Tu te penches
sur le berceau
de feuilles
Patience
Le poème
naîtra
bientôt
Géraldine Andrée
Tu te penches
sur le berceau
de feuilles
Patience
Le poème
naîtra
bientôt
Géraldine Andrée
Pendant longtemps, j’ai cherché la chambre d’écriture idéale.
Serait-elle à fleur du lac de mon enfance ? La trouverais-je, cachée par les feuillages, au fond d’un vieux domaine ? Ou ses fenêtres donneraient-elles sur ce port italien, le long duquel les pêcheurs déploient leurs filets d’or, à leur retour à l’aurore ?
Un jour, je fus si lasse que j’ai cessé de la chercher. Je me suis contentée d’emporter mon carnet partout où j’allais.
Et j’ai découvert que l’écriture était une chambre en elle-même, dans laquelle je pouvais me réfugier, assise sur le siège d’un métro, dans le brouhaha d’une cafétéria, derrière les vitres opaques d’une salle d’attente.
La page était un haut lieu de silence sacré, où que je sois, y compris dans ce gourbi réservé en urgence, au rez-de-chaussée d’un hôtel bon marché, où j’entendais les fêtards ivres rentrer tard en vociférant.
Son seuil immaculé m’accueillait à la table d’un restaurant de péage, au milieu des miettes de pain et des bouteilles de soda vide, devant un amant laconique.
Je le sais, maintenant : la chambre d’écriture n’existe pas. Néanmoins, ma quête n’est pas vaine.
Il suffit pour cela que je m’avance sans crainte vers le cœur de cette chambre profonde,
c’est-à-dire vers la lueur d’un haïku aussi frêle que des ailes de luciole qui danse sur le monde.
Et je peux l’écrire haut et fort, avec une encre qui vibre :
Je suis au bon endroit,
partout où j’écris.
Géraldine Andrée

L’encrier est sec
Elle puise dans son cœur
un peu de couleur
et fait vite éclore
une goutte qui subsiste
en son souvenir
pour que le dessin
existe dans son regard
Puis elle se dit
La fleur du silence
me regarde sur la page
Me voilà parfaite
©Géraldine
Je suis immensément fière d’annoncer que mon livre, Guérir avec mon cahier, est enfin publié ! Devenir écrivain a toujours été un rêve pour moi, et ce fut une expérience incroyable de réaliser ce rêve pour moi-même. Si vous avez des commentaires sur le livre ou si vous voulez discuter de son contenu en profondeur, j’aimerais beaucoup entrer en contact avec vous et échanger des idées ! Voici un lien qui vous permettra d’en savoir plus !
Oui ! C’est le jour ! Je suis maintenant officiellement une auteure publiée. La route a été longue et le travail difficile, mais tenir mon livre entre les mains en vaut vraiment la peine. Au cas où vous n’auriez pas suivi mes progrès, et que vous seriez intéressé(e) par le sujet de ce livre, voici le résumé :
Je propose dans cet ouvrage de multiples exercices d’écritothérapie que j’ai inventés pour la plupart et expérimentés pour moi-même d’abord, afin de transcender les différents défis de ma vie. Que cette Pratique du journal de guérison soit votre guide de résilience.
C’est parce que Géraldine Andrée était effacée qu’elle a commencé à écrire. Elle sentait qu’elle avait des choses à dire, mais qui les écoutait ? En grandissant, elle a trouvé une amie dans son journal intime : Miss Blue. Dans le silence de la page, elle se sentait entendue. Dans la blancheur du papier, elle était certaine d’être soutenue. Elle laissait une trace. Donc, elle existait. Il était évident qu’elle avait trouvé sa place. L’écriture a toujours habité sa vie, comme elle a toujours habité l’écriture. Elle en a fait un espace-temps intime et sacré qui fait partie de son quotidien. Au fil des jours, elle a affiné sa pratique et peu à peu, celle-ci lui a prodigué des outils de guérison, pour elle-même, déjà, et pour autrui. Elle a en effet mis ses mots au service de l’accouchement des âmes dans des livres pour autrui, en devenant écrivaine et biographe familiale. Puis, des études en art thérapie lui ont permis de développer des ressources spécifiques d’écriture pour autrui.
