Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif

La fin de mon journal Mission de Vie

Me voici parvenue à la fin de mon journal Mission de Vie.

J’ai pu formuler ainsi ma mission de Vie que j’avais déjà définie lors d’un stage en 2006, mais qui se nomme ainsi précisément :

Diseuse d’Indicible.

Je vais tracer toujours plus loin mon chemin d’écriture, pour des lecteurs nombreux s’il y en a, quelques lecteurs assidus ou même un seul – très fidèle -, cela ne me dérange pas. L’essentiel est que j’accomplisse ce que je suis venue accomplir.

J’ai fait ces exercices régulièrement. Je ne dis pas que cela a toujours été facile. Il y a des moments où je n’avais pas envie, où je ne comprenais pas la finalité de telle ou telle pratique mais j’ai achevé le cahier, j’ai été sincère, honnête avec moi-même tout au long de ma démarche – c’est ce qui m’importe.

En écrivant régulièrement dans ce grand cahier rouge, ce journal intime original, je me suis concentrée sur chaque mot qui me définissait, sur l’instant présent de chaque goutte d’encre qui m’était destinée.

Je crois aussi que je suis venue choisir ce que j’aime sur cette terre – la lumière du Sud, les chemins dans l’air vibrant de l’été, les nuits étoilées derrière la rambarde qui donne sur la mer…

Je suis venue apprécier chaque instant. Mon devoir est de me sentir bien à chaque seconde en ce monde.

Dire l’indicible, c’est collecter des pépites d’instant – la rencontre d’un chat, un parfum de jasmin qui me surprend, un repas partagé avec une amie, la page du matin, mon pas laissé dans la neige, la lampe allumée à mon retour du travail…

Je suis venue pour vivre.

La vie n’est qu’une succession « d’ici et de maintenant » à vivre pleinement.

Voilà ce que j’ai compris dans ce Journal Mission de Vie.

Je souhaite à tous ceux qui, d’aventure, passeront par là, une excellente année 2020.

Et un immense Merci à la Vie pour Tout.

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Créavie, Grapho-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Je t’écris

On me dit que, de là où tu es, tu ne lis pas les mots écrits à l’encre.

Alors, je t’écris ma lettre

avec les reflets du soleil dans les verres remplis,

l’herbe sur laquelle l’on s’allonge les dimanches,

les scintillements du lac,

la terre du chemin caché,

l’ardoise rouge des demeures à fleur de colline,

les grains de sable qui s’accrochent aux chevilles,

ces filaments de lumière rendant le ciel captif des branches,

le tremblement de la lune,

les éclats de la chaînette quand s’ouvrent les persiennes,

le souffle d’une vague qui se rapproche de la dentelle…

Je sème, j’égrène, je constelle,

je laisse sur ma page tout ce qui peut être une trace,

y compris un chuchotement qui soulève quelques pétales

dans cet intervalle entre deux pas

pour que, de là où tu es, tu te dises

sans que tu me lises :

Voilà toute

la Vie écrite !

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies

Noter chaque jour le moment et l’endroit

Noter chaque jour le moment et l’endroit où j’écris.
Plus tard, au fil de la relecture de mes pages, recueillir ces notes sous forme de liste et en faire un poème, une sorte de voyage à travers une succession de paysages d’écriture comme, par exemple,

J’écris en ce soir de décembre sous la lampe de mon enfance
J’écris dans le train de 15 h 39 qui démarre
J’écris près du lilas d’avril
J’écris au bord de la lumière de l’aube
J’écris non loin de l’océan qui commence sa marée
J’écris parmi les miettes du croissant du petit déjeuner 
J’écris en cachette pendant cette réunion soporifique de 16 heures
J’écris dans le jardin qu’un ami m’a prêté
J’écris comme chaque vendredi quand l’air se fait plus léger

Aujourd’hui j’ai écrit 
Journal, Bonjour !
Il pleut et je t’écris sur ma petite table ronde derrière le store blanc. Les gouttes ont leur raison d’être comme mes mots.

Toute une liste de vies
à poursuivre…

Géraldine Andrée


Publié dans C'est la Vie !, Cahier du matin, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, Non classé

Les rêves

Les rêves sont ce que l’âme a vu avant de venir s’incarner ici. Ces possibilités destinées à se faire Chair, à prendre Vie, à devenir Vérité.

Aussi, ai-je souvent la réminiscence d’un rayon de soleil sur un mur de pierres ocre, du bleu tiède du soir au-dessus des toits, du chat qui s’étire en reconnaissant mon pas, de la brise qui porte les voix rassemblées autour de la table du dîner, des douces dalles de faïence pour le pied nu.

Tout à l’heure, on s’assoira sur le seuil et on discutera en regardant la lumière décliner pendant que s’allume Vénus.

Comment peut-on avoir souvenance de ce qui n’a pas existé en cette vie ?

Parce que je pense que ces souvenirs rêvés représentent le futur absolu que l’âme a contemplé avant de venir s’incarner ici.

Géraldine Andrée
Mon Journal

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Cahier du matin, Journal créatif, Toute petite je

Ce cahier d’écolier

Ce cahier d’écolier
si sage
en apparence
avec ses lignes

qui vont droit
au bout
de la page
à partir

de la marge
contient
tant de détours
de méandres

de boucles
d’arabesques
de volutes
et d’envols

futurs
que tu te perds
parmi les dessins
à venir

Ce cahier d’écolier
est réservé
aujourd’hui
à un seul dessein

franchir
toutes
les lignes
disciplinées

auxquelles
tu te destines
depuis
ta naissance

en toute
Liberté

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Cahier du matin, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, Poésie

Incarnation de l’écriture

J’écris
J’incarne
mon désir
dans l’encre
bleue
qui brille
à chacun
de mes mots
sur chaque grain
de la page

J’écris
pour bien vivre
pour dire
un matin
comme celui-ci
après avoir vécu
tout le beau
tout le bleu
de mon désir
C’était écrit

 

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Poésie ce pays

En ce monde,

il n’est nulle clairière,

nul buisson,

nul brin d’herbe

qui n’appartiennent

à un pays.

 

La moindre feuille,

la moindre fleur,

la moindre frange d’écume

à fleur de terre

sont revendiquées

par une nation.

 

Je sais,

cependant,

un pays

où tu es libre

d’entrer

et de sortir

 

à ta guise,

guidé

en chemin

par les signes

invisibles

de la brise ;

 

un pays

qui te donne

le droit absolu

de traverser

toutes les frontières

puis de revenir,

 

avec ce pas

alerte

de l’enfance

reconquise

au fil

d’un rire ;

 

un pays

où tu peux te cacher

parmi les feuilles

des plantes

ou les épis de blé

sans être cherché ;

 

un pays

où il est légitime

de posséder

un jardin

abondant

en toute saison

 

sans avoir à montrer

un titre quelconque

de propriété,

sans avoir à déclarer

le nombre

de fruits qui poussent ;

 

un pays

qui n’attend pas

que tu déclines

ton identité

sur un passeport

en lettres sonores,

 

mais qui espère

que tu aies

un regard

éveillé

pour l’annonce

de l’aurore ;

 

un pays

qui ne te demandera

jamais

ton adresse

car il sait

que tu as

 

ton coeur

– cette profonde

demeure –

bien ouvert

pour faire entrer

quand les nuits

 

sont longues

et que le temps

est à l’hiver

tous les enfants

qui  sont nés

de lui.

 

Ce pays

unique

en ce monde,

c’est,

mon ami,

la Poésie.

 

Géraldine Andrée