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La fontaine de Damas

Bien que nous partions tôt le lendemain
vers l’aéroport,
nous avons voulu revoir
la fontaine de Damas.

Je me souviens
que nous avons pris un taxi dans la nuit
pour nous asseoir sur son bord
une dernière fois.

Et Elle était là, tout entourée
par les pétales d’or du soir.
Pour saisir ses astres sonores,
j’ai trempé ma main dans l’eau de la vasque.

Son chant a constellé ma paume.
J’ai promis de revenir un an plus tard.
La guerre, hélas,
m’a éloignée de ma promesse !

Beaucoup de voix se sont tues
sous les éboulis.
Je n’ai pas pu refaire le voyage.
J’ai déjà écrit des poèmes sur la fontaine de Damas.

J’en écrirai encore au fil de ma vie
car j’ai compris le miracle
qui demande à advenir
dans mon souvenir.

Certains soirs de silence,
tout entourée par les lumières de la lampe,
ma mémoire se fait vasque
d’où jaillit un poème

qui enchante l’ombre.
C’est moi qui suis devenue
la fontaine de Damas
que ma paume

retrouve intacte
dans la nuit,
malgré les astres
évanouis.

Géraldine Andrée

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L’écriture ou la foi en sa solitude

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La musique de l’écriture

Géraldine Andrée

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Votre biographie ; l’écriture de vos expériences de vie

Nouvel article d’écritothérapie

Bonne lecture !

Géraldine Andrée

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Pour libérer ta vie, libère ton histoire

Écris sur ce qui t’obsède, te chagrine,
sur ce qui éveille tes regrets et tes remords.
Puis, après avoir constellé
d’étoiles noires

tout l’espace de la page promise,
laisse dans ta vie
de l’espace au blanc
du jour à vivre.

Tu seras ainsi plus présent pour la cime
de chaque arbre
sur lequel le soleil
se penche.

Écris, par exemple, sur la musique
que te fait encore entendre
le jardin effacé,
la cour des jeux à cloche-pied,

les matins passés
avec ta grand-mère
à enlever les fils
des haricots verts.

Souviens-toi
comme les vacances
ainsi touchaient
à leur terme

au fil des haricots
que détachaient
les mains de ta grand-mère
déformées par les rhumatismes.

Il y aura toujours de la place
pour la nostalgie de l’enfance
dans ton cahier.
Je dirais même

que ton cahier se destine
à devenir la chambre de ton enfance
où tu inviteras ton lecteur
comme ton meilleur ami de jadis.

La liberté ?
C’est d’écrire chaque jour
dix minutes, vingt minutes
au sujet de cette famille,

de ce qu’elle est devenue,
faire de ton expérience
un chemin qui mènera
ton ami inconnu

vers une compréhension
plus intime,
plus aiguë
de Lui.

Géraldine Andrée

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À l’Amie

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L’écriture d’été

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J’ai écrit

J’ai écrit quand je n’avais pas la force de le faire
J’ai écrit quand tout ce que je désirais c’était dormir et rêver que je vivais une autre vie
J’ai écrit des poèmes quand il fallait que je mette un point final à cette histoire d’amour qui ne rimait à rien
J’ai écrit des romans quand la réalité me rattrapait
J’ai écrit des nouvelles quand personne ne me demandait comment j’en allais
J’ai écrit quand il n’y avait que le silence pour me répondre
J’ai écrit quand on me disait de me taire
J’ai écrit avec une encre éclatante quand on me conseillait de m’effacer
J’ai écrit des phrases dansantes des vers déhanchés quand on m’intimait de me tenir droite
J’ai écrit en accrochant une boucle ascendante au dernier mot quand il fallait que je me courbe
J’ai écrit en attribuant des majuscules à chaque idée quand on me suggérait fortement de voir petit
J’ai écrit en trouant le papier quand je ne devais pas blesser celui qui m’avait heurtée
J’ai écrit quand la poésie est montée en moi comme du lait
J’ai écrit quand j’ai pris conscience de la nécessité de me nourrir
J’ai écrit quand je me suis avoué que le passé était écrit que je ne pouvais plus rien y changer et qu’il ne me restait plus qu’à me bercer
J’ai écrit quand j’ai saisi ma destinée telle la plume d’un oiseau en plein ciel
J’ai écrit quand il m’a paru révoltant que d’autres écrivent mon avenir à ma place
J’ai écrit quand les mots me sont devenus une armure douce – un peu comme l’aura des grands maîtres
J’ai écrit quand je me suis envoyé un sourire dans le vieux miroir
J’ai écrit quand il m’a semblé évident que mes rêves étaient déjà accomplis avant la moindre promesse

J’ai écrit quand j’ai franchi la ligne de l’arrière-pays
J’ai écrit j’ai écrit j’ai écrit
Et c’est parce que j’ai aussi longtemps écrit que je suis toujours en vie
Et c’est parce que je suis toujours en vie que j’écris encore

Je prévois d’écrire à la prochaine aurore

Géraldine Andrée

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Si je devais me décrire à quelqu’un…

Proposition quotidienne de rédaction
Comment vous décririez-vous à quelqu’un ?

