Publié dans Actualité, C'est la Vie !, Créavie, Dialogue avec ma page, Journal d'instants

Tant pis

Tant pis si je n’y suis pas encore arrivée :
au moins ai-je posé le premier mot sur la page, le premier pas sur le chemin…
Et tant pis si ce chemin est encore long :
au moins ai-je connaissance de la destination…
Et tant pis si la destination me paraît bien lointaine :
au moins puis-je préparer un bagage pour savourer mon voyage…
Et tant pis si le temps de ce voyage dure une vie :
au moins sais-je profiter de chaque instant présent qui le compose…
Et tant pis si toute ma vie est dirigée par ce désir :
au moins aurai-je appris à déployer la voilure nécessaire à ma réussite…
Au pire, tant pis si je n’ai toujours pas réussi
car je me donne l’opportunité de rêver encore plus haut !
Alors, tant mieux
que ce soit tant pis :
ce qui me semble inaccessible aujourd’hui
possède l’éclat de l’astre
qui guide mes yeux
quand il fait trop nuit…

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Poésie-thérapie

Un poème de la Chine ancienne

Un poème
de la Chine ancienne
me fait entendre
dans la chambre

le chant
de la pluie fraîche,
une pluie qui date
d’un millénaire

et qui déverse
toutes ses notes
sous ma lampe,
de telle sorte

que le silence
de cette nuit
crépite
comme une brindille

sur le sentier
que le poème
de l’an mil
me dessine

depuis jadis
– ce temps
où n’étant moi-même
que silence,

j’ignorais tout
de l’existence
des poèmes
et de la pluie…

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Poésie-thérapie

La page blanche

J’aime
la page blanche
car je me demande
ce qu’elle s’apprête

à me révéler
si j’avance
en toute
confiance

et si je disperse
par ma trace
sa vierge
présence :

quelle pervenche,
quelle souche
quelle racine
peuvent apparaître ?

Peut-être
qu’elle cache
quelques
graines

pour les futures
semences…
Alors,
je prends note

des possibles
de la page
blanche
et j’en fais un poème

pour le jour
où je sentirai
que l’inspiration
est absente.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, musique, Poésie

Le silence

Le silence
est un ami
de longue
route
qui me montre
du doigt
le bourdonnement
de la rose
quand une abeille
se pose,
la note
de l’oiseau
enfui
entre les feuilles,
le crépitement
de la bulle
à fleur d’eau,
le sifflement
du fétu
que le rire
de la brise
mêle
à la larme
de l’oeil,
le chuchotement
de l’herbe
haute
dès qu’un pas
vient
puis s’en retourne,
et surtout
mon souffle
qu’il me désigne
par ce simple signe
de ma main
qui se lève
juste
devant mes lèvres :
« Chut !
Écoute ! »

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, Créavie

Sortir de sa zone de confort

Beaucoup de coachs en développement personnel et de thérapeutes disent que, pour progresser, il faut sortir de sa zone de confort.

Cette expression engendre automatiquement un sentiment de peur. Qu’y a-t-il de plus angoissant que de se jeter comme cela, dans l’inconnu, sans parachute ?

Et si cette expression était mal comprise ?

Pour progresser, on doit, certes, sortir de sa zone de confort, mais tout en douceur, progressivement justement, sans réveiller les phobies de l’enfant intérieur.

Sortir de sa zone de confort, ce peut être

*Modifier son rituel matinal : au lieu de se lever machinalement pour accomplir ses activités quotidiennes, se réveiller en conscience, écrire « ses pages du matin« 1 pour trouver son chemin d’âme, l’âme de son chemin ; faire quelques exercices d’assouplissement en musique ; méditer ; lire pendant dix minutes un livre de psychologie positive
*Aller au travail à pied plutôt qu’en voiture ou en transport en commun
*Parler à ce nouveau collègue qui vient d’arriver
*Manger son sandwich sous un arbre plutôt que de déjeuner dans une cantine bruyante
*Remplacer ses trois tasses de café par du yoggi tea
*Goûter à seize heures quelques figues ou amandes au lieu des classiques viennoiseries bourratives

Le soir, on se sentira enrichi sans avoir beaucoup dépensé et sans être allé très loin car chaque petite chose a un pouvoir de métamorphose.

