Un poème
c’est le silence
qui chemine
dans la nuit
et qui laisse
pour trace
son chant
Géraldine Andrée
Un poème
c’est le silence
qui chemine
dans la nuit
et qui laisse
pour trace
son chant
Géraldine Andrée
Il y avait là, jadis, une fontaine…
Ses notes berçaient
des pétales, des feuilles,
des fétus d’herbe, des grains de pollen
et son reflet
faisait danser avec lui
le jour
qui luit.
Ils ont muré
la bouche
de la fontaine
et de son chant,
il ne reste
désormais
aucune trace
sinon celle
de ce poème
qui se fraie
un chemin
dans le silence…
Géraldine Andrée
Lorsqu’il n’y a plus personne,
je m’entoure de mots
tels que « jardin », « lumière »,
« beauté », « source »,
« enfance »,
des mots qui éclairent
mon regard
quand ils voyagent
de la page
à mes lèvres,
des mots
dont le murmure
précède
le poème
et qui deviennent
enluminure
du silence.
Géraldine Andrée
J’aime
la page blanche
car je me demande
ce qu’elle s’apprête
à me révéler
si j’avance
en toute
confiance
et si je disperse
par ma trace
sa vierge
présence :
quelle pervenche,
quelle souche
quelle racine
peuvent apparaître ?
Peut-être
qu’elle cache
quelques
graines
pour les futures
semences…
Alors,
je prends note
des possibles
de la page
blanche
et j’en fais un poème
pour le jour
où je sentirai
que l’inspiration
est absente.
Géraldine Andrée
Tu n’as pas disparu
cachée que tu es
entre deux mots
d’un poème
serpolet
et verveine
là juste
sous la virgule
qui luit
telle une aile
minuscule
au soleil
Géraldine Andrée
Je veux disparaître
dans un poème
de Claude Roy
où bat
à bas bruit
à fleur
d’herbe
et de limon
juste
à l’instant
où apparaît
la première
note
de la source
le cœur
inaltérable
du monde
Géraldine Andrée
Le plus beau poème
est celui qui me comprend
à travers le temps
Géraldine Andrée
Je rêve d’un pays où je pourrais déposer mes bagages et me dire :
Je suis.
Un pays de vérité où mon reflet dans l’eau serait fidèle à moi-même ;
Un pays où seul le silence me ferait exister ;
Un pays où j’aurais conscience que le moindre brin d’herbe, le moindre fétu bougent sous mon souffle ;
Un pays où la terre accueillerait mes pas après la pluie.
Il me semble retrouver ce pays quand j’écris.
Le temps d’une phrase, d’une page,
le temps m’oublie.
Je vis sur une rive loin du monde.
Mais l’autre vie m’appelle.
Il me faut effectuer la traversée à l’envers,
sortir de ma maison, de moi-même,
quitter du regard ma lueur de plus en plus lointaine
pour marcher dans les lumières de la ville.
Et de ce pays quitté
je garde le souvenir d’un sentier
que je fais poème
afin d’y revenir
quand je me sens étrangère
là où je suis.
Géraldine Andrée
Le feu palpite
en chaque mot
de poésie
que certains tentent
de cacher
dans la nuit
Mais le feu couve
le feu persiste
frêle lueur d’or
qui nous fait signe
pour que chacun existe
jusqu’à l’aurore
Géraldine Andrée
Elle me dit
J’ai peur
de ne pas avoir le temps
d’achever ma phrase.
Je n’ai pas le souffle
assez grand.
Et je lui réponds
que ce n’est pas grave.
Nous laisserons
des points de suspension
qui ressemblent
aux trois lueurs
qui tremblent
encore un instant
dans l’air blanc
quand
le papillon
s’envole
vers le jour le plus haut
après avoir rencontré
les fleurs…
Géraldine Andrée