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Comment se passe l’écriture d’une biographie de la peau à la page ou de l’écriture à la cicatrice ?

Géraldine ANdrÉE
Publié dans Actualité, Collections de l'esprit, Histoire d'écriture, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

Si je devais me décrire à quelqu’un…

Proposition quotidienne de rédaction
Comment vous décririez-vous à quelqu’un ?

Je suis toujours surprise, quand les gens font leur autoportrait, de la manière avec laquelle ils se décrivent, c’est-à-dire en assimilant ce qu’ils font à ce qu’ils sont : « Je suis médecin, je suis garagiste, je suis maîtresse d’école, je suis infirmière… ».

Dans ce billet, pour changer l’ordre établi, je vais me décrire par ce que je déteste et ce que j’aime.

Je Déteste

  • Mettre des sandales et être surprise par l’orage. L’eau des trottoirs qui charrie ses saletés mouille mes pieds, quelle horreur !
  • Le crissement d’un sachet de pop-corn quand je regarde un film. Exaspérant !
  • Le bourdonnement de la tondeuse du voisin qui entre dans ma lecture
  • Une fleur qui s’incline un peu plus chaque matin avant de se faner
  • Quand toute la louche de pâtes se déverse dans mon assiette. Je me dis alors : Zut ! Il faudra que je me pèse demain !
  • Mon croque-monsieur que je me faisais une joie de savourer brûlé dans la poêle
  • La couronne du cône glacé qui tombe dans mon décolleté
  • Un sourire qui en dit trop sans rien révéler
  • Des collants que j’ai payés très cher, hélas filés au bout d’une journée
  • Une araignée qui s’échappe d’une couverture
  • Un mauvais horoscope pour la semaine car cela me gâche d’avance cette semaine et la veille du week-end, je pense que l’horoscope avait raison

J’Aime

  • Partir à l’aube dans le soleil d’une rue majorquine pour aller m’acheter mon parfum à la rose de Givenchy
  • Écrire jusqu’au cœur du silence qui me fait entendre le battement de mon cœur
  • Quand c’est le soleil qui se charge d’entourer les mots de ma page. Je laisse ainsi à la lumière le soin de sélectionner l’essentiel
  • Prendre un long bain. Et lorsque l’eau refroidit, rajouter de l’eau chaude tandis que je lève mon livre pour ne pas le mouiller
  • La tempête qui cogne contre le velux pendant ce bain
  • Allumer la lampe, laisser infuser le thé pendant que je mange un pancake au miel
  • Les courgettes… Et encore les courgettes… Sous toutes les formes… Gratinées, en purée, en ratatouille, en rondelles
  • Un chien qui croque une carotte
  • Un poème bref qui me laisse grande impression
  • Voir le soleil se coucher à Damas et rencontrer la première étoile
  • Attendre l’amant dans un petit café tandis qu’il commence à neiger. Et me dire qu’Il s’annoncera par la trace de ses pas

Toutes ces listes ne sont pas exhaustives…

On pourra dire tout ce que l’on veut de moi : sensuelle, impatiente, trop gourmande, peut-être même avide… de vie surtout…

Je suis un peu tout cela et rien de tout cela à la fois.
Je suis, c’est Tout.
Et lorsque des gens veulent écrire leur vie avec ma plume, je les invite à être à la fois ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas, changeants comme l’instant, mouvants comme les ombres de leurs mains.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Poésie

Noyau de pêche 10

Où partir
cette année ?
En toi

Géraldine Andrée

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Cimetière marin

Le 14 avril 1912, à 2 heures 20, après avoir heurté un iceberg, coule au large de Terre-Neuve le RMS Titanic censé relier Southampton à New York, emportant dans son naufrage 1520 victimes.

Entre le 18 et le 22 juin 2023 – soit un siècle après, avec une certaine concordance de dates à une année et deux mois près -, implose aux abords de l’épave Le Titanic, le sous-marin Titan, tuant cinq personnes.

Comme le déclare le cinéaste James Cameron, auteur du célèbre film Le Titanic, que de ressemblances entre les deux drames…

En effet, l’impréparation que cache un orgueil démesuré, la folie de l’argent, le désir d’impressionner le monde sont à l’origine de ces deux tragédies.

