Publié dans Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience, Le journal des confins, Poésie-thérapie

Funambule

Les mots
te regardent
dans les yeux
pour te dire
de suivre

avec confiance
le fil bleu
de cette phrase
qui se balance
sur le blanc

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Poésie-thérapie, Récit de Vie

Un seul mot

Dans un recueil
de poèmes
de Chine
je cherche

avant le sommeil
un seul
mot
qui me fasse signe

plus que tout
autre
et c’est
Émeraude

qui accroche
des étincelles
de feuilles
au silence

de ma chambre
enclose
comme si c’était
une tonnelle

depuis celle
où se repose
le poète
de la dynastie Min

Han Wo
après avoir fait
du ciel jaune
de son parchemin

le messager
d’un poème
de cinq lignes
dont voici

la fin ultime
Je m’endors
sous la tonnelle de roses rouges
près des bananiers émeraude

Géraldine Andrée

Publié dans L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

Petit poème

J’ai écrit
un frêle
poème,

un poème
si petit
qu’il se destine

au souffle
qui viendra
à lui

comme
toute
brindille.

Géraldine Andrée

Publié dans Le journal des confins, Poésie, Poésie-thérapie

Une phrase de Sôseki

Que sont donc
devenues
nos ombres
sur le sentier ?

Je me le demande !
Alors, je recopie
à l’encre
bleu foncé

une phrase
de Sôseki
pour les retrouver :
« La suite reste enfouie au fond de mon cœur. »

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de la lumière, Journal de silence, Poésie, Poésie-thérapie

La cachette

Nulle promenade
aujourd’hui
Je veux seulement
à la lueur
de ma bougie
retrouver
dans l’anthologie
de mon enfance
ce poème
que j’ai tant aimé
jadis
et qui me regarde
entre deux feuilles
qui lui ressemblent

Géraldine Andrée

Publié dans L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

Un poème de Li Po

Un poème
de Li Po
m’invite à m’étendre
et à lire
cette phrase
que la page
du ciel
déroule
elle-même
pour mon regard
et dont chaque
mot
est un oiseau

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

La veine de ton cou

Alors que tu as quitté ton corps
depuis longtemps,
je vois encore
palpiter la veine
de ton cou

comme autrefois
quand assis
au soleil,
tu lisais
ton journal.

C’est une pulsation
si lente
et si régulière
qu’il me semble
qu’elle fait battre

la lumière
dans le jour
et je trouve
si étrange
cette force

de la présence
qui continue
à prendre
chair
dans l’absence

que je me demande
si ce n’est pas la raison
pour laquelle
j’écris
ce poème :

accorder
dans le mouvement
du sang
bleu
de mon encre

le rythme
patient
de ma plume
avec le pouls
fidèle

de ton cou
qui, peut-être, se penche
sur ce blanc
silence
que tu m’as laissé…

Géraldine Andrée

Publié dans Méditations pour un rêve, Poésie, Poésie-thérapie, Récit de Vie, Un cahier blanc pour mon deuil

Sans titre

Quand je veux
faire le deuil
de ce que je n’ai pas vécu,
je m’endors

avec un recueil
de poèmes
sur mon cœur
et dont les mots

sont des yeux
d’or
qui me veillent
jusqu’à ce que je devienne

moi-même
Aurore.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Poésie-thérapie

Un poème de la Chine ancienne

Un poème
de la Chine ancienne
me fait entendre
dans la chambre

le chant
de la pluie fraîche,
une pluie qui date
d’un millénaire

et qui déverse
toutes ses notes
sous ma lampe,
de telle sorte

que le silence
de cette nuit
crépite
comme une brindille

sur le sentier
que le poème
de l’an mil
me dessine

depuis jadis
– ce temps
où n’étant moi-même
que silence,

j’ignorais tout
de l’existence
des poèmes
et de la pluie…

Géraldine Andrée

Publié dans Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, musique, Poésie, Poésie-thérapie

Le long week-end

J’aimerais que ma vie soit un long week-end.
J’approcherais mon visage de la flamme
après m’être baignée dans mon âme

puis je baptiserais d’un poème
chaque goutte d’eau
qui constellerait ma peau.

Un rire dans son éclat
m’emporterait vers une existence
où l’on ne meurt pas.

Et au moment de m’endormir
au creux de l’enfance,
un rêve accrocherait des ailes

à mon dos
pour que la joie qui se termine
recommence aussitôt.

Le temps, alors,
serait largement ouvert
comme un bras de mer

qui me bercerait
sans que sa force ne m’étreigne…
J’aimerais que ma vie soit un long week-end.

Géraldine Andrée