Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Le cahier de mon âme

C’est parce que l’encre

C’est parce que l’encre

a mis en mouvement

mon désir d’écrire

toujours plus loin

dans l’espace

de la page

qui s’élargit

au rythme

de ma plume

qui avance

que je me retrouve

à vous écrire

au bord de la lumière

infinie

Géraldine Andrée

Publié dans Méditations pour un rêve, Poésie

Le premier beau ciel

Je n’ai pas de souvenir
du premier beau ciel
de mon enfance
Il a toujours été

avec ses étoiles
ses oiseaux
ses ombres
et ses lumières

Je le connaissais
bien avant mon apparition
en ce monde
car il n’y a pas de passé

dans la présence

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de ma résilience, Un cahier blanc pour mon deuil

Tenir un journal de ton absence

Tenir un journal de ton absence
et m’apercevoir
au fil des mots qui me mènent
vers tes gestes tes paroles notre histoire
que tu es toujours présent

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif

Laisser la vie

Laisser la vie
suivre
son cours
au fil de l’encre
et découvrir
que sa trace
annonce
toujours
les plus ardents
désirs

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Peut-être
que tu t’apprêtes
à revenir
en passant par l’étape
du bourgeon
puis de la fleur
mais peut-être
que tu renaîtras
des myriades de fois
c’est-à-dire
à chaque pulsation
de mon coeur
et que tu seras
ce souffle
qui fait
que je respire

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Juste un poème

Juste un poème
au bord de la page
comme une fleur
à fleur de neige

et le silence
se fait chemin
pour la trace
du mot prochain

Géraldine Andrée

Publié dans Mon aïeul, mon ami., Psychogénéalogie

Tu t’appelais Henri

Tu t’appelais Henri.

Ton prénom est mon seul souvenir.

Tu es mon grand-oncle, c’est-à-dire le frère de ma grand-mère paternelle.

Tu étais mort depuis longtemps quand je suis née.

De toi il n’y a nulle photographie. Alors, j’invente ton regard, la couleur de tes cheveux, ton sourire. Je crois que tu avais une moustache mais je n’en suis pas certaine.

Je ne t’ai connu que par ce que l’on disait de toi qui, à jamais réduit au silence, ne pouvais te défendre et rétablir la vérité.

On te prêtait des pulsions obscures, animales, une sorte de colère archaïque, un tempérament caractériel.

La famille ne résuma ta courte vie que par deux actes.

Le premier est qu’un soir d’été, tu avalas en entier le noyau d’une pêche. Tu échappas par miracle à l’étouffement et à l’occlusion intestinale. Le lendemain, paraît-il, le noyau ressortit par ton rectum sans causer de dégâts.

Le second acte te fut, en revanche, fatal. Tu eus la malchance de vivre sous la période de l’Annexion de la Lorraine qui était alors en guerre comme le reste du pays. Tu travaillais dans une usine dirigée par les Allemands. Lors d’un déjeuner, tu ne supportas pas la remarque d’un commandant.

Tu lui lanças la soupière à la figure.

Le lendemain, tu dus partir sur le front russe sous les couleurs du drapeau allemand.

Tu mourus, fauché par une balle dans l’uniforme de l’ennemi.

J’imagine le vermillon de ton sang dans la neige bleue de Russie, ce sang que nous avons en commun.

Tu représentas définitivement la honte. Aucun membre de la famille ne voulut te réhabiliter. Moi, je ressens aujourd’hui ta colère comme un mouvement de révolte, un désir de liberté et de dignité. Ton impulsivité n’a été que l’expression de la vie. Et pour la vie tu mourus.

J’ignore si ton corps fut rapatrié et où on t’a enterré.

On ne répare pas le passé.

Mais à toi dont le prénom s’est toujours murmuré dans l’ombre,

toi qui dans ma mémoire n’as pas de tombe

sur laquelle une main dépose

à chaque Jour des Défunts

quelques chrysanthèmes

ou quelques roses,

je dédie cette brève biographie en prose

qui se situe à la frontière du poème

pour qu’elle te soit un pays

où, enfin, tu reposes.

Géraldine Andrée

Publié dans musique, Poésie

Si tu tends bien l’oreille

Si tu tends bien l’oreille vers le poème
tu entendras chuchoter au soleil
deux chemins qui se rencontrent
quelque part dans un rêve
que fait pour nous le monde

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Silence

Silence
Page destinée à la fleur
d’un poème

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Je sais un train

Je sais un train
qui trace une route
pour la lumière
qui précède d’un instant
le souffle du temps
qui clignote comme une étoile
accrochée à la brise


Ce train n’annonce aucune destination
seulement le souffle prochain
Il ne s’arrête pas
mais s’enivre de son passage
Ce train ne va vers aucun pays
car il me mène à un asile primordial
ton nom

Géraldine Andrée