Publié dans Actualité, Art-thérapie, C'est la Vie !, Cahier du matin, Je pour Tous, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Poésie

Créavie : Ecrire sa guérison 1

Chaque jour,

je me fais

ce seul

serment :

 

« Demain

matin,

j’écrirai

mon journal. »

 

Si je suis fidèle

à cette rencontre

avec la grande

page blanche,

 

la Vie

prendra au sérieux

mes plus vastes

demandes.

 

***

 

Ouvrir son cahier secret

comme on ouvre une porte.

Passer le seuil de la marge.

 

Avancer vers l’inconnu

qui se présente

à portée de main.

 

Compter son temps

non plus en secondes

qui étincellent

 

toujours, certes,

sur le balancier

de la pendule,

 

mais en mots

qui luisent

dans leur reflet

 

d’encre fraîche.

C’est tout ce qui importe

en ce jour.

 

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, Non classé

Il est des livres

Il est des livres qu’on lit lentement, qui absorbent notre esprit chaque soir pendant toute une année car tel est leur intérêt, s’apparenter à un grand voyage.

Et lorsqu’on franchit la dernière page, qu’on atteint le mot ultime dans la nuit, on se sent éclairé d’une vaste expérience,

comme si on avait abordé ce qui n’était au départ qu’un petit point parmi tant d’autres sur la carte du monde,

mais à partir duquel à présent

la vraie vie commence.

 

Géraldine Andrée

L’Encre au fil des jours

Image : Fritz von Uhde (1848-1911); Devant la porte de la véranda

 

***

 

There are books that we read slowly, which absorb our spirit every night for a whole year, because that is their interest, it is like a great journey.

And when you cross the last page, you reach the ultimate word in the night, you feel enlightened with a vast experience,

As if we had dealt with what was initially only a small point on the map of the world,

But from which now

Real life begins.

 

Geraldine Andrée

Ink over the days

Picture : Fritz von Uhde (1848-1911) ; In the porch door

Publié dans C'est la Vie !, Le journal de mes autres vies, Mon aïeul, mon ami., Mon aïeule, mon amie

Le retour

Arriver sur le seuil

Ôter les feuilles qui le recouvrent

D’un tour de clé

entrer dans le corridor

Sentir la cape fraîche de l’ombre sur les épaules

Voici le silence qui accueille le premier pas

comme un chat qui a attendu depuis longtemps

dans un demi sommeil

Le suivre et retrouver tout surpris dans la chambre

un rayon de soleil qui ressemble

à la mèche de la belle aïeule

Découvrir cette magie avec une telle évidence

qu’on se demande

comment on a pu être absent pendant autant d’années

alors que la maison gardait pour elle seule toute sa présence

Et afin de se faire pardonner d’elle

décider que l’on va demeurer ici à jamais

pour faire refleurir

l’âme des dormeurs

sous chaque chose

un ruban

un couvercle de porcelaine

une soucoupe où furent ciselées

des guirlandes de roses d’or

dans un éternel bleu

où n’existe pas la mort

car tel

est le rôle

essentiel

de ceux qui restent

 

Qu’ils se souviennent

pour la prochaine

aurore

 

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Parlez ! Je vous écoute !

La charte du biographe

Ecrire une biographie, c’est passer beaucoup de temps ensemble.

Vous allez me donner des informations très personnelles sur vous. Certes, je ne saurai pas tout de vous car chacun possède – heureusement – sa part de mystère insaisissable. Mais je connaîtrai beaucoup de choses sur votre vécu, vos émotions, votre famille, votre lignée généalogique.

Aussi, il est capital que se crée une harmonie entre votre voix et ma plume.

J’ai donc élaboré une charte pour notre engagement mutuel – moi, écrivant votre vie en vous écoutant vous raconter ; vous, me confiant une part intime de votre être.

En tant que biographe, je suis tenue au secret professionnel. Par conséquent, tout ce que vous me dites – excepté, évidemment, ce qui est couché sur le papier en vue d’une publication – restera confidentiel.

