Publié dans C'est la Vie !, Créavie, Grapho-thérapie, Le cahier de mon âme, Poésie-thérapie

On écrit

On écrit non pas pour mesurer le temps qui passe
en contant ses regrets,
mais pour se voir passer à travers le temps
et, au fil de l’encre qui sèche,
se sentir toujours plus vivant.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience

La plume délivrée

Voilà.

Vous avez mis tout votre coeur, toute votre âme dans l’écriture de ce roman, de ce recueil de nouvelles ou de poèmes et, ce matin, vous recevez une lettre de refus de l’éditeur sur lequel vous aviez fondé tous vos espoirs. Pire parfois : cet éditeur ne vous répond pas, ne vous répondra jamais, comme si l’enfant auquel vous avez patiemment donné naissance n’avait jamais existé.

Alors, votre blog est immédiatement abandonné. Votre cahier de poésie se referme. Votre plume est emprisonnée dans son étui. Vous vous jurez de ne plus jamais écrire.

Pourtant, ce refus cinglant ou cette indifférence méprisante ont plusieurs raisons.

Votre oeuvre, objectivement, peut très bien – comme il arrive que le notifie honnêtement l’éditeur – « ne pas appartenir à la ligne éditoriale ». Communément, ce n’est pas le genre de la maison.

Ce refus ne représente pas la qualité de votre travail. Celui-ci ne touche pas la subjectivité de ce lecteur si particulier qu’est l’éditeur. Il s’agit donc d’une simple question de goût – très discutable, voire versatile, je vous le concède.

Il est, de plus, des maisons d’édition qui n’ont absolument pas les moyens de vous éditer, même si votre style est brillant. Publier un livre par an requiert déjà, pour elles, une prouesse.

Enfin, il est des maisons complètement fermées et, quoi que vous fassiez, quelle que soit la manière avec laquelle vous affinez votre style, les portes ne s’ouvriront jamais. C’est ainsi. Il vous faut l’accepter sans vivre ce refus comme un rejet.

Ce qui est sûr, c’est qu’un refus n’a souvent rien à voir avec la valeur de votre écrit. Julia Cameron s’est heurtée à l’antipathie de tous les éditeurs lorsqu’elle leur a présenté son futur best-seller Libérez votre créativité 1. Elle n’a, néanmoins, pas perdu confiance en elle et elle a publié son oeuvre de manière totalement indépendante, à compte d’auteur. Le livre s’est vendu et se vend encore à des millions d’exemplaires. Il connaît un immense succès mondial.

Ce qui est certain, c’est qu’un refus n’a rien à voir avec votre valeur intrinsèque liée au seul fait que vous existiez. Et puisque vous existez, vous avez le droit absolu de vous exprimer.

Demandez-vous pourquoi vous écrivez.

On peut écrire d’abord pour soi, pour voir clair, pour mieux mener sa vie, pour se libérer du passé, s’inventer un avenir, tracer son propre chemin… Ces raisons sont tout aussi importantes que la raison qui vous pousse à vous faire connaître en envoyant votre manuscrit à une maison d’édition.

Dans mon cas, l’écriture m’a permis de me détacher du regard de l’autre par le biais de cette mésaventure que je vais vous raconter.

Très jeune femme, j’ai mis tout mon coeur, toute mon âme dans l’écriture d’un conte dit « spirituel ». J’ai envoyé mon travail avec confiance à un éditeur dont je tairai le nom. La foi m’habitait : le directeur de la ligne éditoriale ne pouvait qu’aimer mon histoire d’amitié avec un ange. La réponse m’est arrivée au bout de six mois, si humiliante, si cinglante, si injuste à mes yeux que je me suis condamnée au silence. J’ai complètement arrêté d’écrire pendant deux longues années. C’est durant cette période de jachère que des rêves riches et multicolores ont constellé mes nuits. Au cours d’une discussion avec un ami lors d’un après-midi d’été, il me fut suggéré de noter mes rêves dans un carnet pour m’exercer à m’en souvenir, pouvoir les analyser plus tard et voir comment ils construisaient dans mon sommeil ma réelle identité.

J’ai acheté, après beaucoup d’hésitations et de répétitions de « A quoi bon ? », un carnet neuf, et, au fil de l’encre, j’ai retrouvé le goût du détail, de la description. La couleur d’un jardin contemplé de l’autre côté m’invitait à chercher un adjectif approprié à mon ressenti, la respiration d’une feuille écoutée au coeur de ces nuits me guidait vers la rencontre d’une métaphore. Je me suis abandonnée à l’élan du stylo. Des ailes m’avaient poussé. Mes rêves nocturnes m’avaient fait renouer avec le grand rêve de ma vie : l’écriture.

