J’écris
tout ce qui doit
être nommé
chaque peine
comme
chaque joie
J’écris
pour recréer
ce qui demande
à exister
y compris
les soupirs
de regret
voués
à l’oubli
J’écris
ce en quoi
il est encore
impossible
de croire
la victoire
d’une aurore
invisible
Géraldine Andrée
Étiquette : l’expérience de l’écriture
Haïku
Quand j’écris
la rive s’efface
dans l’océan
Géraldine Andrée
Présentation de mon recueil
Un cahier blanc pour mon deuil
https://www.youtube.com/watch?v=N2E-v95841Y&feature=youtu.be
Géraldine Andrée
Sans titre
J’écris pour retracer
le battement
de mon coeur d’enfant
Géraldine Andrée
Je tiens un journal intime
Je me souviens quand, toute jeune fille, j’ai déclaré à mon professeur de français devant la classe :
– Je tiens un journal intime !
C’était comme si j’avais dit que je possédais une grande maison de vacances ou que j’étais entrée dans un cercle d’amis fabuleux.
Moi qui étais si effacée, moi dont on se moquait, moi que l’on ne respectait pas, je m’étais enfin dessiné par cette courte phrase un contour. Je m’étais donné une densité, une profondeur, une vérité. Je devenais consciente de la rencontre entre l’être et le faire, entre la joie et le chemin. Je me tendais un miroir où je me reconnaissais, objectivement, sans que le regard de quiconque m’influençât.
Ainsi, j’étais présente, vivante moi aussi… Et cela, rien qu’en écrivant dans ma chambre. J’existais pour mes pages blanches. Ce cahier à la couverture fleurie était mon île, un lieu sûr dans lequel je pouvais advenir à chaque instant par ma propre présence.
Je tiens un journal intime…
Que de secrets contenait cette simple phrase ! Que d’énigmes la rendaient riche ! Que de mystères dont j’étais l’unique détentrice jouaient seulement à se laisser deviner !
Que pouvais-je bien raconter, si démodée avec mes couettes et si étriquée dans ma jupe plissée ?
Je ne le confierais jamais qu’au papier !
Je n’étais donc pas tout le temps définie par les autres… Je ne leur appartenais pas… Une part de moi, insaisissable, essentielle, leur échappait définitivement.
Quand je songe aujourd’hui à l’image de cette petite clé dorée qui a brillé sous mes yeux au moment où j’ai prononcé cette phrase, je me dis que j’avais compris à mon jeune âge l’importance de l’indépendance.
Je tiens toujours un journal intime
car je suis celle qui me comprend le mieux.
Géraldine Andrée
Sur cette feuille
Sur cette feuille,
deux points
font un pont.
Un peu d’encre
suffit
pour qu’une rivière
coule,
emportée
par son souffle.
Quelques mots
disent
l’essentiel,
la profondeur.
Et quand
votre regard
est arrivé
en bas
de la feuille,
au plus près
de l’endroit
où bat
votre coeur,
une seule
goutte
de silence
contient
votre présence.
Géraldine Andrée
Publication de mon nouveau recueil
Aujourd’hui est publié mon nouveau recueil
Un cahier blanc pour mon deuil
D’une page à l’autre,
d’une rive à l’autre,
l’écriture est une traversée de la Vie.
Géraldine Andrée
L’écriture de l’oubli
Quand j’écris, j’oublie le temps
car c’est ma plume qui passe
et qui donne à ma vie
le rythme juste.
Géraldine Andrée
Lorsque tu ne sais pas
Lorsque tu ne sais pas
où tu vas,
prends
une page
blanche
et vois
comme il y a
des chemins
qui se font visibles
dès que tu passes
avec confiance,
et dont tu peux suivre
à l’infini
la trace
selon le sens
de ton désir…
Géraldine Andrée
L’odeur du papier frais
J’ai souvenance…
L’odeur du papier frais qui m’accueille quand j’ouvre mon cahier d’adolescente que je viens à peine d’acheter
– une odeur printanière comme celle d’une robe si bien lavée et repassée qu’elle me semble être nouvelle…
Je ressens, alors, que malgré toutes mes peines répétées,
une seule goutte d’encre m’est suffisante
pour entrer dans une autre vie qui commence…
Géraldine Andrée
