Publié dans Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Poésie-thérapie

Un poème de la Chine ancienne

Un poème
de la Chine ancienne
me fait entendre
dans la chambre

le chant
de la pluie fraîche,
une pluie qui date
d’un millénaire

et qui déverse
toutes ses notes
sous ma lampe,
de telle sorte

que le silence
de cette nuit
crépite
comme une brindille

sur le sentier
que le poème
de l’an mil
me dessine

depuis jadis
– ce temps
où n’étant moi-même
que silence,

j’ignorais tout
de l’existence
des poèmes
et de la pluie…

Géraldine Andrée

Publié dans Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, musique, Poésie, Poésie-thérapie

Le long week-end

J’aimerais que ma vie soit un long week-end.
J’approcherais mon visage de la flamme
après m’être baignée dans mon âme

puis je baptiserais d’un poème
chaque goutte d’eau
qui constellerait ma peau.

Un rire dans son éclat
m’emporterait vers une existence
où l’on ne meurt pas.

Et au moment de m’endormir
au creux de l’enfance,
un rêve accrocherait des ailes

à mon dos
pour que la joie qui se termine
recommence aussitôt.

Le temps, alors,
serait largement ouvert
comme un bras de mer

qui me bercerait
sans que sa force ne m’étreigne…
J’aimerais que ma vie soit un long week-end.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, Poésie-thérapie

Un poème

Un poème
c’est le silence
qui chemine
dans la nuit
et qui laisse
pour trace
son chant

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de mon jardin, Poésie, Poésie-thérapie

Il y avait là, jadis, une fontaine

Il y avait là, jadis, une fontaine…
Ses notes berçaient
des pétales, des feuilles,
des fétus d’herbe, des grains de pollen

et son reflet
faisait danser avec lui
le jour
qui luit.

Ils ont muré
la bouche
de la fontaine
et de son chant,

il ne reste
désormais
aucune trace
sinon celle

de ce poème
qui se fraie
un chemin
dans le silence…

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Journal de la lumière, Journal de silence, Poésie, Poésie-thérapie

Mon entourage

Lorsqu’il n’y a plus personne,
je m’entoure de mots
tels que « jardin », « lumière »,
« beauté », « source »,
« enfance »,
des mots qui éclairent
mon regard
quand ils voyagent
de la page
à mes lèvres,
des mots
dont le murmure
précède
le poème
et qui deviennent
enluminure
du silence.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Poésie-thérapie

La page blanche

J’aime
la page blanche
car je me demande
ce qu’elle s’apprête

à me révéler
si j’avance
en toute
confiance

et si je disperse
par ma trace
sa vierge
présence :

quelle pervenche,
quelle souche
quelle racine
peuvent apparaître ?

Peut-être
qu’elle cache
quelques
graines

pour les futures
semences…
Alors,
je prends note

des possibles
de la page
blanche
et j’en fais un poème

pour le jour
où je sentirai
que l’inspiration
est absente.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Tu n’as pas disparu

Tu n’as pas disparu
cachée que tu es
entre deux mots
d’un poème

serpolet
et verveine
là juste
sous la virgule

qui luit
telle une aile
minuscule
au soleil

Géraldine Andrée

Publié dans L'alphabet de l'herbe, Poésie-thérapie

Sans titre

Je veux disparaître
dans un poème
de Claude Roy
où bat
à bas bruit
à fleur
d’herbe
et de limon
juste
à l’instant
où apparaît
la première
note
de la source
le cœur
inaltérable
du monde

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Poésie-thérapie

Le plus beau poème

Le plus beau poème
est celui qui me comprend
à travers le temps

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

Le pays

Je rêve d’un pays où je pourrais déposer mes bagages et me dire :

Je suis.

Un pays de vérité où mon reflet dans l’eau serait fidèle à moi-même ;
Un pays où seul le silence me ferait exister ;
Un pays où j’aurais conscience que le moindre brin d’herbe, le moindre fétu bougent sous mon souffle ;
Un pays où la terre accueillerait mes pas après la pluie.

Il me semble retrouver ce pays quand j’écris.

Le temps d’une phrase, d’une page,
le temps m’oublie.
Je vis sur une rive loin du monde.

Mais l’autre vie m’appelle.
Il me faut effectuer la traversée à l’envers,
sortir de ma maison, de moi-même,
quitter du regard ma lueur de plus en plus lointaine
pour marcher dans les lumières de la ville.

Et de ce pays quitté
je garde le souvenir d’un sentier
que je fais poème
afin d’y revenir
quand je me sens étrangère
là où je suis.

Géraldine Andrée