Et si je vous disais qu’après des pages et des pages d’écriture, il ne reste plus que le silence ?
J’ai écrit Le Regard de ma mère chaque jour de l’été 2025, tandis que la lumière que filtraient mes volets mi-clos rayait les feuillets de mon cahier.
Je ne passais pas la journée à écrire. Je me réservais des plages pour avancer dans l’œuvre. J’ai toujours procédé ainsi pour mes projets, page après page, mot après mot. L’écriture est un parcours de longue distance qui s’effectue un pas après l’autre. Il faut économiser ses forces si l’on veut arriver à destination. Le souffle est compté – d’autant plus que j’avais mesuré celui de Maman en instants. Autrement dit, j’avais intégré l’écriture de mon livre à ma vie et non le contraire. Une fois les pages du jour remplies, je vaquais à mes activités quotidiennes.
Les motifs du livre se sont déroulés naturellement et lentement, comme les arabesques d’un tapis persan. Je possédais la trame du récit. Maman m’avait suffisamment narré des épisodes de sa vie dans la cuisine de mon enfance. Je tenais fermement le fil de leur chronologie.
Et si je vous disais le plus important dans ce billet ?
J’ai su que le livre était fini au grand silence que j’ai ressenti au point final placé après le mot « point ».
Ce n’est pas ce mot en lui-même qui fut le signe de l’achèvement de l’ouvrage, non, mais ce silence perçu par tous les pores de ma peau, et parfaitement entendu, comme lorsque je me suis retrouvée en 2006 seule dans le désert – avec l’autocar du voyage organisé qui attendait tout de même, à moitié caché derrière une dune.
Le crépitement du sable balayé par la main du vent. Des grains qui étoilaient mon visage et m’aveuglaient. L’écho du ciel. Le murmure du sang dans mes tempes. Le sentiment d’être en-dehors de l’espace, au milieu de l’immensité. Un minuscule point, en quelque sorte, entre les replis d’une page ocre. Ma respiration imperceptible dans l’infini.
Le désert me renvoyait à mon propre pouls.
Voilà comment m’est parvenu le silence après l’écriture du livre : une pulsation.
Comme si le souvenir du souffle de ma mère que je retraçais dans ces pages m’avait vidée.
Pourtant, paradoxalement, je me sentais comblée.
En effet, si je n’avais plus rien à dire, c’était parce que j’avais tout dit.
Tout dit au sujet de ma mère et de la fille que j’avais été.
Peu m’importait que ce livre fût lu. Il existait. C’était l’essentiel.
Ensuite, je ne sais plus.
Est-ce le livre qui s’est éloigné de moi ?
Est-ce moi qui me suis éloignée du livre ?
Je sais seulement qu’un sillage s’était creusé entre la passagère que j’étais – l’initiatrice du projet de voyage – et le véhicule – l’écriture – qui m’avait déposée au cœur du sable. Preuve, certes, qu’une distance inexorable se créait, mais aussi qu’une rencontre significative avait bel et bien eu lieu.
J’avais accompli ce qui devait l’être : redonner une mémoire à la vie effacée de cette femme parmi tant d’autres, et pourtant unique, puisqu’elle fut ma mère.
Je pouvais retrouver la paix.
Alors, je m’en suis retournée vers l’autocar de ma vie en prenant soin de poser mes pieds dans l’exacte empreinte de mes pas.
L’écriture de votre biographie : une histoire de patience
Sommaire :
1 Biographie et date symbolique 2 Biographie et patience 3 Biographie et rapidité 4 Biographie et intelligence (artificielle ou humaine) 5 Biographie et histoire de temps humain 6 Biographie et prix 7 Biographie et temps/argent versés
1) Bien sûr, votre biographie peut être prête pour une date symbolique (anniversaire, baptême, mariage, communion, fêtes en tous genres) si vous engagez ce projet avec moi dans un délai suffisamment raisonnable.
Mais il faut savoir que la biographie n’est pas un tout-en-un, prête en deux minutes – ou deux mois – comme une soupe à préparer rapidement. En tous les cas, cette démarche ne correspond ni à mon éthique professionnelle, ni à mon fonctionnement personnel. Pourquoi ?
2) Car l’écriture d’une biographie est une histoire de patience.
