Que puis- je dire de ma vie ?
J’écris.
J’avance.
Je confie comme tout promeneur ma trace
au sable, à la terre, à la neige,
et au vent qui contient tout les souffles possibles
pour la répandre
grain après grain
dans l’espace.
Géraldine Andrée
Que puis- je dire de ma vie ?
J’écris.
J’avance.
Je confie comme tout promeneur ma trace
au sable, à la terre, à la neige,
et au vent qui contient tout les souffles possibles
pour la répandre
grain après grain
dans l’espace.
Géraldine Andrée
Avant de raconter sa vie en long et en large,
honorer l’accueil du cahier
où l’âme peut s’étendre,
prendre toute la place,
se réchauffer grâce
à la flamme blanche
du papier
sur laquelle les mains s’ouvrent
et que la lampe
met bien en évidence.
Je te remercie, page de ce jour,
de m’accepter inconditionnellement.
Géraldine Andrée
Pour mon histoire douloureuse,
pour la chronologie de mes peines et de mes trahisons,
je choisis ce carnet
dont la texture est veloutée comme du lait de naissance,
la reliure blanche comme un drap entrouvert au matin,
la page légère comme un voile de berceau qui miroite sous le souffle du printemps,
le grain du papier doux comme une paume guérisseuse.
J’élis entre tous un carnet tendre
pour me reposer, m’apaiser, reprendre confiance,
m’abandonner sans crainte au secret de tout ce qui se dit sous la pointe de mon stylo bille
qui retracera, j’en suis sûre,
l’origine de la blessure
en y effaçant la douleur.
Géraldine Andrée
Il est bien d’écrire que c’est une journée magnifique.
Il est conseillé de noter dans son cahier des termes positifs pour attirer encore davantage de choses positives et de lecteurs.
Mais qu’est-ce qui est magnifique ?
Le jardin si vert et tout gorgé de feuilles odorantes après l’orage ?
Les guêpes follettes autour des figues ouvertes ?
La perspective d’une sieste, chapeau sur les yeux, dans la fraîcheur bleue de l’ombre ?
L’épaule de l’amant(e) tout près de la sienne ?
La sève qui bat sous la peau tandis que les enfants se poursuivent en riant ?
Le goût du sel de la dernière vague du matin qui subsiste sur les lèvres avant qu’un baiser ne l’efface ?
Le bonheur qui se passe de mots ?
Oui, qu’est-ce qui est beau ?
Evoquer, touche près touche, les instants uniques de cette journée.
Une couleur exprimée dans un simple adjectif amène une note, une senteur, une saveur, un frôlement.
Caresser le temps avec chaque grain du papier
de telle sorte que le lecteur inconnu de demain
soit, comme devant un tableau,
l’auteur de ces mots :
« C’est magnifique ! »
Géraldine Andrée

ET CELA ME PLAÎT !
Géraldine Andrée
je pose en me levant ma main sur la page
comme on pose son pied nu sur le carrelage.
J’ai la certitude alors de m’incarner dans mes mots,
ici et aujourd’hui,
paume contre feuille,
grain contre grain.
Je suis le mouvement de l’écriture,
ce silencieux murmure,
qui suit son propre chemin.
Géraldine Andrée
Ecris-toi des lettres, le plus souvent possible !
Prends du beau papier, du vélin doux pour ta plume.
Inscris ton nom tout en haut de la page commençant par Cher(e)…
Demande de tes nouvelles. Décris comment tu te portes. Confie tes peines, tes joies, tes espoirs ; ce qui te met du baume au coeur ou te bouleverse.
Raconte tout ce qui a de la valeur à tes propres yeux, ce rayon de soleil sur ta chaise, le bâillement de ton chat qui te permet de voir sa langue rose, la floraison de la plante que tu aimes. Inscris tes projets comme s’ils étaient déjà actuels pour t’encourager à les réaliser pleinement.
Donne-toi des conseils venus de la source la plus sûre de toutes les connaissances : ton âme. Adresse-toi à toi avec bienveillance, générosité, non-jugement. Partage avec toi les moments de grâce ou de doute. N’oublie pas ! Tu es cet(e) ami(e) intime qui t’écrit !
