Toutes mes pensées
un peu tristes,
je les confie
aux feuilles
car je sais
qu’elles les répéteront
à la brise
pour que celle-ci
en fasse
un immense
chant
de grâce.
Géraldine Andrée
Toutes mes pensées
un peu tristes,
je les confie
aux feuilles
car je sais
qu’elles les répéteront
à la brise
pour que celle-ci
en fasse
un immense
chant
de grâce.
Géraldine Andrée
J’avais noté cette destination sur un cahier que j’ai ensuite rangé dans la longue nuit d’un tiroir.
Puis tant d’années ont passé !
Tant de saisons ont semé leurs fleurs, feuilles, gouttes et flocons sur le souvenir de ces quelques lettres à l’encre noire !
Et voilà qu’aujourd’hui,
j’y suis !
Je reconnais de ce pays
le nom que j’avais tracé dans une sorte de désir sans raison
comme un enfant qui s’adresse à son rêve
dans un coin obscur de la maison.
Quelle joie !
Je crois que l’écriture prédestine la Vie
car elle est la marque de la Foi.
Géraldine Andrée
L’essentiel est que tu Sois
dans chaque chose que tu Fais.
Avec toute ma joie,
Géraldine Andrée
J’aimerais écrire comme lorsque j’étais enfant, des phrases toutes simples, avec un sujet, un verbe, un complément.
Ainsi,
j’entends l’oiseau, je vois le soleil, je suis mon chemin, je touche les écorces, je goûte le vent, j’apporte mes fleurs.
Ou encore, j’aimerais inscrire sur une vaste page, cette phrase unique :
Je respire.
J’aimerais dire en peu de mots
que chaque instant
est suffisant
pour nous faire grandir.
Géraldine Andrée
Je vous présente https://lire.amazon.fr/kp/card?asin=B07961W34S&preview=inline&linkCode=kpe&ref_=cm_sw_r_kb_dp_9IlzAb72Y2D75 » target= »_blank » rel= »noopener »>mon nouveau recueil poétique Il est un Pays
C’est le premier que je publie en Format Kindle, en indépendante.
Eh oui ! Il n’y a rien de tel que la Liberté ! Je l’ai déjà dit, plutôt écrit ici.
« C’est un Pays qui revient par le souvenir…
C’est un Pays qui chante dans le silence d’un songe…
C’est un Pays qui murmure au coeur l’essentiel de la mer et du ciel…
Ecoute-le !
« Fais silence
et songe à l’eau de là-bas qui chante quand elle achève sa danse dans la calanque… »
Le pays n’est jamais perdu. Il demeure en Soi…
Nous sommes nous-mêmes notre propre pays.
Voici ce que ce recueil de Poésies vous murmure au plus près de l’oreille de votre âme…
Entrez par la porte des mots et baignez-vous dans le bleu de l’encre majorquine… Bienvenue ! »
27 pages sur des poèmes qui ont pour inspiration le Sud, l’Espagne, la renaissance, le retour à l’enfance, l’émerveillement, le mystère, l’existence antérieure…
Pour un prix très-très modique, la Poésie entre dans le métro, le bureau, le hall de gare, la salle de classe, le wagon TER.
Le bleu de l’infini efface la fenêtre grise, les nuages, la pluie ou le givre.
Le rythme du vent, la soie de la brise et l’encre de la lumière irisent les jours d’hiver.
L’espace purifie l’âme pendant les déambulations sur les trottoirs.
Je suis fière de ma petite auto publication qui annonce un autre recueil en préparation.
Bienvenue au Pays réalisé parce qu’il fut rêvé !
Namasté !
Géraldine Andrée
PS : La couverture présentée sur le site est temporaire. La vraie sera publiée dans quelques heures, quelques jours… Elle est bien plus jolie, bien plus bijou… Une corolle ouverte. Bien à vous.
Il pleut et j’écris.
Quelle coïncidence !
Il pleut et j’ai une lampe pour que l’encre brille.
Quelle chance !
Il pleut et mon oreille reçoit autant de mots
que ma fenêtre de gouttes.
Quelle abondance !
Il pleut et je fais des signes à la lumière.
Quel miracle !
Il pleut et je trace un chemin bleu pour les beaux jours.
Quelle bénédiction !
Il pleut et j’écris.