Depuis, je n’ai plus jamais quitté la page. L’écriture m’accompagne partout. Elle est l’ange fidèle que j’ai reconnu dans mon conte refusé et qui m’a appris à ne plus faire dépendre la perception de ma valeur du regard d’autrui, fût-il celui d’un célèbre éditeur de Paris.

Alors, remettez-vous à écrire.

Entre le silence blessé et l’obtention du prix Goncourt, il y a la voie du juste milieu, du chemin vrai pour vous : écrire aide à vivre.

Sur le rejet de votre enfant, écrivez. N’y ajoutez pas l’abandon. Ecrivez pour aller vers sa guérison.

Remettez-vous à mal écrire, même, puisque c’est ainsi que vous vous jugez. En effet, comme le dit Julia, les mauvais écrits d’aujourd’hui font les oeuvres réussies de demain 2.

Et vous en avez également le droit : n’écrivez pas, si telle est votre envie. N’écrivez pas, mais la raison ne doit pas en être le dépit. N’écrivez pas. Cela ne fait rien. Ce n’est pas parce que la page demeure blanche que rien ne se murmure en vous. Il est temps, tout simplement, pour votre âme de s’exprimer autrement jusqu’à ce que vous vous remettiez à écrire, riche de vos moments vécus.

Remettez-vous à écrire, ne serait-ce que sur la redécouverte de votre blog, la page tournée de votre cahier ou sur le changement de couleur de votre encre signalant votre résilience.

Remettez-vous à écrire cette phrase : « Je ne laisserai plus jamais le jugement d’autrui détourner le cours de ma vie. »

Remettez-vous à écrire, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de vous relire plus tard et de réécrire vos pages, car votre oeuvre évolue comme votre être. Mieux : votre être fait évoluer votre oeuvre et votre oeuvre fait évoluer votre être. Vous êtes comme vous écrivez. Vous écrivez comme vous êtes. C’est bien ainsi. C’est ce qu’on appelle « un style », au naturel.

Vous vous apercevez alors que votre plume délivrée vous fait aller toujours plus loin que les refus et qu’elle n’a même plus besoin d’un quelconque désir d’approbation pour vous emmener vers le mot juste pour vous.

Géraldine Andrée

1 Julia Cameron, Libérez votre créativité, Osez dire oui à la vie ! Collection Aventure secrète, 1992
2 Ibid

Publié dans Grapho-thérapie, Le journal des confins

La traversée

Voici la fin du journal du voyage vers les confins de moi-même.

J’ai quitté le rivage de la première page pour arriver au rivage de l’ultime page de ce cahier orange.

Entre temps, ce fut une longue traversée du cahier avec, comme seule boussole, mon coeur.

Etty 1, Elisabeth 2 et Anita 3 furent mes compagnes de vie. J’ai également rencontré, au coeur d’une nuit, Sabine 4 et j’ai senti la pulsation de ses poèmes dans mon sang. J’ai lu longtemps sous la lampe poésie et essais. J’ai emprunté, un soir, pour en revenir plus riche de foi, l’estuaire du film Thanatos, L’Ultime Passage vers l’au-delà. Je me suis laissée bercer par les musiques que je n’avais pas écoutées depuis longtemps – Enya, Clannad…

J’ai pu affiner mes projets et je prends maintenant ce long chemin d’encre avec Julia 5 qui me lance le défi d’aller à la source de ma créativité. L’itinéraire est tracé pour trois mois.

J’ai surtout appris, durant cette traversée, que le silence n’est qu’apparent. Il nous permet d’entendre la note absolue et dans le Rien de certains instants, l’écho d’un chant.

Et vous, comment pourriez-vous raconter ce confinement ? Indépendamment de l’actualité qui contient certaines vérités inquiétantes, comment avez-vous vécu votre vérité ? Comment avez-vous renoué avec votre intériorité – autonome et intacte, quelles que soient les contingences extérieures ?

Même si vous n’avez pas tenu régulièrement un journal, de quelles choses positives feriez-vous la liste, aujourd’hui ?

Ce ne sont pas forcément de grandes réalisations. Remarquer un rond de lumière à une certaine heure du jour sur le mur, un petit nuage qui se promène au-dessus du toit, détailler les dessins du bois, les stries d’un sac de cuir, les reflets de l’iris du chat, parce que vous aviez le temps, est tout aussi important. Ce que l’on ne voyait pas prend soudain sens grâce à notre intention. Et notre perception s’aiguise. Notre quotidien se métamorphose.

Qu’avez-vous envie d’abandonner comme habitude ? Ou, au contraire, de développer comme faculté ? De quoi vous êtes-vous délesté ? Quels bagages avez-vous laissés avant de franchir, vous aussi, la rive pour voyager plus légèrement ? Quels rêves parviendriez-vous à nommer avant de les incarner dans les jours futurs ?

