Publié dans Journal de la lumière, Journal de ma résilience, Poésie, Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

La lampe allumée

J’ai souvenance que mon père, grâce à un montage électrique qu’il avait inventé, programmait qu’une lampe s’allumât toute seule dans l’une des chambres lorsque nous partions longuement en vacances, ceci pour dissuader les éventuels cambrioleurs.

Ainsi, à minuit, une petite lampe de chevet brillait derrière la fente des volets. Le passant pouvait croire la maison habitée.

Mon père est feu aujourd’hui.

C’est pour cela, je crois, que j’écris des poèmes au coeur de la nuit, sous le fêle halo d’une ampoule blanche.

Je veux être, par le mouvement de l’encre dans le silence, cette énergie électrique qui allume une lueur au fond de l’absence.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie

Le pouvoir créateur de l’eau

Vous vous sentez fatigué physiquement, épuisé émotionnellement ? Renouez avec le pouvoir créateur de l’eau.

On ouvre le robinet, on remplit son verre, on prend une douche sans avoir véritablement conscience du caractère précieux et miraculeux de l’eau.

On peut rester des semaines sans manger. On ne peut demeurer, en revanche, plus de trois jours sans boire. Sinon, c’est la mort.

Votre tête se fait lourde ? Vous êtes noyé dans vos soucis ? La lassitude gagne votre corps ? Vous ne pouvez plus créer ? Buvez un verre d’eau ou plusieurs. Cela éclaircira vos idées, allégera votre coeur et vous vous remettrez aussitôt au travail, avec des idées neuves.

Boire entre les repas non seulement facilite la digestion et favorise l’élimination, mais aussi vous purifie de toutes les toxines mentales, psychiques que les autres vous envoient ou que vous secrétez vous-même.

Vous pouvez varier et boire du thé vert – excellent diurétique et détoxifiant -, des infusions ayurvédiques qui réactivent les centres d’énergie – ou chakras.

La douche de lumière est également préconisée pour tous les traumatisés, les victimes de harcèlement moral et de perversion narcissique.

Au cours de la douche le soir, il faut visualiser que la lumière coule sur la peau, les membres et évacue tout ce que l’on a enduré au cours de la journée dans le siphon. De cette façon, les intentions négatives qui ont été projetées se décrochent de l’être et cessent de lui nuire. La douche de lumière est également recommandée après une journée harassante sur le plan nerveux.

Il ne faut pas oublier que nous sommes nous aussi composés à 65% d’eau. Nous participons donc à cet échange énergétique avec l’extérieur.

L’eau est très sensible à l’énergie que l’on émet. Le chercheur Emoto complète les travaux de Benveniste prouvant que l’eau garde la trace des propriétés de certaines substances. Emoto a montré que les molécules de l’eau changeaient selon que l’on émettait une pensée d’amour ou de haine. Les molécules influencées par une pensée de haine se rétractent, se déstructurent. En revanche, les molécules influencées par une pensée d’amour s’unifient, s’harmonisent.

L’eau vive recharge le corps et le psychisme en joyeux magnétisme car elle ne garde aucune empreinte d’intention humaine.

Les eaux stagnantes, en revanche, plombent l’énergie. Il est connu que les maisons qui contiennent un puits ou qui sont construites sur d’anciens marécages nuisent à la santé car de très lourds égrégores (ou amas d’intentions), parfois issus de générations très anciennes, ont eu le temps de salir l’eau dans toute sa composition.

Si, en tant qu’artiste et créateur de votre vie, vous êtes en panne d’inspiration ou que connaissez une phase de dépression, installez-vous confortablement au bord de l’eau dans un coin de nature – source, torrent, fontaine, cascade ou océan.

