Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Cahier du matin, Créavie, Je pour Tous, Journal créatif

La guérison est ma priorité

La guérison est ma priorité.
Le calme. Le repos. Le silence où coule une musique secrète.

Une table ronde sur laquelle m’attend mon cahier ouvert.
A côté, une tasse de thé chaud.

Chaque chose importante est là, en abondance. La sérénité entoure mes mots. L’encre reflète la lumière de ma lampe.

Prendre le temps de respirer, de réfléchir, de méditer, d’être consciente du souffle qui franchit mes lèvres.

Ecouter le frottement de ma plume sur la feuille pendant que bat mon sang.

Quand j’écris, mon coeur devient le choeur de toutes les harmonies.

Quand j’écris, je vis chaque instant à mon rythme.

Géraldine Andrée
Journal

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Apparition

Parfois ton nom apparaît et je crois que c’est toi. Ton nom porte ton visage comme si je te rencontrais au détour d’une rue.

Il m’a semblé te croiser un jour, dans une rue de Londres.
C’était en l’espace d’une seconde.
J’avais alors quatorze ans.
J’ai cru reconnaître ta frêle silhouette, ton manteau rouge, ta tête à moitié chauve déjà, la fine monture de tes lunettes.
Une joyeuse certitude a éclairé mon coeur : n’importe où dans le monde, tu étais là. Je n’avais pas à me sentir seule.
J’ai oublié que cette apparition ne pouvait être toi qui soudais sûrement deux fils électriques à ce moment précis sous la lampe de ton bureau. 
Le temps que j’admette cette logique,
la silhouette avait disparu au milieu de la foule grise.

Il en est de même aujourd’hui.
S’il m’arrive de croiser ton nom au détour d’une ligne, d’une page ou d’une feuille de journal, je crois te reconnaître immédiatement.
Ton nom, Guy, porte nécessairement ton regard, ton visage, ton manteau rouge, tes lunettes.
Il me fait face et je suis toute heureuse de cette rencontre.
J’oublie que ce nom désigne tant d’hommes aux visages, aux yeux et aux vêtements différents.
J’oublie que ce nom n’est pas le signe de ton apparition.

Bien sûr, il suffit d’une seule seconde pour que je me ravise.
Et ta présence s’efface, telle une ombre svelte, parmi les phrases grises.
Mais dans le bref instant qui sépare l’illusion de la prise de conscience, mon coeur s’éclaire
comme jadis, dans cette rue d’Angleterre.
Trois lettres me font oublier, le temps de ma surprise, que je suis seule au monde
et qu’il me faut trouver ma route
avec le souvenir de ton nom qui appartient aussi à d’autres.

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, Cahier du matin, Créavie, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Ecris ta vie !

Ecris ta vie

parce que personne ne peut la vivre à ta place.

Ecris tes rêves, tes désirs, tes projets.

Un seul mot…

Et c’est le point de départ

à l’élan d’une phrase.

Invente tous les futurs possibles,

et choisis parmi eux

celui qui convient à qui tu es,

celui par lequel ton âme doit advenir.

Prends note de tes peines, de tes joies

car ces sentiments sont une boussole

qui te permet d’emprunter

ton chemin de vérité.

Approche-toi du miroir de la page ;

tu ressentiras ta présence.

Passe devant la fenêtre de la page ;

ton souffle s’y dessinera.

Tu dis : Mais je ne sais pas écrire !

Je fais plein de fautes d’orthographe !

Tout le monde va rire !

Aussi, je te le dis :

Ecrire te regarde.

Les mots t’attendent.

Une fois qu’ils t’auront rencontré

dans le reflet de l’encre,

tu verras combien ils te contemplent

et te connaissent.

Alors, tu te pencheras sur tes épreuves

et tu t’exclameras :

Mais c’est ma vérité !

Qu’importe si les autres la contestent,

elle vibre en moi

comme la joie du vent

qui laisse pour trace

toutes les feuilles qu’il a semées.

Puisque tu ne peux effacer le désordre de certaines choses,

écris chaque jour

afin de suivre leur cours,

afin de décider en toute connaissance de cause

du déroulement de ton aventure personnelle.