Si vous pensez que cela vous intéresse, vous pouvez vous rendre sur mon site Web.
https://publishfr.bookmundo.com/site/userwebsite/index/id/geraldineandrEe
Venez lire quelques chapitres pour vous faire une idée !
Extraits et articles de mon essai viendront dans les semaines qui suivent.
À bientôt !
Géraldine Andrée

La finesse du papier te conduit à la profondeur de ton cœur. » Guérir avec mon cahier – Préface – p 4 ©
Géraldine Andrée
Le livre papier Guérir avec mon cahier ; La pratique du journal de guérison est né. Disponible dans quelques jours.

Je reviendrai vers vous, une fois le livre sorti, pour une présentation exhaustive.
Géraldine
Mon mot à moi c’est
Grain
J’ai un grain qui roule dans la tête et qui me presse de commencer mon œuvre
la foi grosse comme un grain de moutarde quand j’écris le matin pour personne pour rien
Je me souviens du grain de beauté sur le cou de mon premier amour sur lequel j’ai déposé un baiser juste avant son départ pour l’Angleterre
Dans ma mémoire les rires de l’enfant qui aurait pu naître courent encore tout derniers grains d’or
Pourtant le grain est toujours promis à la fleur
Un grain suffit pour annoncer une bonne récolte
Tels sont les grains que je sème sur le chemin de ma phrase Petite Poucette qui ne veut pas se perdre trop loin
Je continue ainsi mes prières j’égrène les mots de ce chapelet secret qu’est mon poème afin qu’un sourire revienne
ou qu’une lueur aussi frêle qu’un grain de riz apparaisse dans les yeux des passants que je croise
Il y aura jusqu’à mon souffle ultime la souvenance des innombrables grains des secondes de mon enfance qui tintent dans le soleil de la maison disparue
Et je lève la tête pour remercier mon étoile ce grain éternel au milieu du champ de la nuit J’ai le don de retenir ce qui s’enfuit
L’écrivain croit en l’espérance du grain qui meurt
S’il meurt c’est pour laisser la place à ce qui se cueille se recueille
Ce grain égaré sur la terre ce fut moi Mais je me suis élevée dans la lumière
Je vous rejoins sur ce point Monsieur André Gide Un grain ne meurt pour grandir seul car c’est dans la solitude que l’on grandit et bien plus encore que l’on mûrit
Voici donc le fruit de moi-même
J’en veux pour preuve le grain de ma peau qui a rendez-vous avec le grain de la page Qui touche ainsi l’autre au point du jour
Maintenant je prends le temps de contempler un grain après l’autre dans le sablier renversé
Je ne fais plus d’un grain de sable une montagne parce que tout s’évanouit la montagne elle aussi s’érode
Les grains de la terre se dispersent Il faut accepter d’être le souffle et le grain c’est-à-dire l’auteur et le témoin de son effacement admettre que des grains de poussière recouvrent notre trace inexorablement
Il y a aussi un mot que j’aime
Silence
Il me permet d’entendre
le si petit crépitement
des grains qui tombent
de la paume
de ma main
dans la profondeur
infinie
d’un panier
singulier
C’est cela
écrire
c’est tresser
le panier
du silence
pour tous ces grains
oubliés
que je rassemble
et que je verse
en son cœur
d’osier
car je sais
qu’ils n’ont pas pu germer
faute de chance
Mais ils sont là
pour donner
à mes rêves
d’écriture
future
de la présence
qui les pousse
vers le jour
à point nommé
Géraldine

Elle rentra chez elle, complètement bouleversée par les mauvaises vacances qu’elle avait passées avec lui. Elle ne pouvait croire que le terrible trajet du retour était vrai. Il n’avait cessé de la dénigrer, de la tourmenter pendant tout le voyage. Émotionnellement épuisée, elle songea même à ouvrir la portière et à se jeter sur l’autoroute. Cette perspective la remplit d’effroi lorsqu’elle retrouva le calme de son appartement. À cette heure, elle aurait très bien pu ne plus exister… Elle entendait encore sa voix qui lui hurlait dans ses tympans :
« Puisque tu me reproches d’être un despote, je vais l’être, despote ! »
Comment était-ce possible que cet homme cruel, caractériel, avec lequel elle avait mangé des crêpes au chocolat le samedi après-midi, fait l’amour sensuellement, décidé de la machine à laver commune, projeté d’acheter une maison – LEUR maison – révélât un tel visage ?