Ce n’est pas un hasard si des peintres impressionnistes comme Monet ou Manet ont peint la métamorphose des couleurs de l’eau selon les heures. De même, toute la littérature – qu’elle soit romanesque ou poétique – évoque la magie de l’eau. Beaucoup de récits de Maupassant situent le cadre spatio-temporel sur les rives de la Seine ou au bord de la Manche. De même, le chant d’une rivière ou d’une fontaine participe, dans la poésie de Victor Hugo, à d’émouvantes et bucoliques retrouvailles avec l’univers de l’enfance.

Prenez votre calepin de notes ou de dessins.

Installez-vous à fleur de vague, juste à l’endroit où les bulles crépitent sur la terre ou le sable.

Confiez-vous à l’eau. Remettez-lui vos peines et vos espoirs, vos peurs et vos souhaits. Mêlez-y vos larmes.

Puis, prenez votre plume ou votre pinceau. Acceptez tout ce qui remonte à la surface de vous-même, tout ce qui vous envahit, vous enveloppe, vous submerge.

Lâchez prise. Ne retenez rien. Laissez-vous voguer.

Soyez l’eau qui ne contourne pas l’obstacle mais qui danse au-dessus, autour et en-dessous.

L’eau libre, c’est Vous !

Géraldine Andrée

Vous êtes à la Source de votre Vie !
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Profiter de la vie

Profiter de la vie.
Couper tout lien avec des personnes ou des situations toxiques.
Ne pas travailler trop.
Ne pas amasser d’argent pour rien.
Ne pas vouloir plaire à tous.
Être soi, c’est-à-dire faire ce que l’on aime, ce qui nous passionne, nous fait plaisir.
Lâcher prise sur les gens et les situations qui ne dépendent pas de soi.
Voyager. Découvrir. Explorer. Parler à la nature et aux animaux.
Voir de beaux tableaux, de beaux films. Lire de bons livres. Fabriquer des oeuvres de ses mains. Écouter puis retranscrire la musique des jours.
C’est ce que j’appelle une vie – non pas réussie, mais la vie tout court, la Vie si courte que ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons à travers le temps.
Je m’en souviens quotidiennement.

Géraldine Andrée

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Pour écrire

Débranche
le téléphone
éloigne-toi
de toutes
les agitations
de cette époque
de tout
ce qui te demande
d’avoir un avis
de prendre parti
dans d’inutiles
dialogues

Puis ouvre
la porte
de ta chambre
où luit
le point
d’or
de la lampe
et entre
dans l’espace
-temps
d’une page
blanche

Pour écrire
c’est-à-dire
converser
avec ton coeur
demeure
au coeur
du silence

Géraldine Andrée

Espace-temps de la page blanche

La violette cachée dans l’herbe
me montre que toute existence a un sens

Tableau : Samoukan Assaad, Huile sur toile, 60×70, Damas, Syrie
Poème : Géraldine Andrée, Nancy
, France

Sans titre

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Elle avait arrêté d’écrire

Elle avait arrêté d’écrire. Elle avait abandonné son journal intime très loin dans l’obscurité de l’armoire. Elle l’avait chassé de sa mémoire.

Elle avait arrêté d’écrire pour ne pas perdre son temps, pour ne pas se retarder car elle avait son histoire d’amour à vivre. Alors, elle s’est précipitée dans ses sensations. Elle a connu l’ardent, le vif, les fleurs puis les larmes, le temps coupant de l’attente, la fièvre sans espoir d’apaisement, la colère aux tempes battantes, l’entaille indicible de l’âme. Elle s’est jetée à corps perdu dans le nom de l’Amour. Elle s’est abîmée dans ses émotions.

Un matin où elle s’est réveillée seule dans le silence aux mille portes closes, elle s’est acharnée à comprendre. Et elle s’est souvenue de son journal. Elle l’a délivré de la nuit, honteuse comme si elle avait trahi un ami.

Elle a fixé la page blanche qui succédait à son ancienne vie. Elle aurait voulu y voir notées les différentes étapes de sa douloureuse traversée. Elle aurait souhaité retrouver les mots du beau temps qui précède la tempête. Elle aurait beaucoup donné au passé pour pouvoir se relire avec ses connaissances du présent. Il lui paraissait si urgent de se comprendre.