En tant que biographe, je suis impartiale. Je n’accepterai pas d’écrire des oeuvres où existent clairement des intentions de diffamation , de vengeance et de règlement de comptes ad-nominem.

Je suis votre biographe, je ne suis pas une psychanalyste. Mon rôle est d’écrire une partie ou l’ensemble de votre vie et cela s’arrête là. Evidemment, écrire sa vie réveille souvent des émotions enfouies, des douleurs cachées, des conflits non résolus. Si cela s’avère trop compliqué au point d’entraver le processus d’écriture, je ne peux que vous conseiller de consulter un psychothérapeute.

En tant que biographe, je vous fais toujours payer à la séance. Vous êtes donc libre d’interrompre le travail quand vous le désirez. Je vous l’explique plus en détails dans l’article Comment se passe, concrètement, l’écriture d’une biographie ?

Une fois la prestation terminée, vous recevrez une facture.

En tant que biographe, si je vois que je suis mise en danger par des tentatives de manoeuvres, des problématiques inconscientes, des pressions claniques ou une atteinte à mon respect et à ma déontologie, je me réserve le droit d’interrompre le travail. Une telle décision est évidemment réservée à des situations graves, inextricables, nuisibles à ma personne.

En tant que biographe, une fois l’ouvrage abouti, j’efface tous les fichiers, toutes les photos téléchargées qui ont un rapport avec la biographie.

En tant que client, vous devez être conscient que le premier objectif d’une biographie est d’écrire sa vie, de raconter ses mémoires, de laisser une trace, de léguer un patrimoine affectif, psychologique, spirituel à vos descendants. Ce sont des raisons valables et très louables. Bien sûr, une biographie peut soigner, guérir des douleurs qui n’ont pas été correctement prises en charge. Mais ce n’est pas sa fonction première. L’écriture dans son processus demande une mise à distance suffisante. Sinon, elle sera très lourde pour vous comme pour moi. Par conséquent, si des traumatismes empêchent toute progression du livre, il sera fortement recommandé d’interrompre les séances et de résoudre les conflits inconscients avec un thérapeute.

En tant que client, vous vous engagez à régler les séances d’écriture après chaque entretien. Vous pouvez pour cela vous diriger vers Ma boutique 

ou si vous avez droit à des remises spéciales, notamment en vous abonnant à ma Newsletter via ce Contact, me rémunérer directement sur Paypal . Chaque séance est de 175 euros, comme je l’ai expliqué dans mon article Comment se passe, concrètement, l’écriture d’une biographie ?

(70 euros l’entretien ; 105 euros l’heure et demie d’écriture). Ce sont des prix normaux, sans excès, que pratiquent d’autres confrères. Des prix trop faibles comme 20 euros, 30 euros, 40 euros sont trompeurs car ce sont des prix à l’heure. Autrement dit, si l’entretien en tant que tel dure deux heures, vous payez 60, 80 euros ; à cela multiplié par les heures d’écriture. Vous excédez très vite les 175 euros. De même, des prix trop élevés, payables à l’avance et au forfait ne rentrent pas dans ma façon de procéder.

Être biographe ( Comment se passe, concrètement, l’écriture d’une biographie ?  )

est un métier. Sur ces 175 euros sont prélevées des cotisations sociales et fiscales ; le reste me sert à vivre.

En tant que client, vous êtes la voix de votre récit, le porte-parole de votre histoire. Vous êtes donc en droit bien sûr de demander des modifications des pages écrites. Mais des requêtes réitérées – voire abusives – de modifications entravent la progression du livre de votre vie et m’empêchent d’avancer, d’autant plus que j’ai d’autres clients à satisfaire… Je vous fournis à chaque séance les pages à valider. Du temps vous est laissé pour bien réfléchir : respectent-elles votre ressenti, votre intention, votre parole, le courant de votre mémoire ? Résonnent-elles en vous avec des mots justes ? Vous me proposez les modifications. Je les accepte gratuitement au nombre de trois. Au-delà, toute modification conséquente est facturée à l’heure.