Cette phrase, elle l’avait bel et bien entendue – ainsi que ce mot. Ainsi, il exigeait d’elle obéissance, soumission, lui qui lui offrait de belles fleurs…
Pour en avoir le cœur net, elle inscrivit sur son carnet bleu les signes qu’elle n’avait pas détectés, ou plutôt, qu’elle n’avait pas voulu voir : sa moue boudeuse quand elle avait refusé de visiter le marché de Noël, parce qu’elle avait une bronchite ; ses longs silences, parfois ; le fait qu’il lui arrivait de ne pas se laver pendant trois jours, puis il s’approchait d’elle, puant la sueur ; le tri de ses chaussettes sans qu’il lui propose la moindre aide ; ses exigences, comme le devoir qu’elle avait de servir le dîner à dix-neuf heures tapantes ; ses reproches constants – « Il y a des traces sur les tasses », « le fond de cette casserole est noir », « tu n’as pas nettoyé les carreaux depuis longtemps, ça se voit » – ; ses avances pendant qu’elle dormait profondément ; c’était toujours elle qui payait le restaurant… À sa grande surprise, la liste se remplissait rapidement. Elle en était certaine : le visage qu’il avait montré au trajet du retour des vacances était le vrai ; l’autre, celui du parfait gentleman, n’était qu’un leurre, un masque de comédien pour mieux exercer son emprise sur elle, l’annihiler.
Pourtant, quand il frappa à sa porte, trois jours plus tard, pour s’excuser, tout penaud, avec un énorme bouquet de roses dans les bras et lui jurer qu’il ne recommencerait plus jamais, que c’était la dernière fois, elle le laissa entrer.
Elle accepta
ses excuses,
ses justifications,
sa victimisation : « Que veux-tu ? J’ai eu une enfance malheureuse, avec une mère possessive et un père absent ! »,
son bouquet.
Elle s’attendrit tellement sur ce pauvre garçon qu’elle le laissa de nouveau rentrer chez elle.
Elle lui pardonna, reprit leur relation,
jusqu’à la dépression
et au bouquet final :
celui des coups et des humiliations.
Lorsqu’elle l’eut enfin quitté, elle regretta amèrement de n’avoir pas fait confiance à son carnet bleu qui lui aurait épargné beaucoup de jours douloureux, si elle l’avait écouté.
« Elle », c’est vous, c’est moi, cela peut être n’importe quelle femme (ou homme, car il y a aussi des perverses narcissiques).

Lorsque vous êtes la proie des griffes d’un pervers narcissique, la première chose à faire est de reprendre contact avec vous-même. Je conçois que cela soit difficile. En effet, vous avez complètement disparu dans les désirs et les projections du pervers. Celui-ci s’est nourri de vous. Il vous a retiré votre substance vitale, comme une araignée avec un papillon qu’elle a piégé dans sa toile. En un mot, il vous vampirise. Vous vous êtes effacé(e) jusqu’à n’être plus rien ou si peu. Vous êtes devenu(e) un pantin au bout de sa ficelle, ou une boule qu’il lance, tantôt à gauche, tantôt à droite, au gré de ses humeurs.