Ce peut être le moment de tenir un bullet journal de découvertes 6… de commencer un autre cahier et de se mettre à l’écriture. Sur un carnet ou sur un répertoire, notez, si cela vous plaît, tout ce que vous apporte aujourd’hui ce retour à vous.

Maintenant que je suis arrivée dans mon nouveau pays après cette traversée du temps, je prends congé pour de nouvelles aventures.

Ce n’est pas un « au revoir » mais un « à bientôt ».

On ne cesse d’entendre qu’après le confinement, tout aura changé. Est-ce si sûr ? Peut-être est-ce notre regard sur les événements et les choses qui sera plus éclairé par notre lampe secrète qui demeure allumée au-delà des cinquante-cinq journées…

Géraldine Andrée

  1. Etty Hillesum, auteure du Journal Une Vie Bouleversée
  2. Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre, auteure de travaux sur la mort et l’après-vie, dont Les Derniers Instants de la vie
  3. Anita Moorjani, auteure du livre Revenue guérie de l’au-delà
  4. Sabine Sicaud, jeune poétesse française, auteure de Poèmes
  5. Julia Cameron, auteure du livre Libérez votre créativité : dites oui à la vie !
  6. Le bullet journal est un journal intime décoré de ronds, d’étoiles en face desquels vous notez tout ce qui est important pour vous – vos activités, vos projets, vos passions… C’est un journal de listes, un outil puissant de planification et d’introspection. Vous pouvez l’acheter déjà décoré ou le décorer vous-même.
Publié dans Grapho-thérapie

Ce chuchotement

Ce chuchotement
que tu connais
très bien
quand tu te confies
et dont la sincérité
ne s’est jamais
démentie
au cours
de ta vie
c’est celui
du papier
de ton cahier gris

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie, Toute petite je

Promenade de l’écriture

Toute petite, j’aimais laisser dans le couloir, à mon retour de promenade,
des feuilles, des pétales, des cailloux, des grains de terre et de sable
qu’avaient recueillis mes pas.

C’étaient les traces
de tous les passages
que j’avais rendus possibles.

Bien sûr, je me faisais gronder,
et je devais promettre de ne plus recommencer,
sous peine d’être privée de promenade.

Alors, j’ai ouvert un cahier pour semer avec mes mots
les feuilles, les pétales, les cailloux, les grains de terre et de sable
de mes promenades.

Ma page est devenue chemin
au rythme de ma main,
et depuis, chaque matin,

j’écris
comme je me promène,
de plus en plus loin.

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie, Le cahier de mon âme, Le journal des confins

J’ai une maison

En ces temps où tout est enclos,
j’ai une maison
où je peux reposer mon corps
et en son coeur,

une autre maison
où je peux déposer
mes plus tristes et mes plus joyeuses pensées :
mon cahier.

Je redoute l’heure
où il me faudra affronter le dehors,
réadapter mon corps
au rythme des exigences sociales.

Mais qu’importe !
Je sais que quoi qu’il arrive,
j’ai une maison
faite de papier léger

qui résiste
à toutes les tempêtes
que le temps
peut m’envoyer

et qui m’abrite
en pleine nuit
dans sa blanche lumière :
mon cahier.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Poésie-thérapie

Mon seul voeu

Mon seul voeu
Être éclairée
jusqu’à l’aurore
par un poème

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Graphothérapie pour le deuil

Un certain nombre de personnes perdent, en ce moment, leurs proches sans avoir pu leur parler, les embrasser.

Le deuil est d’autant plus difficile à vivre. Il arrive, lors de cette traversée de la douleur, que des hallucinations nous assaillent – qu’elles soient visuelles, auditives, olfactives, tactiles.

Ce peut être un foulard que l’être aimé portait autour de son cou et qui nous revient, avec ses couleurs vives, son morceau de musique préféré qui tourne comme s’il était joué près de nous, son parfum fétiche, un geste propre à sa personnalité, son grain de beauté qui s’agrandit sous la loupe de notre mémoire, l’inflexion particulière de sa voix.

Quand j’ai perdu mon père, je l’ai entendu tousser un matin, dans la pièce d’à côté.

Ecrivez ou dessinez ces hallucinations. Faites de la place sur la page pour la couleur du foulard, l’émotion de la musique, les senteurs de ce parfum proche de votre peau, l’ombre de son geste dans la lumière du jour d’aujourd’hui, les contours du grain de beauté, la présence des mots à l’invisible sillage. Coloriez, tracez, gribouillez dans tout l’espace que laisse le manque. Mettez des pointillés, accrochez des étoiles à l’absence. Découpez un carré du tissu que vous aimez et placez-le à côté du souvenir du vêtement qu’il/elle portait.

Ecrivez un poème sur ce qui vous obsède.

