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L’écriture d’été

Publié dans Actualité

Les droits d’auteurs dans une biographie écrite par un écrivain biographe

Car le droit respecté par tous garantit le respect de chacun
Géraldine Andrée
Publié dans Actualité, écritothérapie, Ecrire pour autrui, Histoire d'écriture, L'espace de l'écriture, Le livre de vie

Comment se passe l’écriture d’une biographie de la peau à la page ou de l’écriture à la cicatrice ?

Géraldine ANdrÉE
Publié dans Au fil de ma vie, écritothérapie, Histoire d'écriture, L'espace de l'écriture, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

J’ai écrit

J’ai écrit quand je n’avais pas la force de le faire
J’ai écrit quand tout ce que je désirais c’était dormir et rêver que je vivais une autre vie
J’ai écrit des poèmes quand il fallait que je mette un point final à cette histoire d’amour qui ne rimait à rien
J’ai écrit des romans quand la réalité me rattrapait
J’ai écrit des nouvelles quand personne ne me demandait comment j’en allais
J’ai écrit quand il n’y avait que le silence pour me répondre
J’ai écrit quand on me disait de me taire
J’ai écrit avec une encre éclatante quand on me conseillait de m’effacer
J’ai écrit des phrases dansantes des vers déhanchés quand on m’intimait de me tenir droite
J’ai écrit en accrochant une boucle ascendante au dernier mot quand il fallait que je me courbe
J’ai écrit en attribuant des majuscules à chaque idée quand on me suggérait fortement de voir petit
J’ai écrit en trouant le papier quand je ne devais pas blesser celui qui m’avait heurtée
J’ai écrit quand la poésie est montée en moi comme du lait
J’ai écrit quand j’ai pris conscience de la nécessité de me nourrir
J’ai écrit quand je me suis avoué que le passé était écrit que je ne pouvais plus rien y changer et qu’il ne me restait plus qu’à me bercer
J’ai écrit quand j’ai saisi ma destinée telle la plume d’un oiseau en plein ciel
J’ai écrit quand il m’a paru révoltant que d’autres écrivent mon avenir à ma place
J’ai écrit quand les mots me sont devenus une armure douce – un peu comme l’aura des grands maîtres
J’ai écrit quand je me suis envoyé un sourire dans le vieux miroir
J’ai écrit quand il m’a semblé évident que mes rêves étaient déjà accomplis avant la moindre promesse

J’ai écrit quand j’ai franchi la ligne de l’arrière-pays
J’ai écrit j’ai écrit j’ai écrit
Et c’est parce que j’ai aussi longtemps écrit que je suis toujours en vie
Et c’est parce que je suis toujours en vie que j’écris encore

Je prévois d’écrire à la prochaine aurore

Géraldine Andrée

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Le carnet du jardin

La pluie
a tellement
gorgé les plantes
qu’il me semble
prendre
en marchant
une infusion
de verveine
et de menthe…

Quelles
sont donc
ces étincelles
pour mes yeux seuls ?
C’est l’herbe
qui s’ébroue
de tous
ses brins
après son bain
dans le premier
rayon de soleil !

Et ces pas
qui laissent
leur empreinte
dans la terre douce,
ramollie
par les averses,
ne sont-ils pas la preuve
que j’écris
le chemin ?

À mon retour,
je dispose
les fruits vermeils
dans la corbeille
et pour la récolte
de mon humble
expérience
du jour,
j’ai comme panier
mon carnet
de notes…

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Sans titre

Je rêve
que mon poème
de ce jour

enjambe
de feuille
en feuille

chaque regard
chaque fenêtre
puis s’élève

tel le lierre
de mon enfance
vers

cet ultime
point de lumière
qui danse

Géraldine Andrée

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Si je devais me décrire à quelqu’un…

Proposition quotidienne de rédaction
Comment vous décririez-vous à quelqu’un ?

Je suis toujours surprise, quand les gens font leur autoportrait, de la manière avec laquelle ils se décrivent, c’est-à-dire en assimilant ce qu’ils font à ce qu’ils sont : « Je suis médecin, je suis garagiste, je suis maîtresse d’école, je suis infirmière… ».

Dans ce billet, pour changer l’ordre établi, je vais me décrire par ce que je déteste et ce que j’aime.

