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Combien de pages pour ma biographie ?

Les feuilles d’une vie chantent dans le livre !

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L’enfant de papier

Je détestais mes livres de mathématiques, d’histoire-géographie, de sciences physiques.
Mais j’adorais d’autres livres, des romans.
Je me souviens d’avoir lu tous les livres de la Bibliothèque verte que j’empruntais sous la lumière jaune pâle de la bibliothèque municipale. Je rentrais le soir avec un livre dont les pages un peu rousses fleuraient bon la vieille encre d’imprimerie.
Le lendemain, malgré le froid et le temps qui tournait à la pluie, à l’écart de la cour de récréation, je m’asseyais sur une marche en béton et je commençais mon livre avec délectation. Mon héros ou mon héroïne me faisait signe et je partais en voyage dans une autre vie.
Les cris de la cour parvenaient à mes oreilles comme d’une rive lointaine. On ne me regardait plus. Enfin, j’étais absente.
Je ne supportais pas mes camarades de classe. Je les trouvais méchantes et arrogantes. Et elles me jugeaient étrange, voire « anormale ». Mais je m’étais fait d’autres amis dont je comprenais les sentiments et les aventures, dont les épreuves se mêlaient aux miennes. C’étaient souvent des enfants mal aimés. Et il me semblait qu’eux aussi savaient qui j’étais. Au détour d’une ligne, on se rencontrait, on se reconnaissait. Chaque page devenait un carrefour où le destin organisait nos rencontres d’âme.
Plus personne ne me faisait la morale ou ne prétendait avoir raison. Et des orphelins comme Rémi, Cosette, Heidi devenaient ma famille. Tous nous étions en chemin.
Dans ces romans, je me sentais vivante.
Je me souviens avoir acquis bien plus de connaissances lors de ces récréations consacrées à la lecture que dans les livres de mathématiques, d’histoire-géographie, de sciences physiques.
Je faisais l’expérience de ma vérité à travers le regard d’un enfant de papier.

Géraldine Andrée

Extrait de mon récit de vie
La Dernière

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Abondance

Cahier mauve lilas,
cahier rose forsythia,
cahier vert sauge,
cahier bleu menthe…
J’ai bien assez de feuilles
pour tout un été.

Géraldine Andrée

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Rendez-vous sur ma page

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Mot après mot

Mot après mot
je fais plus qu’écrire
je vis
car je sais

que le dernier mot
de chaque jour
annonce
l’aurore

Géraldine Andrée

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Mon livre sur l’écriture de vie, Tome 1

Mon livre sur l’écriture de vie,
pour se sentir pleinement vivant :

Pour faire de sa vie une trace vivante

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L’événement et l’anodin

Il arrive, au cours du travail d’écriture d’une biographie, que la mémoire fasse défaut.
On peine à situer chronologiquement un événement, à le dater. Parfois, c’est un nom qui s’est échappé.

Vous craignez que cette « lacune » ait une incidence sur la biographie, surtout si vous la donnez à lire à votre entourage. Vous redoutez que ce dernier s’écrie :

-Mais voyons ! Tu t’es trompé(e) ! Cet épisode s’est passé avant celui-ci ! Comment, tu ne te souviens plus de Monsieur Delhaye ?

A cela, je répondrais que la mémoire sélectionne ce qui lui est utile et que ce qui vous semble un événement important – selon des critères familiaux, sociaux – ne l’est peut-être pas pour votre mémoire qui vous rapportera fidèlement d’autres détails plus propices à enrichir la biographie.

Vous pourrez, en effet, être surpris(e) de ne pas vous souvenir du nom de votre voisin ou de la date de naissance de votre arrière-petite-fille et d’être capable de vous remémorer, en revanche, la couleur de votre robe de jadis avec laquelle vous alliez danser, la variété des fruits de votre verger, la senteur de la citronnelle les soirs d’été, la goutte de sueur qui perlait sur le décolleté de votre mère…

Tout ce qui vous paraissait anodin, voire insignifiant, surgit avec force pour redonner un autre sens au récit de votre vie.

Vous percevez ainsi votre histoire différemment – de manière plus personnelle, intime :

« J’ai donc gardé comme un trésor en moi pendant toutes ces années le feu rouge des feuilles de l’érable au bord de la fenêtre d’autrefois. »

L’anodin vous permet de porter un regard neuf sur l’événement à l’apparence convenue :

« Je ne me souviens plus du nom du voisin qui a vécu là-bas pendant vingt ans mais je pourrais dessiner très précisément chaque tuile du toit de sa maison. C’étaient des tuiles au reflet anthracite. Leur éclat m’éblouissait quand j’ouvrais mes volets au petit matin. »

Le travail biographique vous invite à ouvrir d’autres coffres que ceux que votre entourage vous a toujours montrés : les coffres de votre inconscient omniscient, de votre intériorité la plus profonde qui vous définissent dans votre complète identité.

Décrire les fleurs qui ornaient cette robe de bal, c’est donner à la biographie une signature authentique, celle de votre être. Tel est le présent que vous offre la Mémoire aux Mille Tours.

C’est pourquoi une maladie cognitive comme celle d’Alzheimer avant l’ultime stade n’entrave pas le projet d’écriture d’une biographie.

