Elles sont finies
les années
de sang
Alors
elle s’achète
un carnet
avec un cordon
pour le nourrir
avec celle
qu’elle est devenue
Géraldine Andrée
Elles sont finies
les années
de sang
Alors
elle s’achète
un carnet
avec un cordon
pour le nourrir
avec celle
qu’elle est devenue
Géraldine Andrée
Géraldine Andrée
J’écris pour que mes mots
soient des lampes
éclairant le cœur
des chambres que j’ai quittées
Géraldine Andrée
Remplis
toute la page
tout l’espace
qu’elle t’offre
Qu’aujourd’hui
ta vie
déborde
Géraldine Andrée
Sa mère lui dit
Ta sœur morte
était plus sage
que toi
Alors elle veut mettre
sa vie
en points
de suspension
disparaître
au point
qu’elle s’efface
tout de suite
et qu’elle se retire
en silence
dans sa chambre
pour écrire
Géraldine Andrée
Elle s’est endormie
à l’aube
couchée
près de son cahier
aussi fatiguée
qu’après une longue
nuit
d’amour
Géraldine Andrée
Géraldine Andrée
Écrire
c’est gratter
chaque
peau
morte
jusqu’à
atteindre
la chair
vivante
vibrante
palpitante
du dernier
mot
Cela
prend
toute
une vie
Géraldine Andrée
Reprendre mon cahier et écrire.
C’est tout ce qui importe.
En face de moi, ce tableau avec le bleu et l’ocre du port,
un trois-mâts, deux barques, un phare, des nuages…
C’est là que je dois aller. Au loin. Au large. Rompre les liens.
Je n’ai jamais vraiment regardé ce tableau quand j’y pense…
La baie. La virgule d’une mouette qui brasse l’infini.
Et si je l’imitais ?
M’accrocher à la crête d’une majuscule.
M’allonger sur la vague d’une phrase.
À me laisser bercer ainsi
par l’écriture,
à rêver mon poème
comme le prolongement de mon corps
qui vogue au fil de l’encre marine
sur le blanc,
je m’aperçois que c’est moi qui berce l’écriture.
J’initie cette douce ondulation avec mon simple désir.
L’étrange mouvement de ma main,
d’où vient-il ?
Quelle est cette vibration ?
Descend-elle des étoiles,
d’une immense paume invisible ?
Il est une lunaison de l’écriture
que mon souffle éclaire.
Oui, c’est vraiment là que je dois emmener mon poème,
jusqu’à la dernière étincelle avant l’azur.
Puis, une fois que mon poème sera suffisamment loin,
devenu un frêle point qui danse
à la lisière où le monde s’efface,
je ferai signe à mon prochain
avec l’ultime lueur du silence.
Géraldine Andrée
À l’heure où les messages pour la Fête des Mères débordent sur les réseaux sociaux, je tiens, ce soir, à m’adresser dans ce post à tous ceux qui se sentent délaissés par cette fête parce qu’ils sont délaissés par leur mère et ce, pour différents raisons :
-À tous les enfants nés sous X qui méconnaissent le nom de leur mère
-À tous les enfants écartés de leur mère pour cause de maltraitance
-À tous les enfants incompris, abandonnés physiquement et/ou psychiquement par leur mère
-À tous les enfants qui n’ont pas eu « une mère suffisamment bonne » selon l’expression du pédiatre Winnicott
-À tous les orphelins
-À tous les enfants dont la mère est malade, placée
-À tous les enfants qui ne reconnaissent plus leur mère partie très loin d’eux, pour le pays d’Alzheimer
Le savez-vous ? Nous intériorisons tous, quelle que soit notre enfance, une mère idéale pour soi.
Aussi, créez-vous votre propre Fête des Mères en vous désignant une mère parmi les personnes, stars qui vous inspirent. Notez son prénom sur un cahier et adressez-lui une lettre de gratitude dans laquelle vous décrivez comment et pourquoi cette personne est une mère spirituelle pour vous.
Et soyez aussi votre propre mère. Nourrissez l’enfant intérieur qui est en vous au lait bleu.
Qu’est-ce que le lait bleu ?
Le lait bleu est ce qui nourrit votre âme.
Il y a le lait bleu de l’encre
le lait bleu de la gouache
le lait bleu d’un poème
le lait bleu d’un ciel d’été sur un tableau
le lait bleu de la musique
le lait bleu des prochaines vacances
le lait bleu de votre propre joie à exister
le lait bleu de votre pouvoir personnel à enfanter et à allaiter – un enfant, un rêve, un projet…
Quel est votre lait ? Qu’est-ce qui vous fortifie ?
En vous le donnant, vous vous placerez en toute confiance sur le sein de la Vie.
@L’Encre au fil des jours
Géraldine Andrée