Mais il était trop tard. Rien de ce qu’elle avait vécu n’était écrit. Comment pourrait-elle guérir de cet abandon ?

Alors, elle écrivit cette phrase qui résumait toute son expérience :

« Si l’on n’écrit pas pour vivre, on écrit pour revivre. »

Géraldine Andrée

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Les mots choisis

Il est des mots qui détruisent, tuent, saccagent mais il est aussi des mots qui enveloppent, bercent et guérissent l’âme.

Ruth Fishel, auteure de livres inspirants, témoigne qu’elle a guéri d’une dépression grâce au mot aimant Joie.1

Chacun connaît le pouvoir des mots dans une thérapie, combien ceux-ci peuvent permettre à l’inconscient d’ouvrir une porte libératrice pour le Moi.

Jacques de Coulon prône également la puissance thérapeutique, voire salvatrice, de la poésie sur le corps et l’esprit. 2

Certains prisonniers des camps ont résisté en se récitant jour après jour, heure après heure, instant après instant des poèmes qu’ils avaient appris par coeur avant leur déportation. D’autres cousaient des papiers sur lesquels ils avaient recopié des poèmes à l’envers de leur camisole rayée. La poésie au contact de leur peau les protégeait du froid et leur donnait la force énergétique nécessaire pour continuer à vivre en démystifiant la peur engendrée par les paroles de leurs bourreaux.

Je me souviens d’un soir d’hiver glacial où les bus avaient cessé de circuler à cause d’une grève impromptue. J’ai dû traverser la ville dans une bise mordante qui annonçait la neige. Les rues étaient noires. J’ai scandé alors ma marche avec les vers de Sensation d’Arthur Rimbaud :

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds,
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme. 3

Aujourd’hui, j’en suis persuadée, le picotement des blés, la fraîcheur de l’herbe, le bain du vent, le bleu bienfaisant d’un crépuscule de juillet ou d’août m’ont protégée des morsures de janvier, de l’inconnu de la nuit urbaine en avivant ma volonté de marcher malgré ma fatigue. J’ai pu rentrer ainsi dans mon appartement douillet saine et sauve.

Prenez un mot qui vous est doux – qu’il soit Lumière, Mer, Bonheur, Vérité, Amour

ou prenez même une phrase – Je suis la rose étale

ou encore un vers – « Sois sage, Ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille ! ». 4

Entrez dans ces mots choisis comme dans votre maison. Lovez-vous en eux comme en un édredon. Écoutez leur coeur vibrer au coeur de votre coeur. Prononcez-les uniquement pour vous-même ; faites-en une source de chaleur ; imaginez que vous en éclairez votre chambre. Vous êtes ces mots. Vous les incarnez avec votre voix et votre être.

Ils seront vos mantras dans les temps difficiles et feront advenir pour vous ce qui est possible dans l’Univers – c’est-à-dire Tout.

Géraldine Andrée

1 Ruth Fishel, S’aimer un jour à la fois, édition Modus Vivendi
2 Jacques de coulon, Exercices pratiques de poésie-thérapie pour retrouver son calme, récupérer de l’énergie, libérer sa créativité
3 Arthur Rimbaud, Les Cahiers de Douai, Poésie Gallimard
4 Charles Baudelaire, Recueillement in Les Fleurs du mal, Poésie Gallimard

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Les matins de mon enfance

J’ai souvenance
des matins de mon enfance,
beaux comme les sous neufs
d’une bourse qui s’ouvre.

J’espérais toujours quelque chose
du scintillement d’une jeune aube.
J’avais tant de choix devant moi
que je ne savais que faire

face à la naissance
de cette lumière.
Baigner mon ours
dans la rosée fraîche ?

Suivre à bicyclette
ce sentier
pour aller à la cueillette
du trèfle mouillé ?