En tant que client, vous pouvez publier le livre de votre vie, comme je l’ai expliqué dans mon article Comment se passe, concrètement, l’écriture d’une biographie ?

Je peux m’occuper moi-même de cette auto-publication. Néanmoins, nous partageons juridiquement chacun 50 % des droits d’auteur puisque nous avons réalisé à deux le livre – vous la voix ; moi la plume. Il est donc normal que mon nom figure à côté du vôtre, souvent de cette façon :

*Jean DUPONT

avec Géraldine ANDREE

Le Rythme des flots

Edition Z.

Si vous souhaitez que mon nom disparaisse, cela signifie que je vous cède mes droits d’auteur moyennant compensation financière de votre part.

En copubliant, nous avons droit chacun à 50 % du prix de la vente.

Voilà. Je souhaite à la voix et à la plume une belle aventure au fil des jours.

A bientôt !

A la fenêtre des mots !

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Berthe mon amie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Ce chemin de Toi à Moi, Ecrire pour autrui, Je pour Tous, Mon aïeul, mon ami., Mon aïeule, mon amie

Pourquoi faire écrire une biographie ?

A l’heure où tout va vite, où l’on vit dans l’instantanéité, voire dans un constant sentiment d’urgence, entreprendre une biographie avec un écrivain privé biographe, c’est prendre le temps de se souvenir et d’éprouver ces souvenirs ; c’est entrer dans l’éternité de la mémoire.

A l’heure où il est difficile de communiquer les uns avec les autres malgré tous les moyens modernes de communication mis à notre disposition, contacter un écrivain privé biographe pour mettre au monde son récit de vie ou une vraie fresque familiale, c’est retrouver le moment de l’écoute, de la compréhension, première étape vers une écriture fidèle au souvenir.

A l’heure où les noyaux familiaux se sont éclatés au gré des mutations, des licenciements, des deuils, des divorces, se constituer un projet biographique permet de renouer avec ses racines pour mieux s’épanouir ensuite. Saisir les clés du passé, c’est ouvrir la porte du meilleur futur possible.

A l’heure où le monde moderne nous prive des véritables couleurs, saveurs, senteurs, redécouvrir, au détour d’un mot, le jardin savamment entretenu d’une grand-mère, le mordoré d’une confiture faite maison, les brindilles de paille qui constellent l’air au temps des moissons, l’ondulation d’une fumée au coeur des hivers d’autrefois, est un inestimable trésor.

A l’heure où la jeunesse est en quête parfois désespérée d’une origine et d’une identité, écrire une biographie, c’est lui léguer les visages et les noms de ses ancêtres, la noblesse d’une demeure familiale, le chant d’un pays. Savoir d’où l’on vient permet de tracer sa route plus loin.

Prendre rendez-vous avec un écrivain biographe,

c’est s’asseoir, se faire écouter, être témoin du tracé de la vie sur le papier ;

c’est entendre comment le souffle d’une phrase redonne souffle au cher aïeul disparu ;

c’est renouer le dialogue avec l’indicible –  ce que l’on croyait condamné à jamais au secret, à l’enfouissement dans la mémoire ;

c’est contempler dans les mots la grâce d’un regard aimé ;

c’est continuer la conversation avec ses aïeux dont le silence n’est en vérité qu’une illusion.

Faire écrire une biographie coûte cher (2000 à 2500 euros en moyenne), le prix d’une armoire familiale ou d’un beau voyage.

Mais une fois le travail réalisé, on repart avec son comptant – de sensations, d’émotions, de compréhension.

On est comblé car on a transformé un patrimoine jusque là matériel en patrimoine immatériel, sentimental et peut-être même spirituel.

On a accompli le plus beau des voyages – à travers soi et les siens.

On se sent devenir racine de cet arbre généalogique.

On repart avec le livre de sa vie, certes, mais aussi un livre vivant.

