Écrire si tard et si longtemps que mes mots se confondent avec la nuit
qu’il n’y a plus de frontière entre ma page et l’univers
que les deux espaces se mêlent
devant moi devenue
seule fenêtre
Géraldine
Écrire si tard et si longtemps que mes mots se confondent avec la nuit
qu’il n’y a plus de frontière entre ma page et l’univers
que les deux espaces se mêlent
devant moi devenue
seule fenêtre
Géraldine
Ô le plaisir
de relire
et de corriger
dans la marge
un poème
érotique
Accentuer
par une métaphore
la courbe
d’une épaule
qui se penche
sur le drap
de la page
Poursuivre
avec la pointe
de la plume
cette caresse
jusqu’au bout
du pied
quand
le corps
se déhanche
de strophe
en strophe
Suspendre
d’un point
le souffle
aimant
avant
de le laisser
reprendre
son rythme
de vague
languide
loin
de la rive
du lit
qui s’efface
à la phrase
suivante
Et ajouter
une apostrophe
lyrique
au cœur
de la nuit
blanche
pour qu’elle soit
les lèvres
pleinement
ouvertes
de ton baiser
©Géraldine Andrée
Je souhaite investir pour écrire
un rayon de soleil de mon samedi après-midi (là, j’écris mon journal à la main).
Je souhaite investir la nuit pour travailler mes textes à l’ordinateur.
Je souhaite investir le silence qui précède la mise au monde du jour,
pour y recueillir mes mots-étoiles
tombés sur la nappe,
à portée de ma paume,
là, tout près de l’assiette de pommes.
Et avec musique douce, s’il vous plaît,
et un peu de café au lait
dont s’exhale la chaude senteur
à la hauteur
de mon cœur !
Géraldine
-Pourquoi tu écris ? Cela ne sert à rien, de toute façon!
-Le bien n’est pas forcément utile ! Et écrire me fait du bien !
-Personne n’aura envie de te lire !
-Une personne très importante me lira plus tard : Moi !
-Tout a déjà été dit !
-Mais moi, je veux le dire avec ma voix singulière !
-Tu écris de manière stéréotypée ! Tous ces clichés, ces poncifs…
-J’écris comme je sens et comme j’éprouve… La sincérité est incompatible avec la volonté de créer des effets littéraires.
-Tu perds ton temps à écrire !
-Écrire me permet d’améliorer ma vie, le seul temps qu’il m’ait été donné !
-Écrire t’empêche de vivre !
-Écrire me permet de vivre, avec plus d’intensité, d’acuité, de conscience…
-Si tu crois que tu vas réussir… Ce que tu écris est tellement plat…
-Mes échecs d’aujourd’hui sont mes réussites de demain.
-Tout le monde écrit !
-Et je fais partie de ce monde, moi aussi !
-La lessive et le rangement t’attendent !
-Justement ! Écrire me permet de nettoyer, plier et ranger mes pensées.
-Je vois bien que tu te fuis dans l’écriture.
-Je te fuis, toi ! Et en faisant cela, je me sauve.
-Qui es-tu pour écrire, enfin ?
-Quelqu’un !
Géraldine
Tu n’es plus très loin
et tu le sais
Tu n’es qu’à un mot près
de ce point
à partir duquel la vérité
se manifeste
et qui cligne
au bord de la fenêtre
ouverte
de ton carnet
pour guider tes yeux
au-delà
de ce qu’ils voient.
Géraldine
La réception d’une biographie
Votre biographie est terminée mais, en vérité, tout commence. La fin de l’écriture de l’ouvrage marque la révélation de vous-même aux yeux de vos proches, de vos amis – voire de la société entière, si la biographie est publiée. Le temps du dévoilement est venu. Bien souvent, le narrateur est traversé d’enthousiasme et de peur. Il est pressé de montrer le livre et il en retarde l’échéance. Et cela se comprend… Quoi de plus intimidant que la réaction (ou le jugement d’autrui) vis-à-vis de l’œuvre la plus intime qui soit : celle d’une vie ?
Je peux vous accompagner pendant cette étape cruciale en présentiel ou à travers ce billet.
Dans tous les cas, je demeure présente comme je l’ai été lors de l’écriture, pour vous accompagner dans la seconde et palpitante aventure qu’est la réception de votre biographie.
D’autres articles vous attendent bientôt sur ce site :
Tenir entre mes mains le livre de ma vie.
En quoi l’écriture de mon livre de vie m’a-t-elle changé ?
Géraldine Andrée
J’écris pour oublier
l’écho de mes pas
dans les pièces vides
de la maison natale.
Bien sûr, mon cahier ouvert
est aussi un vaste
espace
où je me perds.
Mais quand je m’y glisse,
les murs et les planchers nus
de mon enfance
s’évanouissent.
Délivrée de la mémoire
qui m’entrave,
me voici aile ou voile
devenue.
Et sur mon passage
qui soulève
chaque page,
le silence
se fait pétale.
Géraldine
Elle cache ses poèmes
Elle garde
pour ses seuls yeux
leur flamme bleue
qui pourrait éclairer le monde
Elle sent la lumière
de leur encre
qui vit qui vibre
au point de se confondre
avec son âme
Mais comme elle a peur
que les autres
la trouvent
ridicule
étrange
voire
anormale
elle dédie
leur souffle
au silence
et elle cache
leur grâce
dans l’armoire
de son enfance
la nuit épaisse
des tiroirs
entre des feuilles
couvertes
de théorèmes
dans la reliure
d’un vieux roman
sous son oreiller
comme autrefois
quand elle offrait
ses dents de lait
à la fée
de sa chambre
dans son journal
intime
qu’elle ferme
avec un cadenas
doré
Il lui arrive
même
de cacher
ses poèmes
dans son corsage
et elle rêve
que ce sont des billets
doux
que la main
d’un amant
aurait glissés
au creux de ses seins
comme dans la corolle
d’une fleur
de jasmin
Quand elle marche
elle sent que le papier
palpite
contre sa peau
telles des ailes
prêtes à s’ouvrir
Elle pourrait
laisser les poèmes
s’envoler
mais elle les couve
encore
et toujours
frêles oiseaux
prisonniers
de sa cage
thoracique
où s’affole
parfois
sans crier gare
son cœur
Elle reste donc
bien
à sa place
à écouter
patiemment
les autres
parler
de choses
et d’autres
qui ne la touchent pas
Géraldine