Je rêve que je retourne à la maison natale. Et le présent est doux, comme autrefois. Rien n’a été emmené par les commissaires-priseurs. Tous ces cartons ouverts n’étaient qu’une illusion, un cauchemar des mauvaises nuits de l’enfance…
Il y a là, comme jadis,
les prunelles des miroirs entourées d’or, les fauteuils si profonds que l’on s’y ensevelit, la table avec les feuilles étoilées d’équations de mon père, le buffet dont je sens sous mon pouce la patine du bois. Il suffit que je tourne la petite clé argentée pour explorer d’un œil neuf le royaume des assiettes et des tasses de porcelaine. On va bientôt préparer un bon dîner… Mais c’est donc moi, l’invitée ! Ma mère me reçoit, souriante. Elle a le visage clair, les cheveux auburn et les yeux bien bleus. Enfin, je peux la regarder en saisissant une étincelle, avoir une conversation avec elle, même si elle paraît banale :
– Tu as fait bon voyage ? Tu n’as pas eu trop froid ? Je trouve que tu n’es pas bien couverte !
Pourtant, c’est plutôt à moi de demander à ma mère si elle a fait bon voyage depuis le pays d’Alzheimer. Et je m’entends m’exclamer :
– Cette fois, tu es revenue pour toujours, dis ?
– Oui ! Viens ! J’ai préparé du bon potage !
Je peux m’asseoir, délier mes jambes. La lampe éclaire l’ambre des légumes.
Une pincée de crème… « Il n’y a plus qu’à tourner avec la petite cuillère », me dit ma mère.
Je vais bien dormir et faire de longs rêves au cours desquels la plante délaissée refleurira – j’en suis certaine. Je suis tout étonnée que la lointaine véranda du passé se recrée autour de la plante aux fleurs roses et qu’elle reflète le jardin que je croyais détruit à jamais. Juste là, je vois la longue allée de cailloux, puis l’éternel marronnier, l’échelle qui monte à la cime du mirabellier, le sapin mauve quand le soleil s’y pose.
Un pas de plus… Et le contact du carrelage me saisit. Un frisson me traverse. La véranda est nimbée d’une fraîche lumière. Je boutonne sur mon cœur le gilet de mes treize ans. Sur la table basse, ma mère a déposé la cagette des dernières prunes. J’ai envie d’en choisir une… Il faut que je me dépêche avant que n’apparaissent sur leur peau des taches brunes, comme sur les mains de ma mère quand elle a vieilli.
Mais pour l’instant, le temps est encore un enfant.
La preuve, dès que je m’approche, le chemin est à la hauteur de mes doigts. Alors, je commence à écrire.
Quand elle ouvre son cahier, le soir, sous sa lampe de travail, elle se dit :
J’écris pour moi ! Rien que pour moi !
Mais au fond d’elle-même, elle sait très bien qu’elle se raconte des histoires et qu’elle nourrit silencieusement ce souhait, comme un jardin secret, d’étirer à l’infini les lignes de ses mots entre tous les immeubles, toutes les rues, toutes les villes, tous les pays…
Elle rêve d’écrire pour la fille qui rentre de son emploi précaire dans son petit studio et dont elle voit par la fenêtre les murs blancs comme les pages d’un cahier vierge, sous la lumière de l’halogène.
Elle rêve d’écrire pour toutes les fenêtres éclairées, pour les vendeuses qui ajustent des vêtements d’hiver sur des mannequins blafards dans les vitrines, pour les open-spaces où chaque ordinateur en veille est une île bleue au large de la nuit.
