Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Cahier du matin, Créavie, Je pour Tous, Journal créatif

La guérison est ma priorité

La guérison est ma priorité.
Le calme. Le repos. Le silence où coule une musique secrète.

Une table ronde sur laquelle m’attend mon cahier ouvert.
A côté, une tasse de thé chaud.

Chaque chose importante est là, en abondance. La sérénité entoure mes mots. L’encre reflète la lumière de ma lampe.

Prendre le temps de respirer, de réfléchir, de méditer, d’être consciente du souffle qui franchit mes lèvres.

Ecouter le frottement de ma plume sur la feuille pendant que bat mon sang.

Quand j’écris, mon coeur devient le choeur de toutes les harmonies.

Quand j’écris, je vis chaque instant à mon rythme.

Géraldine Andrée
Journal

Publié dans Le cahier de mon âme

La cicatrice

La cicatrice est un souvenir, une trace de vie anciennement écrite sur la page de la peau.

Il faut en remonter le chemin jusqu’à son origine – une chute à vélo, un coup, un accident, une opération, une brûlure avec une casserole qui bout – pour mesurer combien elle est le signe d’un parcours, voire d’une métamorphose.

Il est aussi des cicatrices invisibles – celles de l’âme – qui provoquent une réaction encore douloureuse et souvent incomprise par l’entourage face à une situation, une image, une odeur, une voix précises.

De telles cicatrices constituent une mémoire gravée dans le corps subtil – qu’importe le nom qu’on lui donne ; astral, éthérique…

(J’imagine mes cicatrices émotionnelles, bordées de blanc ou de rose.)

Personne ne connaît leur existence, sauf celui ou celle qui la porte en soi. Et c’est bien comme cela car la résilience est d’abord intime.

A quoi bon essayer de réduire une cicatrice, de la gommer, de l’effacer, de l’oublier ?

Elle est à jamais destinée à combler une partie blessée de notre Être.

La cicatrice est le témoignage d’une guérison au fil des jours.

J’écris parce que je suis pleine de cicatrices.

Et j’aime, grâce au sang bleu de l’encre, voir s’inscrire les phrases sensibles

sur le grain de la page rencontrant le grain plus épais de ma peau,

là, à cet endroit de ma main qui fut malencontreusement brûlé lorsque j’avais deux ans par un fer à souder, alors que mon père bricolait.

J’ai toujours su qu’il y avait une conjonction entre le souvenir de cette brûlure et l’écriture : c’est la réminiscence de ce traumatisme qui me guide chaque jour vers le contact apaisant de la page du matin.

Géraldine Andrée

Cicatrice… Ecriture de notre vie sur la page de la peau.
Publié dans Art-thérapie, Créavie, Journal créatif, Méditations pour un rêve, Poésie

L’encre t’attend

L’encre
– le sais-tu ?-
t’attend

J’aime
croire
qu’elle a été

uniquement
créée
pour toi

avec ses reflets
bleus
dans la lumière

qui se balance
entre deux
silences

comme la mer
a été inventée
bien avant

ta naissance
pour aller
à la rencontre

des rêves
et merveilles
de l’enfance

du monde
dont les desseins
dessinés

sous forme
de méandres
attendent

l’apparition
du premier
homme

Géraldine Andrée

L’encre de l’enfance te regarde… Attarde-toi !
Publié dans C'est la Vie !, Mon aïeul, mon ami., Un cahier blanc pour mon deuil

Tu me regardes

Tu me regardes toujours sur la photo,
que je me décale à gauche ou à droite,
que je reste assise ou que je me lève,
que je m’approche ou que je m’éloigne,
que je rêve ou que je sois consciente des épreuves de mes veilles,
tu me regardes.

Et même lorsque je me tourne vers la fenêtre
pour écrire sans te voir,
pour ne faire confiance qu’à ma mémoire,
tu me regardes à travers ces mots
qui brillent dans leur encre noire.

La page est ce cadre
où m’apparaît
à chaque reflet du jour
ton visage.
Je n’ai alors

plus le droit
de te juger sans égard
car il me semble
que je vois les choses
qui nous entourent

avec ton regard.

Géraldine Andrée

Dans le cadre de la page, ton invisible regard.
Publié dans Art-thérapie, C'est ma vie !, Cahier du matin, Créavie, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Créavie : Le signe d’un jour réussi

Le signe d’un jour réussi,

c’est lorsque je me dis :

Aujourd’hui,

j’ai beaucoup écrit !

Je pourrais dire :

Aujourd’hui,

j’ai bien écrit !

Mais j’insiste sur le fait qu’avoir beaucoup écrit

signe un jour réussi.

J’entends déjà quelques uns qui se récrient :

Voyons ! Ce n’est pas la quantité qui compte,

mais la qualité !

Et j’entends la voix de mon amie Julia,

écrivaine elle aussi,

leur répondre :

« Chaque jour, je prie Dieu ainsi :

Mon Dieu ! Je m’occupe de la quantité.

Toi, Tu T’occupes de la qualité ».

Moi, je suis pleine de modestie.

Je ne peux prétendre bien écrire

car cela, seul le temps peut me le garantir.

A l’inverse, mal écrire

ne signifie en rien

que je n’écrirai jamais quelque chose de bien.

En effet, qui peut dire si

une tournure de phrase un peu bancale

ne constitue pas les soubresauts d’un nouveau style,

si une image étonnante, détonante, jugée par mes pairs « très kitsch »

n’annonce pas la métamorphose de mon âme

et par là-même la métamorphose de mon écriture ?

Qui peut prédire si l’essoufflement d’un chapitre

ne précède pas la respiration plus ample et plus profonde de mon histoire, le déploiement de son rythme sur la page suivante ?

Ecrivez ! Ecrivez ! Ne vous souciez pas de la réussite, encore moins de la performance.

Asseyez-vous devant votre cahier, prenez la plume.

Être fidèle à la page quotidienne est déjà une réussite en Soi.

Peu importe si vous y arrivez et où vous arrivez, l’essentiel est ce que vous ressentez  au cours de votre voyage.

Ce ressenti est votre destination et mieux encore, votre destinée.

Alors, je persiste et je signe ici, sur le billet de ce site :

Le signe d’un jour réussi,

c’est lorsque vous vous dites :

Aujourd’hui,

j’ai beaucoup écrit !

Géraldine Andrée