Le feu palpite
en chaque mot
de poésie
que certains tentent
de cacher
dans la nuit
Mais le feu couve
le feu persiste
frêle lueur d’or
qui nous fait signe
pour que chacun existe
jusqu’à l’aurore
Géraldine Andrée
Le feu palpite
en chaque mot
de poésie
que certains tentent
de cacher
dans la nuit
Mais le feu couve
le feu persiste
frêle lueur d’or
qui nous fait signe
pour que chacun existe
jusqu’à l’aurore
Géraldine Andrée
Comme nous ne pourrons plus jamais nous revoir,
je te laisse apparaître
à travers ces mots que je t’adresse
et qui me regardent sous la lampe du soir.
Géraldine Andrée
La phrase de ta lettre
Entre nous le printemps est revenu
m’emmène sur sa crête
jusqu’à l’infini
Géraldine Andrée
Que faire de ces quelques feuilles détachées
que le vent de la vie peut emporter si loin des yeux ?
Comme je n’ai pas de réponse,
je prends du fil bleu
et je recouds ces feuilles ensemble.
De la cicatrice
de leur déchirure,
je fais une reliure,
une histoire qui commence,
un cahier éclos à fleur de silence.
Géraldine Andrée
Elle me dit
J’ai peur
de ne pas avoir le temps
d’achever ma phrase.
Je n’ai pas le souffle
assez grand.
Et je lui réponds
que ce n’est pas grave.
Nous laisserons
des points de suspension
qui ressemblent
aux trois lueurs
qui tremblent
encore un instant
dans l’air blanc
quand
le papillon
s’envole
vers le jour le plus haut
après avoir rencontré
les fleurs…
Géraldine Andrée
Que dans l’encre bleutée
de ton nom
qui achève
ta longue lettre
soit gardé
tout le ciel d’été
qui apparaissait
à ta fenêtre
Géraldine Andrée
Quand j’écris,
je me sens à ma place
dans l’espace
de la page,
et le point
qui termine
chaque phrase
fait partie
de la multitude
de points possibles
qui apparaissent
comme des astres
pour me faire signe.
Géraldine Andrée
Il reste
peu d’encre
c’est sûr
mais suffisamment
je pense
pour laisser
une trace
du chant
d’or
du poêle
qui attend
depuis la saison
de la mémoire
de s’allumer
sur la page
blanche
comme
les aubes
hivernales
de l’enfance
Géraldine Andrée
Écrire sur les roses
depuis longtemps feues
pour mes yeux
mais qui flamboient encore
dans la seule saison
de ma mémoire
pour que l’encre
des mots
en garde l’éclat
jusqu’à la lampe
cette ultime corolle
du soir
Géraldine Andrée
Un jour j’ai eu envie de partir loin
Mais je n’avais pas assez d’argent pour acheter un billet longue destination
Alors j’ai ouvert mon cahier brun
Qui était à portée de main
Mot après mot j’ai fait mon voyage
J’ai tracé mon chemin
J’ai franchi la ligne qui me séparait
De ma liberté de ma vérité de ma beauté
J’ai trouvé mon élan
J’ai déployé mes ailes dans le blanc
J’ai créé mon horizon
Et j’ai rencontré un pays si secret
Qu’il ne figure sur aucune carte du monde
Pas même un point ne le désigne
Seul un poème peut le rejoindre
Parce qu’il porte mon prénom
Géraldine