Elle rêve d’écrire pour le voyageur tardif qui s’engouffre dans la dernière rame de métro, pour l’intermittente du spectacle qui apprend par cœur ses répliques sur un strapontin de train de banlieue, malgré l’annonce déshumanisée des arrêts successifs, et qui croisera peut-être, sans le voir, le voyageur tardif sur un escalator, entre deux correspondances…
Elle écrit pour l’agent de propreté qui entortille sa serpillère dans des bureaux vides, pour l’homme d’affaires qui réserve en ligne son vol vers New York, laissant sa femme fêter seule l’anniversaire de leur fils…
Elle rêve d’écrire pour toutes ces solitudes…
Elle rêve d’écrire les histoires de toutes ces solitudes.
Elle rêve d’écrire pour sa solitude à Elle et à Lui, c’est-à-dire pour ce conducteur qui s’engouffre, pleins feux, sur l’autoroute et qui aurait pu être son amant – qui sait – si la main du Grand Écrivain avait inscrit leur rencontre au chapitre 7 du sommaire de leur biographie…
Elle rêve que ce conducteur, après avoir roulé toute la nuit, s’arrête dans une aire de repos au moment où l’aube point… Qu’Il s’endort et rêve de chaque recoin de son cœur à Elle, comme s’Il en avait visité la chambre en réalité… Qu’Il en découvre tous les mystères, toutes les émotions qui L’animent et qui se rappellent à Lui, parce qu’Il a bien lu Son Livre avant de prendre la route, et qu’Il a vécu tout ce qu’Elle raconte…
Elle rêve de Lui qui se rêve feuilletant Son Livre qui L’a tant marqué, dévidant les phrases de Son journal intime devenu roman, les scandant au rythme d’une étrange rationalité onirique, tel cet aphorisme à l’accent si intime :
J’ai toujours vécu en pensant que j’allais mourir au petit matin.
Elle rêve qu’Il s’exclame de vive voix dans son rêve :
Mais c’est tout Moi, ça ! Vivre à cent à l’heure… Pourquoi ?
Et leurs rêves, après la rencontre de leurs histoires respectives, s’entrelacent comme leurs doigts, comme s’Ils prenaient ensemble un café à la cafétéria de l’aire de repos…
Alors, il lui faut bien l’admettre :
ce petit cahier sous sa lampe de bureau est le témoin de son éclatant désir d’exister aux yeux de tous ceux qu’Elle ne verra jamais.
Elle continue donc à écrire comme Elle rêve, à rêver comme Elle écrit.
La pluie aux mille chevilles a balayé la poussière foulée par les pas en allés, les fétus roussis au soleil, les brindilles sèches, les pétales des roses fanées, les feuilles brûlées sous les feux de l’été ; tout ce qui a chu, vécu, été, et qui ne sera plus jamais… Comme le chemin est clair, désormais, jusqu’au point le plus lointain ! Je m’y promène en tenant dans la paume de ma main la blanche allée d’une page détachée d’un ancien carnet… Pour avancer, ne faut-il pas effacer ?
Si je prenais le train pour cette lointaine ville du Nord, au bord de la mer, retrouverais-je la jeune fille que j’ai été, dont on disait « qu’elle était en âge de coiffer Catherinette » et qui, c’est vrai, rêvait tant de se marier… Si je prenais le train du temps, retrouverais-je la silhouette fine de cette jeune fille dans la rue de Soubise, les joues battues par la bise, et qui me ferait peut-être un signe complice, dans les reflets des vitrines ? Reconnaîtrais-je son ineffable insouciance, sa féroce ardeur de vivre ? Pourrais-je la suivre dans sa librairie-papeterie favorite ? Parviendrais-je à me pencher sur son épaule quand elle choisissait des cahiers à la page douce – intitulés Majuscule -, ou des cahiers de la marque Clairefontaine, dont la couverture était brillante, car elle avait toujours pour projet d’écrire ses plus beaux poèmes ? Poserais-je mon doigt au-dessus du sien qui examinait sensuellement la texture du papier ? Verrais-je à travers son regard l’éclat de cette alliance, lorsque l’homme – un collègue qui se disait « très marié »- l’avait invitée à boire un chocolat mousseux et brûlant, dans ce café éclairé par des lampes blafardes au bord d’une plage belge ? Est-elle toujours là, cette jeune fille, avec