La fenêtre
de ma chambrette
regarde
à travers moi
la rose
qui s’apprête
à naître
Enfin
je m’ouvre
Géraldine
La fenêtre
de ma chambrette
regarde
à travers moi
la rose
qui s’apprête
à naître
Enfin
je m’ouvre
Géraldine

Qui donc
le ciel
veut-il
que je devienne
lorsque j’écris
des poèmes ?
La meilleure
plume
du monde ?
Non !
Une aile…
Géraldine Andrée
J’écris parce que je sais que Tout
– et surtout ce jardin avec ses feuilles qui se penchent sur mon épaule, son murmure venu de la source, son sentier que mon pas entrouvre, la neige d’or de son forsythia, ses belles de nuit qui s’apprêtent pour les étoiles, ses rires égrenés, sa luciole échappée du thym –
peut s’effacer
de bon matin.
Géraldine
Tu peux lire des poèmes
n’importe quand
et, surtout,
entre deux nuages.

Je t’ai cherché longtemps
dans la nuit de ma mémoire.
Et je me suis retrouvée,
éclairée par la lampe du soir.
Une évidence désormais
m’apparaît nettement :
le souvenir de ton visage
est mon miroir.
Géraldine
– Comment as-tu su que c’était ton dernier poème ?
– J’ai fait perler le point
ultime
comme une goutte
de pluie
pour que le blanc
qui suit
s’écoute
longtemps
dans la nuit.
Géraldine
Pour me consoler
du chat en allé
qui erre seul
sans doute
dans la nuit
d’août
j’ouvre
un recueil
de poésie
et un poème
s’avance
à ma rencontre
à pas
de velours
à pattes
de silence
L’amour
me renvoie
avec la douceur
de sa force
ce qui m’échappe
sous une autre
forme
qui ressemble
finalement
à ce que j’ai tant désiré
garder
comme
par exemple
cette feuille
attachée
à un ouvrage
entier
et par laquelle
chaque mot
me regarde
avec sa prunelle
de chat
fidèle
Géraldine
Dans mon armoire il y a
Une libellule
Un bouquet de campanules
Un rayon de lune
Une corbeille pleine
de prunes
qui me viennent
de l’ancien jardin
Le fou rire de la cascade
Le souffle de la promenade
Un baiser dans le cou
Un écureuil
cet éclair roux
qui s’échappe
de mon rêve
pour bondir
dans le feuillage
voisin
Les vagues
qui enjambent
la grève
et une algue
qui s’enroule
autour
de mon dessin
Cette armoire
n’est pas lourde
du tout
Elle est même
si légère
que je l’emporte
de poème
en poème
C’est mon seul bien
celui qui me donne
la certitude
des lendemains
Tu peux y ranger
toi aussi
des regards
des sourires
des étoiles
des rivages
des chemins
qui serpentent
tes paysages
d’enfance
des notes
et des odeurs
que tu aimes
car sa profondeur
est infinie
comme la claire nuit
de ce mois d’août
que nous avions contemplée
ensemble
et qui nous attend
si tu ouvres
maintenant
les portes
d’ébène
de ta mémoire
Géraldine