Déchiffrer l’alphabet
des racines qui s’enchevêtrent ?
Ou alors colorer des cailloux
de bleu, de rouge, de roux ?

J’attendais de ces matins
un véritable miracle
qui changerait mes peines
en joie,

qui détournerait le cours
des événements de la veille
jusqu’à l’embouchure
de tous les possibles,

qui multiplierait le soleil
dans une seule goutte.
Et mon coeur battait
jusqu’à l’heure de la sieste

où le rêve remplaçait
mon heureuse attente.
C’est parce que j’ai eu foi
en ces matins de jouvence

que j’écris de préférence
quand le jour commence.
Et même lorsqu’il fait noir
dans le froid qui s’attarde,

je donne à ma page le pouvoir
de devenir fenêtre
pour qu’une clarté d’enfance
puisse à mes yeux apparaître.

Géraldine Andrée

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On écrit

On écrit non pas pour mesurer le temps qui passe
en contant ses regrets,
mais pour se voir passer à travers le temps
et, au fil de l’encre qui sèche,
se sentir toujours plus vivant.

Géraldine Andrée

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La plume délivrée

Voilà.

Vous avez mis tout votre coeur, toute votre âme dans l’écriture de ce roman, de ce recueil de nouvelles ou de poèmes et, ce matin, vous recevez une lettre de refus de l’éditeur sur lequel vous aviez fondé tous vos espoirs. Pire parfois : cet éditeur ne vous répond pas, ne vous répondra jamais, comme si l’enfant auquel vous avez patiemment donné naissance n’avait jamais existé.

Alors, votre blog est immédiatement abandonné. Votre cahier de poésie se referme. Votre plume est emprisonnée dans son étui. Vous vous jurez de ne plus jamais écrire.

Pourtant, ce refus cinglant ou cette indifférence méprisante ont plusieurs raisons.

Votre oeuvre, objectivement, peut très bien – comme il arrive que le notifie honnêtement l’éditeur – « ne pas appartenir à la ligne éditoriale ». Communément, ce n’est pas le genre de la maison.

Ce refus ne représente pas la qualité de votre travail. Celui-ci ne touche pas la subjectivité de ce lecteur si particulier qu’est l’éditeur. Il s’agit donc d’une simple question de goût – très discutable, voire versatile, je vous le concède.

Il est, de plus, des maisons d’édition qui n’ont absolument pas les moyens de vous éditer, même si votre style est brillant. Publier un livre par an requiert déjà, pour elles, une prouesse.

Enfin, il est des maisons complètement fermées et, quoi que vous fassiez, quelle que soit la manière avec laquelle vous affinez votre style, les portes ne s’ouvriront jamais. C’est ainsi. Il vous faut l’accepter sans vivre ce refus comme un rejet.

Ce qui est sûr, c’est qu’un refus n’a souvent rien à voir avec la valeur de votre écrit. Julia Cameron s’est heurtée à l’antipathie de tous les éditeurs lorsqu’elle leur a présenté son futur best-seller Libérez votre créativité 1. Elle n’a, néanmoins, pas perdu confiance en elle et elle a publié son oeuvre de manière totalement indépendante, à compte d’auteur. Le livre s’est vendu et se vend encore à des millions d’exemplaires. Il connaît un immense succès mondial.

Ce qui est certain, c’est qu’un refus n’a rien à voir avec votre valeur intrinsèque liée au seul fait que vous existiez. Et puisque vous existez, vous avez le droit absolu de vous exprimer.

Demandez-vous pourquoi vous écrivez.

On peut écrire d’abord pour soi, pour voir clair, pour mieux mener sa vie, pour se libérer du passé, s’inventer un avenir, tracer son propre chemin… Ces raisons sont tout aussi importantes que la raison qui vous pousse à vous faire connaître en envoyant votre manuscrit à une maison d’édition.

Dans mon cas, l’écriture m’a permis de me détacher du regard de l’autre par le biais de cette mésaventure que je vais vous raconter.