Et, comme j’aime bien aller au cœur du sujet par une série de « Pourquoi ? », je vais vous dire ce qu’est l’essence d’une biographie, selon moi, et donc ce qu’elle n’est pas.
La biographie est souffle, respiration, c’est-à-dire alternance d’inspirations et d’expirations : on inspire les souvenirs, pour les déposer sur la page. On s’inspire de sa vie pour l’offrir au monde – même si celui-ci se limite au strict cercle familial.
La biographie, lorsqu’elle retrace l’histoire de tout votre arbre familial, est elle-même un arbre en devenir. Et tout arbre, pour posséder des racines solides, commence par une jeune pousse qui croît doucement. Si vous souhaitez que votre récit s’enracine dans l’histoire familiale, vous ne pouvez pas faire l’économie de la lente alchimie du temps qui inclut toutes formes de recherches – individuelles, administratives, généalogiques, transgénérationnelles.
La biographie dessine ses méandres au rythme de l’écoulement de votre mémoire. Or, vous ne pouvez demander à une rivière d’accélérer son courant qui, par définition, échappe à votre contrôle. Sachez que votre mémoire – sœur de l’inconscient – suit la dynamique de son propre flux, qui échappe aux velléités de l’ego.
3) Vous pourrez m’objecter : « Mais écrire une biographie en deux, quatre, huit semaines est tout à fait possible ! »
Je vous répondrais : « Oui si… »
Je n’ai que vous comme narrateur : ce qui, je vous l’avoue, est très rarement le cas. J’ai souvent plusieurs biographies en cours (que je n’écris pas toutes en même temps, mais l’une après l’autre pour prendre le temps de m’imprégner de la singularité de chacune – encore et toujours la question du temps !
Je ne fais que cela : mais comme chacun, j’ai aussi un quotidien et une entreprise à gérer. Et si je suis la plume pour votre voix, je suis également la plume de ma propre voix, c’est-à-dire que j’ai aussi à cœur d’écrire mes propres livres, d’apprendre, de me former, de créer d’autres manières d’aborder l’écriture au service de l’autre – encore et toujours. Et, je vous assure, vous profitez de cette expansion de moi-même. Ma vie est aussi « une matière » sur laquelle je travaille, comme dirait Montaigne.
4) Si vous n’êtes pas convaincu, vous pouvez toujours recourir à l’intelligence artificielle (je ferai, à ce propos, un billet sur cette thématique très bientôt)
Si tel est votre désir, aucun biographe ne peut vous en dissuader. Mais à une telle démarche, je peux objecter trois points essentiels.
L’IA n’est qu’une source apparente de facilité. En vérité, tout le travail intérieur que déclenche un projet biographique aura été escamoté.
L’IA n’est pas humaine. Elle ne peut donc traduire que superficiellement des sensations, des émotions et des sentiments humains. L’IA est dépourvue d’empathie. Elle ne pourra jamais se mettre à votre place. Un écrivain-biographe, en revanche, si, car l’expérience de la vie – dans ses épreuves comme dans ses joies – est le propre de la condition… humaine qui nous réunit.
L’IA ne produira qu’une œuvre qui vous ressemble peu ou prou, une œuvre qui ne sera pas vous, mais qui n’en sera qu’un reflet généralisant, par ailleurs flou, infidèle, imparfait – très approximatif, voire stéréotypé. Vous perdrez alors beaucoup de temps à vous demander : « Mais où est donc mon âme dans ce livre ? » et à vous décider de la chercher, sans jamais la trouver. Pourquoi ? Parce que votre âme n’y est pas ! Elle a été remplacée par une intelligence algorithmique. Or, refusant d’être « un homme-machine », vous partirez enfin en quête d’un écrivain-biographe humain. Mais, vous m’avouerez, que de temps perdu pour vous qui étiez si pressé de tenir l’œuvre de votre vie entre vos mains !
5) Voilà donc pourquoi l’écriture de votre vie est une histoire de temps humain.
L’écriture d’une biographie ne se présente qu’une fois dans la vie. Alors, comme pour un voyage lointain à caractère exceptionnel, il serait dommage de se focaliser sur le point d’arrivée sans profiter du chemin qui y mène.
L’écriture d’une biographie est une traversée des paysages de votre âme. Bâcler une étape, c’est faire en sorte qu’elle se représente ensuite, car la vie nous ressert toujours ce que l’on n’a pas su comprendre, intégrer – voire, tout simplement, savourer.