les boucles blondes qui dépassent de son bonnet et son écharpe beige, attablée devant cet homme « qui a bien une idée derrière la tête », dans l’ombre d’une fin d’automne ? Revivrais-je pour elle les mêmes peines, afin de mieux la comprendre ? Serais-je témoin du fait qu’elle se laisse enlacer et trahir ? Saurais-je d’instinct où elle a posé ses pas, où elle a épuisé son rire, perdu quelques mèches de cheveux, abandonné son âme ? Rassemblerais-je pour elle les grains d’énergie qu’elle dispersait dans tous les sens, à tous les vents, comme si « ce n’était rien » ? L’autoriserais-je, par amour, à vivre jusqu’au bout de la nuit son expérience – le cri du silence – parce qu’il lui était plus urgent d’aimer que d’écrire ? Ou lui tendrais-je ses cahiers vierges – à elle qui ne s’appartenait plus -, en lui disant : – Ce n’est pas cet homme qui t’attend ! Mais un poème ! Reviens à toi ! Et pour l’aider à écrire – c’est-à-dire à revivre -, devinerais-je d’instinct la croisée des deux chemins où s’inscrivit jadis l’empreinte de ses pas, indiquant clairement qu’elle s’était fourvoyée ? Lui tiendrais-je la main pour nous diriger du bon côté, où Je serais enfin Elle, où Elle serait enfin Moi ? Ou serions-nous à tout jamais distinctes l’une de l’autre, moi l’ayant perdue, oubliée en quittant cette ville ? Moi qui l’ai trahie à mon tour et méprisée d’avoir été si naïve ? J’imagine que la marge de mon fichier est ce quai où c’est elle désormais qui m’attend, avec son sourire triste et ses yeux profonds, espérant que je rencontre sa solitude dans cette lointaine ville du Nord. Alors, j’augmente la lisibilité des caractères futurs et je lui demande : – Es-tu d’accord pour que nous écrivions ce livre ensemble ?
Je me souviens des après-midi d’août de mon enfance… Les volets vénitiens ; les crayons de couleur ; la feuille Canson blanche… Je suis cette petite fille en short et débardeur qui dessine une maison imaginaire dans un pays de lumière. Ma mère prépare une tarte à la mirabelle. Je revois, comme si c’était hier, ses mains claires pétrir la pâte dans un geste à la fois rapide et adroit, tandis que quelques grains de farine s’échappent de ses doigts, pour courir dans le ciel de mon dessin que je m’applique à rendre réel…
Dans mon cahier achevé une note de bas de page qui me renvoie au texte d’un autre cahier pour compléter ce que j’écris
Cahier rose Oberthur Poème Et si je n’écris pas Page 105
L’écriture comme un jeu de pistes qui me mène toujours plus loin où une trouvaille m’invite à faire une autre trouvaille Écrire c’est aller d’étoile en étoile
Et j’ouvre la malle d’osier blond dans laquelle m’attend Le Cahier rose Oberthur
C’est toute une aventure de le feuilleter jusqu’à la page dite J’accomplis une véritable traversée de mon être
Ce pays fait de sources de souffles qui m’ont laissé leurs méandres que sont mes phrases débordant des marges pour que je puisse suivre jusqu’à ma destination le dessin de mon dessein
Puis lorsque je trouve le morceau choisi mon cœur palpite Je me réjouis
d’avoir répondu à l’appel de cette amie qui a songé au cœur de l’automne 2022 à me confier cette question lorsque j’éprouverais l’immense désir d’y répondre et qui n’est autre que Moi-Même par-delà les jours :
Le journal intime de mon grand-père a disparu. Je peux étoiler tous les espaces de mes mots, ouvrir chaque cahier comme la délicate corolle d’un jardin oriental, accrocher des myriades de feuilles à ma vie pour croire que j’ai le ciel et les racines… Je ne retrouverai pas la trace des pensées secrètes de mon grand-père, les anecdotes de son récit de guerre, sa campagne dans le Nord, les différents noms des arbres et des fleurs, sa chanson Étoile des Neiges recopiée à l’encre bleu clair… Ma plume aura beau prétendre courir comme l’alezan… Elle ne reconstituera jamais l’élan de cette écriture si déliée, si régulière, si noble, si fine… Une écriture d’instituteur, dédiée au sens et au mouvement.