J’y reviendrai dans un prochain billet.

Géraldine Andrée

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Je me laisse porter par le fil de l’encre

Écrire, c’est se poser à côté de soi, s’observer, puis noter sans aucun jugement tout ce qui traverse le corps, le cœur et l’esprit dans toute la gamme du négatif comme du positif. C’est nommer précisément ce qui nous bouleverse et nous apaise. 

En prenant la plume, on se prend par une main amie. On se dit : 

“Viens ! Je chemine avec toi et à travers toi !” 

Il est important de se laisser porter par la page initialement blanche comme par un océan, faire de la phrase une vague, lâcher prise. 

N’ayez pas peur d’écrire. Écrivez ce qui se dit, ce qui se dicte en vous par une voix de confiance, celle de votre subconscient, cette zone dans votre psychisme qui détient une compréhension bien plus large que votre simple conscient. 

Écrivez pour le plaisir d’écrire, de griffonner, de raturer, de dessiner ces mots. 

Écrivez pour le mouvement de la main sur le papier. Vous ne contrôlez pas la trajectoire d’un train, d’un bateau ou d’un avion qui vous emmène au loin. 

Alors, écrivez pour le simple voyage. 

Écrivez pour déposer ici et maintenant le murmure et le mouvement de vos pensées. 

Écrivez pour écouter ce qui se chuchote en vous, le passage de votre stylo sur le papier avec cette conscience du promeneur qui perçoit le bruit de ses pas sur le chemin. 

Écrivez pour laisser la vie accomplir son œuvre en vous. 

Et alors, une porte s’ouvrira dans la page, par laquelle un message vous parviendra et dont vous serez à la fois l’expéditeur et le destinataire. 

Parfois, votre plume ira vite. Acceptez le fait que ce soit elle qui vous guide alors que vous avez l’impression de la tenir fermement. 

Au milieu du fatras de vos pensées, une phrase ou une expression sonnera – claire et juste pour vous. Vous aurez trouvé votre vérité. Puis une autre phrase ou expression succèdera à la phrase initiale et fera encore plus sens pour vous. 

Vous serez dès lors surpris par ce qui s’écrit et dont vous êtes le dépositaire. La tonalité et le vocabulaire auront changé. Les plaintes s’atténueront. Les souvenirs auront moins d’emprise. Vous prêterez davantage attention à l’instant de l’écriture. 

Ne soyez pas étonné par de nouveaux mots qui apparaîtront – et que vous n’employiez pas auparavant. C’est vous qui les aurez mis au monde ! 

Parce que vous aurez repris confiance en la page, vous aurez ouvert la porte de vous-m’aime. 

Et l’écriture donnera sens (signification et direction) à toute votre vie ! 

Je vous souhaite une belle découverte de qui vous êtes au fil de l’encre ! 

Bon voyage ! 

Géraldine Andrée

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La vie de l’écriture

Je me demande ce que ma vie serait devenue sans l’écriture…
Si je devais jadis écrire pour vivre, je prends conscience aujourd’hui qu’il me faut également vivre pour écrire.
Sans l’écriture, peut-être ne serais-je plus en vie…
Mais il me faut vivre – vivre encore – pour continuer à écrire.

En effet, comment laisse-t-on une trace sans les doigts qui tiennent la plume, et sans la ronde du sang, sans le mouvement des muscles qui déplacent le stylo jusqu’au mot suivant ?
De même, comment donne-t-on corps dans une œuvre à l’idée ou à l’émotion sans ce corps qui nous permet de réaliser tout ce qui est possible ?
Pour qu’un texte existe sur la feuille, l’incarnation est nécessaire.
On ne dessine aucun chemin avec une plume qui vogue seulement dans la lumière.
Et pour que tout ce qui demande à vivre – un poème, un rêve, une incandescente virtualité – soit écrit, la matière est primordiale – le papier, l’ardoise, la terre, la pierre – afin que la main puisse le destiner à l’éternité…
On doit être vivant pour rendre l’écriture vivante et le récit de l’éphémère expérience humaine, immortel.

C’est ce que j’ai découvert au fil de l’encre.

Alors, nul besoin de clore les volets, d’allumer la lampe et de se destiner à la nuit tant que la page n’est pas remplie.
Chaque jour, je ferme le cahier, je lace mes souliers et je pars en promenade.
Puis je reviens riche de toutes ces feuilles qui me regardent.

Géraldine Andrée

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Le parfum de l’ancien été

J’ai voulu retrouver
le parfum de l’ancien été
dans les bouquets de lavande
au cœur du silence,

dans les draps frais
de la chambre qui m’accueille,
dans le souffle des feuilles
qu’un murmure remue,

dans la houle des herbes
à l’aube,
dans les vagues des prés
au soleil,

dans l’appel d’enfant
que lance le vent,
dans la lumière
de la crème à bronzer,

dans la cannelle
du gâteau doré,
et même dans les mèches
de Marie

qui dansent
tout près de mes yeux
quand un seul pas
me rapproche

de l’étoile qui luit
dans la corolle de la nuit…
Mais je n’ai jamais retrouvé
le parfum de l’ancien été,

enfoui entre les pages
d’un livre invisible
que le temps jalousement
garde pour lui.

Géraldine Andrée