L’écriture d’une biographie conjugue de multiples temporalités : le temps de l’écriture, associé à celui du souvenir. Il est fascinant de voir comment les différentes saisons de la mémoire s’entremêlent à celles de l’écriture. Vous vous rappelez, par exemple, de parties de pêche en plein été alors que la neige étoile les vitres lors de la narration et de la retranscription. À l’inverse, vous pouvez vous remémorer l’épisode d’une avalanche tandis que le jardin est en fleurs et que vous m’invitez à m’asseoir sur votre terrasse pour « tout me raconter ».
L’écriture d’une biographie n’obéit pas à une temporalité uniforme. Elle progresse selon une alternance de rythmes, d’instants suspendus, puis d’accélérations. On ne raconte pas une scène d’amour sensuelle et envoûtante comme une anecdote où l’on court au bord du quai pour attraper son train. Et la durée des non-dits, des silences ? Ces derniers ont aussi leur place dans votre histoire de vie, comme dans une partition de musique ! L’écriture des blancs requiert une attention et une intention particulières. C’est presque une séance de méditation où l’on s’accorde tout le temps et tout l’espace nécessaires pour que l’indicible affleure la page.
Et il existe aussi le temps entre les séances durant lequel vous récoltez les fragments sensoriels et mémoriels liés à telle thématique susceptible d’être développée dans le cadre d’une séance ultérieure.
Certains, lorsqu’ils ont bien intégré notre processus d’écriture en binôme, commencent un journal d’écriture biographique sur lequel ils notent les points à aborder puis évoqués, leurs états d’âme, leurs bilans de conscience en dessous de la date de l’entretien, comme pour un journal de thérapie. Ils initient une biographie de l’écriture biographique, une sorte d’atelier d’expérimentation littéraire sur lequel je reviendrai et qui développe la faculté fascinante de pouvoir mettre en abyme l’écriture sur soi par l’écriture de soi.
Vient ensuite le temps de la relecture approfondie, des modifications, de l’insertion de photos puis de la mise en page – et, tout ce que je vous souhaite – de la publication (privée ou publique). Tout cela fait partie d’un autre processus à soigner également. En effet, se dépêcher pour « avoir le livre », c’est peut-être omettre des choses importantes – à ajouter, modifier, supprimer – et, une fois que le livre est relié, il est bel et bien fini. Commence alors la saison des regrets si vous avez escamoté une étape ou pressé le biographe – ce qui est fort dommageable, le but final étant que le livre vous corresponde en tous points.
6) Vous pourriez me dire : « Mais, plus la biographie dure longtemps, plus je vais payer ! »
À cela, je vous répondrais clairement :
Non !
Pourquoi ?
Car nous décidons ensemble de la fréquence des séances. Encore une fois, tout est question de rythme.
Car tout dépend de la vision de votre projet initial : le prix d’une biographie individuelle est, bien entendu, plus modique que celui d’un roman familial ou d’une biographie entrepreneuriale qui traverse de nombreuses générations et qui engage des recherches généalogiques – de votre part ou de la mienne -, autre exigence de lenteur.
Car je sens moi aussi quand nous arrivons à la fin de l’écriture et que l’étape de la mise en livre commence. Prolonger une écriture qui a « tout dit » est aussi stérile pour vous que pour moi. En tant que biographe, j’apprécie grandement le moment où l’on voit tant de pages tapuscrites se métamorphoser en ouvrage relié. Par ailleurs, j’aime me définir comme une artisane des mots. Un artisan-menuisier ou sculpteur sait quand il a terminé son armoire ou son bustier d’amant. Bien sûr, comme le peintre, il peut toujours peaufiner la création mais ce geste se limite à quelques touches ou traits supplémentaires. Voilà tout. Il ne rajoute pas un pied d’armoire ou un bras au buste parce qu’il faut prolonger l’œuvre indéfiniment. Biographe et narrateur sont destinés à se quitter et c’est le livre abouti qui signe cette séparation.
7) Mais, puisque nous vivons dans une société où il nous faut toujours tout quantifier – même les mouvements de l’âme -, car le chiffre est la norme de notre sécurité matérielle et psychique, sachez que
La biographie moyenne dure d’un an à un an et demi ( il y a, bien sûr, des biographies plus courtes, et d’autres, plus longues).
