Publié dans Atelier d'écriture, Au fil de la voix, Les ateliers d'écriture avec Laura Vazquez

Miroir au-delà

Publié dans Au fil de ma vie, Journal de ma résilience, Le corps de l'écriture, Le journal de mes autres vies, Le poème est une femme, Les ateliers d'écriture avec Laura Vazquez, Non classé

Elle et Moi

Publié dans Le corps de l'écriture, Psychogénéalogie

Vivre la féminité : un voyage intérieur

Écrire sur le Féminin en soi : Pour rendre hommage à toutes celles qui m’ont précédée et à toutes celles qui me suivront

Je veux écrire ce que cela fait d’être une femme dans la vie, d’avoir une vie de femme,

c’est-à-dire

  • d’avoir un corps de femme, des cycles, du sang, la poitrine qui se rappelle à soi quand on court dans les champs ou pour attraper le bus ;
  • d’endurer les efforts dans les épaules, les reins en portant une bassine pleine de draps mouillés sur son ventre habité ;
  • de choisir la robe à bretelles, le matin, pour sentir le satin du vent autour de soi, en s’imaginant que c’est la main d’un amant ;
  • d’espérer en un probable enfant, y voir dans le blanc une promesse puis être ramenée sur le chemin du sang ;
  • de laisser aller l’embryon bleu sur la rivière parce que « c’est ainsi que tu feras ton deuil, ma fille » ;
  • de s’offrir entière à lui, d’attendre en vain son appel et se voir flouée de la part la plus précieuse de soi-même ;
  • de faire attention à sa ligne tout en mangeant du gâteau au chocolat, car on ne peut pas résister et, d’ailleurs, on se promet de faire régime demain ;
  • de se maquiller longuement, non pour se plaire, mais pour plaire à celui qui nous regardera peut-être ;
  • de faire claquer ses talons-aiguilles ; en effet, c’est ainsi que « tu montres que tu t’affirmes » et, tant pis si ces chaussures sont une torture ;
  • de décider de changer de vie en changeant de coiffure, ensuite se regarder dans le miroir en se demandant : « Est-ce bien moi ? »
  • de frotter ses jambes l’une contre l’autre sur le trottoir, en robe de soirée courte ;
  • de se demander « Qu’est-ce que je fais là ? » après une étreinte éphémère et être certaine de devenir une étrangère dans sa propre vie si l’on ne fait pas de meilleurs choix ;
  • de fuir de chez soi parce qu’il y est, qu’il ne s’en ira pas. Alors, se réfugier dans une chambre d’hôtel au bord de la mer en hiver ;
  • de découvrir le pouvoir du mot Liberté, même s’il fait mal et qu’il implique des sacrifices ;
  • d’être heureuse d’ouvrir son compte en banque personnel après des années de mariage et de comptes communs ;
  • de mettre sous plastique sa robe de mariée avec ce sourire : « Je ne suis plus Elle. Maintenant, je suis Moi. » ;
  • de se renvoyer ce sourire dans le miroir et se trouver belle « finalement » ;
  • de lire, d’étudier, de se former ; de créer, d’écrire dans « une chambre à soi » ; d’être fière d’avoir inventé son propre modèle sans le montrer à sa mère ;
  • de signer avec son nom ses œuvres ; de les exposer, sans crainte d’être jugée, car on se connaît mieux que les autres et on sait intimement ce que l’on a voulu dire ;
  • d’être toute sa vie en gestation de Soi, en accord avec les cycles de l’Univers.

On est le rythme.

On est l’harmonie.

On est le temps parfait.

Géraldine

person holding flower vase
Photo by Nicole Geri on Unsplash

Publié dans Poésie, Récit de Vie

Noyau de pêche 26

Maintenant qu’elle n’a plus qu’un sein
Elle le garde pour elle
Il lui faut bien
nourrir sa vie

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, Poésie, Récit de Vie

Noyau de pêche 25

Elles avaient fini de garnir la pâte
quand sa mère lui a dit
d’une voix douce
à la lisière
du murmure

Tu sais
Je vais te confier
un secret
À ta naissance
j’attendais quelqu’un d’autre
que toi
Un garçon
pour tout dire
Mais ça va
Je m’y suis faite
Après tout
ce sont de bonnes pâtes
les filles

Depuis
elle écrit
elle écrit
parce qu’elle n’est toujours
pas sûre
qu’elle existe

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Art-thérapie, Berthe mon amie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Ecrire pour autrui, Je pour Tous, Mon aïeule, mon amie, Parlez ! Je vous écoute !

Les femmes du temps jadis

Les femmes du temps jadis n’avaient pas le droit de découvrir d’autres pays, d’acheter des couleurs, de dresser leur chevalet sous la lumière des jours.

Ne sachant pas lire pour la grande majorité, elles ne pouvaient pas non plus écrire. Et les mots pour dire leurs joies, leurs chagrins, leurs passions, la flamme de leur âme qui leur montait aux joues, ne laissaient pas de trace. Envolés comme la lueur d’un fétu de paille au vent.

Ces femmes suivaient toujours le pas d’un père, d’un frère, d’un époux.

Gratitude au temps d’aujourd’hui où les femmes peuvent acheter toutes les couleurs et tous les pinceaux qu’elles veulent, où le ciel de nouveaux paysages est à la portée de leur désir…

Le travail de la femme que je suis, auteure-biographe (et j’insiste bien sur « auteure » au féminin), est de poser sur la page les mots que les aïeules ont prononcés pour elles seules – ces mots qui disaient si bien l’espoir et l’attente profonde que le coeur du monde change.

Faire de chaque page ce chevalet où se succèdent des tableaux que certaines ont peints en secret avant de les recouvrir d’un voile ;

faire éclore en chacune de leur voix cette étoile qui brillera au-dessus de la trace de leurs propres pas ;

tel est le rêve, je crois, de chaque femme biographe,

métier où enfin

l’on ne distingue plus le masculin… du féminin.

 

Géraldine Andrée

L’Encre au fil des jours

 

Women from time to time had no right to discover other countries, to buy colors, to erect their chevalet under the light of the fields.

Not knowing for the great majority, they could not write either. And the words to say their joys, their sorrows, their passions, the flame of their soul, which stood in their cheeks, did not leave a trace. Gone like the glow of a straw fétu in the wind.

These women always followed the footsteps of a father, a brother, a husband.

Gratitude to today’s time where women can buy all the colors and brushes they want, where the sky of new landscapes is within reach of their desire…

The work of the woman I am, author-Biographer (and I insist on a female author), is to put on the page the words that the aïeules have spoken for themselves – those words that said so well the hope and the deep expectation that the heart of the world changes.

Make each page that chevalet where the paintings are followed by the paintings that some have painted in secret before covering them with a veil.

Make each of their voices bloom that star that will shine above the mark of their own,

This is the dream, I believe, of every woman biographer,

Occupation where finally

There’s no distinction between men and women.

 

Géraldine Andrée

Ink over the days