Ce peut être aussi

*Déplacer sa chaise pour modifier son regard, son angle de perspective de là où l’on est
*Répondre à cette annonce qui attend sur le bureau
*Renvoyer cet article endommagé alors que l’on préférerait tout bonnement le jeter
*Ébaucher un dessin, un haïku dans son carnet
*Créer un blog qui correspond à nos envies, nos projets
*Préparer, crayon à la main, son prochain voyage

La liste est infinie…

Sortir de sa zone de confort, c’est surtout se lancer des défis mesurés dans un cadre familier ; à petits pas, avancer ; poursuivre son grand projet de changement au quotidien ; avoir foi à chaque seconde en sa transformation ; apprendre à être patient dans ses accomplissements ; découvrir les bienfaits de l’humilité tout en jouissant de ce que nous propose la vie – ici et maintenant.

On peut se préparer chez soi, étape par étape, à un départ qui est d’abord psychologique.

Ne sortons-nous pas de notre zone de confort, actuellement, alors que, paradoxalement, nous devons demeurer à la maison ?

Ce confinement nous invite, dans notre cadre ordinaire, à la créativité, à l’introspection, à la découverte de ressources intérieures insoupçonnées, à la lenteur et au silence, nous qui étions si peu habitués…

Aussi, je vous souhaite beaucoup de douceur et de bienveillance envers vous-même lorsque vous sortez de votre zone de confort !

Et surtout, n’oubliez pas de prendre votre enfant intérieur par la main pour lui montrer qu’à deux, vous pouvez changer… sans danger !

Géraldine Andrée

1 Julia Cameron, Libérez votre créativité : osez dire oui à la vie ! Collection Aventure secrète, 2007

La technique des pages du matin, préconisée par Julia Cameron, consiste à écrire trois pleines pages au lever, à noter sans inhibition toutes ses pensées pour commencer sa journée, libéré de ce qui parasite notre entrain. C’est une sorte de méditation active, qui correspond à la culture occidentale.

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Lettre de gratitude à MOI M’AIME

Très chère TOI,


Je te remercie d’avoir vécu jusque là et aussi d’avoir survécu. Tu étais faite pour la Vie et tu l’as maintes fois prouvé. En toi, il y a eu la volonté de te lever, de marcher, de continuer. Ta naissance ne fut guère prometteuse durant les premiers jours mais de cette naissance tu as pu renaître pour faire en sorte que je sois celle qui t’écrit ce soir.
Je te remercie d’avoir pris très tôt des couleurs pour écrire, d’avoir fait de chaque jour difficile à vivre un poème à part entière.


Je te remercie d’avoir eu une vie intérieure. Grâce à toi, je sais que j’ai un pays secret à conquérir avec plaisir, un jardin à protéger des invasions d’autrui pour que de merveilleuses fleurs puissent éclore, une terre qui me révèle chaque jour un peu plus de sa paix et de son abondance.


Je te remercie de m’avoir aidée à rompre avec des relations toxiques, des gens qui ne me convenaient pas pour mener une existence plus en accord avec mes valeurs. Tu m’as montré le chemin de la vérité et de la fidélité envers quelqu’un d’essentiel : Moi. Tu m’as appris à ne pas à me négliger, à être libre, à me donner la priorité pour irradier. Grâce à toi, j’ai su métamorphoser mes larmes en étincelles.


Je te remercie de m’avoir donné des ailes pour les voyages, les connaissances, la créativité. Aujourd’hui, j’ai acquis plus de confiance et je découvre le monde avec les pas de l’enfance. Un jour, tu m’as placée sur le chemin de la spiritualité. Tu as fait apparaître dans mon miroir d’autres visages, des facettes multiples de moi-même, héritages de mes ancêtres mais aussi d’autres vies si riches de leurs échecs et de leurs réussites !


Je te remercie de m’avoir invitée à déménager quand le temps était venu, à m’adapter au rythme naturel du changement, à avoir plusieurs vies en une. J’ai appris par toi à donner tout son sens au mot Phénix.