Ensuite, plie la lettre ; glisse-la dans une enveloppe ; colle un beau timbre ; note avec soin tes coordonnées.
Quand tu recevras cette lettre quelques jours plus tard, ouvre-la lentement. Ecoute crépiter le papier qui se déchire, se déplie. Regarde la lumière du matin se refléter dans l’encre des phrases qui t’apaisent et t’orientent sur ton chemin d’aujourd’hui.
Toi, lisant et écrivant à la fois,
ne sens-tu pas comment
la partie vivante de toi-même,
s’adresse à cette autre partie
vibrante elle aussi,
en attente
d’être lue, reçue, comprise,
accueillie ?
Ecris-toi des lettres le plus souvent possible !
Géraldine Andrée
Très chère TOI,
Je te remercie d’avoir vécu jusque là et aussi d’avoir survécu. Tu étais faite pour la Vie et tu l’as maintes fois prouvé. En toi, il y a eu la volonté de te lever, de marcher, de continuer. Ta naissance ne fut guère prometteuse durant les premiers jours mais de cette naissance tu as pu renaître pour faire en sorte que je sois celle qui t’écrit ce soir.
Je te remercie d’avoir pris très tôt des couleurs pour écrire, d’avoir fait de chaque jour difficile à vivre un poème à part entière.
Je te remercie d’avoir eu une vie intérieure. Grâce à toi, je sais que j’ai un pays secret à conquérir avec plaisir, un jardin à protéger des invasions d’autrui pour que de merveilleuses fleurs puissent éclore, une terre qui me révèle chaque jour un peu plus de sa paix et de son abondance.
Je te remercie de m’avoir aidée à rompre avec des relations toxiques, des gens qui ne me convenaient pas pour mener une existence plus en accord avec mes valeurs. Tu m’as montré le chemin de la vérité et de la fidélité envers quelqu’un d’essentiel : Moi. Tu m’as appris à ne pas à me négliger, à être libre, à me donner la priorité pour irradier. Grâce à toi, j’ai su métamorphoser mes larmes en étincelles.
Je te remercie de m’avoir donné des ailes pour les voyages, les connaissances, la créativité. Aujourd’hui, j’ai acquis plus de confiance et je découvre le monde avec les pas de l’enfance. Un jour, tu m’as placée sur le chemin de la spiritualité. Tu as fait apparaître dans mon miroir d’autres visages, des facettes multiples de moi-même, héritages de mes ancêtres mais aussi d’autres vies si riches de leurs échecs et de leurs réussites !
Je te remercie de m’avoir invitée à déménager quand le temps était venu, à m’adapter au rythme naturel du changement, à avoir plusieurs vies en une. J’ai appris par toi à donner tout son sens au mot Phénix.
Je te remercie de m’avoir rendue sensible aux synchronicités, aux signes que la destinée place sur ma route. Je te remercie de m’avoir guidée vers de vrais amis après m’avoir généreusement libéré de l’espace et du temps.
Tu as toujours été là, dans les bons comme dans les mauvais jours. Je sais maintenant le mouvement de la lumière, le doux élan de la vague, le souffle qui se prolonge jusqu’au pas suivant, la générosité de mon regard envers un seul instant.
Je te félicite d’avoir tout mis en oeuvre, parfois doucement, parfois vivement, pour que j’advienne telle que je suis… Ici et Maintenant.
Toi et moi, nous continuerons à travailler en partenaires.
Je te serre sur mon coeur.
Ta soeur,
cette autre TOI-M’AIME.
Comment savoir si je vais bien ?
C’est parfois si peu évident !
Alors, je le demande à la page au lever du soleil
et ce sont des conseils à l’encre claire qui apparaissent
comme
Bois beaucoup d’eau,
laisse une mèche de libre pour le souffle de la brise d’aujourd’hui,
suis le chemin de ton intuition,
écris-moi davantage
ou tout simplement
RESPIRE !
Tu as tout le temps.
Le ciel ne disparaîtra pas derrière ta fenêtre.
Quelle chance que tu as d’être !
Géraldine Andrée