Ecris ta vie

parce que rien ni personne

n’a le droit de te la dicter.

 

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, Cahier du matin, Créavie, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Méditations pour un rêve

Ecrire, se dit-elle.

Ecrire, se dit-elle.

Le miroitement de l’encre où elle se reconnaît.

Les mots qu’elle trouve dans le blanc de la page et qui la surprennent par leur éclat de jais.

Ce crépitement de la pointe de la plume contre le grain du papier à l’heure où tout s’absente encore.

Bruit frêle

de la vérité qui approche

et traverse la porte.

Je suis vivante, écrit-elle.

Seule phrase qui importe.

 

Géraldine Andrée

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La langue de mon pays

La langue de mon pays
se fait comprendre avec
la haute voix du vent, l’accent des sources sur la rive, la courbure des blés, les ondulations de l’herbe, les pleins du chemin qui s’élance vers l’azur, ce soupir entre les notes de la pluie, les couleurs accrochées à la gorge des mésanges, les points qui étoilent la page du ciel, le silence de tout ce qui perle, de tout ce qui goutte au bout de l’attente.
La langue de mon pays ne suit aucune grammaire.
J’ai seulement appris
que beaucoup de feuilles se froissent pour la répandre dans le monde,
que beaucoup de flambeaux allument ses majuscules dans la nuit.
Je suis l’interprète de son souffle qui roule jusqu’à mes lèvres
quand j’accélère ma course vers Demain.
Je la respecte
en la transcrivant chaque matin
sous un long délié de lumière
qui tremble puis disparaît
pour renaître
à partir de la virgule
de l’instant suivant.

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Journal créatif

Retrouver le fil

Il me semble parfois que ma vie m’échappe comme un tissu que l’on déroberait de mes mains.

Je me perds tellement dans les attentes, les désirs, les exigences d’autrui que ma vie ne m’appartient plus et même pire, ne me regarde plus.

Alors, j’ouvre mon journal. Je marque l’espace de la page. Je me redonne une place, une dimension, un pays. Ma plume porte ma voix en silence sur le chemin des lignes et ce n’est pas en vain car il reste une trace de ce voyage.

Peu importe ce que les autres en feront. Moi, je sais qu’elle me mène à MA destination.

En faisant miens les mots que j’emprunte, je redécouvre mon nom, ma signature, ma personne – ce mouvement de ma main qui témoigne de ma vibration unique.

Et c’est Tout.
C’est Tout ?
Oui, une seule page est amplement suffisante pour me réintégrer dans l’univers.

En écrivant, je retrouve le fil de ma vie.

Géraldine Andrée

***

Sometimes it seems to me that my life escapes me like a fabric that is being used in my hands.

I lose so much in expectations, desires, demands of others that my life doesn’t belong to me anymore and even worse, don’t look at me anymore.

So I open my diary. I mark the page space. I give myself a place, a dimension, a country. My feather carries my voice in silence on the path of the lines and it is not in vain because there is still a trace of this journey.

No matter what others do. I know she leads me to my destination.

By making the words I borrow, I rediscover my name, my signature, my person – this movement of my hand that testifies to my unique vibration.

And that’s it.
Is that all?
Yes, one page is ample enough to reintegrate me into the universe.

By Writing, I find the thread of my life.

Geraldine Andrée

Publié dans Ce chemin de Toi à Moi, Méditations pour un rêve, Mon aïeule, mon amie, Poésie

Les ciseaux d’une très vieille dame

J’ai retrouvé les ciseaux d’une très vieille dame
qui coupaient droit ou en biseau
de la soie du velours du taffetas
et qui allument des éclats d’argent à mes doigts
comme si j’étais celle de jadis

Les ciseaux n’ont pas changé
Ils brillent toujours autant en ce jour où je les manie
La nuit et l’oubli ne les ont pas ternis
Je glisse sous leur tranchant vif du papier d’aujourd’hui
et leur doux cliquetis

ressuscite
deux syllabes
de lumière
le prénom d’une aïeule
qui faisait des robes pour toutes les saisons à venir

Esther

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Je pour Tous, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Méditations pour un rêve

Créavie : 1987

 

Moi aussi, je vais faire un tour dans mon cahier en 1987.