Je te remercie de m’avoir rendue sensible aux synchronicités, aux signes que la destinée place sur ma route. Je te remercie de m’avoir guidée vers de vrais amis après m’avoir généreusement libéré de l’espace et du temps.


Tu as toujours été là, dans les bons comme dans les mauvais jours. Je sais maintenant le mouvement de la lumière, le doux élan de la vague, le souffle qui se prolonge jusqu’au pas suivant, la générosité de mon regard envers un seul instant.


Je te félicite d’avoir tout mis en oeuvre, parfois doucement, parfois vivement, pour que j’advienne telle que je suis… Ici et Maintenant.
Toi et moi, nous continuerons à travailler en partenaires.
Je te serre sur mon coeur.


Ta soeur, 

cette autre TOI-M’AIME.

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Cahier du matin, Créavie, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, Méditations pour un rêve

Ce qui me fait du bien dans mon quotidien, c’est

  • d’écrire le matin auprès d’une tasse de café bien chaud, de sentir sous ma main la page douce comme un duvet et de voir la lumière se refléter dans l’encre de mes mots pas encore secs.
  • de me promener au gré de mes envies, de mes intuitions et prendre en photo sur mon portable tout ce que je rencontre – un forsythia en fleur, une ombre qui s’allonge ; en vérité, la mienne…
  • d’écrire dans mes blogs en écoutant une musique de méditation comme celle de Tim Wheater, par exemple – j’ai ainsi l’impression de rentrer dans ma maison de toujours.
  • d’aller dans des conférences et de prendre des notes dans mon petit carnet de connaissances.
  • de lire au soleil d’été, cachée entre les herbes ou sur un banc à l’écart. Pareil : prendre des notes de mes lectures ou si le livre m’appartient, dessiner des Coeurs dans la marge, en face des passages que je préfère.
  • de prendre conscience de ma respiration quand j’effectue les tâches les plus anodines comme faire la vaisselle…
  • d’aller au cinéma le dimanche matin, à la séance de 10 h 30. M’entendre marcher dans la rue déserte. Ainsi, cet écho, c’est bien mon pas ? C’est encore mieux s’il y a du soleil. Je partage alors mes envies avec la lumière. J’emporte un sachet de chouquettes tièdes avec moi, que je mange en toute discrétion…
  • de faire brûler un bâton d’encens en hiver, à cinq heures. Je regarde les volutes grises onduler dans la clarté de la lampe : bercement du silence.
  • de danser seule avec mes morceaux préférés : les chansons d’Indila sont irrésistibles. J’aime sentir le rythme couler dans mes hanches.
  • de rester longtemps dans mon bain et quand il se refroidit, faire ruisseler de l’eau chaude en écoutant son murmure. Cela m’apaise !
  • d’improviser un dîner avec des amis, dans un petit restaurant tout simple.
  • d’effectuer toutes mes tâches difficiles le matin et me rendre compte qu’il me reste toute la journée de libre, la conscience tranquille !
  • de regarder des vidéos spirituelles sur mon ordinateur ou de lire au coeur de la nuit. Un autre temps m’enveloppe. Je fais partie du rythme naturel de l’univers.
  • de contempler le ciel étoilé d’une rambarde au bord de la mer à Majorque.
  • de mettre ma première robe d’été et de sentir son frôlement autour de mes jambes quand je marche.
  • d’essayer plusieurs parfums chez Adopt. Rentrer dans le magasin en me promettant que je n’en achèterai qu’un et, finalement, en acheter trois.
  • de dormir tard et noter mes rêves au réveil. J’ai la sensation que j’ai d’autres vies concomitantes.
  • de remplir mon carnet de gratitudes et saisir sur chaque feuillet le mouvement d’ailes des synchronicités.
  • de téléphoner à une amie à laquelle je n’ai pas parlé depuis très longtemps : tout accueillir, les bonnes comme les mauvaises nouvelles. Connaître le prix radieux de sa voix.
  • de m’asseoir et ne rien faire. Ou rester debout sur ma terrasse à observer les métamorphoses du paysage dans le jour.

Et Vous ?

Géraldine Andrée