Prendre un jour le train en partance
Vers le Sud
Avec une réserve d’encre bleue
Pour écrire le mouvement des vagues
Jusqu’au regard
Et un cahier aux pages éclatantes
Comme un beau matin de silence
Sur l’océan
Géraldine Andrée
Prendre un jour le train en partance
Vers le Sud
Avec une réserve d’encre bleue
Pour écrire le mouvement des vagues
Jusqu’au regard
Et un cahier aux pages éclatantes
Comme un beau matin de silence
Sur l’océan
Géraldine Andrée
Je veux placer un signet pour la page la plus belle de mon journal intime,
celle qui recueille toutes les joies, même les plus minimes,
comme le murmure du vent, le clignement de l’étoile infime
que je reçois comme un signe,
au moment où je cherche à être
comprise,
pour que je retrouve malgré les instants qui se brisent
telle les notes d’une cloche ultime,
les mots de ma mémoire
qui me font croire
à la joie d’un autre chapitre
annonçant déjà son titre
en haut d’une page blanche.
Géraldine Andrée
Je dédie ma vie
au Poème
et je dédie mon poème
à la Vie.
Géraldine Andrée
J’écris pour dire la musique qui disparaît
l’écho de la dernière note dans la nuit
et la vie après elle qui se poursuit
Géraldine Andrée
Dans mon petit cahier
il y a les vacances à la mer
les ondulations de la lumière
les rires de la promenade
le temps qui s’invente un air léger
à la crête des vagues
et la brise qui dépose
au seuil de la nuit
sa corbeille de senteurs
pour les étoiles qui se sentent seules
Dans mon petit cahier
il y a l’infini
Géraldine Andrée
On se méfie souvent des poèmes simples.
C’est comme si les mots de l’enfance étaient suspects.
On se demande : Qu’est-ce qui se cache ? Quel sens ?
C’est trop facile pour être vrai !
Ce n’est pas normal qu’un poème aille droit au coeur !
Il en est ainsi de la vie dont on peut ressentir l’unique bonheur en ayant seulement les coudes posés sur la table baignée de soleil.
Et, au lieu de se dire qu’aucun instant ne peut être mieux que ça, on se répète :
Allons ! Le bonheur ne peut pas être que ça…
Ce n’est pas possible !
Prenons la vie comme un simple poème.
Y a-t-il besoin de trente-six mots et métaphores avec variété de rythmes savants et de rimes riches
pour dire le chemin de la lumière sur la peau,
ce chemin qui s’écrit sans laisser de trace ?
Y a-t-il besoin de réfléchir profondément pour vivre ?
Faisons d’un simple poème
notre vie
pour que nous puissions nous dire
lorsque le jour rencontre par hasard notre sourire :
C’est bien ça !
Géraldine Andrée
Si un jour
l’encre
ou le papier
me manque
je prendrai
la ligne
d’un sentier
et j’écrirai
mon passage
avec mon souffle
dans l’air blanc
du matin
A chaque nuage
de ma respiration
qui ira
comme une phrase
mon nouveau regard
découvrira
sans juger
le paysage
-page
achevée
puis
recommencée
Géraldine Andrée
Ecrire
pour que chaque mot
soit une petite cicatrice
de l’âme
sur le grain
de la page
Géraldine Andrée
Je tiens cet été mon journal dans un cahier bleu.
Les pages tournent au vent comme des vagues
pour que le blanc caché sous le bleu m’accueille
quand je me sens seule.
Dès que je m’abandonne à cette large présence,
je me sens lavée de tous mes deuils.
Je retrouve alors la joie de m’élancer vers mon propre souffle,
tel un cheval sauvage
qui court d’un point à l’autre du rivage.
Et il me semble que les gouttes d’encre de mes mots
laissent en séchant sur le papier
leurs lueurs sur ma peau.
Géraldine Andrée
Pour réaliser votre livre de Vie, je mets de la vie dans votre livre.
J’y glisse les couleurs, les senteurs, les saveurs, les musiques et les étoffes de la vie que vous avez suivie jusqu’ici.
Je rends si présents vos souvenirs que vous reviennent un chemin, un jardin, un visage, un sourire que vous croyiez avoir oubliés.
Je vous fais rencontrer votre mémoire.
Je donne de la voix à ce que vous portiez en silence.
Et la maison dont vous vous êtes séparé(e), l’aïeul en allé, l’arbre tant aimé se réincarnent dans vos mots.
Vous réalisez que votre livre ainsi écrit rassemble toutes les vies qui ont fait la vôtre !
C’est ainsi que l’on donne de la vie à ce que l’on écrit…
Géraldine Andrée