Je suis toujours surprise, quand les gens font leur autoportrait, de la manière avec laquelle ils se décrivent, c’est-à-dire en assimilant ce qu’ils font à ce qu’ils sont : « Je suis médecin, je suis garagiste, je suis maîtresse d’école, je suis infirmière… ».

Dans ce billet, pour changer l’ordre établi, je vais me décrire par ce que je déteste et ce que j’aime.

Je Déteste

  • Mettre des sandales et être surprise par l’orage. L’eau des trottoirs qui charrie ses saletés mouille mes pieds, quelle horreur !
  • Le crissement d’un sachet de pop-corn quand je regarde un film. Exaspérant !
  • Le bourdonnement de la tondeuse du voisin qui entre dans ma lecture
  • Une fleur qui s’incline un peu plus chaque matin avant de se faner
  • Quand toute la louche de pâtes se déverse dans mon assiette. Je me dis alors : Zut ! Il faudra que je me pèse demain !
  • Mon croque-monsieur que je me faisais une joie de savourer brûlé dans la poêle
  • La couronne du cône glacé qui tombe dans mon décolleté
  • Un sourire qui en dit trop sans rien révéler
  • Des collants que j’ai payés très cher, hélas filés au bout d’une journée
  • Une araignée qui s’échappe d’une couverture
  • Un mauvais horoscope pour la semaine car cela me gâche d’avance cette semaine et la veille du week-end, je pense que l’horoscope avait raison

J’Aime

  • Partir à l’aube dans le soleil d’une rue majorquine pour aller m’acheter mon parfum à la rose de Givenchy
  • Écrire jusqu’au cœur du silence qui me fait entendre le battement de mon cœur
  • Quand c’est le soleil qui se charge d’entourer les mots de ma page. Je laisse ainsi à la lumière le soin de sélectionner l’essentiel
  • Prendre un long bain. Et lorsque l’eau refroidit, rajouter de l’eau chaude tandis que je lève mon livre pour ne pas le mouiller
  • La tempête qui cogne contre le velux pendant ce bain
  • Allumer la lampe, laisser infuser le thé pendant que je mange un pancake au miel
  • Les courgettes… Et encore les courgettes… Sous toutes les formes… Gratinées, en purée, en ratatouille, en rondelles
  • Un chien qui croque une carotte
  • Un poème bref qui me laisse grande impression
  • Voir le soleil se coucher à Damas et rencontrer la première étoile
  • Attendre l’amant dans un petit café tandis qu’il commence à neiger. Et me dire qu’Il s’annoncera par la trace de ses pas

Toutes ces listes ne sont pas exhaustives…

On pourra dire tout ce que l’on veut de moi : sensuelle, impatiente, trop gourmande, peut-être même avide… de vie surtout…

Je suis un peu tout cela et rien de tout cela à la fois.
Je suis, c’est Tout.
Et lorsque des gens veulent écrire leur vie avec ma plume, je les invite à être à la fois ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas, changeants comme l’instant, mouvants comme les ombres de leurs mains.

Géraldine Andrée

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Ce bercement…

Reprendre mon cahier et écrire.
C’est tout ce qui importe.
En face de moi, ce tableau avec le bleu et l’ocre du port,
un trois-mâts, deux barques, un phare, des nuages…
C’est là que je dois aller. Au loin. Au large. Rompre les liens.
Je n’ai jamais vraiment regardé ce tableau quand j’y pense…
La baie. La virgule d’une mouette qui brasse l’infini.
Et si je l’imitais ?
M’accrocher à la crête d’une majuscule.
M’allonger sur la vague d’une phrase.
À me laisser bercer ainsi
par l’écriture,
à rêver mon poème
comme le prolongement de mon corps
qui vogue au fil de l’encre marine
sur le blanc,
je m’aperçois que c’est moi qui berce l’écriture.
J’initie cette douce ondulation avec mon simple désir.
L’étrange mouvement de ma main,
d’où vient-il ?
Quelle est cette vibration ?
Descend-elle des étoiles,
d’une immense paume invisible ?
Il est une lunaison de l’écriture
que mon souffle éclaire.
Oui, c’est vraiment là que je dois emmener mon poème,
jusqu’à la dernière étincelle avant l’azur.
Puis, une fois que mon poème sera suffisamment loin,
devenu un frêle point qui danse
à la lisière où le monde s’efface,
je ferai signe à mon prochain
avec l’ultime lueur du silence.

Géraldine Andrée