Elle contient en moyenne de cent à cinq-cents pages ( mais peut contenir une cinquantaine de pages seulement).
Elle coûte de 1000 à 3000 euros (2000 euros étant la moyenne et 500 euros, le prix le plus bas). Ces sommes, je vous le rappelle, se paient à la séance. Ce fonctionnement respecte, de ce fait, la prévision et le rythme de votre budget – autre temporalité non négligeable qu’il vous convient de respecter !
Si vous me le demandez, un devis avec paiement échelonné est toujours possible.
À bientôt donc, à la croisée des mots !
Géraldine, votre écrivaine privée, biographe familiale et écritothérapeute
Lancement pour Noël de mon roman autobiographique Le Regard de ma mère
Le Regard de ma mère est né le 05 décembre 2025
Screenshot
Une astrologue énergéticienne m’a dit, un jour, que le chiffre 5 serait toujours une date-clé dans mon existence. Elle ne s’est pas trompée. Le Regard de ma mère est né après 9 mois de grossesse – fruit d’une écriture quotidienne durant tout l’été. La nuit précédant la parution de mon livre, j’ai rêvé d’un ventre bien rond. Moi qui me définis, en tant que biographe privée pour autrui et biographe familiale, comme « accoucheuse d’âme dans un livre de vie », j’ai accouché de l’âme de ma mère, et plus précisément de sa mémoire. Comme cela arrive souvent aux filles, je suis devenue une mère pour ma mère, c’est-à-dire dépositaire de sa mémoire et de son regard – les deux étant étroitement enlacés dans les pages de ce roman.
Voici la story de présentation de l’ouvrage :
Dans la pénombre d’une chambre d’hôpital, une fille tient la main de sa mère mourante de la maladie d’Alzheimer.
Cette main qui a épluché les légumes, pétri la pâte, repassé le linge ; cette main qui, parfois, l’a aussi corrigé.
En la serrant une dernière fois, Géraldine entreprend un voyage singulier : remonter le fil du temps pour habiter le regard de celle qui l’a mise au monde.
De la campagne lorraine des années 1940 aux couloirs silencieux de l’Ehpad, ce récit tisse trois vies en une seule trame. Celle de Gisèle enfant, cueillant les mirabelles dans le verger familial de Chaudeney avant que la poliomyélite ne marque à jamais sa démarche. Celle de la mère exigeante et aimante, héritière des gestes ancestraux et des silences de femmes. Et celle de la fille, moderne et pressée, qui découvre enfin, par l’écriture, le chemin vers une réconciliation impossible de leur vivant.
Le Regard de ma mère est une ode lumineuse à la transmission féminine, un adieu qui devient renaissance. Géraldine Andrée y déploie une prose sensuelle et délicate, où le parfum des confitures de mirabelles se mêle à la douleur du deuil, où chaque souvenir restitué devient un acte d’amour.
Un livre sur ce que nous devons à celles qui nous précèdent et sur la grâce d’accepter enfin de voir le monde à travers leurs yeux.
« À présent que ses lèvres ne laissent plus échapper un mot, je suis son histoire. À présent que ses yeux sont clos, je suis son regard. »
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Où trouver le livre ?
Disponible dès aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies.
Le 05 décembre 2025, est paru aux éditions Advixo le livreLe Regard de ma mère, qui croise la biographie de ma mère avec mon autobiographie.
« Dans la pénombre d’une chambre d’hôpital, une fille tient la main de sa mère mourante de la maladie d’Alzheimer. Cette main qui a épluché les légumes, pétri la pâte, repassé le linge ; cette main qui, parfois, l’a aussi corrigé. En la serrant une dernière fois, Géraldine entreprend un voyage singulier : remonter le fil du temps pour habiter le regard de celle qui l’a mise au monde. De la campagne lorraine des années 1940 aux couloirs silencieux de l’Ehpad, ce récit tisse trois vies en une seule trame. Celle de Gisèle enfant, cueillant les mirabelles dans le verger familial de Chaudeney avant que la poliomyélite ne marque à jamais sa démarche. Celle de la mère exigeante et aimante, héritière des gestes ancestraux et des silences de femmes. Et celle de la fille, moderne et pressée, qui découvre enfin, par l’écriture, le chemin vers une réconciliation impossible de leur vivant. »
Genèse d’écriture du livre
J’ai écrit ce récit pendant tout l’été 2025, à l’ombre de mes volets clos, les jours de grande chaleur et d’orage.