Faire écrire une biographie, c’est s’engager avec toute sa famille, présente ou absente, existante ou décédée, en faveur de la Vie !

 

Géraldine Andrée

 

 

Publié dans Poésie

Tu me dis

Tu me dis
On t’a gardé
la grande
chambre

jusqu’à
aujourd’hui
Et je songe
oui

que j’ai eu besoin
sur mon chemin
de cette vaste
chambre

du silence
où la prière
touche
mon coeur

en le frôlant
dans son envol
comme une feuille
de septembre

Géraldine Andrée
Tous droits réservés@2018

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies

C’est ici

Ma maison apparaîtra par hasard, comme surgie après un clignement de cil au soleil.

Au fur et à mesure que j’avancerai parmi les feuilles du chemin, elle se révélera à moi, grande et forte, avec toutes ses pierres blanches.

La frêle voix de la grille me saluera.

Les herbes hautes se pencheront sur mes pas.

La sonnette fera courir son rire le long du corridor, telle une facétieuse jeune fille qui rentre de jeux.

Et lorsque je trouverai le coeur du silence qui m’attend,

toutes les fenêtres me reconnaîtront en un seul mouvement de persiennes,

comme si mes peines n’avaient tracé nulle ride,

comme si le temps n’était pas passé sur mon visage d’enfant.

Alors, j’ôterai mes souliers, je laisserai tomber mon manteau, cette noire corolle fanée, sur le sol de bois

et je m’écrierai, en toute sincérité envers moi :

C’est ici que je veux vivre !

Ici que je veux accrocher mon miroir de toujours, les tableaux du jardin de jadis et les planches de mes livres !

Géraldine Andrée

L’Encre au fil des jours

My house will appear by chance, like from after a blink of an eyelash in the sun.

As I walk among the leaves of the path, it will reveal itself to me, big and strong, with all its white stones.

The frail voice of the grid will greet me.

The high grass will look at my steps.

The doorbell will make her laugh along the corridor, like a young girl who comes home from games.

And when I find the heart of silence waiting for me,

All the windows will recognize me in a single mouvement movement,

As if my sorrows had not been tracé,

As if time had not passed on my child’s face.

Then I’ll take my shoes off, I’ll drop my coat, this withered black flower, on the wooden floor.

And I écrierai, in all sincerity to me:

This is where I want to live!

Here I want to hang my mirror forever, the paintings of the garden of yesteryear and the planks of my books!

Geraldine Andrée
Ink over the days

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La destination

J’avais noté cette destination sur un cahier que j’ai ensuite rangé dans la longue nuit d’un tiroir.

Puis tant d’années ont passé !

Tant de saisons ont semé leurs fleurs, feuilles, gouttes et flocons sur le souvenir de ces quelques lettres à l’encre noire !

Et voilà qu’aujourd’hui,

j’y suis !

Je reconnais de ce pays

le nom que j’avais tracé dans une sorte de désir sans raison

comme un enfant qui s’adresse à son rêve

dans un coin obscur de la maison.

Quelle joie !

Je crois que l’écriture prédestine la Vie

car elle est la marque de la Foi.

 

Géraldine Andrée

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Comment être Poète de ta Vie ?