Même si ces deux événements
sont indépendants
l’un de l’autre,
voici
que se rencontrent
une goutte d’encre
d’où point un mot
inattendu
et une note de pluie
qui luit
sur la tuile
dans le silence
qui s’ensuit.
Quelle conversation
sur ma page !
Ne l’entendez-vous pas,
vous aussi ?
Géraldine Andrée
– Le temple est mort !
– Que dis-tu donc ?
Les vieilles pierres
sont éternelles !
Les vieilles pierres
sont immortelles !
Depuis toujours,
elles étincellent
dans le jour !
– Le temple est mort !
Vois comme
les pierres,
jadis sculptées
par les mains
des hommes
sont poussières
devenues.
Et les statues !
Celles qui
de leur regard
et de leur doigt levé
invitaient
nos yeux
à aller plus loin
que notre hauteur !
Les statues ne sont plus.
Brisées, elles jonchent
le sol
et on retrouve parfois
parmi les cailloux
leurs éclats
comme des étoiles
déchues de l’univers.
– C’est à nous
de nous souvenir
du Souvenir,
de faire
de notre mémoire,
un temple du Temps,
un temple de l’Histoire,
un temple de ce Temple,
replacer en nous
chaque dieu disparu
et donner à notre âme
l’élan de ces colonnes
dans le soleil ;
que nos yeux n’oublient pas
l’Essentiel ;
notre ciel intérieur.
– Vois comme
cette porte
qui te menait autrefois
jusqu’au choeur
demeure béante,
debout et seule,
sans mur
ni seuil.
Son chambranle
tremble
au passage
du souffle du vent.
Elle bat tel un coeur
privé de sang.
Là où l’on déposait des fleurs,
s’étend le désert.
– Ce temple
est peut-être
mort ;
le temps
des temples
sûrement n’est plus.
Mais cette porte
est ouverte !
Vois comme,
debout
par elle-même,
elle te laisse voir
pour toujours
l’espace
immense
que touche l’azur
et ce ciel d’or
qui nous restera
fidèle
au début
de chaque jour,
quoi qu’il arrive,
quoi qu’il nous faille
vivre.
Ce temple
où tant d’hommes
se recueillaient
il y a deux mille ans
nous demande
de recueillir
chaque parcelle
de lui
et de l’accrocher,
étoile nouvelle,
à notre nuit
afin qu’à notre manière,
il survive
et prolonge
notre souvenir
dans le Jour
à venir.
Géraldine Andrée
J’ai maudit la charrette qui était brusquement apparue sur ma route et qui allait si lentement.
J’ai maudit la charrette qui me forçait à adapter mon temps au sien.
Je me suis dit que c’était la main tyrannique du destin qui l’avait mise comme par un fait exprès sur mon chemin.
Par conséquent, j’ai maudit le destin.
Je voyais au loin tout le trajet qu’il me restait à accomplir ; la longue route serpentait dans le soleil.
Je me suis maudite de ne pouvoir aller assez vite.
Puis, soudain, la charrette a pris un virage.
La voie était libre.
Mais à peine avait-elle disparu que je me suis aperçue qu’elle avait laissé dans son sillage cette bonne odeur d’herbe coupée qui me rappelait les moissons de mon enfance.
Je me suis dit alors qu’il n’y avait pas tant d’urgence.
Celui qui m’avait donné rendez-vous pouvait bien attendre.
Et j’ai pris le temps de savourer les senteurs des mille pailles d’or de jadis qui embrasaient l’air sous la fourche magique de Jeannine.
J’ai même regretté d’avoir eu une réaction aussi vive face à ce présent inespéré qui avait embelli ma journée par la généreuse réminiscence qu’il m’offrait.
Dans chaque événement d’apparence négative se cache du positif.
Mais la patience est nécessaire pour qu’en soit révélé le trésor.
Géraldine Andrée
Journal
Les chansons de France Gall ont bercé mon enfance et mon adolescence. Lors des dimanches après-midi d’hiver passés avec ma grand-mère, je la voyais chanter à la télé.
A l’âge de douze ans, j’entendais de ma chambre sa voix coquine chanter Les Sucettes à l’anis dans la lumière du salon ou de la cuisine.
Plus tard, âgée d’à peine vingt ans, alors que j’étais attirée par l’Afrique et le Maghreb, j’ai dansé à en avoir la fièvre sur le rythme d‘Ella Ella, Babacar et Quand le désert avance.