J’ai repris une partie du journal que j’ai tenu en automne 2023, lors du départ de ma mère pour sa traversée vers une rive inconnue.
J’ai pu constater que beaucoup de notations sensorielles et émotionnelles que j’avais notées en vrac, au milieu de l’étendue de mon chagrin, s’étaient transformées, précisées, métabolisées dans mon âme, avec le temps, pour devenir de véritables pages de roman.
Le thème principal du roman est la communication – et pourquoi pas, la communion – réparatrice qui transcende l’indicible de la maladie de l’oubli, et les non-dits dans la relation entre une fille et sa mère, tout au long de leurs vies respectives.
Que devient une fille que la vie invite à être une mère pour sa mère ?
Que devient une mère que la vie finissante incite à être une fille pour sa fille ?
Tout au long des pages, s’entrelacent l’ici et l’ailleurs, le présent et le passé, les herbiers et les bouquets d’algues de l’enfance.
Des vergers de mirabelles au lit de la maladie, de la joie au déchirement, de la ferme en peine campagne à un appartement citadin, de la nature à la sidérurgie…
Le livreLe Regard de ma mère est un voyage à travers ce pays que fut le bleu clair des yeux de ma mère. L’écriture m’a permis de comprendre toute une époque à travers son regard. Notre condition de femme a-t-elle tellement changé ? Une chose est sûre : celles qui nous précèdent ont tracé notre chemin. L’écriture rend hommage à cette trace et disperse le sable de l’oubli qui tend à la recouvrir.
Écrire parce que tout passe…
Écrire pour que rien ne s’efface…
Je pense que le plus grave n’est pas l’oubli dont ont souffert nos proches que la maladie d’Alzheimer a emportés.
Je pense que le plus grave est l’oubli de notre part de nos proches que la mort a emportés.
Puisque nous n’avons pas pu leur rendre la mémoire, l’écriture nous permet d’être leur mémoire.
Note de l’éditeur
« Le Regard de ma mère est une ode lumineuse à la transmission féminine, un adieu qui devient renaissance. Géraldine Andrée y déploie une prose sensuelle et délicate, où le parfum des confitures de mirabelles se mêle à la douleur du deuil, où chaque souvenir restitué devient un acte d’amour. Un livre sur ce que nous devons à celles qui nous précèdent et sur la grâce d’accepter enfin de voir le monde à travers leurs yeux. »
« À présent que ses lèvres ne laissent plus échapper un mot, je suis son histoire. À présent que ses yeux sont clos, je suis son regard. »
Le livre est disponible en version broché sur le site de l’éditeur et en e-book sur des sites comme Amazon, la Fnac, avant de paraître dans toutes les bonnes librairies.
À bientôt,
À la fenêtre des mots !
Géraldine Andrée
« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. »
Partout, des chaussures. De différentes pointures. Du 34 au 44.
Des talons hauts qui claquent. Des bottines aussi. Des escarpins qui se rendent à une soirée. Des baskets de joggeurs. Des boots élégantes pour DRH qui viennent de quitter leur bureau.
Partout, des roues. De motos, de vélos, de voitures, de fourgonnettes, de bus.
Partout, des lignes. De couloirs. De sens interdits. D’obligations de bifurcations.
Le bitume ne garde pas trace de tous ces passages.
Combien ont marché sur l’asphalte depuis que cette ville moderne existe ? Une foule infinie de femmes, d’hommes, d’enfants, de vieillards. Tous ces passants chaussés pour la marche, protégés des pavés, des ordures, des bris de bouteilles éclatées qui jonchent le sol. Des myriades de souliers singuliers, donc, de pas uniques.
C’est comme ça partout dans nos villes.
Et soudain, arrêté à un feu tricolore, le pied d’un cycliste, un pied nu dans le couloir réservé aux vélos, aux ongles vernis de bleu, un pied svelte entre les roues des bus et des camions, un pied si fragile parmi les moteurs vrombissants des voitures.