1987,

l’année de mon bac français, l’explication de texte de La Parure de Maupassant, un commentaire sur Les Mémoires d’Outre-Tombe de Chateaubriand ;

le tube Joe le Taxi de Vanessa Paradis dans l’ombre de ma chambre le soir ;
un détour parmi les mirabelliers ;

mon rêve du grand amour ;

lire les Poésies d’Arthur Rimbaud au coeur de la nuit ;

bronzer en maillot de bain dans le jardin qui existait encore ;

puis écrire des poèmes sous les feuilles du marronnier ;

être réveillée par les coups de soleil – non, je n’ai pas écouté mon père ;

commencer sans cesse un nouveau cahier ;

la découverte de Radio Nostalgie et du parolier de Julien Clerc, Etienne Roda-Gil ;

recopier ses chansons dans un carnet Bleu Majuscule ;

les vacances chez ma tante ;

les promenades quotidiennes au lac d’Annecy ;

me demander si cela vaut la peine que je poursuive mon journal intime puis le continuer tout de même jusqu’à l’Université :

prendre la première fois l’avion toute seule ;

faire une indigestion de Pépitos ;

écouter A l’encre de tes yeux de Francis Cabrel avec mon oncle revenu d’Italie;

vouloir écrire comme Marie Noël et ne pas y parvenir ;

maquiller mes cils en bleu clair pour rester discrète ;

mon premier rouge à lèvres ;

ma robe à bretelles sous laquelle pointent mes seins ;

penser à entourer de rouge la date du mois futur dans le calendrier pour prédire quand « elles » vont réapparaître ;

sortir en discothèque avec les amis de ma classe et ne pas savoir quelle tenue mettre ;

enfin, me débarrasser de mes vieilles couettes ;

traverser le champ de bléssaignent les coquelicots ;

l’impression que je suis seule mais avec un don inné pour la joie ;

m’accouder à la fenêtre et interroger les étoiles sur mon avenir ;

ne rien s’entendre dire de la part de l’Univers ;

ignorer que je serai amoureuse dans deux ans.

1987, l’année où tout est possible ;
où les musiques, les livres et les êtres faits pour moi me trouvent
avant que je me sois trouvée moi-même.

Et vous, si vous étiez sur cette terre, que faisiez-vous en 1987 ?

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Ecrire pour autrui, Je pour Tous, Parlez ! Je vous écoute !

Faire écrire une biographie

Faire écrire une biographie, c’est faire apparaître celui ou celle que l’on est fondamentalement.

C’est ôter les préjugés que l’on entretient sur soi ; se délivrer des étiquettes ; avoir une autre perspective sur ce que l’on a vécu, un regard plus large sur chaque événement.

C’est découvrir des qualités méconnues en soi à travers le miroir de la mémoire : Tiens ! Je ne me savais comme ça !

C’est s’étonner du moindre détail qui nous transforme.

C’est naître à nouveau dans ce passé que le présent de l’écriture actualise.

C’est renouer avec l’éternel enfant unique qui se cache derrière ce nom de famille que l’on porte depuis tant d’années.

Faire écrire une biographie, ce n’est pas seulement raconter sa vie. C’est aussi se raconter, soi, de plus en plus vivant sous l’encre au fil des jours.

 

Géraldine Andrée

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La trace

J’écris pour dire

le souffle du jardin

qui s’en retourne

au silence

à la fin du jour,

ce murmure

qui sourd

du bleu de l’herbe

comme une senteur

de menthe

avant de s’en remettre

à la terre

d’où il est né.

J’écris pour dire

l’étoile

contenue

dans chaque note

qui s’éteint

lorsque

l’instant

est venu.

J’écris

pour marquer

de trois

pointillés

noirs

la voix

enfuie,

trace

du message

qui se poursuit

invisible

dans la neige

de la page.

J’écris

pour être

témoin

du chemin

de cette parole

qui continue

sans moi

à l’infini…

Géraldine Andrée