Quelle étrange coïncidence également entre les deux noms : Titanic et Titan !

La nature livre encore une fois une cruelle leçon à l’homme. Que celui-ci ne se lance pas à la conquête de son immensité par pure vanité car ses ambitions ne sont rien face aux impitoyables lois des éléments et de la physique.

L’endroit au large de Terre-Neuve où se sont produits les deux drames (41°46’00 nord/50°14’00 ouest) ne pardonne pas l’amateurisme et la prétention. Il punit très sévèrement l’impréparation que masquent des noms présomptueux comme Titanic/Titan ainsi que la cupidité et le goût pour l’ostentatoire.

D’aucuns disent que c’est spécifiquement à cette latitude et longitude où a sombré le Titanic que le royaume de l’Atlantide a été englouti.

Malédiction ?

Il est vrai que cet endroit posséderait toutes les caractéristiques d’un lieu mystique comme Shamballa dont on ne peut s’approcher qu’avec humilité – incluant la préparation et donc la compréhension et l’acceptation d’une force qui nous dépasse. Après tout, nous ne sommes que des mortels…

Aujourd’hui, aux 1520 victimes de 1912, il faut en ajouter cinq encore – cinq victimes dont on ne retrouve pas les corps, comme pour les victimes du Titanic.

Parmi les victimes, l’océanographe français Paul-Henri Nargeolet qui a dédié toute sa vie au Titanic, récupérant au cours de chacune de ses missions, tel un archéologue, des traces mémorielles, figées à l’instant même du drame : assiettes, divers objets tombés de leurs étagères lors de la chute du paquebot…

Il a, en outre, patiemment reconstitué le frêle fil de l’encre des lettres écrites par un amoureux à son amoureuse, préservées dans le cuir d’une valise, ainsi que les lignes des portées d’une chanson. Il a remonté vers le ciel ces histoires intimes qui, sans sa passion, auraient été condamnées à l’oubli des profondeurs.

Quelques jours avant sa disparition, Paul-Henri Nargeolet a affirmé qu’il doutait de la solidité du sous-marin Titan mais il est descendu, toujours aussi fasciné par la beauté de l’épave.

Il a désormais rejoint sa légende pour qu’enfin

« sur l’abîme, un soleil se repose.« 1

1 Paul Valéry, Le Cimetière marin

Géraldine Andrée

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L’enfant retrouvé

À l’heure où les messages pour la Fête des Mères débordent sur les réseaux sociaux, je tiens, ce soir, à m’adresser dans ce post à toutes les femmes qui ne se sentent plus ou pas mères pour différentes raisons :

-Leurs enfants ne leur parlent plus et ont coupé les ponts avec elles

-Leurs enfants sont partis à l’autre bout de la terre et ne leur donnent des nouvelles que très rarement

-Leurs enfants leur ont été enlevés

-L’un de leurs enfants, malade, dans le coma, drogué, dément, ne les reconnaît plus

-L’un de leurs enfants est décédé

-L’un de leurs enfants n’est pas né ou ne peut être conçu

Le savez-vous ? L’impossibilité ou la perte d’un enfant ne fait pas perdre à une femme sa capacité (ou son don, son talent) à être mère.

Soyez à la fois pour vous-même la mère et l’enfant.

Remplissez-vous de votre propre enfance. Renouez contact avec l’enfant intérieur qui attend patiemment en vous votre reconnaissance.

Concrètement, comment ?

-Ouvrez grand un cahier et dessinez ensemble. La main gauche, la main enfantine, pose les encres. La main droite, la main maternelle, dessine les traits. Et voilà une maison, une grille bordée de fleurs, un chemin secret qui tremble…

-Écrivez vos dialogues à deux sur tout et rien : Où va, ce nuage Maman ? – Vers une autre fenêtre où tu regardes… Conversez face à cette fenêtre. Que voyez-vous ? Un hippopotame ailé ?

-Allez ensemble à la boulangerie, à la plage, au Musée des Oiseaux

-Sautez dans les flaques puis démarrez la machine à laver en vous grondant tendrement : Cela suffit pour aujourd’hui ! Mais on recommencera demain, promis !