Un pied délié, un pied d’esthète ou de méditant, qui attend son tour. Il a quitté la pédale du vélo pour reposer en toute confiance sur le bitume froid et mouillé de l’avenue. Les phares et les clignotants de cette fin de journée éclairent son réseau de veinules saillant sous la peau.
Un pied qui nous rappelle d’où l’on vient – de la terre, de l’herbe, de l’humus des forêts, du sable des plages ou des déserts.
Un pied dans l’instant présent – ici, maintenant. Un pied qui fait confiance au monde. Qui sait que le déferlement des automobiles ne l’écrasera pas. Car on ne broie pas une perle. On la repère, de loin, à son étincelle.
Un pied qui nous montre comment renouer contact avec notre nature profonde, à l’aurore des millénaires, quand nous marchions sans semelle.
Le feu est devenu vert.
Le pied s’est levé. A enclenché de nouveau la pédale en y appuyant fermement la voûte plantaire.
Et le vélo s’est évanoui parmi le flux des voitures.
Effacés les ongles bleus, dans le soir électrisé par le clignotement des enseignes.
Qui peut savoir que cette scène a existé ?
Qu’un cycliste, à la fin de la journée, a attendu, pieds nus, parmi les voitures, de passer ?
Nos regards sont des boulevards. Ils ne gardent pas trace de ce qui les traverse.
Mais, il y a ce souvenir inscrit sur le chemin de ma mémoire, dont j’ai composé un poème, à l’encre bleue, en attendant mon bus – le dernier de la journée – assise sur un banc en plastique, pour offrir un peu de repos à mes chevilles tellement oppressées dans leur gaine de cuir.
De combien de pieds se compose ce poème écrit à la va-vite et qui enjambe cette page surlignée ?
Je ne saurais vous dire.
Je sais uniquement qu’il attendra mon feu vert, et tout le temps nécessaire, pour que je le publie.
Mon ouvrage d’écritothérapie Guérir avec mon cahier – La Pratique du journal de guérison est paru en broché le 20 avril 2025
Je suis immensément fière d’annoncer que mon livre, Guérir avec mon cahier, est enfin publié ! Devenir écrivain a toujours été un rêve pour moi, et ce fut une expérience incroyable de réaliser ce rêve pour moi-même. Si vous avez des commentaires sur le livre ou si vous voulez discuter de son contenu en profondeur, j’aimerais beaucoup entrer en contact avec vous et échanger des idées ! Voici un lien qui vous permettra d’en savoir plus !
Oui ! C’est le jour ! Je suis maintenant officiellement une auteure publiée. La route a été longue et le travail difficile, mais tenir mon livre entre les mains en vaut vraiment la peine. Au cas où vous n’auriez pas suivi mes progrès, et que vous seriez intéressé(e) par le sujet de ce livre, voici le résumé :
Je propose dans cet ouvrage de multiples exercices d’écritothérapie que j’ai inventés pour la plupart et expérimentés pour moi-même d’abord, afin de transcender les différents défis de ma vie. Que cette Pratique du journal de guérison soit votre guide de résilience.
Je peux vous accompagner sur ce chemin d’écriture thérapeutique par ma biographie d’auteure qui m’a conduite à écrire Guérir avec mon cahier :
C’est parce que Géraldine Andrée était effacée qu’elle a commencé à écrire. Elle sentait qu’elle avait des choses à dire, mais qui les écoutait ? En grandissant, elle a trouvé une amie dans son journal intime : Miss Blue. Dans le silence de la page, elle se sentait entendue. Dans la blancheur du papier, elle était certaine d’être soutenue. Elle laissait une trace. Donc, elle existait. Il était évident qu’elle avait trouvé sa place. L’écriture a toujours habité sa vie, comme elle a toujours habité l’écriture. Elle en a fait un espace-temps intime et sacré qui fait partie de son quotidien. Au fil des jours, elle a affiné sa pratique et peu à peu, celle-ci lui a prodigué des outils de guérison, pour elle-même, déjà, et pour autrui. Elle a en effet mis ses mots au service de l’accouchement des âmes dans des livres pour autrui, en devenant écrivaine et biographe familiale. Puis, des études en art thérapie lui ont permis de développer des ressources spécifiques d’écriture pour autrui.
Si vous pensez que cela vous intéresse, vous pouvez vous rendre sur mon site Web.