Je me souviens quand, toute petite, je plongeais mes mains dans la terre pour servir une salade d’herbes à ma poupée et que je découvrais un univers insoupçonné que foulaient sans le savoir mes souliers :
des fourmis, des araignées, des vers de terre, de petits cailloux, de profondes racines
– tout ce silence du dessous.
Puis je remontais mes mains à fleur de pissenlits et de trèfles.
Je crois que j’écris pour faire fleurir sur le papier d’aujourd’hui
le silence
de cette terre d’enfance
que mes doigts avaient creusée
sous mes genoux
et dont je portais le noir
bien incrusté
entre l’ongle et la chair
jusqu’au dîner.
Géraldine Andrée