  1. Prends tout ton temps. Regarde la lumière se déplacer de chaise en chaise jusqu’à la tienne.
  2. Respire. Aie conscience que c’est d’abord ton souffle qui chemine.
  3. Ecris dans ton journal, chaque matin. Même si tu n’as rien à dire. Surtout si tu n’as rien à dire car n’oublie pas que le silence contient en germe toutes les créations futures.
  4. Plonge ton regard dans celui de ton chat, ton chien… ou ton poisson rouge. Tu verras…
  5. Chante, danse. Et ne te soucie pas du jugement d’autrui.
  6. Reste debout, bien fort(e) dans ta vérité.
  7. Emprunte les sentiers détournés. Ce sont les meilleurs.
  8. Ouvre un livre sur une page au hasard. Tu t’apercevras que son message te correspond ici et maintenant et qu’il s’adresse… à toi.
  9. Emporte toujours avec toi un carnet de références, d’idées, de croquis… un carnet de fulgurances.
  10. Ne te demande pas à ton lever si tu vas créer et ce que tu vas créer. Songe à comment tu vas créer : par couleurs, notes, jeux de mots, collages ? Quelles sont tes envies, aujourd’hui, simplement aujourd’hui ? Prépare ton matériel sur ta table (stylos, pinceaux, crayons, plumes…)
  11. Recopie une citation qui t’emmène plus loin dans la compréhension du monde et de toi-même et que tu colles à ton miroir ou ton réfrigérateur.
  12. Choisis une nouvelle marque de thé et amuse-toi devant ta fenêtre à lister le nom des senteurs qui le composent.
  13. Utilise tes souvenirs heureux et malheureux pour créer.
  14. Dis-toi que tu as le droit de tout ressentir, que tous tes sentiments sont légitimes, y compris la colère qui peut te guider vers le ravissant rouge phosphorescent qui manquait justement à la toile de ton existence.
  15. Habille-toi en mariant les textures, les tissus, les teintes. Autorise-toi une nouvelle coupe de cheveux.
  16. Fais une salade de fruits en étant conscient(e) du jus, des couleurs, des pépins qui se mêlent dans tes mains.
  17. Colle dans ton cahier feuilles, fétus, brindilles, pétales. Réalise un herbier de ce que tu vis à ta mesure.
  18. Prête attention à toute chose, même insignifiante. Qui sait si le trajet d’une fourmi de grain en grain ne t’inspirera pas demain ?
  19. Va-z-y pas après pas, instant après instant. Sois patient(e). La vie a sa musique parfaite pour toi.
  20. Félicite-toi, y compris si tu as écrit une seule page, affiné un seul accord, trouvé l’équilibre entre deux couleurs en remettant à plus tard la peinture de ton paysage.

L’essentiel est que tu Sois

dans chaque chose que tu Fais.

 

Avec toute ma joie,

 

Géraldine Andrée

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Le carnet 1944

Entre tes mains, un petit carnet noir, celui de ton feu mari, portant l’étiquette 1944.

Tu le feuillettes et tu cites les chiffres implacables de tous ceux qui ont été emportés par les innombrables convois pour Pitchipoï* à partir de la ville de Cluj**.

Tu donnes la liste des noms qui désignent des visages à jamais disparus.

Puis, tu égrènes les chiffres et les noms de tous les privilégiés qui ont pris le convoi spécial pour la Suisse, tous ces êtres humains sauvés par Kastner, au prix de la vie d’autres êtres humains.

Sur les feuillets, une écriture fine et maîtrisée, à l’encre noire et qui retrace la marche inexorable du Destin.

« Mon mari était fataliste » dis-tu.

Dans ce journal intime de 1944, pas de sentiment. Aucune exclamation d’angoisse, aucune interrogation d’espoir.

Aucune phrase descriptive dont l’ampleur s’abandonnerait à une quelconque subjectivité.

Seulement des faits, une chronologie implacable des événements, le compte précis des jours et des heures menant le futur lecteur à la mort d’autrui.

Un journal universel où se succèdent les noms des décédés comme autant de signatures posthumes.

Ensuite, tu fermes le carnet.

Dans tes yeux, tremblent les lueurs des larmes.

Ce que tu viens de lire nous regarde.

Les mots et les chiffres prononcés sont des yeux qui nous suivent à travers le temps pour que nous retenions à jamais ce qui fut,

car le petit carnet noir de 1944 qu’a tenu fidèlement ton mari feu

est devenu notre Mémoire.

 

Géraldine Andrée

 

*Pitchipoï : le pays lointain,  de nulle part, « vers l’Est », en yiddish.

**Aujourd’hui, Cluj est en Transylvanie roumaine. En 1944, elle était hongroise.