jour
de sa vie
que Dieu fait
et accepter
de mourir
intérieurement
en plongeant
la tête
la première
dans tout
ce blanc
©Géraldine Andrée

Qui donc
le ciel
veut-il
que je devienne
lorsque j’écris
des poèmes ?
La meilleure
plume
du monde ?
Non !
Une aile…
Géraldine Andrée
J’écrirai jour
Et la lumière atteindra mon regard
Comme un cri
J’écrirai nuit
Et les étoiles cribleront
Le silence du ciel
J’écrirai vent
Et la terre boira le souffle
De mes chants
J’écrirai pluie
Et les larmes du matin
Brilleront dans mes mains
J’écrirai plage
Et la mer se déploiera
Comme une étendue d’espoir
Respiration vers l’infini
J’écrirai soleil
Et le feu dansant éteindra ma tristesse
J’écrirai ton nom
Et mes doigts se noueront à tes doigts
Doux collier tressé d’amour
Pour ce bonheur
À portée de cœur
©Géraldine Andrée
Ô le plaisir
de relire
et de corriger
dans la marge
un poème
érotique
Accentuer
par une métaphore
la courbe
d’une épaule
qui se penche
sur le drap
de la page
Poursuivre
avec la pointe
de la plume
cette caresse
jusqu’au bout
du pied
quand
le corps
se déhanche
de strophe
en strophe
Suspendre
d’un point
le souffle
aimant
avant
de le laisser
reprendre
son rythme
de vague
languide
loin
de la rive
du lit
qui s’efface
à la phrase
suivante
Et ajouter
une apostrophe
lyrique
au cœur
de la nuit
blanche
pour qu’elle soit
les lèvres
pleinement
ouvertes
de ton baiser
©Géraldine Andrée