Pour commencer à retrouver une existence, une épaisseur intérieure, je vous invite à vous offrir le cahier le plus beau car, contrairement à ce que pense votre bourreau, vous le valez bien, vous le méritez, après tout ce que vous avez dû endurer ou tout ce que vous endurez encore. Votre main sur le papier, la sensation de son grain, doux et velouté, vous remettra au contact de vos sensations, et donc, de vos ressentis qui ont été gommés, mais que l’écriture thérapeutique peut faire réapparaître.
De même, le cadre de la page vous invitera à retrouver vos limites, les contours de votre terre intérieure. Je vous conseille d’acheter un journal qui se ferme avec une petite clé, comme les diaries d’adolescente, afin de protéger ce pays tellement envahi qu’est votre être de toute nouvelle tentative de spoliation, de violation.
Puis, réservez-vous un instant entre deux sanglots, entre deux doutes ou entre deux frayeurs, pour commencer ce cahier de deuil d’une relation : inscrivez la saison, l’année, votre prénom (très important, car vous vous reliez enfin à votre identité, à votre singularité, à votre affirmation de vous-m’aime/même), avec des feutres de couleurs différentes. En effet, les couleurs ont un impact sur nos émotions et la vibration qu’elles émettent redynamise l’énergie de chaque chakra. Le choix de telle ou telle couleur révèlera le chakra affaibli, souffrant, qui a besoin d’être réactivé.
Ainsi, votre prédilection pour le bleu, par exemple, vous remettra en lien avec le chakra de la gorge, et donc de votre créativité qui demande à être développée, afin que vous puissiez trouver les ressources et les stratagèmes nécessaires pour vous sauver de cette situation.
Comme je vous comprends ! Quand on est en état de sidération, on ne peut verbaliser ce que l’on ressent, car le cerveau nous coupe de ce ressenti trop violent, pour nous éviter de basculer dans la folie. Cependant, l’état de sidération face au caractère indicible du traumatisme vous réduit au silence. Or, le silence, c’est ce que le pervers veut : que vous soyez privé(e) de toute parole, c’est-à-dire dans l’incapacité de prendre conscience de ses forfaits (la verbalisation aide le psychisme à cette prise de conscience progressive) et donc, de les révéler. Le silence vous réduit au rôle de victime.
Écrire, c’est ébaucher une conscientisation de ce qui nous arrive, c’est commencer à entrevoir une victoire, une possibilité de s’échapper (au moins psychologiquement, dans un premier temps). Le mouvement du stylo sur le papier est toujours synonyme de progression, car il imprime dans votre inconscient la pulsion de vie, le désir d’avancer. En franchissant l’espace suivant, vous vous projetez vers un avenir proche, puis plus lointain. L’écriture vous permet donc de sortir de l’état de sidération, propre à l’impuissance acquise. En outre, remplir une page signifie que vous commencez à vous remplir vous-même de vous-même, vous qui vous sentez si vidé(e), si dépouillé(e) ! Peu importe ce que cette page contient… Par les premiers mots, les premières gouttes d’encre, vous versez dans votre cœur (que vous pouvez visualiser comme une tasse) le breuvage de votre énergie vitale.
Quand on est encore en état de sidération, nul besoin d’utiliser des phrases littéraires, dont la syntaxe est compliquée. Quelques lignes, quelques phrases simples, des phrases nominales ou adjectivales suffisent. Un excellent exercice consiste à noter quotidiennement la formule suivante : « Aujourd’hui, je me sens… » et d’ajouter une succession d’adjectifs. Si des comparaisons vous viennent, inscrivez-les, mais ne vous forcez pas à les développer, si vous n’en éprouvez ni la force, ni l’envie. Contentez-vous d’une prise de notes rapides, en entourant les mots-clés ou en les reliant par des flèches. Cette mise en relation vous permettra de mieux comprendre, ensuite, pourquoi vous en êtes arrivé(e) là et de retisser un lien avec vous.
