Le plus beau poème
est celui qui me comprend
à travers le temps
Géraldine Andrée
Le plus beau poème
est celui qui me comprend
à travers le temps
Géraldine Andrée
Je rêve d’un pays où je pourrais déposer mes bagages et me dire :
Je suis.
Un pays de vérité où mon reflet dans l’eau serait fidèle à moi-même ;
Un pays où seul le silence me ferait exister ;
Un pays où j’aurais conscience que le moindre brin d’herbe, le moindre fétu bougent sous mon souffle ;
Un pays où la terre accueillerait mes pas après la pluie.
Il me semble retrouver ce pays quand j’écris.
Le temps d’une phrase, d’une page,
le temps m’oublie.
Je vis sur une rive loin du monde.
Mais l’autre vie m’appelle.
Il me faut effectuer la traversée à l’envers,
sortir de ma maison, de moi-même,
quitter du regard ma lueur de plus en plus lointaine
pour marcher dans les lumières de la ville.
Et de ce pays quitté
je garde le souvenir d’un sentier
que je fais poème
afin d’y revenir
quand je me sens étrangère
là où je suis.
Géraldine Andrée
Le feu palpite
en chaque mot
de poésie
que certains tentent
de cacher
dans la nuit
Mais le feu couve
le feu persiste
frêle lueur d’or
qui nous fait signe
pour que chacun existe
jusqu’à l’aurore
Géraldine Andrée
Elle me dit
J’ai peur
de ne pas avoir le temps
d’achever ma phrase.
Je n’ai pas le souffle
assez grand.
Et je lui réponds
que ce n’est pas grave.
Nous laisserons
des points de suspension
qui ressemblent
aux trois lueurs
qui tremblent
encore un instant
dans l’air blanc
quand
le papillon
s’envole
vers le jour le plus haut
après avoir rencontré
les fleurs…
Géraldine Andrée
Que dans l’encre bleutée
de ton nom
qui achève
ta longue lettre
soit gardé
tout le ciel d’été
qui apparaissait
à ta fenêtre
Géraldine Andrée
Du frêle
souffle
se détache
le mot
Feuille
que je destine
au ciel
Géraldine Andrée
Un jour j’ai eu envie de partir loin
Mais je n’avais pas assez d’argent pour acheter un billet longue destination
Alors j’ai ouvert mon cahier brun
Qui était à portée de main
Mot après mot j’ai fait mon voyage
J’ai tracé mon chemin
J’ai franchi la ligne qui me séparait
De ma liberté de ma vérité de ma beauté
J’ai trouvé mon élan
J’ai déployé mes ailes dans le blanc
J’ai créé mon horizon
Et j’ai rencontré un pays si secret
Qu’il ne figure sur aucune carte du monde
Pas même un point ne le désigne
Seul un poème peut le rejoindre
Parce qu’il porte mon prénom
Géraldine
Rien ne me manque
J’ai assez d’encre
Pour traverser le silence
Géraldine Andrée
Un chat
gris sombre
aux yeux qui brillent
dans la nuit
tel est mon poème
dont l’encre noire
révèle
mille regards
Géraldine Andrée
Je suis en voyage
Je passe
sur cette terre
en ne laissant
que quelques traces
Je dois vivre
suivre
vaille que vaille
mon chemin
qui consiste
à écrire
la lumière
et lorsque je serai arrivée
à destinée
c’est-à-dire
au bout de la ligne
dans je ne sais
quel espace
de la page
je rentrerai
à la maison
où l’enfance
sans un signal
recommence
Géraldine Andrée