Chaque jour, je fais en sorte que mon cahier soit la porte qui donne sur ce journal intime.
Mais lorsque je m’avance sur le seuil, il n’y a plus personne, pas le moindre signe… Je m’en retourne donc écrire… Seule.
What’s your story ? J’écris ma vie.Tome 1. Petit guide pour être l’auteur de sa vie.
En ces temps troublés, je souhaite évoquer ce petit livre que j’ai écrit pendant la période du confinement.
À cette époque, j’ai éprouvé le besoin intense de mettre à profit les outils d’écriture résiliente que j’expose dans ce petit ouvrage de 86 pages, que l’on peut facilement glisser dans sa valise, entre chapeau et lunettes de soleil.
Parce que depuis 2020, rien n’a changé, que tout a même empiré et qu’il devient de plus en plus urgent d’explorer ce pays souvent inconnu de soi : soi-même avec ses ressources, ses potentialités créatives, ses aptitudes à la résilience.
Au lieu de compter sur l’extérieur pour être heureux, on peut compter sur la richesse que l’on possède au fond de soi. Et si l’on veut bien s’y aventurer, on constatera que ce puits de richesses est un puits sans fond, chaque jour renouvelé.
Avec un simple stylo, extirpons nos trésors.
Comme le déclare Gandhi,
« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »
L’écriture quotidienne nous aide à nous métamorphoser intérieurement. En changeant la perception de soi, elle change notre regard sur le monde. Et donc, nécessairement, le monde change – devenant le reflet de notre propre regard.
J’enseigne dans ce petit ouvrage des techniques simples qui permettent cette auto-découverte, durable et profonde.
Vous n’avez besoin pour seul matériel d’application que de votre cahier et de votre stylo préférés.
Un prochain livre est en préparation. Il développera les notions d’écriture thérapeutique abordées dans cet ouvrage en articulant plus longuement théorie et pratique.
Je vous livre la Préface de ce premier tome, également disponible, pour la version en e book à la Fnac :
Je suis née – ou plutôt, je me suis incarnée si l’on considère que c’est un choix – dans une famille très difficile, dont les membres étaient liés les uns aux autres par des non-dits, des secrets, des tabous, des disputes sans fin.
Il m’a fallu, pour m’adapter à cette ambiance délétère et pour survivre, faire preuve de ce que Boris Cyrulnik appelle « la résilience » .
Je crois que c’est parce que je ne disais rien, que je demeurais silencieuse et effacée que, paradoxalement, je me suis mise à écrire.
Réduite à me taire, à me faire plus petite qu’une poussière, à disparaître, j’ai tracé un matin, par un poème sur un cahier orange, le début de mon chemin. Celui-ci, depuis, n’a jamais cessé et il m’a conduite à maintes destinations.
L’écriture est devenue mon refuge, mon amie, ma compagne. Je rêvais secrètement de rencontrer un ange dans la page. Je lui confiais mes états d’âme, mes doutes, mes tourments, mes cris intérieurs.
J’ai écrit… J’ai crié… Je me suis écriée… dans la promenade silencieuse du stylo sur le papier.
Au fil de l’encre, au rythme des jours, l’écriture a dessiné mes contours, moi qui me croyais flottante, évanescente comme un nuage.
Grâce aux mots, je suis parvenue à me définir et à tracer une limite saine entre les autres et moi.
