Les mots, c’est de l’énergie, comme l’eau, le feu, le vent…
En complément à ma conférence sur Le Pouvoir spirituel de l’écriture du 05 janvier 2019, je vous joins la liste de livres sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour ouvrir cette porte sacrée dans la page :
Le journal de la résilience :
Journal d’Anne Frank, J’ai lu
Une vie bouleversée d’Etty Hillesum, Points
Les pages du matin :
Libérez votre créativité de Julia Cameron, Aventure secrète
Le bullet journal :
Journal de la collection Respire : Des projets pour 52 semaines
Carnet de gratitude, collection Hachette Bien-Être
Le Défi des 100 jours de Lilou Macé (Cahier d’exercices pour une vie extraordinaire), Guy Trédaniel éditeur
Site Pinterest pour confectionner son propre bullet journal
L’art des listes :
Notes de chevet de Sei Shônagon, Connaissances de l’Orient, édition Gallimard L’Art des listes de Dominique Loreau, collection Marabout
Le journal créatif :
Le nouveau journal créatif d’Anne-Marie Jobin, édition Le jour
Pour écrire sur du beau papier, doux comme un grain de peau :
Je franchis le pont qui sépare 2018 de 2019 en me laissant porter par le souffle de ce qui vient à moi, dans l’éclat d’un seul instant… Il est une respiration qui descend des étoiles. Elle seule m’importe.
Pour cette nouvelle année,
je fais moins de projets,
sinon celui, vaste, de me laisser porter par le temps qui passe.
Mon défi : ne pas m’emprisonner dans trop d’objectifs, qui, non tenus, font naître la culpabilité.
Ne pas m’efforcer de rentrer dans des cases toutes faites. Ne pas oublier aussi qu’on peut se maltraiter dans le développement personnel.
Je veux me laisser guider par mes envies, mes désirs, mes besoins – ma vérité, vraie pour moi et incomparable à nulle autre.
Choisir ce que je veux éprouver, expérimenter. Donner la priorité à mon âme.
Ecouter davantage mon corps, mon intuition.
Ecrire des textes selon mon coeur.
Continuer mon journal bien sûr.
Lire régulièrement des livres de littérature moderne. Relire les livres et revoir les films que j’adore depuis ma jeunesse.
Placer mon énergie dans ce qui me fait vibrer, dans ce qui me donne du plaisir.
Couper tout lien avec les gens toxiques, négatifs, méchants – en un mot, obscurs.
Ne pas me laisser tirer vers le bas.
M’enraciner pour mieux grandir vers le ciel.
Hiberner si cela m’est nécessaire.
Et au printemps, sortir, me promener, me recueillir dans la nature.
Remonter la pente du Crève-Coeur comme quand j’étais enfant, à pied, sans ma bicyclette rouge – car les temps ont changé – et admirer depuis le lavoir ma ville natale.
Ramasser des feuilles, des fleurs et les glisser entre les pages de mon carnet de notes.
Ecrire les textes que j’aime. Partir en vacances – Canaries, Réunion… -. Les étoiles, en effet, me demandent de faire ce grand voyage.
Me rassasier d’eau, de lumière, de vent.
Mon père est parti pour cette vie. Ce qui n’a pas été dit ne le sera plus jamais. Ce qui a été gagné l’est à jamais – j’ai su, par exemple, dans ces derniers jours, à l’occasion d’une promenade dans le jardin, qu’il savait dater l’âge d’un arbre.
Mon père a franchi la frontière mais je peux le faire revenir par l’écriture.
Le fil de l’encre inverse le cours du temps et me ramène mon père.
Ses pas sont devenus des mots.
Il faudra que j’écrive sur le voile de silence qui recouvrit mon visage quand j’appris sa disparition.
Aujourd’hui, le voile s’est levé. Je vais continuer à écrire sur lui, sur moi parallèlement au fait que je poursuive ma vie.
La preuve de cette vie : publier un recueil de poèmes qui lui seront dédiés – cette année ou plus tard. C’est mon seul projet qui prendra bien tout son temps car rien ne presse face à l’éternité.
Je souhaite une belle année à toutes celles et tous ceux qui passeront par hasard ici
et je vous dédie pour bien la commencer cette chanson intimiste de Sting
On a tendance, lorsqu’on se raconte ou qu’on raconte sa vie, à vouloir être le plus précis possible.
Aussi ajoute-t-on des adverbes, des adjectifs, des propositions à profusion :
« Le laurier-rose tout parfumé et qui fleurissait fidèlement à chaque saison me plaisait beaucoup. »
On se charge de la compréhension, de la sensation et de l’émotion du lecteur. On l’envahit de son intention, certes louable, de provoquer son empathie mais, en vérité, on le prive de sa place.
Et pourtant, raconter sa vie, c’est effacer les évocations redondantes, les descriptions inutiles, c’est barrer des mots pour réinstaurer les silences.
Un récit de vie peut commencer ainsi :
« Le jardin est là. »
« Pendant toute mon enfance, le pommier a fleuri. »
« Elles furent belles, les saisons de mon arbre. »
« Ah ! Les parfums du laurier-rose de jadis ! »
En une phrase brève, laisser le lecteur libre de suivre son souffle et son chemin jusqu’à notre univers.
Lui accorder de l’espace, du temps.
Lui offrir son propre rythme.
L’inviter dans nos silences.
Lui faire confiance.
Une écriture dépouillée est un acte de foi envers celui qui la reçoit.
Ou encore, débuter son histoire par une phrase simple qui contient toutes les saveurs, toutes les senteurs, toutes les couleurs d’un pays, telle Karen Blixen qui inaugure ainsi son récit de vie :
« J’avais une ferme en Afrique. »
Un sujet ; un verbe à l’imparfait ; deux compléments essentiels ;
pudique évocation du regret à partir de laquelle le livre d’une vie déploie ses pages dans le présent.
Ton nom
Guy
Est un pont
Entre le silence
D’ici
Et les chants
De là-bas
Une seule
Syllabe
Et j’approche
Le mystère
De ta présence
Autre part Toute une constellation Luit
Désormais
Guy
Dans ton nom
Géraldine Poème écrit pour mon père Décédé dans la nuit Du 11 au 12 novembre 2018
Ouvrir la fenêtre : que la lumière du jour se pose sur les feuilles de sa saison de vie.
Fermer la porte : que les enfants se disputent pour une broutille ; que le conjoint s’ennuie ; qu’importe. Laisser chacun aujourd’hui découvrir son chemin, même s’il est désagréable.
Ne pas répondre au téléphone : la sonnerie a beau s’entêter ; dans un proche instant, elle se confondra avec la note du silence.
Suivre la volute de fumée qui danse au-dessus du thé.
Passer la main sur la douce encolure du chat…
Mais, quelle est cette lueur rose, soudain ?
C’est un pétale échappé du jardin d’enfance qui ouvre sa porte…
Tenter alors de l’attraper dans le ciel de printemps de la page