La première raison est que vous dépendez émotionnellement des bons souvenirs que vous avez vécus avec lui. Ces bons moments appartiennent à la phase « lune de miel » qui permet au pervers narcissique de resserrer son emprise. Vous avez vécu des instants parfois si intenses, si agréables que vous vous demandez si l’enfer que vous vivez est bien réel. N’est-ce pas vous qui « prenez tout mal » (comme il a l’habitude de vous le reprocher) ? Et pourtant, ce sont les instants heureux qui ont été un leurre et qui vous ont emprisonné(e) dans une illusion toxique. Comme vous êtes dépendant(e) de l’euphorie et de la montée d’adrénaline qu’ils ont provoquées en vous, vous êtes prêt(e) à endurer les pires tourments pour les revivre ; ce qui vous fait plonger encore plus profondément dans la dépression et le reniement de soi. Un exercice d’écritothérapie va vous éclairer au sujet de votre aveuglement psychique qui vous maintient sous emprise.
Utilisez la tournure « Même si j’ai vécu des moments heureux avec cette personne« , je vis aujourd’hui (et vous énumérez vos souffrances) : « Même si j’ai aimé boire des tasses de chocolat chaud avec lui au bord de la mer les samedis, aujourd’hui, il me trompe et me dit que je ne vaux rien. »
Dans un second temps, notez dans une liste tous les « drapeaux rouges » ou « red flags » que vous n’avez pas voulu voir et que vous avez minorés parce que vous étiez trop amoureux(se) et envoûté(e) par la phase de « la lune de miel« . « Allons ! Ce n’est pas grave ! vous êtes-vous dit. Qui n’a pas de défauts ? » Il est temps désormais d’être plus lucide. Inscrivez comment ces défauts ont pris de plus en plus d’ampleur, jusqu’à devenir insupportables : « Ses silences sont devenus de la cruelle indifférence ; ses petites moqueries des insultes ; le fait qu’il fouille dans mon portable s’est transformé en confiscation de ce portable, puis en ma propre séquestration. » Définissez vos ressentis, sous forme de sensations physiques et d’émotions, vos réactions : « la gorge nouée quand il rentrait, mon corps était parcouru de frissons, je courais me cacher sous le lit »… L’inquiétude devient de l’angoisse, puis de la terreur… De la peine, vous glissez vers le désarroi, le désespoir, la dépression… Mettez en scène sur le papier les scènes que vous avez vécues avec le pervers narcissique ; théâtralisez ses réactions (pour mesurer combien le pervers était dans l’excès) ; retracez les conversations houleuses, puis les disputes : « Dans une rage folle, me disant : Tu es une nulle. Puis, passant dans l’autre pièce et revenant : – Je vais t’apprendre à être intelligente, moi ! » Les mots mettront en évidence ce que vous avez enduré. Ils vous montreront que ces drapeaux rouges ont bel et bien existé. Et, quand les phares du pervers vous ont ébloui(e) comme un faon, il était trop tard. Vous étiez tétanisé(e), ce qui explique votre impuissance acquise d’aujourd’hui.
Mais il est maintenant grand temps de reprendre votre pouvoir. L’écriture va vous y aider. Prenez conscience qu’il y a entre le pervers et vous un jeu de miroirs. Le pervers ne fait que projeter sur vous ses propres défauts. Ce qu’il vous reproche reflète ce qu’il est réellement. S’il vous dit que vous êtes un(e) incapable, c’est lui qui est incapable : incapable d’aimer, d’avoir de l’empathie… Vous lui servez de miroir puisque vous ne faites que lui renvoyer ses manques.
Mais, en ce qui vous concerne, le pervers est votre miroir inversé. Les reproches dont il vous accable désignent les qualités que vous avez en vous et qui ne demandent qu’à être développées, mises au monde, révélées.
