Si l’on me demandait
quelle est la couleur
de l’instant
je dirais bleue
comme le soir
qui annonce
la rencontre
entre soi
et l’encre
Géraldine Andrée
Si l’on me demandait
quelle est la couleur
de l’instant
je dirais bleue
comme le soir
qui annonce
la rencontre
entre soi
et l’encre
Géraldine Andrée
Je crois
Que j’écris
Pour suivre
La trace
De ton pas
Invisible
Dans ma vie
Géraldine Andrée
Quand je t’écris
je prends
tout le temps
de voir l’encre
tracer
sur la feuille
mon chemin
vers ton silence
Quand je t’écris
je vis le temps
du deuil
Géraldine Andrée
Ce cahier
À portée de main
M’offre ses feuilles
A fleur de demain
Géraldine Andrée
J’écris
pour garder mémoire
de la toute première lueur
dans une goutte d’encre.
Géraldine Andrée
Lorsqu’il faut que je me console
de ton absence,
je prends sous mon bras
ce vieil ami
qui sait garder
le silence,
mon cahier,
et je m’en vais loin
pour raconter
avec toute
ma sincérité
une histoire
où il est possible
que tu renaisses
en une feuille
dont le bourgeon
attend
patiemment
mes pas
pour éclore…
Géraldine Andrée
La pluie crépite sur les tuiles tandis que j’écris
C’est ainsi que j’aime la Vie !
Géraldine Andrée
Lorsque je ne peux tout contrôler,
que le destin a ses échéances,
lorsque je ne peux rien changer au comportement d’autrui,
que la maladie et la mort ont le dernier mot,
je reviens à la page.
J’y crée des chemins, des jardins,
des poèmes qui annoncent l’aurore
dans le mot Demain.
Je redécouvre mon pouvoir,
ma faculté de détachement
pour suivre, telle la feuille,
l’élan du souffle qui la mène un peu plus loin.
Je cesse de dépendre
des circonstances
pour être heureuse
et, dans le blanc de neige
du papier,
je trouve une rose
en sa floraison
qu’aucune bourrasque n’abrège.
Je sais que le temps de l’encre
m’apporte tous les possibles
et que cet espace
me permet de vivre.
Je puise
dans ce face à face
avec moi-même
de la force,
de l’audace
et je me vois mieux
que dans un miroir,
car j’ai enfin la certitude
que mon âme
accompagne
ma solitude
et elles peuvent bien creuser leur trace,
les rides sur mon visage !
Lorsque je reviens à la page,
que je puise
dans son silence
qui m’accueille
un murmure d’eau vive,
je me sens devenir grande
comme la majuscule
d’une phrase qui commence.
Géraldine Andrée
Chaque mot peut être à lui seul
Lumière Murmure
Senteur Satin
Géraldine Andrée
Souvent, je me dis :
Il faut que j’écrive
ce que je veux vivre,
donner avec ma plume
de l’élan à ma vérité.
C’est alors
qu’une petite voix
d’enfant
m’interrompt
et me murmure
comme si c’était
un secret
dont je devais
absolument
me rappeler :
Tout est déjà
écrit dans ton coeur !
Géraldine Andrée