J’ai pu établir des frontières qui protégeraient mon intériorité des invasions de l’extérieur.
Puisque j’avais si peu de place dans ma famille, j’ai trouvé une place sur la page.
Et c’est parce que je n’occupais pas de place dans cette famille que je l’ai trouvée sur la page. Les épreuves constituent souvent des présents mal emballés.
L’écriture, l’histoire de ma vie ; une histoire de vie… Votre histoire de vie à vous aussi !
Je crois que la vie n’est pas complètement tracée, que nous pouvons l’écrire comme nous le voulons et trouver des embranchements, des bifurcations, des déviations dans une simple page.
Pourquoi écrire ?
On écrit pour
Apprendre à se connaître
Être soi
Comprendre sa vie à l’éclairage du présent
Profiter en témoignant de chaque jour qui passe
Guérir, faire le deuil, faire acte de résilience
Retrouver le passé et le faire revivre
Avoir des preuves de ce que l’on a vécu
Être l’auteur de son futur
Faire de sa vie un livre vivant
Devenir authentique pour autrui
Dire l’indicible…
On écrit pour donner à sa vie un sens (à la fois signification et direction), l’accomplir comme une œuvre.
Comment utiliser ce livre ?
De la façon qu’il vous plaira.
Vous pouvez choisir un chapitre, une page, un exercice au hasard – ou par synchronicité, comme le dirait Jung, car le chapitre qui se présente à vous répondra à votre humeur, votre besoin ou votre problème à résoudre.
Vous pouvez, de même, suivre les chapitres et faire les exercices dans l’ordre.
Si un exercice ne vous plaît pas, respectez-vous. Ne le faites pas. Remettez-le à plus tard ou trouvez une variante. L’expérience de l’écriture doit être l’exploration d’un vaste champ de liberté et de possibles, non une contrainte. Elle vous invite d’abord à prendre soin de vos envies, de vos désirs, à écouter qui vous êtes.
Ce livre n’a pas vocation à être scolaire. Il ne vous apprend pas à écrire selon les règles inculquées à l’école. Il vous apprend à écrire qui vous êtes, tel que vous êtes. Et ce qu’il peut vous apprendre à mieux écrire, c’est votre vie.
Quoi qu’il en soit, ce livre vous aidera à mieux vous connaître à travers l’écriture, à découvrir des facettes de vous-même depuis longtemps ignorées et qui vous étonneront, vous fascineront.
J’aime penser que la page est un miroir et que l’écriture est le regard qui nous renvoie à ce miroir.
Les textes, techniques et exercices que je vous propose viennent de mes expériences d’écriture et de vie. En effet, l’écriture matérialise la vie comme la vie s’incarne dans l’écriture. C’est pour cette raison que vous trouverez dans cet ouvrage des passages autobiographiques ou des réponses personnelles aux exercices que je vous propose et qui vous laisseront libre de noter les vôtres. J’ai toujours l’habitude de montrer les chemins par lesquels je suis passée avant d’évoquer la destination.
Qu’écrire vous aide à vivre !
Je vous souhaite une belle et longue écriture de vie !
J’écris pour faire dialoguer les parties de moi-même qui sont en désaccord ; J’écris pour être à la fois l’héroïne et la spectatrice de mon histoire ; J’écris pour dire ma vérité par la fiction ; J’écris pour transformer le silence en source ; J’écris pour donner la parole aux fleurs, aux arbres, aux étoiles qui me gardent une place en leur compagnie ; J’écris pour voyager dans ce ciel qui me traverse ; J’écris pour adoucir mes jours ; J’écris pour gratter mes peaux mortes ; J’écris pour partir aux confins de cet univers en moi, qui s’expanse à chaque instant et que je ne connaîtrai jamais entièrement. J’écris pour guérir, sans aucun doute. Mais j’écris surtout pour guérir la Vie.