Tracez un tableau en deux colonnes. Dans la première colonne, répertoriez vos prétendus défauts, énoncés dans la bouche du pervers. Puis, dans la deuxième colonne, inversez ce défaut pour y voir la qualité que vous détenez et que vous pouvez expanser en utilisant le « Je« . Ainsi, « tu es nulle, ma pauvre fille ! » devient « Je suis créative. Je vais cultiver cette créativité ! » ; « Tu ne sais pas faire le ménage correctement ! » signifie « Je vais faire le ménage dans ma vie ! Et je vais commencer par toi ! » En procédant ainsi, vous opérez une distance salutaire entre les propos du pervers narcissique et votre psychisme. Écrivez avec une encre de couleur vive en haut du tableau :
Je ne suis pas ce qu’il dit !
Il est temps maintenant de retrouver votre territoire intérieur. En effet, vous existez, indépendamment du pervers narcissique. Vous allez donc vous remettre en contact avec votre propre vibration, votre touche personnelle, la couleur de votre âme, votre signature d’être. Ajoutez une troisième colonne au tableau précédent ou faites une liste à bulles dans laquelle vous inscrirez comment exploiter la richesses de vos ressources, remplir votre puits profond, développer ce qui demande à s’expanser et que le pervers, par ses remarques désobligeantes, vous a montré. Ce peut être élaborer sa boutique personnelle de création de bijoux, jeter l’usagé pour faire de la place au neuf, décorer votre maison, vous inscrire à un cours de yoga ou de peinture, écrire un livre sur votre histoire… Veillez à nourrir votre corps, votre cœur, votre esprit et votre âme chaque jour. Vous prendrez alors conscience que cette difficile épreuve vous ouvre la porte d’une dimension psychique nouvelle.

Géraldine Andrée Muller
Biographe familiale-écrivaine privée-écritothérapeute
Si vous désirez guérir avec les mots, rendez-vous sur ma page :

C’est parce que Géraldine Andrée était effacée qu’elle a commencé à écrire. Elle sentait qu’elle avait des choses à dire, mais qui les écoutait ? En grandissant, elle a trouvé une amie dans son journal intime : Miss Blue. Dans le silence de la page, elle se sentait entendue. Dans la blancheur du papier, elle était certaine d’être soutenue. Elle laissait une trace. Donc, elle existait. Il était évident qu’elle avait trouvé sa place. L’écriture a toujours habité sa vie, comme elle a toujours habité l’écriture. Elle en a fait un espace-temps intime et sacré qui fait partie de son quotidien. Au fil des jours, elle a affiné sa pratique et peu à peu, celle-ci lui a prodigué des outils de guérison, pour elle-même, déjà, et pour autrui. Elle a en effet mis ses mots au service de l’accouchement des âmes dans des livres pour autrui, en devenant écrivaine et biographe familiale. Puis, des études en art thérapie lui ont permis de développer des ressources spécifiques d’écriture pour autrui.
Éditions Librinova et Bookmondo ©
L’encre transparaît
sur la page retournée
Écrire toujours
au-delà
Géraldine
Écrire sur l’épaule de l’ami
dans le sable à fleur d’écume
dans la terre d’automne
dans le limon que la rivière charrie
sur la toile d’araignée étoilée de rosée
au cœur de la mousse qui recouvre les racines
au milieu des cendres de l’encens consumé il y a un instant
entre les plis du drap que la main du plaisir a froissé
dans la neige que balaie le vent
dans la poussière du chemin après la course des enfants
sur les feuilles qu’un souffle disperse aussitôt
sur ce halo de buée au centre du carreau
dans l’argile que pétrissent ensuite les doigts rapides de l’artiste
Écrire pour être le témoin de son propre effacement
Écrire pour dire la disparition de cette trace
puisque personne ne s’en souviendra
Éprouver ce qui se murmure
dans le cœur des moines tibétains
qui éparpillent au loin
d’une simple foulée
leurs mandalas
qu’ils ont constellés
heure
après heure
de coquillages
de perles
de pétales
et de couleurs
Écrire pour redonner
tout le silence
à l’univers
tout l’univers
au silence
qui a toujours été là
bien avant
le mouvement
de nos lèvres
Géraldine