Très jeune femme, j’ai mis tout mon coeur, toute mon âme dans l’écriture d’un conte dit « spirituel ». J’ai envoyé mon travail avec confiance à un éditeur dont je tairai le nom. La foi m’habitait : le directeur de la ligne éditoriale ne pouvait qu’aimer mon histoire d’amitié avec un ange. La réponse m’est arrivée au bout de six mois, si humiliante, si cinglante, si injuste à mes yeux que je me suis condamnée au silence. J’ai complètement arrêté d’écrire pendant deux longues années. C’est durant cette période de jachère que des rêves riches et multicolores ont constellé mes nuits. Au cours d’une discussion avec un ami lors d’un après-midi d’été, il me fut suggéré de noter mes rêves dans un carnet pour m’exercer à m’en souvenir, pouvoir les analyser plus tard et voir comment ils construisaient dans mon sommeil ma réelle identité.

J’ai acheté, après beaucoup d’hésitations et de répétitions de « A quoi bon ? », un carnet neuf, et, au fil de l’encre, j’ai retrouvé le goût du détail, de la description. La couleur d’un jardin contemplé de l’autre côté m’invitait à chercher un adjectif approprié à mon ressenti, la respiration d’une feuille écoutée au coeur de ces nuits me guidait vers la rencontre d’une métaphore. Je me suis abandonnée à l’élan du stylo. Des ailes m’avaient poussé. Mes rêves nocturnes m’avaient fait renouer avec le grand rêve de ma vie : l’écriture.

Depuis, je n’ai plus jamais quitté la page. L’écriture m’accompagne partout. Elle est l’ange fidèle que j’ai reconnu dans mon conte refusé et qui m’a appris à ne plus faire dépendre la perception de ma valeur du regard d’autrui, fût-il celui d’un célèbre éditeur de Paris.

Alors, remettez-vous à écrire.

Entre le silence blessé et l’obtention du prix Goncourt, il y a la voie du juste milieu, du chemin vrai pour vous : écrire aide à vivre.

Sur le rejet de votre enfant, écrivez. N’y ajoutez pas l’abandon. Ecrivez pour aller vers sa guérison.

Remettez-vous à mal écrire, même, puisque c’est ainsi que vous vous jugez. En effet, comme le dit Julia, les mauvais écrits d’aujourd’hui font les oeuvres réussies de demain 2.

Et vous en avez également le droit : n’écrivez pas, si telle est votre envie. N’écrivez pas, mais la raison ne doit pas en être le dépit. N’écrivez pas. Cela ne fait rien. Ce n’est pas parce que la page demeure blanche que rien ne se murmure en vous. Il est temps, tout simplement, pour votre âme de s’exprimer autrement jusqu’à ce que vous vous remettiez à écrire, riche de vos moments vécus.

Remettez-vous à écrire, ne serait-ce que sur la redécouverte de votre blog, la page tournée de votre cahier ou sur le changement de couleur de votre encre signalant votre résilience.

Remettez-vous à écrire cette phrase : « Je ne laisserai plus jamais le jugement d’autrui détourner le cours de ma vie. »

Remettez-vous à écrire, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de vous relire plus tard et de réécrire vos pages, car votre oeuvre évolue comme votre être. Mieux : votre être fait évoluer votre oeuvre et votre oeuvre fait évoluer votre être. Vous êtes comme vous écrivez. Vous écrivez comme vous êtes. C’est bien ainsi. C’est ce qu’on appelle « un style », au naturel.

Vous vous apercevez alors que votre plume délivrée vous fait aller toujours plus loin que les refus et qu’elle n’a même plus besoin d’un quelconque désir d’approbation pour vous emmener vers le mot juste pour vous.

Géraldine Andrée

1 Julia Cameron, Libérez votre créativité, Osez dire oui à la vie ! Collection Aventure secrète, 1992
2 Ibid