Je Déteste

  • Mettre des sandales et être surprise par l’orage. L’eau des trottoirs qui charrie ses saletés mouille mes pieds, quelle horreur !
  • Le crissement d’un sachet de pop-corn quand je regarde un film. Exaspérant !
  • Le bourdonnement de la tondeuse du voisin qui entre dans ma lecture
  • Une fleur qui s’incline un peu plus chaque matin avant de se faner
  • Quand toute la louche de pâtes se déverse dans mon assiette. Je me dis alors : Zut ! Il faudra que je me pèse demain !
  • Mon croque-monsieur que je me faisais une joie de savourer brûlé dans la poêle
  • La couronne du cône glacé qui tombe dans mon décolleté
  • Un sourire qui en dit trop sans rien révéler
  • Des collants que j’ai payés très cher, hélas filés au bout d’une journée
  • Une araignée qui s’échappe d’une couverture
  • Un mauvais horoscope pour la semaine car cela me gâche d’avance cette semaine et la veille du week-end, je pense que l’horoscope avait raison

J’Aime

  • Partir à l’aube dans le soleil d’une rue majorquine pour aller m’acheter mon parfum à la rose de Givenchy
  • Écrire jusqu’au cœur du silence qui me fait entendre le battement de mon cœur
  • Quand c’est le soleil qui se charge d’entourer les mots de ma page. Je laisse ainsi à la lumière le soin de sélectionner l’essentiel
  • Prendre un long bain. Et lorsque l’eau refroidit, rajouter de l’eau chaude tandis que je lève mon livre pour ne pas le mouiller
  • La tempête qui cogne contre le velux pendant ce bain
  • Allumer la lampe, laisser infuser le thé pendant que je mange un pancake au miel
  • Les courgettes… Et encore les courgettes… Sous toutes les formes… Gratinées, en purée, en ratatouille, en rondelles
  • Un chien qui croque une carotte
  • Un poème bref qui me laisse grande impression
  • Voir le soleil se coucher à Damas et rencontrer la première étoile
  • Attendre l’amant dans un petit café tandis qu’il commence à neiger. Et me dire qu’Il s’annoncera par la trace de ses pas

Toutes ces listes ne sont pas exhaustives…

On pourra dire tout ce que l’on veut de moi : sensuelle, impatiente, trop gourmande, peut-être même avide… de vie surtout…

Je suis un peu tout cela et rien de tout cela à la fois.
Je suis, c’est Tout.
Et lorsque des gens veulent écrire leur vie avec ma plume, je les invite à être à la fois ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas, changeants comme l’instant, mouvants comme les ombres de leurs mains.

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Créavie, Histoire d'écriture, Poésie-thérapie, Récit de Vie

Épilogue comme ultime noyau de pêche

J’aurais souhaité vous dire
que j’ai écrit ces poèmes
en une lunaison

Mais il n’en est rien
Pour tout vous dire
j’ai écrit ces poèmes

par une nuit
de pleine
lune

où je n’ai dormi
qu’une seule
heure

pour ensuite
reprendre
ma plume

et pour qu’à l’heure
où le noyau
de la lune

disparaît
derrière les brumes
de l’aube

qui l’enveloppent
mon premier poème
apparaisse

dans votre Newsletter
et ainsi de suite
jusqu’au vingt-huitième

jour
de Juillet
Je vous remercie

pour votre patience
votre fidélité
et je vous pardonne

pour votre lassitude
Encore un noyau
de pêche

Peut-être
ai-je
perdu

certains lecteurs
en route
Il faut dire

qu’ils furent
plutôt
durs

ces noyaux
Acceptez-les
je vous en prie

comme ils sont
prenez-les
comme les noyaux

des fruits
de la vie
et cueillez-les

sur ce site
au gré
de votre humeur

un par un
ou à foison
car nous faisons

tous
partie
sur cette terre

de la même
récolte
Bien à vous

Géraldine Andrée

PS : Et
Milles mercis à ma psy de cœur et d’écriture créative Rupi Kaur
de m’avoir montré
ce qu’était a peach stone
dans son livre Healing Through Words.

Publié dans Le poème est une femme, Méditations pour un rêve, Poésie

Ce noyau en moi

Ce noyau en moi
C’est lui que je dois toucher
connaître
découvrir

cœur d’or
pépite de lumière
étoile vibrante
pétale d’astre

déposé
par un souffle
inconnu
sur cette terre

ce noyau qui existait
bien avant ma naissance
recouvert ensuite
par les peaux de l’identité

les couches de la persona
les écorces de l’éducation
et qui repartira
vers là où il est venu

roulant parmi les météorites
suivant l’accélération
de l’hélice
de l’univers

ce noyau
d’où viennent
vérités perceptions
intuitions poèmes

ce noyau
que j’ai souvent ignoré
mais qui était toujours
présent

qui est
à cet instant
où j’écris
ce noyau

me préparant
à devenir fruit
au cœur
de la vie

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie, Récit de Vie

Noyau de pêche 44

Ils m’ont enlevé
chacun
une peau
morte
un peu
de mon écorce
les amis
les ennemis
les amants
la famille
par amour
ou par haine
tous
ceux
qui m’ont abandonnée
sciemment
ou qui m’ont quittée
sans le faire
exprès
les morts
comme
les vivants
Mille
mercis
à eux
car maintenant
je sais
que j’ai

un noyau

Géraldine Andrée