-Faites de la pâte à modeler, donnez un visage comique aux monstres qui vous tourmentent

-Remplissez la salle de bain de bulles de savon

-Cuisinez un plat de votre enfance bien gras, bien sucré et régalez-vous jusqu’à l’écœurement

-Recopiez dans votre journal intime avec votre main la moins habile un poème de Maurice Carême

La liste est loin d’être exhaustive.

N’oubliez pas : une bêtise, un grain de folie peuvent vous donner accès à vos rêves.

Entrez par toutes les portes que votre chagrin vous avait interdites.

C’est ainsi que vous donnerez vie à votre vie.

@L’Encre au fil des jours

@Géraldine Andrée

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Le lait bleu

À l’heure où les messages pour la Fête des Mères débordent sur les réseaux sociaux, je tiens, ce soir, à m’adresser dans ce post à tous ceux qui se sentent délaissés par cette fête parce qu’ils sont délaissés par leur mère et ce, pour différents raisons :

-À tous les enfants nés sous X qui méconnaissent le nom de leur mère

-À tous les enfants écartés de leur mère pour cause de maltraitance

-À tous les enfants incompris, abandonnés physiquement et/ou psychiquement par leur mère

-À tous les enfants qui n’ont pas eu « une mère suffisamment bonne » selon l’expression du pédiatre Winnicott

-À tous les orphelins

-À tous les enfants dont la mère est malade, placée

-À tous les enfants qui ne reconnaissent plus leur mère partie très loin d’eux, pour le pays d’Alzheimer

Le savez-vous ? Nous intériorisons tous, quelle que soit notre enfance, une mère idéale pour soi.

Aussi, créez-vous votre propre Fête des Mères en vous désignant une mère parmi les personnes, stars qui vous inspirent. Notez son prénom sur un cahier et adressez-lui une lettre de gratitude dans laquelle vous décrivez comment et pourquoi cette personne est une mère spirituelle pour vous.

Et soyez aussi votre propre mère. Nourrissez l’enfant intérieur qui est en vous au lait bleu.

Qu’est-ce que le lait bleu ?

Le lait bleu est ce qui nourrit votre âme.

Il y a le lait bleu de l’encre

le lait bleu de la gouache

le lait bleu d’un poème

le lait bleu d’un ciel d’été sur un tableau

le lait bleu de la musique

le lait bleu des prochaines vacances

le lait bleu de votre propre joie à exister

le lait bleu de votre pouvoir personnel à enfanter et à allaiter – un enfant, un rêve, un projet…

Quel est votre lait ? Qu’est-ce qui vous fortifie ?

En vous le donnant, vous vous placerez en toute confiance sur le sein de la Vie.

@L’Encre au fil des jours

Géraldine Andrée

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Le prix d’une biographie

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Promenons-nous dans le jardin de l’Ariadne grâce aux ondes de RCF Corsica

L’interview à RCF Corsica concernant la publication de la biographie En Suivant l’Ariadne de Marie-Hélène Ferracci et Géraldine Andrée (Muller)/ L’Encre au fil des jours ; écrivain privé-biographe, coach littéraire

« Par ce récit, jardin de l’Ariadne, je te redonne ta dignité. Tu es bien plus qu’un nom. Tu es un trait d’union.« 

« Merci Géraldine pour ce merveilleux accompagnement durant ces beaux mois!

Nous célébrons une si belle naissance grâce aux ondes de RCF CORSICA !

Bravo et Merci Géraldine ! Merci à Laetitia de RCF Corsica !« 

Marie-Hélène Ferracci

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Fais la planche !

Invitation à lâcher prise

Tu te souviens quand tu faisais la planche dans ton enfance ?

Moi, je me souviens. Bras et jambes écartés en étoile. Je suis l’astre de la mer. L’eau se mêle à mes cheveux qui deviennent des algues. L’eau entre dans mes oreilles et le mouvement du courant se confond avec le tempo de mon sang. Je m’adapte aux flux et reflux de l’Univers. J’épouse la vague qui s’avance et se retire. Mieux : je m’y accorde. Je suis le rythme parfait, universel de toute chose. C’est un voyage presque immobile que de faire la planche. On ne se déplace que de quelques centimètres mais on avance dans un autre état de conscience.