Quand j’ai entendu la toux de mon père, j’ai écrit ceci dans mon Cahier blanc pour mon deuil :

« Je t’entends tousser à l’aube dans la pièce d’à côté. Je me lève. Je consens à sortir de mes rêves qui me font oublier ton départ. J’ouvre la porte. Je franchis le seuil qui me sépare de toi. Tu n’es pas là. Mais il y a ce rayon de soleil qui touche mes épaules et dont la chaleur ressentie me prouve que je suis bel et bien là. Peut-être m’as-tu guidée vers ma propre présence sans laquelle tu n’existerais pas. »

Une fois que vous avez extériorisé ces hallucinations, vous avez déposé votre douleur et l’être perdu peut vraiment vivre en vous car vous êtes plus disponible, plus vivant, vous aussi.

Comme Elisabeth Kübler-Ross l’écrit :

« Il est courant, et normal, d’avoir des hallucinations de l’être cher disparu. Souvent, elles sont porteuses d’un message en provenance de notre psychisme endeuillé. Bien que parfois effrayantes, elles sont généralement inoffensives, et recèlent de précieux indices, des fils à remonter jusqu’à leur origine. Dans certains cas, elles nous pointent une affaire inachevée ; dans d’autres, elles nous apportent un grand réconfort. »1

Au lieu de penser que vous êtes malade ou que vous avez peur, rendez grâce à ces hallucinations : le temps d’un parfum, d’un mot, d’une couleur, vous retrouvez celui qui demande à exister là où vous êtes : votre coeur.

Géraldine Andrée

1 Elisabeth Kübler-Ross et David Kessler ; Sur le chagrin et le deuil ; Pocket Spiritualité

Publié dans Le journal des confins, Poésie, Poésie-thérapie

Sans titre

Je lis beaucoup de poèmes pendant le confinement. Et ces jours m’ont menée à la redécouverte de la poésie de Nazim Hikmet.

J’ai rencontré son recueil Il neige dans la nuit 1- étrange coïncidence ! – un mois avant mon départ pour un pays proche de sa patrie : la Syrie.

Dix années plus tard, je l’ai relu pendant mon vol pour l’île de Majorque.

Qu’importe le temps ! Les vers de ce poète tintent comme le soleil au contact de l’éternité.

Aujourd’hui, je lis Nazim Hikmet chez moi, en partance pour mon pays intérieur.

C’est le poète emprisonné dans les geôles de Turquie.

Et j’aime être le témoin de ses mots qui effacent les barreaux.

Dans son poème Au cinquième jour d’une grève de la faim, il fait apparaître, dans l’ombre de son cachot, la main de sa mère, de sa bien-aimée, de son fils. Et face à la mort à venir – qui viendra en vérité bien plus tard car le poète survivra à la prison et à l’exil – , il affirme la pérennité de sa voix dans un vers d’Aragon, la colombe blanche de Picasso, les chansons de Robeson, le rire des dockers de Marseille. Cet adieu se fait liberté :

« Pour vous dire la vérité, mes frères,
je suis heureux, heureux à bride abattue.
« 2

Je me souviens de la solitude de mon adolescence et je songe combien j’ai eu de la chance, entre ma lampe de chevet et mon lit, d’être conviée à la table des poètes.

Venaient exclusivement pour moi des noms jusqu’alors inconnus, puis familiers devenus – René-Guy Cadou, Emile Verhaeren, Philippe Jaccottet, Marie Noël, Maurice Fombeure, Pierre Reverdy, Eugène Guillevic, Jean Tardieu…

Il y avait toujours un jardin qui m’était réservé, un épi de blé à maturité, un sentier qui me guidait là où il souhaitait aller. Et même lorsque la pluie de décembre battait rageusement les vitres, j’étais au coeur des senteurs de juin, dans le bleu de l’été rimbaldien.

Dans ma chambre d’adolescente mal comprise, le poème devenait une chambre dont j’étais la fenêtre ouverte, par laquelle entraient un air de fête foraine, une vague déhanchée dans sa robe de dentelle, une lune rose au centre de la nuit chaude, des cheveux dénoués par l’orage, l’odeur envoûtante du chèvrefeuille.

Tel est le miracle de la poésie de Nazim Hikmet et de tous les autres :

léguer le don de l’accueil.

Géraldine Andrée

1 Nazim Hikmet, Il neige dans la nuit et autres poèmes, Poésie Gallimard, 2005
2 Ibid ; Au cinquième jour d’une grève de la faim p102

Publié dans Grapho-thérapie, Journal de ma résilience, Poésie

Le mot que j’aime

J’habite pleinement
le mot que j’aime
J’y repose
mon souffle

Je deviens
ce mot lui-même
Je suis
son dessein

tracé
sur la page
ou sur les lèvres
Et tout comme

il m’a accueillie
pendant les peines
je l’héberge
dans mes rêves

pour ne pas que le temps
l’emporte
Le mot et moi
nous sommes

par fidélité
réciproque
l’hôte
de l’autre

Géraldine Andrée