Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Tout ce qui a été effacé

Tout ce qui a été effacé
tout ce qui a été volé à ton regard
tes rêves tes projets tes désirs
tes créations tes poèmes tes affirmations positives

tout ce que tu regrettes
et qui t’empêche de vivre
pleinement ton présent
laisse

quelque part
dans l’univers
une trace
de lumière

qui s’apprête
à revenir
vers toi
demain

ou plus tard
dans le dessin
d’un chemin
à suivre

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie

A chaque mot

A chaque mot
que je dépose
sur la page
je laisse
un bagage
qui encombrait
mon coeur


Maintenant
je vais
dans le ciel
du grand cahier
libre
et légère
comme la lumière

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Journal de la lumière, Méditations pour un rêve

La nouvelle pièce

Il y a dans mon rêve une nouvelle pièce
jusque là inaperçue,
une pièce dont j’ai obtenu la clé
par je ne sais quel voeu.

Une fois le seuil franchi,
je fais la découverte
du présent du silence
qu’elle a gardé pour moi.

Au fur et à mesure
que j’approche
la lampe,
je lis des titres de livres

qui m’annoncent
un futur
déjà accompli,
des cahiers

qui s’ouvrent
comme des fenêtres
sur les vérités
de ma vie,

des photographies
où je me vois devenue
celle que j’ai toujours
voulu être.

Il me semble même
croiser le regard
de mon âme
dans lequel ma lampe

allume la lueur
d’une flamme.
Et je m’exclame
en mon coeur :

J’ignorais
qu’il y avait une telle pièce
dans ma maison,
un endroit si profond

en moi-même
qui attendait
pendant tout ce temps
que j’entre

pour qu’il me révèle
toutes les richesses
– connaissances, réflexions –
que j’ai depuis toujours !

Maintenant, je fais confiance
à son obscurité.
Je lui apporte
chaque jour

les nouvelles visions
que j’ai récoltées
et que je destine
dans un coin d’ombre

à ma propre rencontre.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de mon jardin

L’évidence

Je porte en moi l’évidence
que le jardin a existé.
J’en ai gardé la réminiscence
sur chaque feuille
de mon cahier.

Géraldine Andrée

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Il me tarde d’avoir de tes nouvelles

Il me tarde
D’avoir de tes nouvelles
Je ne peux t’en donner
Car bien que je possède
De l’encre et du papier à lettres
Je n’ai pas ton adresse
C’est donc à toi
De m’envoyer ton message
Dont je sais
Qu’il sera sans ligne
Peut-être
Juste un signe
Très bref
Alors je me fais
A chaque instant
Fenêtre
Pour te laisser
Libre d’apparaître

Géraldine Andrée

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Cette phrase de mon père

Cette phrase de mon père
qui me revient
soudain
comme s’il était là
près de moi
ancienne enfant
qui ai si faim
aujourd’hui
de vie
de bonheur
à faire grandir

Tu vas avoir !

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Journal de ma résilience

La chance

J’ai traversé des épreuves dans ma vie,
des épreuves que je n’ai pas choisies,
et c’est bien ce qui définit le mot « épreuve ».
Certains, pour bien enfoncer le clou,
et m’inciter à croire
que j’avais été oubliée
par la vie,
m’ont dit que je n’avais vraiment pas de chance.
Mais de la chance, si,
j’en ai beaucoup.
J’ai de la chance d’aimer la musique,
l’art, la poésie,
Chopin, Van Gogh, Cadou.
Certains n’ont même pas cela en eux.
Alors, ils ont moins de chance encore
que moi
qui sais suivre
avec ma plume
la trace invisible
du chant
du vent
pour la noter
dans mon journal intime.
Et puis, j’ai la chance ultime
d’avoir toujours
un feuillet
suivant
pour le prochain jour
à vivre.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de ma résilience, Un cahier blanc pour mon deuil

Tenir un journal de ton absence

Tenir un journal de ton absence
et m’apercevoir
au fil des mots qui me mènent
vers tes gestes tes paroles notre histoire
que tu es toujours présent

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Peut-être
que tu t’apprêtes
à revenir
en passant par l’étape
du bourgeon
puis de la fleur
mais peut-être
que tu renaîtras
des myriades de fois
c’est-à-dire
à chaque pulsation
de mon coeur
et que tu seras
ce souffle
qui fait
que je respire

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Je sais un train

Je sais un train
qui trace une route
pour la lumière
qui précède d’un instant
le souffle du temps
qui clignote comme une étoile
accrochée à la brise


Ce train n’annonce aucune destination
seulement le souffle prochain
Il ne s’arrête pas
mais s’enivre de son passage
Ce train ne va vers aucun pays
car il me mène à un asile primordial
ton nom

Géraldine Andrée