J’oubliais ainsi mes problèmes de petite fille : la copine qui avait préféré une autre à moi, les sermons de mes parents, l’inquiétude de la rentrée qui se profilait. Les questions qui me taraudaient la nuit –  » Serai-je dans une classe sympathique ? Pas comme l’année précédente où c’était horrible !  » – cessaient quand je me laissais porter par l’eau. J’accédais ainsi sans bouger, sans fournir aucun effort, sans faire preuve de la moindre volonté, à une petite éternité dont j’étais l’unique horlogère.

Certes, je soupçonnais qu’il pouvait se produire des événements bien plus dangereux en-dessous. Des courants se levaient peut-être des abysses ; des tourbillons surgissaient sûrement des profondeurs. La mer n’était pas calme en son cœur. Des lames de fond étaient susceptibles d’emporter un téméraire esquif. Mais ces tumultes ne me concernaient pas. Ils étaient loin, bien en-dessous de moi, et seule importait la paix de l’eau sous mes reins.

Quand une tempête existentielle s’annonce, que les flots de la vie s’apprêtent à brouiller ta vision de l’avenir, que le rouleau des jours menace de te déséquilibrer, qu’une houle incontrôlable est susceptible de t’emporter dans une direction que tu refuses, souviens-toi comment tu faisais la planche, enfant.

Autrement dit, lâche prise sur les problèmes de fond. Laisse-toi bercer par le courant doux, ténu de l’instant présent. Dispose tes bras et tes jambes en étoile. Suspends-toi entre deux temps.

Comme je ne bénéficie pas de la mer là où j’habite, j’ai trouvé une autre manière de faire la planche. J’écris. La page est ma Méditerranée. Je m’offre au mouvement subtil de l’encre. J’accepte de dériver jusqu’au mot suivant, de franchir des portions d’espace calme, d’apprivoiser l’inconnu sans que je me sente menacée.

En faisant la planche sur la page, je me sens en sécurité. Les problèmes de l’existence n’ont plus prise sur moi car j’existe, indépendamment de quoi ou de qui que ce soit.

Je suis à l’écoute des murmures que provoque l’imperceptible mouvement de mon bras écrivant. Et lorsque j’ai fini, je m’aperçois que mon corps est devenu ce poème qui fait la planche sur les remous de la vie.

Tu peux faire pareil. En écrivant. En peignant. En composant de la musique.

Peu importe ce qui gronde en-dessous de toi. Tu ne peux le maîtriser, de toute façon.

Alors, seuls comptent le corps de ce bouquet de couleurs qui flotte sur le papier, le déhanchement de la gamme, la silhouette de cette poésie tout entière livrée à l’infini.

Ne pense pas à ce qui se trame dans les profondeurs. La Vie te préparera toujours de l’imprévisible.

Mais en attendant, fais la planche
sur ta propre présence.

Géraldine Andrée

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Suivez l’Ariadne

L’Ariadne ajaccienne, une fleur à fleur de mer…

Parce que les lieux perdus peuvent se retrouver dans la trace que laisse l’écriture, les disparitions ne sont ni inéluctables, ni définitives.

Il est des biographies d’hommes célèbres, de stars.

Il est aussi des biographies d’inconnus qui cultivent des jardins qui ne leur appartiennent pas ; des biographies d’humbles maraîchers qui font éclore les fleurs et les fruits des autres.

Il est des biographies d’anonymes qui font advenir la terre en secret.

Il est des biographies de pays, de jardins, de feuilles, de lumières ; des biographies qui passent de bouche à oreille, de rêve en rêve et que le murmure d’une fontaine bien ancienne traverse ; des biographies de l’invisible et de l’indicible.

C’est cette biographie que je vous propose de vous faire découvrir aujourd’hui, une biographie nouvellement née de la collaboration entre Marie-Hélène Ferracci et L’Encre au fil des jours/Géraldine Andrée (Muller).

Il était une fois un jardin ajaccien dont vous pouvez suivre le fil du chant, de l’eau et de l’Ariadne ici. Souvenez-vous ! Il n’est pas si loin, ce jardin ! Il vous attend à la prochaine page !

Pour cela, suivez l’Ariadne…

Géraldine Andrée