Un après-midi d’été, sous l’ombre bleue du marronnier, j’ai appris la mort foudroyante de Michel Berger.
En étudiant, j’allumais toujours mon petit transistor argenté et un soir, pendant la rédaction d’une âpre dissertation de philo, j’ai pleuré quand j’ai découvert cette voix subtile, délicate comme une dentelle dans la chanson Cézanne peint. J’aurais voulu poser les couleurs bleues, les couleurs d’or, les touches de pourpre et d’orange à chaque note sur mon cahier.
Mon premier amour m’a révélé ce que signifiait vraiment la chanson Les Sucettes à l’anis créée par Gainsbourg. J’ai beaucoup ri de ma naïveté.
Jeune adulte, j’ai acheté l’album Starmania puis la compilation des chansons de Michel Berger avec France. J’ai passé en boucle ça balance pas mal à Paris pendant que je corrigeais mes premières copies.
Plus tard encore, j’ai été fascinée par sa manière de galvaniser les foules, bras ouverts, mains tendues, visage renversé. Je trouvais cette offrande de soi extraordinaire. J’aurais souhaité être comme elle.
Au cours de mes difficiles épreuves, sa voix déterminée traçait son chemin en moi qui étais toujours si timide et effacée, prête à céder illégitimement ma place : Résiste ! Prouve que tu existes !
Cette simple injonction m’a aidée à m’affirmer face aux prédateurs et prédatrices.
France Gall a toujours fait partie de ma vie. Aujourd’hui, elle est morte.
Pourtant, avec ses cheveux blonds, ses yeux espiègles, son visage poupin d’éternelle jeune fille, je ne pensais pas qu’elle pût mourir. C’est arrivé. Quelques semaines auparavant, alors qu’on enterrait Johnny, j’ai eu cette prémonition, cette question intérieure :
– Mais que devient France Gall ? On n’entend plus parler d’elle !
La réponse est tombée hier.
France Gall est partie. Peut-être a-t-elle rejoint Michel et que les étoiles sont leurs projecteurs…
La voix de France Gall, sans me connaître, s’est adressée à la voix de mon coeur.
C’est ainsi que l’on prouve que l’on existe.
En chantant, elle envoyait des lettres intimes à tant d’anonymes. C’est, je crois, le signe de la plus grande réussite, celle qui consiste à dire chaque jour à chacun ici-bas : Cherche ton bonheur partout…
France, tu as rejoint Le Grand Tout.
Géraldine Andrée
Tu les trouves tôt le matin, après l’éloignement de la marée, déposées ça et là par les vagues sur la vaste marge du sable.
Vois comme elles ondulent, comme elles ondoient. Le souffle du vent allume de nouveaux reflets sur leur corps frémissant.
Elles tombent dans un bruit mou.
Tu portes leur poids léger et il te semble alors que ce sont elles, si frêles, qui te bercent au rythme de tes pas.
Le soir, sous la lampe, elles prennent une forme étrange.
Elles font la pirouette, se déhanchent, enjambent les espaces blancs, se donnent la main lorsque tu les disposes côte à côte.
Si dociles, elles obéissent à ton rêve de ballet, adoptent les postures, les courbes et les contours que tu veux bien dessiner.
Quelques gouttes d’eau suffisent pour rallumer dans leurs mouvements les couleurs de l’océan.
Les voici prêtes.
Tu les places près d’une fenêtre. Et c’est toute une chorégraphie silencieuse qui se déroule là, le lendemain, devant tes yeux ; qui se répète autant que tu le souhaites.
Algues de Bretagne, immobiles danseuses, destinées à la blanche scène rectangulaire d’une carte de vœux et qui brillaient de tous leurs bleus, de tous leurs verts à la pâle lumière d’une lampe de chevet…
Bien des années ont passé depuis ces promenades le long de la plage de Douarnenez.
Aujourd’hui, les sylphides font leurs entrechats sur la neige jaunie d’un vieux papier, chez des amis que tu ne vois plus depuis longtemps.
Mais toi, souviens-toi, elles t’attendaient tôt pour danser éternellement sous la grâce de tes mains, les algues, fidèles à ce rendez-vous du matin après avoir roulé toute la nuit dans la houle.
Comme ces marées, désormais, sont loin !
Géraldine Andrée